‹ Anatomie comparée de certains Muscles Sus-HyoïdiensChapitre 23 sur 40 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES REPTILES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES REPTILES

Transverse jugulaire. — Ce muscle n’existe nettement caractérisé que chez les Crocodiliens et les Ophidiens. Chez ces Reptiles, il présente, comme nous l'avons dit, beaucoup de ressemblance avec

le transverse jugulaire des Oiseaux. Le muscle peaucier, suivant les espèces, le recouvre simplement ou s'unit avec lui, sur la région médiane, de manière à constituer ensemble une seule couche musculaire.

Parmi les Sauriens, le Caméléon possède une formation musculaire qui, sauf ses insertions, rappelle entièrement le transverse jugulaire des Crocodiliens ou des Ophidiens. Ce muscle a les mêmes insertions qu’un muscle peaucier. Aussi, croyons-nous que chez les autres Sauriens, ainsi que chez les Chéloniens, la partie antérieure du peaucier (sphincter colli) représente le transverse jugulaire.

Nous avons, en effet, montré, lors de la description des Oiseaux, que le transverse jugulaire, suivant les cas, présentait des connexions plus ou moins intimes avec le muscle peaucier. À ces faits, vient s’ajouter celui du Caméléon où le transverse jugulaire présente les mêmes insertions qu’un peaucier (1). Enfin le transverse jugulaire présente la même innervation que le peaucier. Si à ces faits, on ajoute encore que la partie antérieure de ce muscle présente les mêmes rapports et le même aspect qu'un transverse jugulaire normal, on peut admettre, croyons-nous, que la partie antérieure du peaucier est l’homologue du transverse jugulaire des Oiseaux, des Crocodiliens, des Ophidiens, etc.

Le transverse jugulaire ou la partie antérieure du peaucier laisse toujours sur les côtés un petit espace libre de forme triangulaire, en arrière du mylo-hyoïdien. C’est par là que passe la partie antérieure du digastrique.

Mylo-hyoïdien. — Ce muscle manque chez tous les Ophidiens. Les auteurs ont bien désigné certains muscles des Serpents sous ce nom, mais aucun de ceux-ci n’a ni les rapports, ni la manière d’être d’un mylo-hyoïdien; ces formations correspondent soit au géniohyoïdien, soit à d’autres muscles des autres Vertébrés.

Le mylo-hyoïdien des Crocodiliens et de quelques Sauriens (Orvet) est une couche musculaire simple rappelant assez celle des Oiseaux et qui va d’une branche mandibulaire au raphé médian.

Chez tous les autres Sauriens, le mylo-hyoïdien présente une disposition toute particulière, que nous n'avons rencontrée chez aucun

(1) Les auteurs qui ont étudié la musculature des Caméléoniens n’ont pas considéré ce musele comme un peaucier, mais comme un mylo-hyoïdien postérieur.

autre ordre de Vertébrés, par suite de la présence de boutonnières latérales: ces boutonnières livrent passage à des faisceaux du géniohyoïdien. Chez quelques Sauriens, la constitution du mylo-hyoïdien se complique encore par l'union de ce muscle, sur la ligne médiane, avec le peaucier (chez les Sauriens, il n'y à pas de transverse jugulaire).

Le Caméléon présente une couche musculaire à fibres transversales immédiatement située contre le mylo-hyoïdien; nous homologuons cette couche à un mylo-hyoïdien profond; ce fait existe chez quelques Mammifères et chez quelques Oiseaux.

Transverse. — Ce muscle n'existe que chez les Ophidiens. Comme nous l'avons montré, le transverse, chez ces êtres, ne s'étend pas d'une branche mandibulaire à l'autre; les fibres musculaires se fixent sur un raphé médian. lei done, ce muscle est complètement différent de ce que nous avons décrit chez tous les autres Vertébrés où le transverse semble être un muscle impair et médian.

Chez le Varan du Nil, il existe deux formations musculaires qui par leurs rapports rappellent entièrement le transverse de certains Poissons. L

Génio-hyoïdien et digastrique. — Chez les Ophidiens et chez la très grande majorilé des Sauriens, ces deux muscles sont unis ensemble de manière à ne former qu'une seule couche musculaire à fibres longitudinales. Nous avons démontré pourquoi l'on doit considérer la partie la plus interne comme l'homologue d'un géniohyoïdien et l’externe comme un digastrique; nous nous sommes basé pour cela sur les rapports, les insertions, l'aspect général. Le faisceau qui représente le digastrique remonte généralement sur le dos pour s'insérer sur les apophyses des premières vertèbres dorsales, au lieu de se fixer sur la corne postérieure de lappareil hyoïdien, comme cela a lieu pour les Crocodiliens ou les Chéloniens. Enfin, chez les Sauriens, le génio-hyoïdien présente un nombre variable de faisceaux qui traversent les boutonnières du mylo-hyoïidien pour venir s'attacher sur le bord inférieur de la mandibule.

Le génio-hyoïdien et le digastrique sont plus où moins unis suivant les espèces; c'est ainsi que chez la Couleuvre à collier ces deux muscles forment une couche unique, tandis que chez le Rouleau scy-

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ANATOMIE COMPARÉE DE CERTAINS MUSCLES SUS-HYOIDIENS. 1aig

tale, l’Amphisbène aveugle, les Lézards, ils sont complèmentséparés l'un de l’autre.

Chez les Crocodiliens, les Chéloniens et quelques Sauriens, ces deux muscles sont complètement séparés l’un de l’autre; mais chez ces êtres, le digastrique ne remonte plus sur la région dorsale, il s'insère sur la corne postérieure de l'appareil hyoïdien, près de son extrémité. Nous avons montré, dans le résumé des Crocodiliens, comment le génio-hyoïdien et le digastrique réunis peuvent être comparés au génio-hyoïdien des Oiseaux.

Le digastrique de quelques Reptiles, vers sa partie moyenne, présente des intersections tendineuses ; nous pensons que c’est là l’origine du tendon médian du digastrique, d'autant plus que chez le Gavial du Gange, cette intersection présente absolument la forme d’un tendon de ce muscle, elle est en effet allongée et arrondie comme l’est ce tendon.

Chez les Crocodiliens, saut le Gavial, le génio-hyoïdien se confond plus ou moins en arrière avec le sterno-hyoïdien de manière à former un muscle sterno-maxillaire.

(rénio-glosse. — Ce muscle ne présente rien de particulier ; chez tous les Reptiles, il forme une bande musculaire, relativement assez grêle, qui prend naissance en avant sur la face inférieure de la mandibule. De cette origine, il se dirige d’arrière en avant en fournissant des fibres qui pénètrent dans la langue.

Chez l’Amphisbène, ce sont les fibres les plus externes du géniohyoïdien qui pénètrent dans la langue et qui remplacent ainsi le génio-glosse.

Sur la face dorsale du génio-hyoïdien, contre la muqueuse buccale, existent un certain nombre de faisceaux musculaires parmi lesquels nous signalerons le maxillo-laryngien. Ces muscles prennent leur origine sur la face interne de la mandibule et se portent sur la muqueuse buccale, l'appareil hyoïdien ou la trachée. Nous n’insisteront pas sur ces diverses formations que nous considérons toutes comme des démembrements du génio-hyoïdien.

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