‹ Anatomie Chirurgicale Du Testicule En Ectopie InguinaleChapitre 5 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

En étudiant l'ectopie testitulaire inguinale, nous avons été frappé par ce caractère particulier que l’histoire de cette anomalie s'est constituée peu à peu grâce à des faits observés à très longue distance les uns des autrês et publiés par différents auteurs.

Nous ne trouvons dans la littérature médicale de l'antiquité aucune étude, même esquissée, de cette question ; seuls ont été signalés les cas de tumeurs de l’aine amenant une modification appréciable des formes extérieures et coïncidant aves l'absence d’un testicule dans le scrotum, mais nul observateur n’a eu l’idée de penser à un arrêt.du testicule. Les médecins grecs et latins ne paraissent pas avoir constaté l'ectopie mguinale, car les œuvres de Rufus d’Ephèse, de Galien, de Paul d'Egine, n’en font nullement mention.

Au xvr siècle, Nicolas Mussa, dans son traité Anatomiæ Liber introductorius et Ambroise Paré dans ses œuvres nous rapportent les premiers faits bien observés. Quelques années après, Régnier de Graaf, dans son « de virorum organis »

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et Martin Schurig dans sa Spermatologia historico-medica, consignent quelques exemples d’ectopie inguinale, et Quelmatz écrit sur ce point le premier article didactique.

Posé par Quelmatz, le problème de l'ectopie inguinale du testicule ne tarda pas à susciter les recherches des savants anatomistes et chirurgiens de l'époque, et, tour à tour, Haller, Wrisberg, J. Hunter et Rœlinder s'intéressent à cette queshon et publient des travaux importants. Mais c'est surtout au xIXx° siècle, que s'ouvre une période nouvelle, féconde en productions ayant rapport aux anomalies de position du testicule, en particuler à la variété la plus fréquente, à l'ectopie inguinale. AE

Rosenmerkel, dès 1820, publie un traité des maladies du testicule arrêté dans le canal inguinal : « Ueber die Radicaleur der in der Weiche liegenden testikel » et rapporte Fintervention de Koch, de Munich, qui, le premier, eut l’idée de traiter par la méthode sanglante un testicule situé dans le trajet in- SUINALM EE

Chélius fut le second, mais le succès ne répondit pas à leur tentative, car la glande séminale des deux opérés remonta.

Adams et Patridge pratiquent la même intervention, d’abord sur un testicule périnéal, puis inguinal. Ils ne furent pas plus heureux :de dernier chirurgien se vit même obligé de recourir à une castration secondaire. Aussi, Curling, peu enthousiasmé par ces résultats, rejette radicalement l'intervention dans l'ectopic inguinale parce qu'il l'estime trop dangereuse. A cette époque, en effet, outre les difficultés opératoires déjà signalées par Curling, le voisinage du péritoine rendait la réduction sanglante trop périlleuse et nous voyons les malades de Patridge, celui d'Adams et celui de Curling succomber à une maladie intercurrente qui n’était autre que la péritonite.

Sous l'influence des idées de Curling, le problème de la cure de l’ectopie subit un temps d'arrêt et ce n'est qu'en 1849 qu'il

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fut remis à l’ordre du jour par les recherches de Robin sur le gubernaculum testis, le mémoire qu'il présenta à la Société de biologie, par les travaux de Follin et la thèse de Lecomte, qui renferme une étude très approfondie de la pathologie du testicule retenu dans l'aine. Bientôt après, Godard résume dans un rapport à la Société de biologie tout ce que la science renferme de relatif aux diverses ectopies et surtout à l’ectopie inguinale.

Paris, Gauthier, Ringeisen, dans leurs thèses, Le Dentu dans son concours d’'agrégation, consacrent quelques pages à l'anatomie de l’ectopie inguinale et apportent de nouvelles observations.

En 1880, l'antisepsie avait fait son entrée dans le domaine de la chirurgie, et grâce aux méthodes nouvelles, Wood obtint le premier succès dans un cas d’ectopie inguinale. Il s'agissait d'un testicule enflammé, fixé aux piliers de l’anneau externe par de très solides adhérences. Wood libéra le cordon dans une étendue de 2 centimètres et demi, et malgré sa brièvelé, parvint à faire descendre le testicule de 2? centimètres au moyen de tractions exercées en bas, après quoi, il fixa la glande au scrotum.

Le professeur Max Schuller, de Greiswald, opéra en IS8ST un jeune homme de 20 ans dont le testicule était dans l'anneau inguinal. Ayant obtenu un exceilent résultat, il recommanda la transplantation sanglante du testicule ectopique dans les bourses.

Lorsque la méthode de faire des cures radicales de hernies se répandit, la conduite à tenir vis-à-vis du testicule en ectopie inguinale suscita des discussions. Kraske, en 1882, déclarait inévitable la castration si le testicule adhérait trop au sac : pourtant il cherchait à conserver l'organe, témoin l'observa: tion d'un enfant de 14 ans (thèse de Vincouroff), chez lequel

DES S TC RR le testicule, quoique atrophié, fut placé dans le scrotum, après cure radicale.

Sonnenburg, en 1883, assure qu'une longue expérience l'autorise à déclarer que dans la cure radicale des hernies compliquées d’ectopie inguinale, la conservation du testicule n'est pas un danger de réussite et devient un devoir pour le chirurgien.

