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PHYSIOLOGIE DU LANGAGE

en E centre des images motrices graphiques (ou des symboles'écrits) ; puis de E, le mot objectivé va, par Ee, en e a la main droite qui trace les caractères voulus. Si le sujet écrit spontanément, 0 actionne directement

^ Le même raisonnement se ferait pour l'expression mimique (par gestes) dont je n'ai pas voulu compliquer le schéma.

L'impression centripète excitatrice peut se faire par la vue au lieu de se faire par l'oreille (lecture, dessin, musique écrite). Elle va alors de l'œil v, par «V au centre visuel des symboles V; de V, elle passe par VO, en 0, provoque l'idée et va produire la réponse écrite en Le ou

parlée en Mm. . , . ^ j- i

Dans tous les cas précédents, le centre 0, cest-a-dire le psychisme conscient et volontaire, intervient. Il y a aussi un langage automatique, pour lequel 0 n'est pas compris

dans le circuit.

Ainsi, si le sujet répète ce qu'on lui dit, sans être obhge de comprendre et d'élaborer une idée personnelle (écholalie, langage du perroquet), le circuit est aAMm ; s'il écrit sous la dictée, le circuit est aAEe; s'il lit à haute voix, le circuit est i'VM?n (0 sera dans le circuit quand on fait attention à ce qu'on lit, quand on ne lit pas automatiquement) ; s'il copie une page écrite (sans chercher à comprendre), le circuit est v\Ee.

Le langage automatique et le langage voloi^ taire sont tellement indépendants qu'on peut les mettre en jeu simultanément, mais distinctement : ainsi on cause en copiant, en dessinant; on joue de la musique écrite en parlant d'autre chose.

Celte indépendance des deux langages apparaît aussi dans l'éducation et dans leur développement successif. L'enfant n'a d'abord que ses centres automatiques (ou à peu près) : il répète les mots qu'il entend, sans les comprendre; il meuble ainsi son centre A et son centre M d'images auditives et d'images motrices des mots .Puis, il communique peu à peu à 0, fait de plus en plus intervenir 0 dans son langage et finit par parler spontanément pour son compte; il intervient par son psychisme personnel dans les réponses (1).

(1) Martin W. Barr a publié l'histoire d'un idiot de vingt-deux

De môme, quand il apprend à lire et.à écrire, il lit tout haut par vYMm ou copie par vVEe, puis écrit sous la dictée «AEe ou récite ce qu'on lui apprend oralement akUm. Puis il fait graduellement intervenir 0 davantage et alors comprend ce qu'il dit, ce qu'il écrit ou ce qu'il récite.

Cette indépendance des centres automatiques et des centres volontaires du langage est encore démontrée par divers états extraphysiologiques [distraction, hypnotisme, écriture de médiums (1)] et par les états pathologiques (aphasie). C'est ainsi que j'ai divisé les aphasies en quatre classes : les aphasies corticales ou mieux polygonales par lésion des centres automatiques A, V, E ou M ; les aphasies souscorticales ou mieux souspolygonales , par lésion audessous de ces centres (a) ; les aphasies suscorticales ou mieux suspolygonales, par lésion entre les centres automatiques et 0 (p) (2) ; les aphasies transcorticales ou transpolygonales par lésion (intrapolygonale) des fibres qui unissent entre eux les divers centres automatiques (y) (3).

Si nous avions à faire ici l'étude complète de ces centres automatiques, il faudrait en montrer la complexité. [A : mots, musique, diverses langues; V : mots écrits, imprimés, dessin' peinture, musique écrite; M : mots parlés, diverses langues, chant, intonation (Voy. Brissaud) ; E : mots écrits, dessin, musique écrite] et leur développement inégal suivant les personnes (visuels, auditifs..,)]. Mais ceci n'est pas nécessaire à notre programme actuel.

Il suffit, pour notre but, d'avoir établi le schéma du cir-

ans qui avait rintelligence d'un enfant de cinq ans et qui s'était arrêté à l'écholalie comme développement du langage.

(1) Voy. nos leçons sur l'automatisme psychologique (psychisme inloricur, polygone cortical) à l'état physiologique et pathologique in Leç.. de clin, médicale, t. III, 1898, p. 122.

(2) C'est dans ce groupe des aphasies suspolygonales qu'il faut classer les faits d'aphasie amnésique sur lesquels Pitres (L'aphasie amnésique et ses variétés cliniques. Progrès médical, 1898) a insisté et dans lesquels l'amnésie ne porte pas sur la mémoire des images motrices ou sensorielles des mots (intégrité du polygone), mais sur le mot lui-même (lésion suspolygonale, près du polygone).

(3) Voy. le Syndrome de l'Appareil nerveux du langage in Diagn. des mal. de l'encéphale. Actualités médicales, p. 57.

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