‹ Anatomie comparée de certains Muscles Sus-HyoïdiensChapitre 19 sur 40 · RÉSUMÉ DES CHÉLONIENS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES CHÉLONIENS

Dans les deux espèces que nous avons étudiées, les muscles mylohyoïden, transverse jugulaire et génio-glosse sont absolument identiques, nous ne reviendrons pas sur ces descriptions que nous avons données en détail à propos de la Tortue rayonnée. Le digastrique est également semblable chez ces deux Chéloniens,

seulement chez le Gymnopode de Java, ce muscle s'avance beaucoup plus en avant sur la face ventrale du mylo-hyoïden que chez la Tortue rayonnée.

Le génio-hyoïdien est beaucoup plus développé chez le Gymnopode qu'il ne l’est chez la Tortue rayonnée, il est aussi dans cette même espèce beaucoup plus rapproché de son congénère, avec lequel il est même soudé en arrière. À part ces différences, ces muscles ont beaucoup de ressemblance, ils ont, en effet, les mêmes rapport, les. mêmes insertions, etc. |

Sauriens. Orvet fragile. — Anguis fragilis, L.

Mylo-hyoïdien. — Le mylo-hyoïdien est une couche musculaire à fibres transversales en avant, légèrement obliques en arrière, s'étendant depuis l’angle antérieur de la mâchoire inférieure jusqu’au niveau des articulations postérieures de la mandibule ; ses fibres s’insérent d’une part sur la face interne du maxillaire et se terminent d’un autre côté sur un raphé médian.

Transverse jugulaire. — Chez l'Orvet, il n'y a pas de transverse jugulaire; mais, comme chez les Tortues, la partie antérieure du peaucier représente peut-être ce muscle.

Le peaucier prend naissance sur la face. dorsale de la tête et se dirige sur la face inférieure du cou.

En avant, vers la région médiane, il s'engage sur la face dorsale du mylo-hyoïdien, tandis que, latéralement, il en est séparé par un espace libre triangulaire.

Génio-hyoïdien. — Les deux génio-hyoïdiens sont complètement séparés l’un de l’autre sur toute leur étendue ; ils forment, de chaque côté, une lame musculaire complètement indivise à fibres longitudinales. Ils s’insèrent, en avant, sur la face interne de la mandibule, dans sa moitié postérieure, et, en arrière, sur la face inférieure du corps de l’hyoide et sur la corne postérieure de cet appareil.

Grénio-glosse. — Ce muscle consiste en une bande musculaire assez grêle qui prend naissance, en avant, par des fibres charnres près de l'angle antérieur de la mandibule. En arrière, les deux g ‘14 )glosses s'éloignent de plus en plus l’un de l’autre. Entre eux sont compris les hyo-glosses. Leurs fibres se recourbent vers la partie dorsale de manière à pénétrer dans la langue par la face inférieure de cet organe.

Caméléon vulgaire. — Chamelcon vulguris, Guy.

Mylo-hyoïdien. — Ce muscle est semblable au mylo-hyoïdien : de l'Orvet. Il ne présente, seulement sur ses parties latérales, que des rapports différents ; chez le Caméléon, en effet, existe un muscle que nous homologuons au digastrique et qui n’est pas représenté chez l'Orvet. Ce digastrique s’étend un peu, en arrière, sur la face ventrale du mylo-hyoïdien.

Sur la face dorsale du mylo-hyoïdien et près du bord postérieur de ce muscle, existe une mince couche musculaire à fibres transversales. Cette lame est comparable à celle que nous avons décrite chez le Canard et le Perroquet. Ces formations musculaires présentent le même aspect, les mêmes insertions et peuvent être, croyons-nous, homologuées entre elles. La couche dont nous parlons semble donc correspondre à un muscle mylo-hyoïdien interne.

Ce muscle naït sur la face interne de la mandibule par des fibres charnues ; de cette insertion, il s'étend en éventail sur la face dorsale du mylo-hyoïdien, et, au niveau de la région médiane, ses fibres s'entrecroisent avec celles du muscle similaire de l’autre côté ; il n’y a pas de raphé médian. En avant, ce muscle se poursuit jusqu’au niveau de l’angle antérieur de la mandibule par une irès mince aponévrose. Le mylo-hyoïdien est donc.exactement doublé par ce muscle et son aponévrose.

