VOIES MOTRICES CÉRÉBROMÉDULLAIRES
1° — Voies principales corticospinales (2).
Les corpscellulaires des neurones moteurs supérieurs (point de départ de l'ordre du mouvement) sont réunis dans la substance grise de la région périrolandique, c'est-à-dire : à la face externe (fig. 2), les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, qui bordent en avant et en arrière le sillon de Rolando, leur prolongement à la face interne (fig. 3), le lobule paracentral (3) et l'opercule rolandique qui réunit les deux circonvolutions ascendantes à leur partie inférieure.
(1) Cliacun de ces appareils a aussi des voies vasomotrices et sécrctoires : nous les étudierons à part.
(2) Je préfère le mot « principales » au mot « directes », jilus habituellement employé, parce que, si certaines de ces voies principales sont directes, d'autres sont croisées ; ce qui pourrait faire naître de la confusion.
(3) Peut-être aussi la partie voisine de la circonvolution frontale interne. Déjerine joint encoi'e à la zone motrice corticale la partie postérieure du pied des première et deuxième frontales et la partie antérieui'e du lobe pariétal. Cliniquement, ces régions me paraissent devoir être séparées de la zone périrolandique, quand, comme nous le faisons ici, on l'éserve pour d'autres chapitres l'appareil nerveux moteur des sens et du langage.
VOIES MOTRICES CÉRÉBROMÉDULLAIRES. 1^ ;
Il est important pour le clinicien de connaître la corres^ ^
pondance de ces circonvolutions et des scissures avec le crâne ; et d'avoir des points de repère pour les retrouver chez le
""'on appelle bregma le point où la suture coronale (entre le ' frontal et les pariétaux) rencontre la suture sagittale ou . b pa ^tale (entre les deux pariétaux), et lambda le point ou cette môme suture sagittale rencontre la suture lambdoide pariéto-occipitale (entre les pariétaux e 1 occipital). La ligne ïagittale est la ligne médiane qui unit Yanyle nasofrontal le bregma, le lambda et ïinion (protubérance occipitale .
^""LT/â'îc sylvienne (direction de la scissure de Sylvius) est celle qui unit le fond de l'angle nasofrontal et le lambda.
Pour la ligne rolandique (direction de la scissure de Rolando), l'extrémité supérieure est à un travers de doigt lAVtfV (9 centimètres) en arrière du milieu de la ligne sagittale, prise entre le fond de l'angle nasofrontal et l'inion ; pour ■ l'extrémité inférieure, on élève, dans la dépression preauri- ; culaire, au-devant du tragus, une perpendiculaire sur j l'arcade zvgomatique (qui est sensiblement horizontale); l'extrémité inférieure cherchée est sur cette perpendiculaire, à un travers de doigt au-dessous de la moitié de la distance !
aurisagittale. ' ' , , , ,i '
Les prolongements cylindraxiles des cellules de cette zone- ;
périrolandique traversent la substance blanche du centre .;
ovale (1) et se réunissent dans les deux tiers antérieurs du ;
bras postérieur de la capsule interne (fig. 4), c'est-à-dire ;
dans les deux tiers antérieurs de la partie de cette capsule ;
qui est entre la couche optique et le noyau lenticulaire du j
corps strié, au niveau et immédiatement en arrière du j
genou de la capsule (fig. 4). ;
Dans la partie tout à fait antérieure de ce segment, sont ; les prolongements destinés à l'hypoglosse et au facial inférieur (faisceau géniculé) ; le resté du segment (faisceau pyramFdal) "cômiënl lès "prolongements pour les autres nerfs moteurs de la moelle allongée et de la moelle.
De là, le faisceau pyramidal passe dans le pied du pédon- ;
(1) Nous indiquerons plus loin, à propos des centres spéciaux, le détail du trajet des fibres à travers le centre ovale. ;
cule cérébral correspondant, dont il occupe les trois cinquièmes moyens (fig. 5).
Le faisceau pyramidal donne ses fibres pour le trijumeau (moteur) et les moteurs oculaires du côté opposé; traverse la protubérance, «'amincissant toujours ; puis, dans la moelle allongée, forme la pyramide antérieure (fig. 5); s'entre-croise (au moins pour la plus grande partie de ses fibres) avec celui du côté opposé et forme, dans la moelle, le faisceau
Fig. 4. — Capsule intei'ne, Fig. ». — Pédoncules, mcsocéd'après van Geliuchten. phale, moelle allongée, d'après
van Geliuchten.
pyramidal croisé dans le cordon latéral et le faisceau pyramidal direct ou de Tûrck dans le cordon antérieur (fig. 6).
