‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 19 sur 109 · PRELIMINAIRE. 1XX · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRE. 1XX

developpeineiJtd.es hémisphères ccrëbraux.

De là naît déjà l'aliophie des lobes oHaclifs que l'on remarque dans celte classe.

Chez les poissons, le lobule olfactif s'est développé en raison directe de l'atrophie des hémisphères : chez les reptiles l'inverse a lieu ; les h<îmisphères produisent à leur tour l'atrophie des lobules olfactils. C'est dans ce balancement comparatifdes élémens de l'encéphale , que se trouve Tcxplication des formes permanentes de cet orqane dans ces deux classes.

Les lobes optiques , qui étaient Torgane dominateur chez les poisson3 , et qui s'étaient maintenus encore chez les reptiles , sont à leur tour dominés, chez les oiseaux, par le cervelet et les hémisphères cérébraux. Affaissés dans leur partie moyenne, ces lobes disparaissent de la face supérieure de Pencéphale ; le cervelet, prodigieusement accru, vient occuper leur place ; il s'élève, chez les oiseaux^ de la même manière que les lobes optiques chez les poissons. Le cervelet est donc à l'encéphale des oiseaux, ce que les lobes 0})liques .sont à Tencéphale des poissons.

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8ous le rapport du cervelet , il n'y a aucun rapprochement à établir entre les oiseaux et les reptiles 5 ces deux classes sont à une distance infinie l'une de Fautre, considérées sous ce point de vue.

Il n'en est pas de même des hémisphères cérébraux. Ajoutez aux hémisphères de la tortue la lame rayonnée et ses pédoncules 5 renflez un peu leur partie postérieure; faites légèrement saillir leurs couches optiques, et vous aurez les hémisphères cérébraux de tous les oiseaux sans exception. Ces deux classes se touchent presque par leurs hémisphères cérébraux , tandis qu'elles sont si éloignées par leur cervelet.

Quoique dominés chez les oiseaux ^ les lobes optiques déplacés restent néanmoins visibles sur les côtés et à la base de leur encéphale ; chez les mammifères , ils disparaissent complètement de la face extérieure de cet organe , étouffés en quelque sorte par le développement prodigieux des hémisphères cérébraux.

Ainsi , chez les poissons , les lobes optiques dominent en quelque sorte tout l'encéphale j chez les reptiles ils partagent avec

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les hémisphères cérébraux l'influence qu'ils exercent sur l'ensemble de tout l'organe, tandis que le cervelet est presque réduit à rien. Chez les oiseaux , le cervelet acquiert une prépondérance qu'il n'avait dans 1 une ni dans l'autre de ces classes.

Enfin , chez les mammifères supérieurs, les hémisphères cérébraux débordent tellement les tubercules quadrijumeaux, qu'ils commandent à leur tour la disposition générale de tout l'encéphale.

Chez les oiseaux, le cervelet, en se développant, s'est porté d'arrière en avant pour aller recouvrir les lobes optiques et occuper leur place : les hémisphères cérébraux sont à-peu-près restés stationuaires ; chez les mammifères , ce sont , au contraire , les hémisphères qui , par un mouvement inverse , viennent envahir toute la face supérieure de l'encéphale. Plus les hémisphères se développent , plus ils se portent en arrière.

Ainsi , chez les mammifères inférieurs et chez les didelphes, les hémisphères, peu développés en arrière , laissent encore à nu les tubercules quadrijumeaux sur la

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face supérieure de l'encéphale. Chez certains rongeurs et chez les ruminans, ces tubercules sont complètement cachés ; chez les carnassiers , la progression des hémisphères en arrière continue toujours, les tubercules quadri jumeaux et le bord antérieur du cervelet sont recouverts par les hémisphères ; chez les cétacés , le phoque et les singes , le cervelet paraît s'enfoncer sous les hémisphères cérébraux qui continuent leur développement : enfin , chez l'homme , tout le cervelet est recouvert par eux.

Cet accroissement des hémisphères est produit par le développement d'un lobe particulier , qui vient occuper leur partie moyenne^ et que j'ai nommé, à cause de sa position , lobe sphénoïdal.

Ce lobe manque chez les poissons , les reptiles et les oiseaux, il manque chez les mammifères inférieurs : sa manifestation commence chez les ruminans ; il augmente ensuite de ces animaux aux carnassiers , au phoque , aux cétacés , au singe et à l'homme.

L'accroissement des hémisphères du cervelet suit celui des hémisphères cérébraux ;

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il coiiicide constamment avec l'atrophie du lobe médian de cet organe.

