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jugement de FAcadémie royale des Sciences. M. le baron Cuvier , M. le professeur Geoffroy-Sain t-Hîlàire, et M. Oken, en Allemagne^ les ont sanctionnées par une multitude de faits nouveaux qui m'étaient inconnus. M. Dutrochet en a vérifié l'exactitude chez les reptiles. Le plus célèbre de nos entomologistes , M. Latreille , a Vu que les parties solides des crustacés étaient rigoureusement assujéties aux mêmes principes. Enfin j M. Audouin ne leur a pas trouvé une seule exception dans toute la charpente qui compose le squelette des insectes.
Voilà donc le plus compliqué de tous les systèmes organiques expliqué par des lois simples et générales , déduites de l'observation des faits.
Tous les autres systèmes seront-ils assujétis à la même marche? leur développement sera-t-ii excentrique comme celui du système osseux? leurs ouvertures serontelles pratiquées de la même manière que celles des os? leurs canaux seront-ils des canaux de conjugaison? Ces lois expérimentales seront-elles applicables à toute l'organogénie ? Telle est , si je ne m'abuse ,
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l'une des plus hautes questions de la pliilosophie naturelle.
Douze années employées sans relâche à cette étude m'ont à peine suffi pour en rassembler les matériaux, et pour enchaîner tous les laits que j'ai observés, à des lois primordiales, qui en sont des formules abrégées.
C'est en effet une chose bien digne de remarque que la marche constante et uniforme que suit la nature dans la création des animaux! Tous les systèmes , sans exception, tont assujétis aux mêmes lois de formation. Tous se développent de la circonférence au centre; toutes leurs parties marchent de dehors en dedans à la rencontre les unes des autres , pour former les organes uniques qui occupent leur centre , et coûiposer les ouvertures ou les canaux que nous leur observons.
Le canal intestinal est un canal de conjugaison , résultant de la double engrenure , antérieure et postérieure, des deux lames qui les constituent primitivement. Il en est de même de faorte , il en est de même de la trachée artère , du larynx , de l'œso-
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pliage, et des organes génitaux-urinaires.
La formation du système musculaire dérive toute entière de l'application de ces -lois expérimentales.
Ainsi , à la tête , les muscles temporaux, les masséters , les ptérygoldiens , sont les premiers apparens j puis viennent les orbiculaires des paupières, les zygomatiques, les buccinateurs ; puis les canins , et les muscles du nez.
Ainsi , à la poitrine , viennent d'abord les muscles intercostaux ; ensuite les muscles des gouttières v.ertébrales!{| et les muscles du sternum.
Ainsi , à l'abdomen, on trouve, en premier lieu , les obliques sur les côtés ; et en dernier lieu, les droits abdominaux , et les pyramidaux, qui occupent la ligne médiane.
L^abdomen présente, chez les jeunes embryons , une vaste ouverture ; les intestins sont hors de sa cavité ; à mesure que les muscles se portent de la circonférence vers le centre , ils encaissent ces organes ; l'hiatus de la ligne blanche diminue progressivement 'y enfin , à la naissance , il ne
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reste plus que l'ouverture de Tombilic , ouverture formée , comme on le voit , de la même manière que celle du système osseux.
Tous les muscles orbiculaires sont des muscles de conjugaison j tous sont primitivement doubles , depuis l'orbiculaire des lèvres jusqu'aux sphincters du rectum.
Le diaphragme est un muscle double j chez les embryons , il se forme de la circonférence au centre j en se réunissant, ses deux parties forment d'abord le trou de conjugaison que traverse la veine cave inférieure , et ensuite les ouvertures qui donnent passage à l'aorte et à l'œsophage j ouvertures que tous les auatomistes savent être formées par le double croisement de ses piliers postérieurs.
En procédant ainsi des muscles les plus simples aux plus composés , nous arrivons à la formation du cœur , qui est au système musculaire ce que le crâne est au système osseux; ce que l'encéphale est au système nerveux , et qui n'a , guère moins que le crâne et l'encéphale exercé la sagacité des anatomisles.
