RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES MAMMIFÈRES
Digastrique.:— En anatomie humaine, ce muscle esttoujours nommé digastrique, pour rappeler sa division en deux parties charnues désignées sous le nom de ventres. Chez un assez grand nombre de Mammifères, il présente cette même disposition; mais chez beaucoup d’autres, ce muscle est indivis sur toute son étendue, ou parfois, c’est à peine si ses fibres sont coupées par une intersection tendineuse.
Nous préférerions, pour ce muscle, le nom de dépresseur de la mâchoire inférieure, mais ce nom étant déjà donné par plusieurs auteurs à un muscle des Oiseaux qui n’a de commun avec celui-ci que la fonction physiologique, nous ne pouvons pas dénommer ainsi le muscle que nous décrivons.
Le digastrique n'existe pas chez tous les Mammifères, il est alors physiologiquement remplacé par un autre muscle qui s'insère sur le sternum et la mandibule : le sterno-maxillien. Ceci n'a lieu que chez les Mammifères inférieurs : Marsupiaux, Edentés, Célacés.
Dans quelques cas, il existe concurremment un digastrique et un sterno-maxillien, c’est ce qui a été décrit chez Phascolarctos cinereus (Youxc), Cholæpus arctopithecus (Mac-nTosn), Bradypus (MacauisTER). Dans les espèces que nous avons éludiées, le sternomaxillien existe seul (Delphinus tursio, Tatusia peba). PoucHEr a. décrit deux ventres à l’un des sterno-maxilliens d’un Myrmecophaga jubata. Ce muscle à été également rencontré chez Myrmecophaga tetradactyla, Chlamydophorus (HumPHrY, MACALISTER), Manis (MECKEL), T'atusia (MACALISTER). LECHE pense qu’au moins la partie antérieure de ce muscle représente le ventre antérieur du digastrique, parce que cette partie est innervée par un rameau du nerf mylo-hyoïdien et que PoucHET a trouvé une fois ce muscle divisé en deux ventres.
Dans le cas le plus simple, le digastrique n’est pas divisé en deux ventres et ne présente même pas d’intersection tendineuse. C’est ce que nous avons rencontré chez l'Echidné, chez tous nos Chiroptères (Pteropus, Epomophorus, Vesperugo), la Taupe, le Crocidure. Les auteurs ont signalé un assez grand nombre de Mammifères chez lesquels le digastrique est semblable à ceux de ces animaux, mais chez beaucoup, et entre autres chez tous les Carnivores signalés, nous avons rencontré une intersection tendineuse (Nasua, Procyon, etc.).
Chez beaucoup de Mammifères, le digastrique présente une intersection tendineuse, nous l’avons trouvée chez tous les Carnivores que nous avons étudiés (Chien, Chat, Lion, Ours, Coati, Raton, Fouine, etc.), chez le Hérisson. Le même fait est signalé par des auteurs chez la plupart des Insectivores, chez le Phoque, etc. Enfin, ce muscle est nettement divisé en deux ventres par un tendon médian chez l'Homme, les Primates, le Maki mongoz, le Cheval, le Bœuf, la Gazelle, les Rongeurs (Lapin, Ecureuil, Cobaye, Rat, etc.).
Généralement, le digastrique ne présente aucune connexion avec l'appareil hyoïdien. Chez quelques Mammifères, il a été décrit, et nous avons nous-même rencontré, une union de ce muscle avec l'appareil hyoïdien, soit au moyen d'une aponévrose que nous avons appelée expansion aponévrotique du digastrique soit (mais cela
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très rarement) par une sorte de poulie de réflexion. Nous avons rencontré le premier cas chez tous les Primates que nous avons étudiés, parmi les Rongeurs, chez le Rat, la Souris, l'Ecureuil, la Gerboise, le Campagnol. Certains auteurs ont constaté le même fait chez quelques autres Mammifères, nous signalerons les genres 2radypus, Chrysochlorys ,Macroscelides, Chiromys.
Chez l'Homme et le Cheval,les rapports entre le digastrique et l'os hyoïde, se font au moyen d’un anneau fibreux qui entoure le tendon médian comme d’une bague sans prendre d'insertion sur ce muscle.