En se développant, tous les élémens fondamentaux de l'encépliale se creusent d'un ventricule. Cette cavité semble avoir pour but d'étendre leur superQcie.

Ainsi chez l'homme , les singes , les carnassiers , la moelle épinière est solide j elle se creuse d'une petite cavité chez les rongeurs ; cette cavité intérieure augmente chez les reptiles et les poissons à mesure que la moelle épinière se développe.

Il en est de même des tubercules quadrijumeauxj ils sont solides chez les mammifères , et creux dans les trois classes inférieures.

11 en est de même du lobe médian du cervelet 5 une cavité interne s'y manifeste chez les oiseaux, oii ce lobe est porté à son maximum. Les rudimens de cette cavité paraissent chez les rongeurs , et disparaissent chez les ruminans et les carnassiers.

11 en est de même des hémisphères cérébraux ; ils sont solides chez tous les poissons, comme les tubercules quadriju-

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meaux et la moelle épinière des mammifères. Ils sont presque solides chez les reptiles, une cavité à peine perceptible s'y développe. Cette cavité augmente chez les oiseaux ; elle se développe beaucoup chez les rongeurs ; et en la suivant des ruminans aux carnassiers , aux singes et à l'homme , on voit se déployer dans l'intérieur des hémisphères les vastes ventricules que l'on y remarque.

Il en est de même du lobule olfactif : ce lobule est solide chez l'homme , les singes 3 le phoque et les carnassiers, oii il est peu développé , de même que chez les oiseaux; il se creuse, chez les ruminans, les rongeurs , les reptiles et les poissons , en raison de son accroissement.

Ce développement des cavités, à mesure que les élémens de l'encéphale se développent , est donc un caractère général de l'organisation de cet organe. Le rapport du volume des organes donne donc le rapport de capacité de leurs ventricules. 11 est constamment le même chez les embryons et chez les animaux parfaits. Ainsi , pour en donner un exemple, le lobule olfactif et les tu-

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Ixîicules quadrijunieaux sont creuses d^une cavité interne chez tous les embryons des mammileres supérieurs. Cette cavité diminue et s'oblitère complètement à mesure que ces organes s'affaissent et qu'ils sont dominés par les parties qui les environnent.

A mesure aussi qu'un élément devient dominateur dans une classe , ou éprouve une modiflcation qui lui est spéciale , des parties nouvelles se développent , et deviennent les caractères classiques de leur encéphale.

Ainsi, chez les poissons, la structure des lobes optiques offre une complication qu'on ne retrouve ensuite dans aucune ^utre classe. On voit dans leur intérieur des parties nouvelles , qui ne se reproduisent ni chez les reptiles ni chez les oiseaux, ni chez les mammifères; ce sont ces parties que l'on a sans aucun fondement assimilées au corps calleux, à la voûte, à la corne d'Ammon, au corps strié, à la couche optique des mammifères.

Chez les oiseaux , la transposition des lobes optiques donne naissance à la forma-

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lion d'une commissure rayonnée qu^on ne retrouve plus nulle part; il se développe en même temps dans leur intérieur des tubercules particuliers ^ que l'on a si improprement comparés aux tubercules quadri jumeaux des mammifères.

Observons à ce sujet avec quelle incertitude procédaient, et procèdent encore quelques anatomistes dans la détermination de l'encépbale. Les tubercules qui se montrent dans les lobes optiques des poissons, sont comparés aux corps striés et à la coucbe optique; ces mêmes parties, chez les oiseaux, sont assimilées aux tubercules quadrijumeaux. Une si mauvaise méthode pouvait-elle produire autre chose que le vague et l'incohérence que Ton remorque dans cette partie de la science?

Les hémisphères continuent , chez les oiseaux, le développement qu'ils avaient commencé chez les, reptiles; on voit naître entre eux une lame rayonnante pelliculée , qui n'existe ni chez les poissons , ni chez les reptiles, et qui correspond à la voûte chez les mammifères.

Le lobe médian du cervelet étant, chez

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les oiseaux, l'organe dominateur, on voit se développer, dans sa profondeur^ un second ventricule , qui ne se retrouve ni chez les mammifères, ni chez les reptiles, ni chez les poissons.

Enfin , chez les mammifères , le prodigieux accroissement des hémisphères cérébraux et le développement transversal du cervelet donnent naissance à la formalion de parties nouvelles qui manquent dans toutes les autres classes.

Ainsi l'on voit des lobes particuliers compliquer le cervelet et les hémisphères cérébraux. On voit naître dans ces derniers, leur voûte très-complexe, leur corps calleux, qui est à leurs hémisphères ce que la commissure rayonnée est aux lobes optiques des oiseaux. On voit se former la protubérance annulaire , qui est aux hémisphères du cervelet ce que le corps calleux est aux hémisphères cérébraux.