Transverse jugulaire. — Pas plus que chez l'Orvet, il n'y a ici de transverse jugulaire nettement caractérisé. Cependant, il existe ici un muscle que les auteurs (HoFFMANN, MivarT) ont appelé mylo-hyoidien postérieur, et qui, sauf ses insertions, est semblable au transverse jugulaire des Oiseaux et des Crocodiliens; par ses insertions qui se font sur l'os carré el la crête de l'orbite, il rappelle

beaucoup le peaucier des Oiseaux. Les fibres provenant de ces divers points d'insertion se réunissent en un faisceau qui passe derrière l'articulation de la mandibule et se dirige sur la face ventrale du cou. Là, ce faisceau s'étale en éventail et s'engage, en avant, au niveau de la région médiane, sur la face dorsale du mylo-hyoïdien. En arrière, il s'étend assez loin sur le cou en devenant de moins en moins musculaire par suite d'une dissociation de ses fibres qui se groupent en pelits faisceaux distincts, réunis entre eux seulement par une mince aponévrose.

Cette constitution est en tout semblable, sauf les insertions, à celle que nous avons donnée du transverse jugulaire de certains Oiseaux ; aussi ne sommes-nous pas éloigné d'admettre que ce muscle représente un transverse jugulaire, d'autant plus qu’il a la même innervation que le transverse jugulaire des Oiseaux (facial).

Digastrique. — Ce muscle qui est en forme de ruban, s'étend depuis le bord inférieur et la face externe de la mandibule (dans son tiers moyen)jusqu’à l'extrémité de la corne de l’hyoïde. Ses insertions se font par des fibres charnues. Le digastrique s’élargit progressivement d’avaut en arrière, de sorte que son insertion hyoïdienne est assez large. Vers son milieu, ce muscle présente une intersection tendineuse qui semble correspondre au tendon moyen du digastrique des Mammifères. Cette intersection dont la direction est perpendiculaire à la direction des fibres, est un peu plus large du côté externe que du côté interne.

Génio-hyoïdien. — Ce muscle se présente sous la forme d’une bande musculaire rectangulaire qui s’élargit beaucoup en arrière pour s’insérer sur la corne de l'appareil hyoïdien. En avant, il se fixe sur la mandibule près de l’angle antérieur.

Les deux génio-hyoïdiens sont au contact l’un de l’autre en avant seulement, plus loin ils divergent de plus en plus, de sorte qu'au niveau de l’appareil hyoïdien, ils sont distants de près de un centimètre et demi.

Dorsalement par rapport au génio-hyoïdien, s’insère, sur la face interne du maxillaire inférieur, par des fibres charnues, un faisceau musculaire très grêle qui chemine à peu près parallèlement à la ligne médiane et qui, en arrière, se fixe sur la corne hyoïdienne,

près de son union avec le corps de l'os hyoïde. Nous considérons ce mince faisceau comme un démembrement du génio-hyoïdien. Cette division du génio-hyoïdien en plusieurs faisceaux se présente d’une façon à peu près constante chez les Batraciens.

En dehors de ce dernier muscle et même en dehors du géniohyoïdien, s’insère, en avant, sur la face interne de la mandibule, un autre faisceau musculaire. Ce faisceau d’abord arrondi, s’aplalit bientôt et s'étale même en éventail contre la muqueuse buccale sur laquelle il s’insére.

En avant, près du génio-hyoïdien, prend naissance, par des fibres charnues, un aulre muscle qui se comporte d’une manière loute spéciale. Ce muscle s’insère sur un petit tubercule situé près du sommet antérieur de la mandibule. De cette origine, il se dirige en arrière, en suivant le bord de la mandibule. Près de l'insertion du digastrique, il traverse le mylo-hyoïdien pour passer sur la face dorsale de ce muscle et vient s’étaler en éventail sur la muqueuse buccale à laquelle il se fixe.

Agame des Colons. — Agama colonorum, Daup.

Mylo-hyoïdien et peaucier.— Ces deux muscles sont, sur la face ventrale du cou, intimement unis l’un à l’autre de manière à ne constituer qu'une seule couche musculaire. Latéralement, ces deux muscles se différencient l’un de l’autre par leurs insertions. Le mylo-hyoïdien, en effet, se fixe par des fibres charnues sur la face interne dela mandibule ; le peaucier, au contraire, remonte sur la face dorsale de la tête et du cou. Toutes les fibres de cette formation musculaire ont une direction transversale.

