ANATOMIE COMPARÉE DU CERYEAU
Renflement supérieur, un millim. (i). Partie moyenne, trois quarts de millim. (2). Cervelet, avant en arrière , deux millim. (3) ; transversalement, trois millim. (4). Lobes postérieurs, avant en arrière , quatre millim. (5) ; transversalement , quatre millim. et demi (6). Lobes antérieurs, avant en arrière, six millim. (7) ; transversalement, trois millim. (8). Le poids total du corps de l'embryon était de deux grammes sept décigr. deux centigr. Le poids de l'encéphale égalait un décigr. un centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps était donc :: 1 : 24 8/11.
Le onzième jour de l'incubation , l'encéphale ne présente rien de particulier; sa couleur est d'un blanc cendré, comme les jours précéderis; le cervelet offre de petits sillons transversaux , que l'on voit très-distinctement , quand on a placé la préparation sous le microscope. Le poids du corps est de deux gramm. neuf décigr. ; celui de l'encéphale est de un décigr. sept centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est : : 1 : 17 1/17. On voit , d'après ce rapport , comparé à celui du
(i) PI. II, fig. 34, n'S
(3) PI. Il, fig. 34, 55,36, n-S.
(3) PI. II, fig. 35, n"6.
(4) Ibidem.
(5) PI. II, fig. 35, n° 7.
(6) Ibidem.
(r;)Pl. II, fig. 34,n«9, (8) Ibidem.
jour précédent , que le corps ne s'est pas développé dans la même proportion que le cerveau.
Le douzième et le treizième jour , il n'y avait de remarquable que quelques changcmens dans les proportions et dans la dillerencede coloration des parties de l'encéphale. Les jours précédens, les lobes antérieurs et postérieurs étaient de la même couleur; au douzième, et surtout au treizième, leur coloration est bien différente. Les lobes postérieurs sont beaucoup plus blancs que les antérieurs , qui ont conservé leur couleur cendrée. Le poids de l'encéphale, au douzième jour, était d'un décigr. neuf centigr. ; le poids du corps était de quatre grammes cinq décigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps était : : i : 20 lo/ig. Si l'accroissement du cerveau avait, le jour précédent , dépassé celui du corps , on voit que l'inverse avait eu lieu le douzième jour.
Le treizième , le poids de l'encéphale était de deux déc. deux centigr. ; le poids du corps égalait quatre ^amm. neuf décigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps était donc : : 1 : 22 5/i 1. Le corps ne s'était pas encore développé dans la même proportion que le cerveau.
Moelle épinière , renflement inférieur, deux millim. ; renflement supérieur , unmillim. ; partie moyenne , trois-quarts de millim. Cervelet , avant en arrière, deux millim. et demi; transversalement . quatre millim. et demi. Les lobes postérieurs . avant en arrière , deux millim. 3|4 ; trans-
versalement , cinq millim. Lobes antérieurs, avant en arrière , sept millim ; transversalement , quatre millim.
Le quatorzième jour, l'encéphale en général avait éprouvé de nouvelles métamorphoses. Le cervelet, tendant toujours à s'élever, avait écarté , et en quelque sorte aplati , les lobes postérieurs ; il était venu se placer entre leur partie interne et postérieure, tendant ainsi à se porter vers la partie postérieure des lobes ( i ) antérieurs ; ceux-ci marchaient en sens inverse du cervelet , se dirigeaient au contraire en arrière , et atrophiaient antérieurement les lobes postérieurs, comme ils l'étaient par le cervelet, postérieurement (2). Il résultait de là, que les lobes optiques , affaissés dans la partie moyenne, occupaient un très-petit espace sur la face supérieure du cerveau ; ils se trouvaient déjetés sur les côtés , où leur saillie était encore très-rémarquabî(^, et débordait de beaucoup la largeur de la partie postérieure des lobes antérieurs (3). Rien de plus singulier que cette transformation des lobes postérieurs : d'abord très-saiilans, en haut de l'encéphale (4), ils se dépriment légèrement sur leur partie moyenne, et se renflent sur leur partie latérale en même-temps que le cervelet , et les lobes antérieurs envahissent la place qu'ils occu-
(1) PI. I,fis. 8, n^G.