Les formes permanentes de l'encéphale, dans les quatre classes des animaux vertébrés , sont donc produites par le balancement respectif de ses diverses parties , et par l'influence réciproque que ces

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parties exercent les unes sur les autres.

Chez les poissons ^ les lobes optiques sont Télëment dominateur.

Les hémisphères cérébraux sont atrophiés.

Le lobule olfactif est très-considérable.

Le cervelet est moyennement développé.

Chez les reptiles , les lobes optiques perdent leur influence.

Le cervelet est presque anéanti. Les hémisphères cérébraux se développent beaucoup comparativement à ce qu'ils sont chez les poissons.

Le lobule olfactif est , à son tour, atrophié.

Chez les oiseaux , le cervelet devient la partie dominante.

Les lobes optiques sont affaiblis.

Les hémisphères cérébraux sont accrus.

Les lobules olfactifs sont presque anéantis.

Chez les mammifères , les hémisphères cérébraux deviennent , à leur tour, les organes dominateurs.

Le cervelet continue son développement transversal.

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Les tubercules quadri jumeaux sont réduits à leur minimum d'existence.

Le lobule olfactif éprouve de très-grandes variations.

Très-développé chez ceux où les hémisphères le sont peu, il diminue et disparaît*' presque complètement, a mesure que l ùti s'élève des ruminans aux carnassiers, ai^c. singes et à l'homme.

De ces faits découle la loi du balancement des deux substances qui entrent dans la structure de l'axe cérébro-spinal du système nerveux.

En général plus une partie se développe , plus on voit se multiplier les faisceaux , les radiations etles plexus de lamatièreblanche.

Plus elle s'atrophie , plus on voit diminuer la matière blanche , tandis que la matière grise augmente.

Si, comme tous les faits portent à le croire, c'est principalement dans la matière blanche que siègent les propriétés du système nerveux, on voit donc que ces propriétés et les fonctions qu'elles concourent à développer seront soumises au même I. f

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balancement que les élémens fondamentaux de l'encéphale.

Ainsi, nous verrons les fonctions de la moelle épinière et des tubercules quadrijumeaux qui la répèlent dans l'encéphale , s'accroître et se multiplier des mammifères aux oiseaux , aux reptiles et aux poissons. » Nous verrons les fonctions du cervelet , si importantes chez les mammifères et les oiseaux , se réduire chez les poissons et s'anéantir presque complètement chez les reptiles.

Nous trouverons les fonctions des hémi- . sphères cérébraux réduites à rien chez les poissons, et en nous élevant des reptiles aux oiseaux et aux mammifères, nous verrous se déployer successivement les facultés diverses de ces organes.

Nous trouverons enfin que les facultés peuvent être transportées d^un élément qui est dominé, sur l'élément voisin qui devient dominateur.

Ce sont ces rapports généraux que je me suis efforcé de faire ressortir dans mes recherches physiologiques et pathologiques sur le système nerveux ; c^est particulière-

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ment sous ce point de vue que je me suis rencontré avec notre célèbre physiologiste , M. Magendic.

Ainsi l'anatomie , la physiologie et la pathologie du système nerveux, que je nom^ inerai physiologie naturelle , par opposition avec la physiologie expérimentale , se prêteront un mutuel secours , s'éclaireront réciproquement des faits qui leur sont propres , et bientôt^ je l'espère , ne formeront plus qu'une seule et môme science.

La grande question de l'analogie primitive et de la dissemblance permanente de Tencéphale dans les quatre classes des animeaux vertébrés me paraît résolue par ce qui précède. Reste à déterminer maintenant le principe des rapports des élémens du système nerveux.

Les anatomistes pensèrent d'abord que toutes les parties de ce système étaient développées en raison directe les unes des autres. Le principe du développement central des animaux, Tidée que tous les nerfs puisaient leur origine sur l'axe cérébro-

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spinal, les conduisaieut nécessairement à ce résultat.

L'observation vint cependant le rectifier. Haller, Sœmmering et M. le baron Cuvier firent un pas immense vers la vérité , en établissant que l'encéphale , la moelle épinière et les nerfs crâniens ne partageaient point, chez les mammifères, cette harmonie de développement. On remarqua, au contraire, que la moelle épinière et le cerveau suivaient , dans cette classe , une progression inverse.

Considérée en général , cette proposition est exacte , surtout chez les mammifères. Dans les animaux qui composent cette classe , on voit décroître la moelle épinière, à mesure que le cerveau se développe: dans les trois classes inférieures , on observe aussi que le cerveau s'atrophie en raison du développement de la moelle épinière.