Enfin ces longs prolongements entrent en connexion avec les prolongements protoplasmatiques des cornes antérieures de la moelle.
Le faisceau pyramidal direct s'entre-croise aussi avec l'opposé, à la fin de son trajet, par la commissure blanche de la moelle, de sorte que toutes les libres motrices des cellules corticales arrivent aux cellules radiculaires des cornes antérieures du côté opposé.
Les prolongements cylindraxiles de ces cellules radiculaires (neurone moteur inférieur direct) (1) s'entourent
(1) Direct par rapport aux muscles innervés; croisé par rapport au neurone cortical supérieur.
VOIES MOTRICES CÉRÉBROMEDULLAIRES.
successivement de myéline cL de gaine de Schwann, forment les racines antérieures et ensuite les nerfs moteurs.
Pour les nerfs moteurs crâniens, ce neurone inférieur direct est constitué par les noyaux bulbaires, dits origine réelle de ces nerfs. Nous devons dire un mot du masticateur (trijumeau moteur, V'= paire), du facial (Vll° paire), du
Fig. 6. — Systématisation de la moelle épinière, d'après Testut.
glossopharyngien (IX° paire) et de l'hypoglosse (Xl^ paire), qui appartiennent, au moins en partie, à l'appareil sensitivomoteur tactile ou général.
Le faisceau géniculé, que nous avons décrit plus haut (p. 15) depuis son origine corticale jusqu'au genou de la capsule interne (fig. 4), passe dans le pédoncule (le long du côté interne) (fig. 5), puis se divise en trois faisceaux qui traversent la ligne médiane (à la partie inférieure de la protubérance ou à la partie supérieure du bulbe) (i) et vont se terminer dans les noyaux du masticateur, du facial et de l'hypoglosse. H A\' V i"\ '
Le noyau du masticateur est formé par un noyau principal ou masticateur (2) et un noyau accessoire (3).
^ (1) Cet entre-croisement du facial, se faisant plus Iiaut que l'entre-croisemcnt du faisceau pyramidal (membres), explique la patiiogcnie de la paralysie alterne, par une lésion siégeant' entre les deux entre-croisements (protubérance).
(2) « Profondément situé dans la partie latérale de la calotte protubérantielle. »
(3) « Commence en bas, au niveau du noyay principal, et, de là, Grasset. — Centres nerveux. .2
l^isceau venlral du cordon postérieur
Le noyau d-u facial <« esl profondément situé à la partie antéroexterne de la calotte protubérantielle, un peu en arrière de l'olive supérieure (1) ».
Le noyau du glossopharyngien moteur est à la partie supérieure du noyau ambigu (2).
Le noyau de l'hypoglosse est formé par le noyau principal (3) et un noyau accessoire (4).
20 — Voies indirectes ou corticopontocérébellospinales.
Même trajet supérieur que pour les voies principales, entre le neurone cordcal et la protubérance.
Dans la protubérance, au lieu de continuer leur marche dans la portion spinale du faisceau pyramidal, ces fibres se terminent dans les, masses grises du pont. De ces neurones du pont (neurones de relaTs)~pârtent des prolongements, qui, par les pédoncules cérébelleux moyens, vont se terminer dans l'écorce grise du'cervérêt ('2'^ neurone de relais) du côté opposé. Les prolongements de ce deuxième neurone de relais descendent, par le pédoncule cérébelleux inférieur, dans la moelle et vont, comme les voies principales, se mettre en connexion avec les cellules radiculaires des cornes antérieures (van Gehuchten).
On ne sait pas encore exactement oii passent, dans la moelle, ces fibres cérébellospinales. On peut dire seulement qu'elles sont dans le cordon antérolatéral, sans se confondre avec les faisceaux pyramidaux, direct ou croisé.
Les derniers travaux (5) tendent à remplacer ces faisceaux descendants indirects par le faisceau rubrospinal de von Monakow (que nous retrouverons page 36).
s'étend sans interruption jusqu'au côté interne du tubercule quadrijumcau antérieur. »
(1) Toutes ces citations sont de Testut (Traité d'Anatomie).
(2) Le noyau ambigu contient les noyaux du glossopharyngien au-dessus, du pneumogastrique moteur au milieu et du spmal au-dessous.
(3) « Répond à cette région du quatrième ventricule que nou«. avons décrite sous le nom d'aile blanche interne. »
(4) « En avant et un peu en dedans du noyau principal. »
(5) Voy. VAN Gehuchten, le Cylindraxe, 1900, t. l, p. 260.
VOIES SENSITIVES MÉDULLOCÉRÉBRALES.