‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 3 sur 109 · XVJ PRÉFACE · texte numérisé non relu

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par les applications qui en ont e'té faites à l'anatomie comparée des vertébrés ^ par M. le baron Cuvier , M. le professeur Geoffroy-Sain t-Hilaire et M. Dutrochet ; à celle des invertébrés , par M. le professe'ur Latreille et M. le docteur Audouin 5 et enfin à la médecine opératoire des enfans, par M. le professeur Lisfranc, l'un des plus célèbres chirurgiens des hôpitaux de Paris.

Dans les sciences qui ont pour base l'observation , les faits se multipliant à l'infini , l'esprit a besoin de les coordonner, de les rattacher les uns aux autres pour saisir leur ensemble et leur dépendance mutuelle; lorsqu'un rapport général et constant a été observé entre plusieurs faits du même ordre , ce rapport devient ce qu'on nomme principe ou loi.

Un fait est expliqué dans ces sciences , quand on a ramené sa manifestation au rapport général dont il dépend , de la même manière que dans les sciences physiques un phénomène est ramené à l'élasticité , à la gravité ^ à Paffinité , etc. Le

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rapport des principes, comme cause^ avec les phénomènes comme effets, est un axiome presque fastidieux à répéter aujourd'hui en physique , en chimie , en astronomie, etc. Dans les sciences analomiques cette doctrine est toute nouvelle; les faits primordiaux manquaient à la science pour Tétahlir, et ne pouvaient même lui être acquis dans l'ordre des idées qui dirigeaient les observateurs. Il était donc nécessaire , avant de pouvoir établir des principes , de trouver les faits qui leur servent de base^ et de montrer leur généralité dans les divers systèmes organiques des animaux. Ceux qui connaissent les difficultés que présente l'anatomie des jeunes embryons , jugeront des obstacles qu'il m'a fallu vaincre pour m'élever au-delà du point où s'étaient arrêtés tous les anatomistes.

Depuis que cet ouvrage a été présenté à l'Académie des Sciences , MM. Eugène Gaillard et Isidore Geoffroy-Sain t-Hilaire^ jeunes anatomistes , qui promettent à la science les plus grandes espérances, m'ont puissamment aidé à vérifier de nouveau I. b

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les faits principaux qui lui servent de base. ■*

Rapport fait à l'Académie royale des Sciences en mars 1821 , par M. le baron Cuvier , secrétaire perpétuel.

« L'Académie avait proposé , pour sujet du prix à décerner cette année , l'anatoinie comparative du cerveau dans les quatre classes d'animaux vertébrés. Ce prix vient d'être remporté par M. Serres , médecin de l'hôpital de la Pitié ; et le travail important et volumineux qu'il a présenté au concours , accompagné d'une multitude de dessins , a tellement satisfait à ce que les anatomistes pouvaient désirer , que nous croyons devoir leur présenter ici , pour hâter leur jouissance , une analyse étendue , que nous empruntons en grande partie à l'auteur.

» Depuis trois siècles environ on s'est beaucoup occupé de l'anatomie du cerveau ; on a senti toute l'utilité dont pouvait être pour ce sujet l'anatomie comparative : mais une partie de ces efforts ont été infructueux, à cause peut-être du point de départ.

» Les anatomistes cherchèrent d'abord les ressemblances dans l'encéphale des animaux comparé à celui de l'homme , qui leur était particulièrement connu; ces ressemblances furent saisies chez les mammifères , parce qu'aux pro-

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portions près , cet organe est la répétition de luimême dans les (lifFérentes familles dont cette classe se compose.

» On y trouva tout comme chez l'homme; on y dénomma tout comme chez lui : on arriva ainsi à l'anatomie des oiseaux avec des idées toutes formées ; mais , dès les premiers pas , on se trouva arrêté dans la détermination des parties dont se compose leur encéphale. Les lobes cérébraux et le cervelet furent bien reconnus ; mais on méconnut les tubercules quad ri jumeaux à cause de leur changement de forme et de position ; on méconnut également la couche optique , et on crut à une composition différente de leur encéphale.

» La chaîne des ressemblances parut dès-lors rompue ; et lorsqu'on en vint aux poissons , il sembla impossible de la renouer , par une circonstance que nous allons faire connaître.

» Les anatomistes s'étaient habitués , on ne sait trop pourquoi , à disséquer le cerveau humain par sa partie supérieure , et celui des mammifères d'avant en arrière ; cette méthode eut peu d'inconvéniens chez eux ; elle en eut également de faibles chez les oiseaux , parce qu'il était difficile de méconnaître les lobes cérébraux et le cervelet. » Il n'en fut pas de môme chez les poissons : leur encéphale se compose d'une série de bulbes alignés d'avant en arrière , tantôt au nombre de deux, de quatre et quelquefois de six : à quelle paire devait-on assigner le nom de lobes céré-

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braùx? était-ce aux antérieurs , aux moyens ou aux postérieurs? Les anatoniistes n'ayant aucune base pour établir l'une ou l'autre de ces déterminations, elles furent tour à tour adoptées et rejetées.

