‹ Anatomie comparée de certains Muscles Sus-HyoïdiensChapitre 8 sur 40 · VAE · texte numérisé non relu

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trique de la face inférieure de l’hyoïde sur sa face supérieure. Cette rotation a done une origine purement mécanique.

Mylo-hyoïdien. — Nous avons rencontré le my1o-hyoïdien chez tous les Mammifères que nous avons étudiés sauf chez l'Echidné; il existe même chez l'Epomophorus Gambianus où Dogson nie son existence, ainsi que dans tout le genre Epomophore.

Ce muscle est toujours, sauf quelques exceptions assez rares, constitué par un seul feuillet qui va de l'appareil hyoïdien à la symphyse méntonnière ; ses inserlions ont généralement lieu sur le maxillaire inférieur, un raphé médian et l’appareil hyoïdien. Chez quelques Mammifères cependant, ce muscle est formé par deux feuillets qui sont neltement superposés et que nous avons dénommés feuillet superficel ou ventral et feuillet profond ou dorsal; nous ne pouvons pas, en effet, pour les raisons que nous avons données lors de la description des Insectivores, considérer ces feuillets comme antérieur ou postérieur (opinion de LECHE). À plus forte raison, il nous est impossible d'accepter l'interprétation de LECHE à ce sujet, lorsqu'il veut homologuer ces feuillets aux muscles que nous rencontrerons chez les Batraciens (1).

Ces doubles feuillets ne sont pas chez tous les Mammifères entièrement musculaires ; chezles Insectivores, ils sont mi-musculaires, mi-aponévrotiques et c’est justement ce fait (le prolongement aponévrotique étant méconnu) qui à été le point de départ de l’interprétaüon de Lecxe. Les feuillets sont plus ou moins développés et leurs parties se recouvrent plus ou moins exactement suivant les animaux considérés.

Chez le Hérisson, la Taupe, les deux couches de ce muscle sont très nettes, se recouvrent exactement et chacune présente la disposition générale d’un mylo-hyoïdien. Il n'en est plus de même chez la Gazelle dorcas, le Taureau et le Mouton. Chez ces animaux, le feuillet dorsal se comporte comme un mylo-hyoïdien ordinaire ; le feuillet ventral, au contraire, a une disposition tout à fait particulière ; chez le Taureau, ce feuillet consiste simplement en une petite bande musculaire transversale, située au niveau de l'hyoïde et qui s’insère sur les {endons du digastrique einon point sur le maxillaire

(1) Bronn's Klassen und Ordnungen des Thier-Reichs VI, B., V, Abth. p. 700.

inférieur. Chez la Gazelle dorcas, ce feuillet est plus étendu, il va depuis le niveau de l’hyoïde jusqu’à la symphyse. Les caractères de ce feuillet du Mouton sont intermédiaires entre ceux du feuillet correspondant du Taureau et de celui de la Gazelle. Les auteurs ont décrit ce feuillet du Taureau et de la Gazelle comme faisant partie du digastrique ; nous pensons plutôt que c’est là un feuillet ventral du mylo-hyoïdien, nous basant pour cela sur les caractères morphologiques de ce feuillet, sur l'anatomie comparée de ses insertions et enfin sur des cas d'anomalies du mylo-hyoïdien. Chez l'Homme, en effet, il a été signalé quelques cas anormaux où le mylo-hyoïdien s’insérait en partie sur les tendons du digastrique.

Nous venons de voir que, chez les Insectivores, les feuillets du mylo-hyoïdien ne sont musculaires que sur une partie de leur surface ; ce fait est aussi assez fréquent chez les Mammifères dont lé mylo-hyoïdien est simple. Chez quelques-uns, les fibres musculaires cessent, en avant, à une certaine distance de la symphyse et le muscle se continue antérieurement par une mince aponévrose (Primates, Chiroptères, Félins, Chien, Cheval, Renard, Tatou), d’autres fois, au contraire, le mylo-hyoïdien est musculaire dans toute sa partie antérieure et se continue postérieurement par une aponévrose qui vient se fixer sur l'appareil hyoïdien (la plupart des Carnivores que nous avons étudiés).

Généralement le mylo-hyoïdien présente un raphé médian. Parmi les espèces que nous avons étudiées, le raphé manque chez le Maki, les Félins, le Taureau, la Gazelle dorcas, le Dauphin.

Le mylo-hyoïdien présente parfois des rapports importants avec les muscles voisins, Chez la Guenon callitriche. le Saïmiri écureuil, le Rat surmulot, la Souris, l'Écureuil, la Gerboise, le Campagnol, les fibres postérieures du mylo-hyoïdien s’insérent sur l'expansion aponévrotique du digastrique. Chez le Maki, la Roussette, l'Epomophore de Gambie, le Vespérien pipistrelle, l’aponévrose antérieure de ce muscle adhère intimement avec la face ventrale des géniohyoïdiens. Chez le Hérisson et la Taupe, les aponévroses des digastriques et des mylo-hyoïdiens sont plus ou moins accolées entre elles ; il n'est pas rare que les mylo-hyoïdiens et les géniohyoïdiens soient en connexion au niveau de leurs insertions hyoïdiennes. Enfin, chez les Chiroptères, la majorité des fibres du muscle sterno-hyoïdien dépassent en général l'appareil hyoïdien sans