Sur les côtés, près de la mandibule, cette formation musculaire présente une disposition particulière qui n'existe pas chez les Sauriens que nous venons de décrire, mais que nous retrouverons, beaucoup plus développée encore chez d’autres Reptiles, le Lézard vert par exemple. À ce niveau, en effet, cette formation présente deux fentes transversales, à travers chacune d'elles passe un faisceau musculaire provenant du génio-hyoïdien ; ce faisceau se dirige d’arrière en avant sur la face ventrale du mylo-hyoïdien et vient s'insérer sur le bord inférieur de la mandibule. Nous pouvons comparer ce fait à ce qui a lieu chez les Crocodiliens, le Gymnopode,

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etc, pour le faisceau du digastrique qui présente une disposition et des rapports semblables à ceux-ci.

Génio-hyoïdien et digastrique. — Le génio-hyoïdien et le digastrique constituent une couche musculaire formée de plusieurs faisceaux plus ou moins distincts les uns des autres. Ces faisceaux se divisent en deux groupes bien différents, l’un interne, l'autre externe. Les faisceaux du groupe interne s’insèrent sur la face interne de la mandibule près du sommet antérieur de la mâchoire ; ils sont tout entier situés sur la face dorsale du mylo-hydidien. Les faisceaux du groupe externe, au contraire, s'engagent séparément dans les boutonnières que présente latéralement le génio-hyoïdien, cheminent un peu sur la face ventrale de ce muscle et s’insérent sur le bord inférieur de la mandibule, verssa partie moyenne. Nous pensons que le groupe interne correspond plus spécialement au génio-hyoidien et le groupe externe au digastrique.

Chez l'Agame des Colons, le groupe interne se compose de deux faisceaux, de forme rectangulaire, séparés l’un de l’autre sur presque toute leur longueur. En arrière, ces faisceaux s’attachent sur la grande corne de l'appareil hyoïdien, depuis son origine jusque près de son extrémité, à ce niveau, les fibres de ce muscle s'entremêlent plus ou moins avec celles du muscle hyo-glosse. Latéralement, ces faisceaux musculaires se continuent par une très mince aponévrose qui passe sur la face dorsale du groupe externe.

Le groupe externe est également formé de deux faisceaux qui s’insèrent sur la corne postérieure de l’appareil hyoïdien, depuis sa partie moyenne jusqu’à son extrémité, un peu ventralement par rapport à l'insertion des faisceaux du groupe interne. Ils passent sur la corne antérieure sans y prendre insertion, sauf, cependant, les fibres les plus externes qui s’attachent légèrement à son extrémité. Les auteurs ont considéré les fibres de ce faisceau qui vont d’une corne à l’autre comme formant un muscle particulier qu'ils ont appelé Cérato-hyoïidien.

Génio-glosse. — Ce muscle s’insère par des fibres charnues sur la face interne de la mandibule, à une petite distance du sommet antérieur de celle-ci. Il se dirige ensuite d’avant en arrière, en fournissant par sa face dorsale des fibres qui pénètrent dans la langue.

Gecko des Murailles. — Platydactylus mauritanicus, L.

Les muscles de ce Saurien présentent de grandes ressemblances avec ceux de l’Agame des Colons ; c’est ainsi qu'il existe, ici aussi, deux couches musculaires, l’une superficielle à fibres transversales formée par le mylo-hyoïdien et le peaucier réunis, l'autre interne à fibres longitudinales qui correspond à la fois au génio-hyoïdien et au digastrique.

Varan du Nil.— Varanus niloticus, L.

Mylo-hyoïdien et peaucier.— Ces deux muscles présentent ici à peu près les mêmes rapports et le même aspect que ceux que présentent ces muscles chez l’Agame des Colons ; ils se différencient l’un de l’autre de la même façon qu'ils le font chez l’Agame, bien que, cependant, quelques fibres du peaucier passent plutôt sur la face ventrale du mylo-hyoïdien qu’elles ne s’entrecroisent avec celles de ce dernier muscle.