Mais les élémens fondamentaux de Vencéphale étant , chez les animaux vertébrés, dans une variation continuelle de volume , toutes les parties dont cet organe se com-

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pose étant tour à tour dominées ei dominantes , selon la classe où on les observe , on voit dès-lors combien de nouvelles inconnues sont introduites dans le problème par ces nombreuses variations.

Une première donnée à acquérir était donc de rechercber sous quelle influence s'opérait ce balancement respectif des éléniens du système nerveux. Ce balancement avait-il quelque chose de commun dans toutes les classes ? Suivait-il un ordre régulier? Etait-il assujéti à quelques règles? Quel était cet ordre? Quelles étaient ces règles , si elles existaient? Telles sont les notions dont la connaissance formait les données préliminaires des rapports du système nerveux.

Il est bien vrai , comme l'ont établi Sœmmering et M. Cuvier , que la moelle épinière et l'encéphale sont développés en raison inverse l'un de l'autre. Mais tout l'encéphale ne partage point ce rapport.

Certaines parties sont développées en raison directe , d'autres en raison inverse de la moelle épinière. Pour avoir des no-

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lions précises , il était donc nécessaire de distinguer ces rapports opposés.

La moelle épinière est repétée dans Tencéphale par les tubercules quadrijumeaux, par le lobe médian du cervelet , par le corps restiforme y par le trapèze de la moelle allongée, par le lobe de l'hippocampe , le lobule olfactif et la voûte chez les mammifères.

De-là résulte l'harmonie de développement que l'on remarque entre toutes ces parties.

La moelle épinière est, au contraire, en discordance de développement avec les olives de la moelle allongée , les hémisphères du cervelet, la protubérance annulaire , le lobe sphénoidal des hémisphères cérébraux, les corps striés , la couche optique et le corps calleux. De-là découlent leurs rapports inverses.

Les nerfs des sens sont développés en raison directe de la moelle épinière, du lobe médian du cervelet , des tubercules quadrijumeaux^ des lobes optiques , du lobe de l'hippocampe et du lobule olfactif. Ils sont développés, au contraire, en

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raison inverse des hémisphères du cervelet, du pont de Varole, du lohc sphénoidal, et du corps calleux.

M. le baron Cuvier a si Lien exprimé dans son analyse ces divers rapports^ que je crois inutile de les répéter ici. Je me borne seulement à indiquer leur cause ou leur principe (i).

Mais ce balancement respectif des formes transitoires des embryons ; des formes permanentes du système nerveux des animaux vertébrés, était lui-même un problème piquant dont la solution intéressait l'anatomie comparative. On ne pouvait guères parcourir ce vaste tableau de formation et de développement d'un système aussi important, sans vouloir en connaître le ressort. Cette idée m'a beaucoup occupé dans toutes . mes recherches sur l'organogénie , et j'avoue que c'est après m'être long-temps épuisé en vaines conjectures , que je m'aperçus enfin que tout le secret résidait dans le système sanguin ; système , par l'intermède duquel s^établit , entre toutes les parties ,

(i) Voyez à ce sujet le rapport de M. Cvivier.

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l'harmonie générale qu'on leur remarque 5

des poissons aux mammifères.

Il semble, au premier aperçu, que rien n^était si simple à faire que cette découverte. Les anciens ont si souvent répété , depuis Harvejj que le sang est la matière coulante des organes , qu'il paraissait tout naturel d'attribuer leur formation au système qui le renferme. Ce n'est cependant qu'après les plus longues recherches que je inaperçus de la coïncidence qui existait entre la formation de ce système , et celui des organes qu'il concourt à développer.

J'ai fait , il y a bien des années , l'application de cette idée à la théorie de la dentition 5 j'ai monlré que l'intéressant phénomène de la double dentition des mammifères avait sa cause dans le balancement alternatif des doubles artères qui pénètrent le double ordre de dents qui se succèdent à des intervalles plus ou moins longs.

Plus tard, j'ai fait remarquer dans les lois de l'ostéogénie , que la formation successive des os succédait au développement

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progressif des artères. Je vais en faire ici rapplicalion au système nerveux.

Si vous examinez les embryons, vous voyez successivement paraître^ en premier lieu, les artères de la moelle épinière; en second lieu, celles du cerveaujet en troisième lieu , celles du cervelet. Vous voyez en même temps ces trois parties se développer dans le même ordre.