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Suivez dans leurs belles recherches les Harvey, les Stenon, les Malpighi, les Haller, sur la formation de cet admirable organe ; que manque-t-il à leurs observations? On le sent à chaque pas : elles sont dépourvues du lien qui doit les réunir. Pourquoi ce lien manque-t-il? parce que toutes ces observations ont été faites sous l'influence de l'hypothèse du développement central des organes.
Appliquez au mécanisme de son développement les lois de formation des autres muscles^ et vous verrez le cœur, primitivement si simple , parvenir, par une série d'évolutions très-remarquables , à la structure compliquée qu'il présente chez les mammifères et chez les oiseaux.
Vous verrez les deux lames excentriques qui le précèdent, se réunir en avant et en arrière, et former de cette manière une espèce d^intestin ouvert à ses deux extrémités. Bientôt l'ouverture inférieure se ferme ; c'est alors une poche unique ouverte par en haut. Plus tard^ une cloison verticale s'élève de sa pointe^ et forme une espèce de diaphragme qui sépare les deux
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ventricules j plus tard encore , une double cloison transversale vient isoler les oreillettes des ventricules ; et en dernier lieu enfin , les deux oreillettes qui e'taient confondues , sont séparées l'une de l'autre par une lame membraneuse qui a deux origines, l'une supérieure, l'autre inférieure, en se joignant sur leur partie moyenne , ces deux parties laissent entre elles une ouverture : c'est le trou de botal, résultant de la conjugaison des deux parties qui forment la cloison des oreillettes. Ce trou, d'abord très-large , se rétrécit graduellement à mesure que le fœtus approche du terme de la naissance , et que les lames de la cloison s'étendent \ il s'oblitère enfin , après la naissance, lorsque le sang, qui cesse de le traverser , permet à la cloison de terminer son développement.
Ainsi les mêmes lois président à la formation de tous les systèmes organiques.
Quelque simple que soit un organe, quelque compliqué qu^il vous paraisse , suivezen chez les embryons les diverses métamorphoses , vous le trouverez invariablement assujéti à la même marche, suivant
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le même ordre dans son développement régulier , et vous présentant dans son développement irrégulier les mêmes déformations.
Le présent ouvrage étant une continuelle application de ces lois expérimentales , tout le système nerveux se formant d'après ces mêmes principes , toutes les analogies primitives de ses élémens reconnaissant pour cause l'uniformité de leur développement, toutes leurs dissemblances secondaires s'établissant sur la même base , tous leurs rapports , enfin , découlant des mêmes principes et des mêmes lois , j^ai dû établir la généralité de ces lois et de ces principes, afin de montrer, d'une part, que la formation de ce système est une conséquence de Puni té de formation de tous les systèmes organiques; et de l'autre, pour rattacher tous les faits nouveaux que contient cet ouvrage à tous ceux que j'ai déjà fait connaître sur l'organogénie-
De cette manière , le lecteur pourra me suivre dans le labyrinthe des faits où je vais le conduire ; il pourra saisir leur liaison et leur ensemble, les embrasser
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tous d'un même coup d'œil , ou descendre avec moi dans les détails de chacun d'eux j il les verra s'éclairer les uns par les autres ; il jugera leur détermination et leurs rapports , et , si je me trompe , je lui aurai fourni d'avance les moyens de redresser mes jugemens, car les faits sont et restent toujours les mêmes.
Cela posé , descendons à ^explication du système nerveux.
Malpighi ayant dit que la moelle épinière était la racine de tout l'animal, cette opinion eut, sur le système nerveux, le même effet que celle d'Harvey sur le système sanguin , et que celles de Haller et d'i\lbinus sur le système osseux , dont ils faisaient partir le développement du corps central des vertèbres : on observait la nature en sens inverse, il n'était guère possible d'éviter l'erreur en suivant cette direction. Un nouvel ordre de faits était donc nécessaire pour réintégrer la nature dans ses droits , et donner à la science une direction qui permît d'interpréter sa véritable marche. Ces faits sont les suivans :
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Si vous étudiez les jeunes embryons des animaux, vous trouvez que les nerfs latéraux du tronc , que les nerfs latéraux de la tête et du bassin 5 sont les premiers formés^ qu'ils existent indépendamment de la moelle épinière, indépendamment de l'encéphale : ces nerfs ont acquis tout leur développement lorsque l'axe cérébro-spinal est encore liquide , lorsqu'il n'a pas même revêtu ses formes primitives. Vous trouvez les nerfs sans communication avec l'encéphale, sans communication avec la moelle épinière. Donc le système nerveux se développe de la circonférence au centre, et non du centre à la circonférence, comme on l'avait supposé.