» On conçoit qu'avant de chercher à établir les rapports des différens élémens de l'encéphale , il était indispensable de faire cesser cette confusion , de déterminer leur analogie et d'établir cette détermination sur des bases qui fussent les mêmes pour toutes les classes.

» Cette recherche fait l'objet de la première partie du travail de M. Serres , dans lequel il décrit séparément le cerveau pour chaque classe en particulier , en considérant cet organe depuis les embryons devenus accessibles à nos sens, jusqu'à l'état parfait , et à l'âge adulte des animaux.

» L'analogie de chaque portion de l'encéphale étant déterminée , il a consacré la dernière partie de son ouvrage à l'étude de leurs rapports comparatifs dans les quatre classes des vertébrés : les propositions générales qui suivent sont l'expression de ces rapports.

» La moelle épinière se forme avant le cerveau dans toutes les classes.

» Elle consiste d'abord , chez les jeunes embryons , en deux cordons non-réunis en arrière , et qui forment une gouttière ; bientôt ces deux cordons se touchent et se confondent à leur partie postérieure ; l'intérieur de la moelle épinière est alors creux ; il y a un long canal qu'on peut dé-

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«igner sous le nom de ventricule ou du canal de la moelle épinière : ce canal se remplit quelquefois d'un liquide , ce qui constitue tliydropisie de la moelle épinière , maladie assez commune chez les embryons des mammifères.

» Ce canal s'oblitère au cinquième mois de l'embryon humain , au sixième de l'embryon du veau et du cheval , au vingt-cinquième jour de l'embryon du lapin, au trentième jour du chat et du chien ; on le retrouve sur le têtard de 'la grenouille et du crapaud accoucheur jusqu'à l'apparition des membres antérieurs et postérieurs.

» Cette oblitération a lieu dans tous ces embryons par la déposition de couches successives de matière grise , sécrétée par la pie-mère qui s'introduit dans ce canal.

» La moelle épinière est d'un calibre égal dans toute son étendue , chez les jeunes embryons de toutes les classes : elle est sans renflement antérieur ni postérieur, comme celle des reptiles privés des membres (vipères, couleuvres, anguis fragilis) , et de la plupart des poissons.

» Avec celte absence des renflemens de la moelle épinière coïncide, chez tous les embryons, l'absence des extrémités antérieures et postérieures; les embryons de tous les mammifères , des oiseaux et de l'homme , ressemblent sous ce rapport au têtard de la grenouille, et des batraciens en général.

» Avec l'apparition des membres coïncide , chez tous les embryons . l'apparition des renflemens

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.intérieurs et postérieurs de la moelle épinière : cet effet est surtout remarquable chez le têtard des batraciens à l'époque de sa métamorphose; les embryons de l'homme , des mammifères , des oiseaux et des reptiles éprouvent une métamorphose entièrement analogue à celle du têtard.

» Les animaux qui n'ont qu'une paire de membres n'ont qu'un seul renflement de la moelle épinière; les cétacés sont particulièrement dans ce cas : le renflement varie par sa position selon la place qu'occupe sur le tronc la paire de membres : le genre bipes a son renflement situé à la partie postérieure de la moelle épinière. Le genre bimane l'a au contraire à la partie antérieure.

» Dans les monstruosités que présentent si fréquemment les embryons des mammifères , des oiseaux et de l'homme , il se présente souvent des hipes et des bimanes, qui, comme les cétacés et les reptiles que nous venons de citer , n'ont qu'un seul renflement situé toujours vis-à-vis de la paire de membres qui reste.

» La moelle épinière des poissons est légèrement renflée vis-à-vis du point qui correspond à leurs nageoires. Ainsi les jugulaires ont ce renflement derrière la tète , à la région cervicale de la moelle épinière, les pectoraux; \ers la région moyenne ou dorsale , et les abdominaux vers la partie abdominale de la moelle épinière.

» Les trigles , remarquables par les rayons détachés de leurs pectorales , le sont aussi par une

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série de renflemens proportionnés, pour le nombre et le volume , au volume et au nombre de ces mêmes rayons auxquels ils correspondent.

» Les poissons électriques ont un renflement considérable correspondant au nerfqui se distribue dans l'appareil électrique (raye , silure électrique) .

» La classe des oiseaux offre des différences trèsremarquables dans la proportion de ces deux renflemens.

» Les oiseaux qui vivent sur la terre, comme nos oiseaux domestiques, et ceux qui grimpent le long des arbres , ont le renflement postérieur beaucoup plus volumineux que l'antérieur. L'autruche est surtout remarquable sous ce rapport.

» Les oiseaux qui s'élèvent dans les airs , et y planent souvent des journées entières, offrent une disposition inverse ; c'est le renflement antérieur qui prédomine sur le postérieur.

» M. Gall a avancé que la moelle épinière était renflée à l'origine de chaque nerf; M. Serres ne croit pas que cette opinion soit confirmée par l'examen de la moelle jépiuière des vertébrés , à quelque âge de la vie , intra ou extra-utérine , qu'on la considère.

» M. Gall cherchait dans ces renflemens supposés l'analogue de la double série de ganglions qui remplacent la moelle épinière dans les animaux articulés.

• Cette analogie se trouve , comme d'autres auteurs l'ont déjà avancé , non dans la moelle

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