Un des phénomènes les plus curieux de la formation de l'encéphale , est la marche opposée que suivent le cervelet et les hémisphères cérébraux. L'un se dirige d'arrière en avant , les autres suivent une progression inverse et se portent d'avant en arrière. Aucun autre organe ne m'ayant offert une marche analogue , je fus longtemps à en découvrir la raison , qui néanmoins est très-simple , puisque les carotides internes et les vertébrales ont une direction opposée dans l'intérieur du crâne.

Le s carotides internes sous l'influence desquelles se développent les hémisphères cérébraux, se dirigent d^avant en arrière; les vertébrales, qui forment le cervelet, se portent au contraire d^arrière en avant. On

XC DKCOUR»

voit donc que le cervelet et le cerveau devaient nécessairement suivre une direction opposée chez tous les embryons et chez tous les animaux vertébrés.

En suivant pas à pas les métamorphoses des embryons, on trouve d'abord dans l'encéphale les artères des tubercules quadrijumeaux très-développées, tandis que celles du cervelet et du cerveau sont à peine dessinées. Avec cette disposition coïncide le développement considérable de ces tubercules.

Plus tard les carotides internes et les vertébrales prennent de l'accroissement • les artères des tubercules , de dominantes qu'elles étaient, sont dominées à leur tour.

On remarque en même temps que les tubercules quadri jumeaux s'affaissent à mesure que sous l'influence de l'augmentation du calibre de leurs artères , les hémi^ sphères cérébraux et le cervelet augmentent dans toutes leursdimensions. En comparant chez les embryons le développement des hémisphères cérébraux avec celui de leurs artères , on voit que la couche optique, le corps strié, la voûte et le corps calleux,

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augmentent graduellement de volume , à mesmequelesartèresclioroidiennes, striées et cérébrales postérieures , prennent de ^accroissement.

Le même rapport s'observe constamment dans le cervelet. On voit le lobe médian de cet organe se développer , d'abord avec l'artère cérébelleuse antérieure; puis en second lieu, avrec l'artère cérébelleuse postérieure , j)araissent les hémisphères du cervelet , dont l'accroissement suit toujours les dimensions de cette artère.

Si nous quittons les embryons , et que nous portions nos regards sur l'ensemble des animaux vertébrés', nous voyons se développer en grand ce que nous venons d'observer en petit dans les métamorphoses des embryons.

Nous trouvons des classes entières chez lesquelles dominent constamment les artères des tubercules quadrijumeaux 5 tandis que les artères cérébrales et cérébelleuses restent atrophiées ; ce qui explique l'affaissement du cervelet et des hémisphères cérébraux, à colé du prodigieux dévelop-

Xcij DISCOURS

pement des lobes optiques , analogues aux tubercules quadrijumeaux.

C'est le cas de tous les poissons et des reptiles 5 mais chez les poissons cartilagineux et chez certains osseux , les artères du cervelet l'emportent de beaucoup sur celles du cerveau ; ce qui rend raison de l'atrophie de ce dernier , tandis que le cervelet prend déjà de l'accroissement.

C'est l'opposé chez les reptiles : les artères cérébelleuses existent à peine, tandis que celles du cerveau acquièrent déjà une certaine dimension : de là naît Fatrophie considérable du cervelet, à côté de Faccroissement des hémisphères cérébraux.

Chez les oiseaux , les artères des tubercules quadrijumeaux du cervelet et du cerveau restent en quelque sorte au rnedium de leur volume : d'oii résulte le développement moyen de ces trois organes fondamentaux de l'encéphale dans toute cette classe.

Chez les mammifères cet équilibre est rompu, et nous voyons les organes se développer ou s'affaisser , selon que leurs artères augmentent ou diminuent de calibre. ,

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Ainsi , dans toute cette classe , les artères des tubercules quadrijumeaux sont atrophiées comparativement aux artères cérébrales et cérébelleuses , ce qui est en harmonie avec les rapports que nous ofhent les tubercules quadrijumeaux, le cervelet et les hémisphères cérébraux, considérés dans cette classe d'une manière générale.

De plus 5 à mesure que l'on s'élève des rongeurs et des mammifères inférieurs aux ruminans, aux carnassiers, aux quadrumanes et à l'homme , on voit le calibre des artères des tubercules quadrijumeaux diminuer avec eux.

L'artère cérébelleuse antérieure suit rigoureusement ce même rapport j on voit décroître dans la même proportion le lobe médian du cervelet.

La cérébelleuse postérieure suit , au contraire , une progression inverse , elle augmente successivement des mammifères inférieurs , des rongeurs , des ruminans , aux carnassiers , aux singes et à l'homme; ce qui coïncide avec le développement progressif des hémisphères du cervelet et de leur commissure , le pont de varole.

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