Le digastrique présente parfois des rapports spéciaux avec certains muscles voisins. C’est ainsi que chez l'Homme et le Cheval, il traverse le tendon d'insertion inférieure du muscle stylo-hyoïdien, comme dans une boutonnière.
Chez les Primates et les Rongeurs, qui possédent une expansion aponévrotique du digastrique, le mylo-hyoïdien entre en rapport avec ce muscle par l'intermédiaire de cette expansion. Enfin, YounG a signalé des anastomoses entre ce muscle et les sterno etomo-hyoïdien, chez le Phascolarctos cinereus, etc.
Les deux muscles digastriques sont généralement séparés l’un de l’autre ; parfois ils arrivent en contact, sans cependant se confondre, sur la ligne médiane (Guenon, Saïmiri, Félins). Chez d’autres espèces, au contraire, les ventres antérieurs se réunissent de manière à ne
__ constituer qu’une seule lame musculaire (Cynocéphale, Rat, Souris,
Ecureuil). Chez le Maki mongoz les deux digastriques sont réunis l'un à l’autre par une mince aponévrose ; le même fait a été signalé par LECHE dans le geure Myrmecobrus.
Chez le Taureau, la Gazelle dorcas et le Mouton, les deux digastriques sont réunis par une lame musculaire plus où moins complexe que nous ne décrivons pas ici, parce que nous la considérons comme représentant le feuillet ventral du mylo-hyoïdien.
L'insertion postérieure se fait généralement sur l’apophyse mastoïde (face interne, face antérieure ou sommet). Quelquefois, elle peut cependant s'étendre surles parlies voisines de cetteapophyse; Dogson a même signalé chez le Solenodon des faisceaux musculaires qui venaient prendre naissance sur l’apophyse transverse de l’atlas. |
Chez tous les Mammifères, le muscle digastrique est toujours situé ventralement par rapport à l'appareil hyoïdien ; chez l'Homme,
il passe sur la face dorsale de cet appareil. Nous croyons pouvoir expliquer ainsi cette disposition.
D'une part, chez l'Homme les grandes cornes de l'appareil hyoïdien sont relativement moins longues qu’elles ne le sont chez les autres Mammifères et elles se dirigent nettement d'avant en arrière, au lieu d’être plus ou moins obliques comme chez ces derniers êtres. D'un autre côté, chez tous les Mammifères, les deux ventres du digastrique sont situés dans un même plan horizontal, ou peu s’en faut, l’'apophyse mastoïde et le maxillaire inférieur étant à peu près à la même hauteur. Chez l'Homme, au contraire, les deux ventres du digastrique sont situés dans deux plans différents, de sorte que ce muscle forme une courbe à concavité supérieure ; cela est dû à ce que l’apophyse mastoïde est dans un plan horizontal bien supérieur à celui des apophyses géni. Une des conséquences de cette disposition est qu’à chaque contraction du digastrique la partie moyenne de ce muscle a une tendance à se surélever, c’est à-dire à se rapprocher de la base du crâne, par suite de l'augmentation du rayon de courbure de la corde que forment les deux ventres. Aussi, le digastrique est-il considéré, chez l'Homme, comme un élévateur de l'appareil hyoïdien.
Il est donc probable que dans le développement phylogénique de l'Homme, ces deux modifications simultanées (1° raccourcissement des cornes hyoïdiennes et direction antéro-postérieure de celles ci; 8° situation des apophyses mastoïdes et des apophyses géni en deux plans horizontaux différents) ont eu forcément pour conséquence le passage du tendon médian du digastrique au-dessus de l'appareil hyoïdien. À mesure, en effet, que les apophyses géni se plaçaient dans un plan plus inférieur que les apophyses mastoïdes et que, par conséquent, à chaque contraction, la surélévation de la partie moyenne du digastrique devenait de plus en plus grande, les cornes hyoïdiennes se raccourcissaient progressivement et devenaient en même temps longitudinales, n'opposant plus aucun obstacle à la surélévation du digastrique ; obstacle qui aurait fatalement lieu si ces cornes étaient très longues et transversales. Il est même certain que si le digastrique n’avait pas été retenu à l'appareil hyoïdien par un anneau fibreux dont nous voyons l’origine chez quelques Mammifères, ce muscle aurait fini par perdre tout contact avec cet appareil. Nous appellerons rolation du digastrique ce passage du digas-
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