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si, dans leur apparition, toutes ces parties suivent un ordre inverse, si les nerfs se forment d'abord dans les organes, si plus tard les ganglions intervertébraux se développent avant l'existence de la moelle épinière , si cet axe lui-même se développe de la circonférence au centre, on voit que cette bypolhèse est entièrenient opposée iaux faits.
On voit que les ganglions intervertébraux ne sont point la matrice des nerfs qui en rayonnent en dehors , puisque ces nerfs existent avant eux.
Onvoit que la moelle épinière n'est point et ne saurait être la matrice des cordons qui vont s'y implanter, puisque ces cordons sont primitivement sans communication avec elle , et que souvent même ils existent sans elle. '
On voit, enfin, que la matière grise de cet axe spinal ne saurait être l'organe de nutrition de la matière blanche, puisque la matière blanche se forme constamment la première ; puisque chez certains animaux , comme dans le genre astérie , le système nerveux est exclusivement formé par
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la matière Llanche , cl que chez crautrcs , comme chez certains poissons , à peine trouve-t-on quelques vestiges de la matière grise dans le centre de la moelle épinière. La proposition inverse de celle de MM. Gall et Spurzheim serait donc la seule vraie; ilfaudi^it dire que les nerfs sont la matrice des ganglions, et la matière blanche l'organe de nutrition de la grise, si, dans Fetat présent de lascience, on ne devait proscrire sévèrement un langage vide de sens. Poursuivant ses idées dans l'encéphale , Gall dit que le renflement grisâtre des frères Wenzel est la matrice des nerfs acoustique et facial. Ce qui suppose toujours que ce renflement préexiste à ces nerfs. Or Tîonseulement ces nerfs se forment hors du crâne et sont d'abord sans communication avec l'encéphale ; mais lors même qu'ils sont arrivés sur la moelle allongée , la matière grise du ténia des frères Wenzel n'existe pas. Ce renflement ne se développe que plusieurs mois après que les nerfs sont implantés. Il est inutile de faire remarquer qu'un organe qui n'existe pas, ne saurait être la cause de la formation d^un au-
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tre qui le précède constamment dans son développement.
Pareillement les fibres blanches du trapèze de la moelle allongée, les faisceaux médullaires du pont de Varole se développent avant la matière grise de la protubérance annulaire ; on ne peut donc regarder la dernière de ces substances comme la matrice de la première.
La matière grise des corps géniculés est dans le même cas que celle du renflement des frères Wenzel , sa formation est de beaucoup postérieure à celle des faisceaux blancs du nerf optique : conséquemment le développement de ce nerf est indépendant des corps géniculés et de leur matière grise.
Enfin , comment la glande pinéaîe seraitelle la matrice ou l'organe nutritif des faisceaux blancs qui constituent ses pédoncules, puisque ces pédoncules sont constamment formés avant la glande?
Hâtons-nous de présenter les inconvéniens de cette erreur et les conséquences qui résultent de l'indépendance de la formation de la matière blanche de l'encéphale.
PRÉUMIIfilRE. Iii|
Tous les médecins savent que les cavernes apoplectiques se creusent le plus fréquemment dans le demi-centre ovale des hémisphères cérébraux. Peu d'entre eux ignorent qu'avant mes travaux on regardait comme incurables toutes les paralysies qui en dépendent.
Dans les idées anciennes le centre ovale étant dépourvu de matière grise ^ la circulation des esprits animaux était interrom*-' pue par les scissures ^u les déchirures que développaient les attaques d'apoplexie.
Dans les idées nouvelles , la matière blanche qui compose ces parties étant détruite en totalité ou en partie, elle ne pouvait plus se réparer , puisqu'elle était dépourvue de la matière grise , son organe nutritif supposé 5 les paralysies devaient donc être incurables d'après ces hypothèses, lorsque leur siège résidait dans la matière blanche du demi-centre ovale.
J'ai depuis long -temps détruit cette erreur, et j'ai prouvé, d'après un grand nombre de faits , que la guérison de ces paralysies s'opérait par la reproduction de la matière blanche^ qui , indépendante de la
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matière grise, réunissait par une véritable cicatrice les lèvres de la solution de continuité que produisent les apoplexies. Généralisant ensuite cette vérité importante , j'ai montré j diaprés l'observation, que toutes les solutions de continuité du système nerveux et toutes les paralysies qui en dépendent , guérissaient par le même mécanisme. La formation de la matière blanche est donc indépendante de la matière grise. Voilà donc l'encÉphaîe de toutes les classes ramené à une identité de composition , qui ne permet pas de méconnaître l'homogénéité de ses élémens : mais par les progrès de son développement , cette identité s'efface 5 des dissemblances s^éta- Llissent dans toutes les parties , ou seulement dans quelques-unes.
Plus on s'élève vers les animaux supérieurs , plus ces dissemblances sont nombreuses, plus elles sont fortement prononcées ; plus on descend vers les animaux inférieurs, plus elles s'affaiblissent , plus elles diminuent, plus l'encéphale conserve sa première physionomie. De là découle un phénomène singulier 5 c'est que pour cer-
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laines de ses parties, l'encéphale des classes inférieures conserve d'une manière permanente les formes primitives des embryons des classes supérieures.
Le système nerveux se développe donc de la même manière que tous les autres systèmes organiques ; il est assujéti à la même marche, aux mêmes principes et aux mêmes lois. De ces principes dérivent ses formes primitives ; sur celles-ci s'établissent les dissemblances que cet organe présente dans chaque classe. Mais comment s'établissent ces dissemblances? comment se perd cette homogénéité primitive des élémens de l'encéphale? comment chacun d'eux parvient-il aux formes permanentes qui le distinguent dans chaque classe ? C'est , après la détermination des parties dont cet organe se compose , le point le plus important de son anatomie comparative.