De ce principe fondamental découle toute la névrogénie , sur laquelle l'Académie des Sciences avait appelé l'attention des concurrens.
Tous les nerfs se formant de la circonférence au centre, leur origine se trouve nécessairement dans les organes auxquels on suppose ordinairement qu'ils se distribuent, et leur terminaison ou leur insertion se fait sur l'axe cérébro-spinal, du-
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quel on lésa fait provenir jusqu'à ce jour.
Le développement de cette proposition renferme l'explication du système nerveux des animaux articulés, qui n'ont ni içioelle épinière^ ni encéphale^ dans le sens des animaux vertéîjrés.
Elle rend raison de la loi d'action du système nerveux de M. le baron Cuvier j de la loi de transposition de l'action des sens d'un nerf sur un autre^ due à M. le professeur Duméril ; elle explique enfin les rapports des nerfs entre eux.
De la formation des nerfs, la nature passe à celle de la moelle épinière. Cet axe nerveux suivra-t-il le même développement que les nerfs? se formera-t-il de dehors en dedans, ou de dedans en dehors?
Ouvrez les jeunes embryons ; vous trouverez constamment que primitivement la moelle épinière est composée de deux petits cordons, l'un droit, l'autre gauche, entièrement isolés l'un de l'autre. Plus tard, vous observerez ces deux cordons se réunissant en avant sur la ligne médiane par une engrenure analogue à celle du système osseux. Les deux cordons forment
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alors une longue gouttière , ouverte eu arrière dans toute son étendue. Plus tard encore , vous verrez ces deux cordons s'eugrener en arrière comme ils l'ont fait en avant . et vous verrez cette longue gouttière se convertir en un long canal occupant le centre de cet axe.
Or, le mécanisme de la formation de ce canal est le me aie que celui de la formation de autres canaux de l'organisation. Il s'est formé comme le canal intestinal, comme le canal aortique, comme le canal de la trachée artère, comme tous les canaux osseux. C'est un véritable canal de conjugaison , résultant de la loi de ce nom et de la loi de symétrie.
Mais chez beaucoup d'animaux cet axe doit devenir solide. Quel sera le mécanisme de cette nouvelle transformation?
Suivez toujours la nature le scalpel à la main ; vous observerez des couches excentriques se former successivement dans l'intérieur de ce canal , et se déposer de dehors en dedans jusqu'à ce qu'enfin le canal soit entièrement oblitéré.
Passez dans le crâne, vous trouverez les
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pédoncules cérébraux doubles et disjoints comme les cordons primitifs de la moelle épinière , vous les verrez se réunir en avant par une engrenure en tout semblable à celle de cette dernière partie. Nous observerons alors une large gouttière circonscrite par les parois de ces deux cordons.
Suivez le redressement de ces cordons, vous les verrez marcher de dehors en dedans , se porter à la rencontre l'un de l'autre, se réunir et se confondre, en donnant naissance aux parties diverses dont l'encéphale primitif se compose dans toutes les classes. Vous remarquerez premièrement le redressement de la partie des cordons des pédoncules qui correspondent aux tubercules quadrijumeaux j ces cordons se réuniront sur la ligne médiane par une suture semblable à celle de la moelle épînière , et donneront naissance à deux vésicules ovalaires , Tune droite , l'autre gauche. Ces vésicules seront ovales dans toutes les classes; elles auront chez toutes la même forme, la même position et les mêmes rapports.
Vous remarquerez en second lieu la
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marche excentrique des lames de la moelle allongée , vous les verrez se porter l¥ansversalement sur le plancher du quatrième ventricule 5 les lames, d'abord écartées, se rapprocheront l'une de l'autre, se toucheront ^ se confondront par une espèce de suture croisée , et vous aurez le cervelet primitif des mammifères , des oiseaux , des reptiles , et de certains poissons.