John Wood, dans ses lectures « Hernia and ist radical eur», consacre un long chapitre à l’ectopie inguinale, compliquant les hernies, et cite plusieurs observations personnelles d'ectopies inguinales qu'il a opérées.

En 1855, Lindenbaum et Nicoladini rapportent deux succès de cure radicale de hernie avec ectopie inguinale et de fixation du testicule au scrotum.

La question de l’ectopie fut traitée à plusieurs reprises à la Société de chirurgie. Richelot, en 1887, Lucas-Championnière, Terrier, Berger et Lefort se déclarent partisans de l’intervention malgré les difficultés opératoires que le chirurgien peut rencontrer. Au mois de novembre de la même année. Lucas-Championnière pratique l'abaissement du testicule inguinal par la méthode sanglante, descend l'organe après avoir sectionné « tout ce qui n'était ni le canal déférent n1 l'artère spermaltique ». Le 9 avril 1890, une discussion s'éleva à la Société de chirurgie à propos d’un rapportde Richelotsur l'orchidopexie. Lucas-Championnière, Monod, Reclus, Gérard-Marchand et Routier prirent tour à tour la parole, et insistèrent sur la nécessité de l'intervention chez l'adulte lorsque la hernie coexiste avec l’ectopie. |

Le 13 avril 1893, Jalaguier fait une communication sur le résultat de 15 opérations d’ectopie mguinale, dont deux étaient doubles.

Parmi les travaux les plus récents, nous signalerons, en France : les thèses de Besançon, 1892 ; celle de Bernis, 1895 :

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plusieurs pages fort intéressantes dans l'ouvrage de MM. les professeurs Forgue et Reclus, 1892 ; la thèse de Le Joly Senoville, sur les résultats et perfectionnements du traitement chirurgical de l'ectopie du testicule ; l'important rapport de Berger à la Société de chirurgie, 4 janvier 1893 : l'article lesticule des maladies chirurgicales congénitales de Kirmisson ; la communication de M. Tédenat au Congrès de chirurgie, 1896 ; les articles de Tulfier dans la Gazelle des Hôpilaux ; de Sébilleau, dans le Traité de chirurgie de Le Dentu el Delbet ; les communications à la Société de chirurgie de Jalaguier, 1890 et 1893 ; de Gérard Marchand et Félizet, 1891 ; les leçons cliniques de Duplay à l'Hôtel-Dieu, sur l'ectopie inguinale, 1900 ; celle de Lucas-Championnière, publiée dans le Journal de médecine et de chirurgie, 1900 ; les thèses de Mazeyrie et de Fotiadès sur le traitement de l’ectopie inguinale du testicule, 1900 et 1901 ; les rapports à la Société de chirurgie de Kirmisson, 1901 ; de Lucas-Championnière, séance du 9 juillet 1902, où prirent part à la discussion P. Delbet, Quenu, Félizet, Moty et Delorme ; de Mignon, 1902, sur les résistances apportées par le pédieule vasculaire (présentation d’un malade chez lequel on avait sacrifié tous les vaisseaux pour abaisser le testicule). Les travaux de Coudray à la Société de pédiatrie, 1901, et dans la Revue d’orthopédie, 1902 : d'Arrou, chirurgie de l'appareil génital ; ceux de Villemin, Broca, Guelliot, Société de pédiatrie, 1900 et 1903.

Enfin, deux lecons inédites de notre maître M. le professeur Forgue, faites dans sa clinique chirurgicale de l'hôpital Saint- Eloi-Suburbain, janvier 1905.

En Allemagne, l'intéressant travail de Ziébert à la chnique chirurgicale de Heidelberg, 1898 : « Ueber Kryptorchismus und seine behandlung beitrâg. zur Klinisch chirurg. » Tubingen, 1898, tome 21 » ; les articles de Bayer : « Zur operation des Kriptorchismus. Centralblatt. f. Kindern, Leipzig, 1896 » ;

EUiu PAUSE de.Nicoladini : « Wien-Medical presse, 1895, n° 17 » ; de Finotti « Zur pathologie und Therapie des Lestenhodens, Arch. fur Klinishe chirurg., 1898, 1. XL, p. 1 ».

En Angleterre et en Amérique : le travail de Bidwel, Lancel, 1893 : la communication du docteurWalker à lAcadémie de médecine de New-York ; Medical-Record,. New- York, 1895 ; la Revue générale de Madden : Eclopie inguinale du testicule ; Journal Américain, Medical-Associalion,

L'étude approfondie de {ous ces auteurs, nous montre combien est peu aisée, même entre les mains les mieux exercées, la descente du testicule par la méthode sanglante, combien nombreuses sont les difficultés, parfois insurmontables, auxquelles on peut se heurter, difficultés qui tiennent aux conditions anatomiques du testicule ectopique, conditions éminemment variables suivant les cas. Une analyse complète et détaillée de leurs observations nous permet de grouper ces diverses résistances opératoires et de les ramener aux trois chefs suivants qui vont faire l'objet de trois chapitres :

1° Résistances dues au cordon (canal déférent).

2° Résistances dues au pédicule vasculaire.

3° Résistances dues à la séreuse péritouéo-vaginale.

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