La portion de cette formation musculaire qui correspond au mylohyoïdien, uniquement composée de fibres transversales, s’insère sur la face interne du maxillaire inférieur. En avant, le mylo-hyoïdien ne s'étend pas jusqu’à l'angle antérieur de la mâchoire inférieure, ne dépassant guère environ le milieu de la mandibule.

La formation musculaire due à la coalescence du mylo-hyoïdien et du peaucier présente sur les côtés, comme chez l’Agame, deux boutonnières à direction transversale dont l’une est située entre le mylo-hyoïdien et le peaucier, et l’autre vers le milieu du mylohyoïdien. Ces boutonnières donnent passage chacune à un faisceau provenant de la couche musculaire constituée par le génio-hyoïdien et le digastrique réunis.

Chez le Varan du Nil, il existe deux autres formations musculaires à fibres transversales, offrant le même aspect qu'un mylo-hyoïdien, mais qui présentent des rapports tout à fait particuliers. L'une d'elles est située entièrement sur la face dorsale du génio-hyoïdien, elle est en rapport d’autre part avec le génio-glosse et le maxillolaryngien. Cette couche musculaire ne s'étend pas, en avant, jusqu’à l'angle antérieur de la mandibule.

L'autre couche musculaire, assez peu développée, est plus rapprochée de l’angle antérieur de la mandibule que celle que nous venons de décrire ; elle passe entre le génio-glosse qu'elle laisse sur sa face dorsale et le maxillo-laryngien qui se trouve situé sur sa face

ventrale.

Nous croyons que ces couches musculaires peuvent être chacune homologuées au {ransverse, chez certains Poissons, en effet (Merlus, elc....), nous rencontrerons un muscle transverse qui présente les mêmes rapports avec le génio-hyoïdien que possèdent ici ces couches musculaires.

Génio-hyoïdien et digastrique. — Comme chez l'Agame des Colons, la couche musculaire à fibres longitudinales, immédiatement située sur la face dorsale du mylo-hyoïdien, se divise en deux portions dont la médiane est entièrement placée sur la face dorsale du mylo-hyoïdien et s’insère en avant sur le maxillaire inférieur jusqu’au niveau de la symphyse, tandis que la latérale s'engage dans les boutonnières que présente le mylo-hyoïdien.

La partie médiane ne comprend qu'un seul faisceau musculaire ; la portion latérale, au contraire, se divise en deux faisceaux dont l’externe présente des insertions tout à fait particulières, tandis que le faisceau interne s’unit à la portion médiane et présente, sauf dans sa partie antérieure, le même aspect et les mêmes insertions que cette portion musculaire. Nous décrirons donc par suite ce faisceau en même temps que la portion médiane et nous étudierons ensuite le faisceau externe de la portion latérale.

La portion médiane s’insère par des fibres charnues sur toute la longueur de la corne postérieure de l’appareil hyoïdien. Vers sa partie moyenne, cette couche musculaire fournit en dehors un petit faisceau qui s'engage dans la boutonnière antérieure du mylohyoïdien pour venir s’insérer, par des fibres tendineuses, sur le bord inférieur de la mandibule. Ce faisceau n’est autre chose que le faisceau interne de la portion latérale de la couche musculaire sus-jacente au mylo-hyoïdien. Peu après avoir fourni ce faisceau, le génio-hyoïdien cesse d’être musculaire et se continue par une vaste aponévrose d'insertion qui se fixe sur la face interne de la mandibule jusqu’au niveau de son angle antérieur.

Le faisceau externe de la portion latérale ne s’insère pas sur

la cornée postérieure de l'appareil hyoïdien, mais se fixe sur les apophyses épineuses des premières vertèbres cervicales au moyen d'une aponévrose (ce fait est à peu près général chez les Serpents). De cette ligne d'insertion, ce muscle se dirige d’arrière en avant en décrivant une légère courbe, il passe en arrière du canal audiuf et s'engage enfin dans la boutonnière qui existe entre le mylohyoïdien et le peaucier ; il s’insère, en avant, par l'intermédiaire d'une aponévrose, sur le bord inférieur de la mandibule. Il existe une anaslomose musculaire entre ce muscle et le faisceau imlerne de la portion latérale.