Car ces élémens changeant de forme et de position , chacun subissant dans chaque classe des transformations nouvelles, l'ensemble de l'encéphale en est modifié au
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point de n'être plus reconnaîssable d'une classe à l'autre ; ce qui fait que jusqu^à ce jour il n'a pas été reconnu^ puisqu'on voit qu'il ne pouvait guère l'être , en le considérant dans son état permanent , et lorsque toutes ses métamorphoses sont terminées.
On prévoit d'avance ce que nous avons dû faire pour ne point nous en laisser imposer par ces mutations continuelles. On voit dès-lors qu'il fallait suivre pas à pas chacune de ces métamorphoses dans toutes les classes , apprécier rinfluence que les évolutions d'un élément exerçaient sur tous les autres, traverser ainsi les formes fugitives de l'encéphale^ pour arriver à l'explication de ses formes permanentes. C'est là le Lut que je me suis proposé dans l'encéphalogénie des embryons, comparée à l'encéphalotomie des animaux vertébrés.
Un court aperçu va nous en faire connaître les résultats les plus saillans.
Soient les tubercules quadrijumeaux et leurs analogues , les lobes optiques des trois classes inférieures. Chez tous les embryon^ ces organes sont lobulaires , doubles et creux 3 ils occupent dans toutes les classes
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la face supérieure de l'encéphale , ayant eu arrière le cervelet^ et en avant les hémisphères cérébraux. Si vous suivez daijs toutes les classes leurs diverses évolutions, vous les voyez , chez les reptiles et les poissons , conserver la înême forme , la même position et les mêmes rapports. 11 n'en est pas de même chez les oiseaux et les tnammifères.
Chez les oiseaux , ils restent , ainsi que chez les reptiles , sur la face supérieure de l'encéphale, jusqu'au milieu de l'incuLation. A cette époque , vous les voyez abandonner cette position , se déjeter peu à peu sur le Oanc des pédoncules, et occuper enfin la base et les côtés de l'encéphale, oii on les rencontre chez tous les oiseaux parfaits. Ils ont néanmoins conservé, comme chez les reptiles et les poissons , leur cavité intérieure.
Chez les mammifères seuls , cette cavité s'oblitère, ces organes deviennent solides comme la moelle épinière : celte solidification s'opère , comme dans cette dernière partie , par la déposition de couches toujours excentriques. Primitivement ces coi'ps
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sont lobulaires , doubles et creux , comme dans les trois classes inférieures. Us conservent cette forme jusqu'aux deux tiers environ de la gestation des animaux qui composent cette classe; à cette époque, qui correspond au moment oii leur cavité va s'oblitérer, on voit apparaître sur leur superficie un sillon transversal, qui divise en deux chaque tubercule ; les deux lobes jumeaux sont convertis par ce sillon en quatre tubercules quadrijumeaux , dénomination par laquelle on désigne ces corps dans toute cette classe.
Si , chez les oiseaux , les lobes optiques s'arrêtent dans leur marche , ils conservent la même place que nous leur observons chez les reptiles et les poissons.
Si , chez les mammifères , le sillon transversal ne se manifeste pas, ces tubercules restent ovalaires, jumeaux et creux, comme dans les trois classes inférieures.
Des dissemblances secondaires naissent , chez les oiseaux, de ce déplacement de leurs lobes optiques. Chez les reptiles , les poissons et les mammifères , ces corps restent à leur place primitive, la lanïe transversale
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qui les réunit par en haut , n'éprouve aucune modification. Il n'en est pas de même chez les oiseaux ; à mesure que les lohes s'écartent l'un de l'autre , leur superficie se déplisse ^ la lame médiane qui les réunit , s'élendj de telle sorte, que^ chez les oiseaux adultes , on trouve à la place qu'ils occupaient d'abord , et qu'ils conservent dans les autres classes , une large commissure, rayonnée , composée de stries alternatives de matière blanche et de matière grise.
Voilà les modifications extérieures qu'éprouvent ces corps dans les quatre classes. Quelque grandes qu'elles soient, quelque différence que présentent les quatre tubercules solides des mammifères, comparés aux deux lobes creux des reptiles et des poissons; quelque transposition qu'aient éprouvée ces parties chez les oiseaux , on voit que c'est toujours le même organe, déguisé seulement par ses diverses métamorphoses ; que l'on me permette cette expression.
Considérons le cervelet. Aussitôt que les deux lames transversales qui le forment se sont engrenées et se sont réunies avec les lames qui constituent la valvuledeVieus*
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sens , cet organe est formé dans toates les classes par une petite languette mince, formant une petite voûte au-dessus du quatrième ventricule. Si le cervelet s'arrête à cette époque de son développement , il conserve y chez les animaux , cette forme simple et élémentaire. C'est le cas de tous les reptiles, c'est le cas du plus grand nombre des poissons osseux. Mais supposez qu'avant la réunion des lames transversales la moelle allongée s'élargisse outre mesure , et que ces lames ne s'accroissent pas dans la même proportion; qu'arrivera-t-il ? On voit de suite que l'engrenure de ces lames n'aura point lieu sur la ligne médiane^ elles se rouleront sur elles-mêmes sans se réunir'. La lame médullaire de Vieussens restera flottante sur le quatrième ventricule , qu'elle couvrira en partie. C'est le cas de tous les poissons cartilagineux , le requin excepté.
Les poissons et les reptiles conservent donc les formes embryonaires du cervelet. Ce sont sous ce rapport des embryons permanens des classes supérieures.
Chez celles-ci le cervelet acquiert des di-