‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 13 sur 109 · XX DISCOURS · texte numérisé non relu

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mécanique simple , explique l'ordre de l'architecture divine.

Pourquoi n'en serait-il pas de même dans les sciences anatomiques et physiologiques ? La plus belle partie de la création serait-elle abandonnée sans règles , livrée au caprice et au hasard? Qu'est-ce qui maintiendrait dans leurs limites respectives les végétaux et les animaux^ les classes, les familles, les genres et les espèces? Comment se conserveraient sans altération ces formes et ces rapports , dont l'harmonie remplit d'admiration l'esprit de l'observateur , des polypes à l'homme ?

Qu'est-ce qui empêcherait les formes d'une classe d'envahir les formes d'une autre , et de faire du règne animal un assemblage d'être^^ informes, dont les organes incohérens choqueraient l'esprit et la raison?

L'univers organisé ne présenterait donc bientôt que confusion et désordre , si des lois fixes et immuables ne présidaient à la formation des êtres , et ne maintenaient chacun d'eux dans les limites qui lui sont assignées? j^

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Mais quels sont ces rapports généraux. ? quelles sont ces lois? Tel est, a dit notre illustre Cuvier , le but élevé vers lequel doivent tendre désormais les efforts de tous ceux qui cultivent les sciences naturelles.

De grands effets ont déjà l'épondu en France à cette inspiration du génie.

Embrassant les rapports des vertèbres et de leurs muscles , M. le professeur Duméril émet ridée singulière que le crâne des animaux n'est qu'une grande vertèbre , et le cerveau, que la moelle épinière renflée. La rumeur générale qui s'éleva contre une opinion si inattendue , fit connaître à ce célèbre zootomiste qu il avait devancé son siècle. Quelques lustres se sont à peine écoulés, et déjà cette idée , devenue classique , a changé la face de la science, 'et a fait naître une partie toute nouvelle , celle des homologies.

A l'aspect des formes variées que nous offrent les êtres organisés, à l'aspect des modifications sans nombre que nous présentent leurs organes, l'esprit s'arrête, écrasé , pour ainsi dire , sous le poids de tant de détails. Mais après trente années de

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méditation , M. le professeur Geoffroy- Saint-Hilaire proclame V unité de compost' iion organique , et le vaste tableau du règne animal se déroule successivement devant lui.

Des résultats plus surprenans encore sont le fruit de la loi d'harmonie des parties. La terre renferme dans son sein , les restes d'un monde primitif, submergé par le déluge. A la voix de M. Cuvier, tous ces ossomens épars se rassemblent, tous ces fragmens mutilés se réunissent, et nous voyons une science nouvelle, et nous voyons un monde nouveau , sortir, pour ainsi dire, des entrailles de la terre! .

Emule de ces zootomistes illustres, j'ai essayé de marcber sur leurs traces, en généralisant les faits d'organogénie que j'avais observés, et en les enchaînant les uns aux autres par leurs rapports les plus généraux 5 je vais exposer ces rapports et les lois que j'en ai déduites.

En suivant la marche de l'esprit humain dans les sciences, on trouve qu'il s'est presque toujours imposé lui-même les bar-

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rières qu'il n'a pu surmonter. Le désir Lien naturel sans doute, de tout connaître , nous porte à devancer les faits, à mettre nos suppositions à la place de ce qui est , et de partir ensuite de ces suppositions comme si elles étaient démontrées.

Harvey porte, dans la zoogénie, cet esprit investigateur qui lui dévoila le mécanisme admirable de la circulation. Il observe les premiers rudimens du cœur du poulet; il imagine aussitôt que ce point qu'il voit palpiter est la racine detoutl'être; il croit lui voir projeter ses rameaux dans tous les organes, et il annonce que l'animal se forme du centre à la circonférence.

Malpighi , qui paya de sa vie les recherches microscopiques qui l'ont immortalisé, s'élève dans la formation de l'embryon un peu plus haut qu'Harvey ; il observe une fibrille qui devance la formation du cœur. Cette fibrille centrale , qu'il nomme quille) lui paraît être la moelle épinière, qu'il regarde comme l'origine de toutes les parties , selon lui , toutes nerveuses. Boerhaave grand admirateur de Malpighi , prête à cette idée le prestige de son nom et le charme

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&e son style ; et peu après les Haller , les Albinus , ses plus illustres disciples, font admettre comme loi générale le développement central des animaux.

Chose étrange! On avait interprété la nature en sens inverse ! On lui avait supposé une marche directement opposée à celle qu'elle suit; doit-on s'étonner ensuite si ses lois ont été méconnues ; si , rebutés de leurs efforts infructueux , les zootomisles ont désespéré de les découvrir î

Toute la zoogénie repose en effet sur la loi fondamentale du développement excentrique des animaux.

Toutes les lois de formation des organes dérivent de cette loi primitive.

Considérez le développement des membranes qui précèdent l'apparition du germe, vous les verrez toutes se former de la circonférence au centre.

Considérez tous les grands appareils organiques, vous leur verrez suivre constamment la même direction.

De Cette marche excentrique, découlent les lois de l'organisation ; tout organe sera primitivement double ; ses parties, d'abord

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