Grémio-glosse. — Ce muscle participe à la constitution du fourreau de la langue et s'étend du sommet antérieur de la mâchoire inférieure à l'extrémité de la corne postérieure de l'appareil hyoïdien. Dans leur partie antérieure, les deux génio-glosses sont séparés l’un de l’autre, ils ne s'unissent seulement que vers la partie postérieure du fourreau de la langue. Au niveau de l'appareil hyoïdien, la. bande musculaire unique due à la coalescence des deux génioglosses se bifurquent en deux faisceaux qui suivent chacun une des cornes postérieures de l'appareil hyoïdien.

Chez le Varan, existent deux formations musculaires que nous n'avons pas encore rencontrées chez les tous les animaux précédemment décrits :

1° Le Maxillo-laryngien. — Ce muscle s’insère sur la face interne de la mandibule en dehors du génio-glosse. Les fibres de ce muscle se dirigent d'avant en arrière en formant une bande musculaire qui se bifurque en arrière en deux faisceaux d'insertion. Le faisceau interne remonte sur la face dorsale de la trachée où il s’insère en s’élalant en éventail.

Le faisceau externe oblique légèrement en dehors ét vient se fixer sur la boucle que forme la corne antérieure de l'appareil hyoïdien.

2° Un pelit faisceau musculaire très grêle qui n'est constitué que par quelques fibres musculaires. Il s’insère, en avant, sur la face interne de la mandibule, dans son liers postérieur el chemine parallélement à la ligne médiane ; il vient s'attacher près du faisceau

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externe du maxillo-laryngien sur la boucle de la corne antérieure

de l’appareil hyoïdien.

Enfin, l’exirémité de la corne antérieure est réunie à la mandi-

bule par un mince faisceau musculaire. De même la corne anté-

rieure est réunie à la postérieure par une nouvelle couche musculaire. Il est probable que ces faisceaux proviennent d'un démembrement du génio -hyoïdien et correspondent à la partie externe de la couche musculaire de l'Agame, couche musculaire qui est due à la coalescence du génio-hyoïdien et du digastrique el qui comme nous l'avons dit s'attache légèrement, vers l'extérieur, sur la corne antérieure de l'appareil hyoïdien. C’est à ces faisceaux que les auteurs ont donné le nom de Cérato-hyoïdien.

Lézard vert. — Lacerta viridis, L.

Lézard des murailles. — Zacerta muralis, MERR.

Mylo-hyoïdien et peaucier.—Ces deux muscles présentent ici le même aspect et les mêmes rapports que chez le Varan du Nil. Les boutonnières latérales du mylo-hyoïdien sont cependant beaucoup plus nombreuses, de six à huit environ. En avant, ce muscle s'étend jusqu’à l'angle antérieur de la mandibule. En arrière, ce muscle présente chez ces deux espèces des rapports assez particuliers : chez les Sauriens, en effet, quelques fibres s’attachent sur les cornes de l'appareil hyoïdien.

Génio-hyoïdien et digastrique. — Ces deux muscles constituent chez ces deux espôces une couche musculaire à fibres longitudinales qui ressemble beaucoup à la couche semblable que possède le Varan. Les différents faisceaux qui constituent celte couche forment également deux groupes distincts dont le médian est situé tout à fait sur la face dorsale du mylo-hyoïdien, tandis que les faisceaux de la portion latérale s'engagent dans les boutonnières de ce muscle.

Ces deux portions se différencient des portions correspondantes du même muscle du Varan: la portion médiane en ce qu'elle est musculaire sur toute son étendue, et la portion latérale parce qu’elle présente de six à huit faisceaux distincts au lieu de deux ; de plus,

le faisceau le plus externe qui s’insère sur la nuque est ici completement isolé du reste du muscle au lieu d’y être réuni par un faisceau anastomotique comme cela a lieu chez le Varan du Nil. En avant, ce dernier faisceau se continue par une longue et mince aponévrose qui vient prendre attache sur la face externe de la mandibule, en avant du muscle ptérygoïdien.

Génio-glosse. — Le génio-glosse naît, en avant, par des fibres charnues, sur la face interne de la mâchoire inférieure, près de l'angle antérieur de la mandibule. De cette origine, il se dirige d'avant en arrière en s’élargissant de plus en plus et en fournissant des fibres qui pénêtrent dans la face inférieure de la langue.

