‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 18 sur 109 · PRÉLIMINAIRE. I · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. I

Tiiensions consitlerabies ; sa supeilicie se sillonne de rainures transversales plus ou moins nombreuses, plus ou moins profondes; en même temps il fait sur les côtés et sur le haut de l'encéphale une saillie plus ou moins marquée.

Mais ces dissemblances classiques ne changent en rien sa détermination. C'est toujours le même organe resté, dans îes deux classes inférieures, au minimum -de son développement, porté à son maximum^ , : / dans les deux classes supérieures.

Faisons aux hémisphères cérébraux l'application de cette méthode. Certainement si on voulait, de prime abord, ramener les hémisphères cérébraux des singes aux lobes cérébraux des poissons , on échouerait dans cette entreprise. On verrait, d^une part, des organes très-simples, de l'autre des organes très-compliqués, n'ayant aucun rapport extérieur ni dans leur forme , ni dans leur configuration , ni dans leur structure. Tous ces caractères qui servent aux anatomistes pour reconnaître l'homogénéité des organes, manquant, on serait porté à croire que ces parties sont toul-à-

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iait dissemblables , el n'ont entre elles aucune analogie.

Mais remontez très-haut dans la vie uiérioe des mammifères ; vous apercevrez d'abord les hémisphères cérébraux roulés comme chez les poissons, en deux vésicules isole'es l'une de l'autre; plus tard vous leur verrez affecter la configuration des hémisphères cérébraux des reptiles ; plus tard encore ils vous présenteront les formes de ceux des oiseaux ; enfin ils n'acquerront qu'à l'époque de la naissance, et quelquefois plus tard, les formes permanentes que présente l'adulte chez les mammifères.

Les hémisphères cérébraux ne parviennent donc à l'état oii nous les observons , chez les animaux supérieurs , que par une série successive de métamorphoses qui les transforment. Si , par la pensée, nous réduisons à quatre périodes l'ensemble de toutes ces évolutions , nous verrons , de la première , naître les lobes cérébraux des poissons , et leur homogénéité dans toutes les classes ; la seconde nous donnera les hémisphères des reptiles ; la troisième pro*duira celle des oiseaux , et la quatrième en-

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fin donnera naissance aux hémisphères si complexes des mammifères.

Si vous pouviez développer les diverses parties de l'encéphale des classes inférieures , vous feriez successivement d^un poisson un reptile , d'un reptile un oiseau , d'un oiseau un mammilere.

Si vous atrophiez au contraire cet organe chez les mammifères , vous le réduirez successivement aux conditions du cerveau des trois classes inférieures.

La nature nous présente fréquemment, dans les monstres , celle dernière anomalie.

Jamais elle ne produit la première. Circonstance très-intéressante pour la philosophie de la nature.

Dans les déformations variées que peuvent éprouver les êtres organisés , jamais ils ne dépassent les limites de leur classe pour revêtir les formes de la classe supérieure. Jamais un poisson ne s^élevera aux formes encéphaliques d'un reptile ; celui-ci n'atteindra jamais les oiseaux, un oiseau les mammifères. Un monstre pourra se répéter 5 il pourra présenter deux têtes , deux queues , six ou huit extrémités , mais

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toujours il restera étroitement circonscrit dans les limites de sa classe. Cet étonnant phénomène est sans doute lié à l'harmonie générale de la création. Quelle peut en être la cause? nous l'ignorons , et vraisemblablement nous l'ignorerons toujours.

Cest un des mystères de la création, dont l'homme mesure la surface, mais dont Dieu seul sonde et connaît la profondeur.

Toutes les différences classiques de l'encéphale sont donc produites par quelques métamorphoses de plus ou de moins j toutes les dissemblances s'établissent sur une base commune j l'organe fondamental reste toujours le même. En appliquant cette méthode à toutes les parties , vous établirez de cette manière la chaîne des ressemblances des mammifères aux poissons , et vous verrez se développer ^ des poissons aux mammifères, la chaîne des dissemblances. Vous pourrez prévoir d'avance ce qui surviendra, si ces évolutions s'arrêtent chez un animal , pendant le cours de ses transformations. Cet animal vous offrira nécessairement les formes encéphaliques de la classe à laquelle il se sera arrêté.

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On voit donc , d'après ces principes^ que toutes les parties se développant de la circonlérence au centre, toutes sont nécessairement soumises au double développement qui sert de base à la loi de symétrie.

Toutes les parties uniques, qui se trouvent dans le centre de l'encéphale, sont primitivement doubles, de même que tous les organes uniques des autres systèmes organiques.

Ainsi il a premièrement deux voûtes, deux corps calleux, une demi -commissure de chaque coté des pédoncules, deux glandes pinéales, deux cervelets, deux protubérances annulaires, comme il y a deux cordons principaux à la moelle épinière et à la moelle allongée , deux pédoncules cérébraux, deux couches optiques , deux corps striés , deux lobes optiques , deux hémisphères cérébraux.