En troisième lieu, vous observerez'les pédoncules se conjuguer entre eux par des commissures transverses 3 il y aura d'abord une demi - commissure de chaque côté : chacune d'elles marchera à la rencontre de sa congénère , en se dirigeant de dehors en dedans 5 par cette marche elle 'rencontrera celle du côté opposé, se joindra à elle , et formera de cette manière un faisceau unique, traversant d'un pédoncule à l'autre.
Vous remarquerez enfin le redressement des lames des hémisphères cérébraux et des lobules olfactifs, quand ils existent , donnant primitivement naissance à des lobes arrondis, placés symétjiquement les uns à côté des auires, et offrant dans toutes
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les classes la même forme et la même disposition.
Si par la pensée nous arrêtons dans cet état primitin'encépliale de toutes les classes, nous le trouverons formé des mêmes éléinens ; cet organe sefa la répétition de luimême, dans linéique espèce, dans quelque genre , dans quelque famille que l'on le considère. Nous trouverons constamment Va^e cérébro-spinal formé dans toutes les classes par les quatre élémens fondamentaux qui suivent. La moelle épinière , deux bulbes arrondis qui correspondent aux tuhercules quadrijumeaux , deux bulbes en avant d'eux , qui sont les premiers rudimens des hémisphères cérébraux , et deux lames transversales en arrière, qui sont les premiers vestiges du cervelet. Si une cause quelconque arrête dans son développement une ou plusieurs parties^ l'encéphale d'une classe pourra venir au monde avec les formes de la classe qui lui est inférieure. Un reptile pourra naître avec le cerveau du poisson- un oiseau avec le cerveau d'un reptile; un mammifère avec les formes encéphaliques dévolues aux reptiles ou aux
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oiseaux. Les monstres justifient tous les jours cette dernière assertion.
Le système nerveux se développe donc de la circonférence au centre ; de ce principe découle la solution de la grande question qui occupe les esprits , sur la prééminence des deux substances qui composent le système nerveux.
Chacun sait que le système nerveux est formé de matière grise et de matière blanche. Personne n'ignore que les faisceaux de la matière blanche rayonnent en divers sens au travers des couches plus ou moins épaisses de la matière grise.
Les physiologistes et les médecins ont tiré de celte structure un grand parti pour leurs explications.
Depuis Platon , les philosophes et les physiologistes , qui ont écrit avec quelque supériorité sur les fonctions du système nerveux 5 ont tous considéré ce système comme les organes par Fintermède duquel s'exécutent les sensations et les volitions de a me.
Depuis Pylhagore , surtout , on s'est beaucoup occupé de rechercher quel milieu
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singulier unissait l'àme et le corps. Après avoira handonnéles idées du feu, qu Hippocraie , l>?ogène-Laerce el Lucrèce avaient imaginées , après avoir rejeté les harmonies d'Aristoxène et de Lactance , et délaissé , malgré leur admirable obscurité , les entéléchies d'Aristote , l'esprit humain conçut enfin l'idée des esprits animaux.
Cette funeste invention exerça sur la physiologie et la pathologie la même influence que l'hypothèse du développement central des animaux , sur l'anatomie transcendante; elle enraya pendant des siècles la marche de ces sciences , et frappa même de stérilité les brillantes découvertes que les efforts du génie dérobaient de loin en loin à la nature. Je ne suivrai pas les physiologistes dans tous les sentiers oii les a égarés cette erreur ; je ne considérerai cette hypothèse fameuse , que dans ses rapports immédiats avec l'anatomie du système nerveux, et les fonctions récemment attribuées à la matière grise.
Qu'était-ce que les esprits animaux?
Une abstraction placée entre l'àme et le système nerveux pour expliquer leur liar-
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monie. Bientôt on donna un corps à cette abstraction 5 on assimila les esprits animaux aux fluides les plus subtils ; au feu , au son , à l'air , à la lumière 5 on les doua d'une vitesse bien supérieure à celle de ce dernier fluide ; on les logea dans l'encéphale , tantôt dans le quatrième ventricule, tantôt dans le demi-centre ovale des hémisphères^ et d'autres fois, enfin, dans le corps calleux , dans la protubérance annulaire et dans le troisième ventricule.
