RÉSUMÉ DES OPHIDIENS
Mylo-hyoïdien. — Ce muscle n'existe chez aucun Ophidien.
Transverse jugulaire et peaucier. — Le transverse jugulaire ne manque que chez un bien petit nombre d'espèces (Crotale Durisse,
Rouleau scytale).
Par son aspect, ses insertions et ses rapporls, ce muscle rappelle entièrement le transverse jugulaire des Oiseaux. Dans certains cas, il n’est simplement recouvert que par le peaucier ; d’autres fois, au contraire (Couleuvre à collier), il s'unit intimement à ce muscle sur la ligne médiane, de manière à ne constituer ensemble qu’une seule couche musculaire. Les auteurs ont confondu ce muscle avec le peaucier ; aussi, dans les ouvrages, ne lui donne-t-on pas les insertions
qu’il possède réellement.
Nous donnons à ce muscle le nom de transverse jugulaire, car il a le même aspect, les mêmes insertions, les mêmes rapports (il est toujours silué sur la face ventrale du génio-hyoïdien et du digastrique) et enfin la même innervation que le transverse jugulaire des Oiseaux, des Crocodiliens, des Batraciens et même des Chondroptérygiens.
Génio-hyoïdien et digastrique. — Ces deux muscles sont plus ou moins unis entre eux (sauf chez le Rouleau où ils sont complètement séparés) de manière à constituer une couche musculaire unique, à fibres longitudinales, immédiatement placée sur la face dorsale du transverse jugulaire. Chez les Sauriens et particulièrement chez l’Amphisbæne aveugle, nous avons décrit une couche musculaire semblable à celle-ci.
Nous considérons la partie interne qui s’insère sur l'appareil hyoïdien, comme un génio-hyoïdien, parce que ce faisceau présente une manière d’être semblable à celle des génio-hyoïdiens des autres Vertébrés et plus particuliérement à celui des Sauriens ; nous désignons la partie externe qui remonte sur le dos, pour se fixer sur les apophyses épineuses des vertèbres cervicales, sous le nom de digastrique, parce que ce faisceau est semblable sous tous les rapports au faisceau externe de la couche musculaire correspondante des Sau-
114 JOÔSEPH CHAINE.
riens. Lors de la description des Sauriens, nous avons donné les raisons qui nous font considérer ce faisceau musculaire comme tel. Déjà les auteurs qui ont étudié la musculature des Serpents ont divisé celte couche musculaire en deux muscles distincts, mais aucun n’a jamais considéré la partie externe comme un digastrique, ni le faisceau interne comme un génio-hyoïdien, sauf peut-être d’ALTON qui l’appelait Xieferzungenbeinmuskel.
Chez tous les Ophidiens, cette couche musculaire est constituée sur un plan général ; chez les différentes espèces, elle ne diffère que par la plus ou moins grande union de ses deux parties constituantes. Les deux extrêmes sont donnés par la Couleuvre à collier où les deux muscles sont unis sur toute leur longueur et par le Rouleau scytale où, au contraire, cette couche se divise en trois faisceaux distincts.
Enfin, presque toujours, cette couche musculaire est coupée par des intersections tendineuses qui ont, nous le pensons, une {rès grande importance au point de vue phylogénique. Nous les considérons comme l’origine du tendon médian du digastrique.
Transverse. — Chez tous les Ophidiens, ce muscle est constitué sur un plan général qui diffère entièrement de ce qui existe chez tous les autres Vertébrés. Les deux transverses se terminent sur un raphé médian el ne s’entrecroisent pas sur la ligne médiane comme l'ont écrit les auteurs. Nous ne reviendrons pas sur cette description: nous terons remarquer seulement qu'ici les fibres ne se portent pas d'une branche mandibulaire à l’autre comme cela a lieu pour les autres Vertébrés (Mammifères, Batraciens, Poissons).
Chez le Rouleau scytale, le transverse se clive de façon à être formé par un plan superficiel et par un plan profond.
Les autres muscles, maxillo-laryngien et génio-glosse, sont semblables chez tous les Ophidiens et ne présentent aucune particularité importante.