Le maæillo-laryngien qui, chez le Varan, est très développé, est ici fort réduit ; il ne se compose que de quelques fibres plus ou moins obliques qui vont de la mandibule sur les bords de la langue et non de la trachée artère. :

Des autres muscles que nous avons décrits chez le Varan du Nil, il ne persiste plus ici que le faisceau qui va de la mandibule à la boucle de la corne antérieure. |

Amphisbène aveugle. — Amphiboœnu cœca, Cuy.

Myÿlo-hyoïdien. — L'insertion de ce muscle se fait par l’intermédiaire d’un mince tendon sur la mandibule. Cette insertion est três peu étendue. De cette origine, les fibres du mylo-hyoïdien s'étendent en éventail, avec des directions différentes, vers la ligne médiane, de sorte que le muscle a une forme triangulaire. En arrière, il s’élend sur la face ventrale du cou, jusqu'au niveau de l'appareil hyoïdien ; en avant, il se continue par une aponévrose qui s’insère sur la face interne de la mandibule. A ce niveau, près de son insertion, cette formation a une tendance à devenir musculaire ; nous verrons ce fait bien plus accentué encore chez le Pipa d'Amérique.

En avant, contre l'angle antérieur de la mâchoire inférieure, existe un muscle à fibres transversales qui s'étend, en arrière, jusqu'au bord antérieur du muscle que nous venons de décrire; il esl séparé du mylo-hyoïdien, sur ses côtés, par un prolongement laté-

ral du génio-hyoïdien, semblable à ceux que nous avons décrits chez les autres Sauriens ; il est lui-même compris entre deux faisceaux du génio-hyoïdien, comme cela existe chez le Varan pour plusieurs faisceaux du mylo-hyoïdien. Il s'insère enfin, par des fibres charnues, sur la face interne de la mandibule.

Ce muscle présente le mème aspect et les mêmes rapports que les différents faisceaux du mylo-hyoïdien offrent chez les autres Sauriens, aussi Croyons-nous que nous devons considérer ce muscle comme un mylo-hyoïdien et non comme un transverse.

Digastrique. — Ce muscle se rapproche beaucoup plus du muscle homologue que nous étudierons chez les Ophidiens que de celui que nous avons décrit chez les autres Sauriens ; mais il présente ici un très grand développement, car, sur la face ventrale, il s'étend jusqu'au voisinage de la ligne médiane.

Ce muscle s’insère en avant, par l'intermédiaire d'une mince aponévrose, sur la face externe de la mandibule depuis l'angle antérieur jusqu'au niveau de l'articulation.

De cette longue ligne d'insertion, le digastrique se dirige d’avant en arrière, en formant une large bande musculaire beaucoup plus épaisse du côté externe que du côté interne et s'étendant très loin en arrière. Vers sa partie moyenne, ce muscle se divise postérieurement en deux faisceaux d'insertion. L'un, l’externe, qui est le plus large et le plus épais, remonte sur la partie dorsale du cou pour venir s’insérer sur les vertèbres cervicales comme nous l’avons déjà décrit chez quelques Sauriens. L'autre faisceau, au contraire, chemine parallèlement à la ligne médiane et resie constamment sur la face ventrale du cou.

Génio-hyoïdien. — Ce muscle est semblable à celui de tous les autres Sauriens, nous ne reviendrons donc pas sur cette descriplion, nous signalerons seulement ce fait qu'il fournit un seul faisceau latéral et que le digastrique est entièrement séparé du géniohyoïdien proprement dit.

Le génio-hyoïdien de l’'Amphisbæne aveugle présente quelques particularités importantes. L’Amphishbœæne ne possède pas, en effet, de génio-glosse bien spécialisé ; ce muscle est remplacé par des fibres musculaires du génio-hyoïdien qui, au lieu de conserver leur

direction antéro-postérieure dans un plan horizontal, se recourbent vers la région dorsale, se séparent de leurs congénères et pénètrent dans la langue. Ces fibres se détachent de chaque côté du bord externe du génio-hyoïdien constituant ainsi deux génio-glosses rudimentaires.

De même, en avant, le génio-hyoïdien se clive par un plan horizontal. La portion ventrale qui continue sa direction antéro-postérieure vient se fixer sur la mandibule : c’est le génio-hyoïdien proprement dit. La portion dorsale se recourbe vers le haut el pénètre dans la langue, c’est l’hyo-glosse.

Ces deux faits nous montrent une origine commune pour les muscles génio-hyoïdien, génio-glosse et hyo-glosse.

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