En se réunissant d'après la loi de conjugaison , ces parties donneront naissance à toutes les cavités de l'encéphale , à tous les ventricules , aux trous que l'on a si improprement nommés vulve et anus chez les mammifères.

hvj DISCOURS

La luriiialion de ces cavités et de ces trous est donc sous la dépendance de la niêiiie loi que les cavités intestinale, aorlique, que les cavités du cœur, et que tous les trous et toutes les cavités du système osseux. C'est sur un plan général et uniforme, c'est par une marche commune que se forment et se développent tous les organes des animaux. Il était , je crois , trèsimportant de rallier à ces principes fondamentaux la formation de l'encéphale dans les quatre classes des animaux vertébrés.

Il ne l'était guère moins , je pense , de considérer cet organe également dans les quatre classes, de son point le plus élevé , et de faire voir comment , de l'encéphale si simple des poissons , dérive un organe aussi complexe que celui des mammifères.

J'ai démontré cette proposition par l'analyse , en remontant des vertébrés les plus simples aux plus élevés : je vais en prouver la certitude par la synthèse , en descendant des animaux supérieurs aux inférieurs.

Soit un singe, considéré à sa naissance : vous trouvez dans son encéphale toutes les parties qui distinguent les mammi-

rnÉLiMiNAiRE. Ixvij

ieres des autres vertébrés. Remontez dans la vie utérine, vous voyez d'abord disparaître certains lobes des bémispbères cérébraux , les héniispbères du cervelet , le corps CxjIleuX; et la protubérance annulaire.

Ce qui reste correspond à l'encépliale des oiseaux.

Examinez un embryon plus jeune : la voûte disparaît, les hémisphères se contractent en arrière, les tubercules quadrijunieaux sont à découvert sur la lace supérieure du cerveau j ce sont alors deux lobes jumeaux, comme chez les reptiles , dont cet encéphale vous reproduit le type.

Enfin, remontez plus haut encore dans la vie utérine , vous trouvez cet encé- ])hale formé par des lobes alignés symétriquement l'un à côté de l'autre: vous trouvez un cervelet formé de deux parties , l'une droite, l'autre gauche, ou d^une lame mince recouvrant en partie le quatrième ventricule : vous avez enfin l'ensemble de l'encéphale des poissons.

Ainsi en remontant, dans Péchelle animale, des poissons aux singes, vous voyez l'encéphalese compliquer graduellement, comme

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en descendant des mammifères adultes à leurs différentes époques de formation embryonaire^ vous apercevez cet organe se décomposer successivement. Vous arrivez par ces deux voies au même résultat , à l'unité de leur formation et de leur composition.

L'encéphale des animaux vertébrés est donc construit sur un type uniforme et avec les mêmes élémens. En remontant des classes inférieures aux supérieures , on voit cet organe, si simple d^abord, s'élever graduellement , chez les reptiles et les oiseaux , jusqu'à cette organisation admirable que nous lui connaissons chez les mammifères , et à cette structure plus admirable encore, qu'il nous présente chez l'homme.

Mais en parcourant cette grande évolution, tous les élémens ne suivent pas dans toutes les classes un développement proportionnel. Chaque classe se fait remarquer par la prédominance d'une ou de plusieurs parties dePencéphale. Chaque élément fondamental est tour-à-tour dominateur ou dominé ; et selon le développement ou l'atrophie de telle partie , il en résulte telle

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OU telle forme dans l'ensemble général de l'organe.

Ainsi , chez les poissons , le développement prodigieux des lobes optiques paraît s'effectuer aux dépens des hémisphères cérébraux qui restent atrophiés : il résulte de là que ces lobes sont la partie fondamentale de leur encéphale , ils sont à cet organe , dans cette classe, ce que sont, chez les mammifères , les hémisphères cérébraux : de là naît leur complication; de là naît aussi la configuration générale de leur encéphale y sur lequel on voit toujours saillir ces lobes.

Avec le développement des lobes optiques coïncide celui des lobes olfactifs , du lobe médian du cervelet détaché chez beaucoup de poissons, et de la moelle épinière. Il y a harmonie de développement entre toutes ces parties.

Les hémisphères cérébraux , les hémisphères du cervelet , sont réduits, au contraire 5 à zéro d'existence.

Ces dernières parties sont en discordance de développement avec les premières.

Chez les reptiles, une harmonie différente

IxX DISCOURS

s'établit. Le cervelet est l'organe le plus affaibli. Il reste toujours à un état si rudimentaire, qu'il ne forme qu'un feuillet trèsmince couvrant à peine la moitié du quatrième ventricule.

Les lobes optiques sont encore Irèssaillanssur la face supérieure de l'encéphale, quoiqu'ils soient beaucoup moins compliqués que chez les poissons.

Ce que ces lobes , et surtout le cervelet, ont perdu j est acquis pour les hémisphères cérébraux.

Il y a déjà , sous le rapport de ces hémisphères, une distance immense des poissons aux reptiles. Ces organes ne sont plus isolés l'un de l'autre comme chez les poissons osseux 5 ils sont réunis en arrière et au milieu; leur configuration rappelle déjà celle des classes supérieures. La couche optique et le corps strié deviennent dis-, tincts , les hémisphères s'élèvent au niveau des lobes optiques, et souvent les dépassent, comme chez les tortues.

Chez les poissons tout est sacrifié aux lobes optiques; toutes les parties paraissent afi'aiblies chez les reptiles pour concourir au

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