Comme on croyait à l'existence des esprits animaux aussi fermement qu'à celle de la bile et du sang , on s'occupa sérieusement de leur assigner une source dans l'encéphale. Willis employa à cet usage la substance grise des ganglions de la moelle épinière et du cerveau; Vieussens , le plus ferme défenseur de ces esprits , dut à cette erreur les belles découvertes qu'il fît sur la matière grise des couches optiques , des corps géniculés , du corps rhomboïdal et du corps olivaire.
On prétendit encore que ces esprits venant du sang, ils devaient être soumis à la loi générale de la circulation. A cet effet ,
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Willis Cl Vieusseiis imaginèrent que les faisceaux Je la matière Llanche étaient creux pour leur donner passage ; on supposa qu'il existait dans les nerfs une cavité semblable à celle des artères et des veines; cavité que les sens ne montrent pas , et qu'on ne voit pas même au m4croscope. Ce n'est pas que Lemvenhoeck ne prétende l'avoir vue; mais on sait aujourd'hui le cas que l'on doit faire en anatomie des observations de ce célèbre physicien. Enfin , comme on objecta qu'un fluide aussi subtil que les esprits animaux , s'échapperait facilement par les extrémités des filets nerveux , Vieussens découvrit sur le champ des vaisseaux névro-lymphatiques, que personne n'a vus depuis, quoique Diemerbroek ait imaginé de placer des valvules dans leur intérieur. Il est difficile de dire oii se seraient arrêtés les anatomistes, si, par ses immortelles découvertes sur l'irritabilité , Haller n'avait fait rentrer ces esprits dans le néant.
En rappelant les idées de Willis et de Vieussens, j'ai presque fait l'histoire des opinions nouvelles de MM. Gall et Spurzheim sur la matière grise et blanche du
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système nerveux. En relranchanl les esprits animaux du système des anciens anatomisles , on voit que dans leurs idées , la matière grise sert de racine à la matière hlanche , et que ces deux substances se trouvent dans un rapport proportionnel.
C'est ce fait important , quoiqu'il ne soit pas général , que les anatomistes allemands expriment , en disant que la matière grise est la matrice , ou l'organe de nutrition de la matière blanche j hypothèse plus séduisante peut-être, mais non moins erronée que celle des esprits animaux.
Personne ne doutait ^ il y a un demisiècle , de l'existence de ces esprits ; personne n^y croit plus de nos jours : il serait donc inutile de nous attacher à réfuter cette hypothèse. Il n'en est pas de même de celle de MM. Gall et Spurzheim : elle est tellement enlacée dans les faits , qu'elle fait presque corps avec eux; et on ne peut prévoir oii elle nous aurait déjà conduit, si, par son mémorable rapport à l'Académie des Sciences^ M. Cuvier n'en avait paralysé les effets.
Dans cette hypothèse, la matière grise du système nerveux doit nécessairement
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précéder la matière blanche , soit pour lui servir de matrice , soit pour lui servir de matière de nutrition • réduite à ses termes les plus simples , toute la question consiste donc à savoir quelle est, de ces deux matières , celle qui se forme la première. Ainsi énoncé , le problème devient tout anatomique.
Nous ferons remarq^uer à cette occasion que, de mémo que l'hypothèse de Willis ^ celle de Gall est fondée sur le développement central du système nerveux. Elle suppose que la moelle épinière et l'encéphale se forment du centre à la circonférence. Or la matière grise occupant le centre de Taxe cérébro-spinal, elle est censée préexister à la matière blanche, qui en occupe la périphérie 5 aux nerfs, qui s'y implantent j aux ganglions intervertébraux , qui sont plus excentriques encore ; enfin , aux radiations nerveuses , qui de ces ganglions rayonnent dans toutes les parties de l'animal. Cette opinion est donc conséquente aux idées qu'on avait imaginées sur le développement de ce système.
Mais si sa formation est excentrique, et