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s’y fixer et viennent se terminer sur la face ventrale du mylo-hyoïdien dans toute la moitié postérieure de ce muscle ; ce fait est beaucoup plus accentué chez le Ptercpus Ediwardsii que chez les autres espèces. |

Enfin chez deux espèces, le mylo-hyoïdien présente de remarquables rapports avec le muscle peaucier. Ce fait n’a été signalé que chez une seule espèce, un Rorqual: le Balænoptera rostrata par CarTE et Macarisrer. Cependant chez le Tatou (Dasypus peba) nous avons constaté une disposition qui peut-être rapprochée de ce que CARTE et MACALISTER ont vu chez le Rorqual. Là, en effet, le mylo-hyoïdien, se continue postérieurement parune mince aponévrose qui passe au-dessus de l’hyoïde sans prendre aucune insertion sur cet appareil, puis elle se poursuit assez loin en arrière sur la face ventrale du cou. A propos du Balænoptera rostrata on lit dans LECHE : « Il est à remarquer que quelques-uns des faisceaux du mylo-hyoïdien se poursuivent sur la partie antérieure de la région médiane de l’abdomen, où ils constituent une sorte de musclecutané».

Transverse jugulaire. — Chez l'Echidné, il existe un transverse jugulaire qui présente un très grand développement ; ce muscle rappelle entièrement par sa forme, ses rapports et ses insertions le transverse jugulaire des Oiseaux.

Transverse. — Ce muscle, particuliérement étudié par KUNSTLER chez la Marmotte, n'existe chez les Mammifères que dans l’ordre des Rongeurs et encore dans cet ordre, seulement chez ceux qui possèdent une articulation intermaxillaire, sauf chez le Cobaye. Mais chez cet être il n’est qu'un organe témoin, puisque, ptr suite de la soudure des deux branches de la mâchoire inférieure, il n’a aucun rôle physiologique. |

Grénio-hyoïdien. — Le génio-hyoïdien constitue ordinairement une bande musculaire qui s'étend de l'appareil hyoïdien à la symphyse mentonnière. Chez certains Mammifères, les génio-hyoïdiens peuvent s'unir plus ou moins entre eux, soit seulement en avani (Félins, Chien, Hérisson), soit seulement près de lhyoïde (Maki, Rat, Souris, Gazelle) ; ils sont entièrement unis (1) chez certains

(1) Dans ce cas, les tendons d'insertion peuvent être séparés Péeropus Edirardsii,

E'pomophorus gambianus.

Carnivores, chez le Taureau, le Dauphin, quelques Insectivores, etc... Cesfaits montrent que ces muscles dérivent d’une masse musculaire unique qui s’est partagée en deux portions suivant un plan vertical passant par la ligne médiane. Il est aussi à remarquer que lorsque ces muscles sont unis en une masse commune, celle-ci présente le plus souvent un sillon plus ou moins accusé le long de la ligne médiane, c'est là un autre indice de la division de cette masse en deux portions.

Le génio-hyoiïdien peut également se fusionner avec le génioglosse correspondant. C’est ainsi que le génio-hyoïdien et le génio-glosse du Maki et de tous les Rongeurs que nous avons étudiés s’insèrent sur le maxillaire inférieur par un tendon commun (1). Chez le Vespérien pipistrelle, ces deux muscles sont unis sur une bien plus grande longueur, jusqu’au niveau de l'appareil hyoïdien. Enfin chez la Roussette et l’Epomophore de Gambie, les faits sont encore poussés bien plus loin. Non seulement, comme chez le Vespérien pipistrelle, les deux muscles (génio-hyoïdien et génio-glosse) sont soudés sur toute leur longueur, mais encore, les deux masses latérales résultant de l’union de ces muscles sont unies de manière à ne former qu'une seule masse musculaire indivise (2).

L'ensemble de ces derniers faits nous donne clairement le développement phylogénique du génio-hyoïdien et du génio-glosse. Nous ne voulons pas insister maintenant sur ces faits, nous y reviendrons dans un prochain chapitre.

Chez le Tatou et l'Echidné, le génio-hyoïdien se comporte de façon toute particulière ; chez aucun autre Mammifère nous n’avons rencontré de dispositions semblables à celles que nous avons précédemment décrites chez ces êtres. Chez le Tatou, ce muscle se divise postérieurement en déux faisceaux qui se fixent l’un et l’autre sur l'appareil hyoïdien. Chez l'EchiAné, il n'existe qu’une seule formation musculaire qui se divise en plusieurs faisceaux, celle masse musculaire représente ainsi, comme nous l’avons vu, à la fois plusieurs muscles sus et sous-hyoïdiens.

(1) Nous avons signalé un fait semblable dans une anomalie musculaire du Cheval.

(2) C'est peut-être à cause de cette union du génio-hyoïdien et du génio-olosse que Dogsox nie l'existence du génio-hyoïdien chez l'£pomophorus franqueti.

Grénio-glosse. — Dans tout l'ordre des Mammifères ce muscle est constitué sur un même type général, il n'existe que de bien rares exceplions à cette règle. Chez le Dauphin, les deux génioglosses sont soudés ensemble sur toute leur étendue ; il en est de même chez quelques Chiroptères. Enfin le génio-glosse, comme nous l’avons dit dans le résumé du génio-hyoïdien, peut se souder plus où moins intimement à ce dernier muscle.

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