{2O PI. I,fig. 8, n-g.
(3) PI. I,ûg. 8,n"7.
(4) PI. I, % 5, 6 et 7, a°6, Set 7,
EMBRYON DES OISEAL'X. ^5
paient (i). Moelle épiiiièro, renflement inférieur, deux millim. et demi ; supérieur , un millim. un quart; sur la parlie moyenne, un millim. Cervelet, avant en arrière , trois millim. ; transversalement , cinq millim. et demi. Lobes optiques , avant en arriére, deux millim. etdemi; transversalement, six millim. Lobes antérieurs , avant en arrière , huit millim. et demi ; transversalement , cinq millim. Le quatorzième Jour , la différence de coloration entre les diverses parties de l'encéphale est encore plus remarquable; les sillons de la face supérieure du cervelet deviennent très-visibles à l'œil nu. Le poids total du corps est de six grammes huit décigr. , le poids de l'encéphale est de deux décigr. huit centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est donc ; : i : 24 2/7.
Le quinzième jour, le poids total du corps est de sept grammes neuf décigr. ; le poids de l'encéphale égale trois décigr. deux centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est donc : : i : 24 11/16.
Du seizième au dix-huitième jour, la centralisation du cerveau est plus manifeste encore ; le cervelet, dont les feuillets sont beaucoup plus multipliés (2), a atteint la partie la plus élevée des lobes postérieurs (5). La pointe n'est plus qu'à un millim. de la partie postérieure des lobes antérieurs;
(1) PI. II, fig. 38, n-Q.
(2) PI. II, fig. 38, n" 7.
(5) PI. II,fig. 39, n°9.
a4 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,
on distingue déjà les rudimens de ses lobes latéraux. Ce dernier résultat n'est pas tout-à-fait produit par le développement du cervelet ; l'accroissement postérieur des lobes antérieurs y contribue pour beaucoup; car, comme nous l'avons fait remarquer, ces lobes s'étendent en arrière (i) , en même temps que le cervelet s'avance vers eux ; ces deux organes semblent marcher à la rencontre l'un de l'autre , et en sens inverse. Mais on conçoit que cet effet ne peut avoir lieu sans l'affaissement de la partie médiane des lobes postérieurs, qui est réduite à cette époque à un très-petit volume , formant encore un croissant mince entre le cervelet et les lobes cérébraux (2). Leur partie latérale continue à former une saillie , qui déborde de beaucoup celle des lobes antérieurs (5). On pourrait croire que cette saillie ou ce renflement, qui se manifeste sur les parties latérales des tubercules quadrijumcaux , se forme] aux dépens de la partie m^édiane qui s'aplatit. Pendant que tous ces changemens s'opèrent , le cerveau se contracte , et se raccourcit ; ce phénomène est l'un des plus intéressans à suivre dans les métamorphoses successives des différentes parties du cerveau des oiseaux.
L'intérieur des lobes postérieurs contient une espèce de liquide gélatineux , grisâtre ; les lobes
.(1) PI. II, fig. 58, n" 10.
' liMBUYON DES OISEAUX. 20
antérieurs sont compacts dans presque toute leur étendue, excepté dans leur partie moyenne , où il existe encore une cavité remplie par une substance demi concrète, et d'un rouge grisâtre.
Les couches optiques sont plus développées ; on aperçoit, en arrière et en avantde leur renflement, des prolongemens blanchâtres , qui partent d'un côté, se dirigent vers le côté opposé, et ne se touchent pas encore sur la ligne médiane. Ces prolongemcns avaient un tiers de millim. chacun ; entre eux existait une excavation légère , qui correspondait au troisième ventiûcule ; le quatrième n'offrait rien de particulier. Considéré par sa base, le cerveau diffère peu de l'état qu'il nous a présenté au dixième jour ; nous devons noter cependant , que la concavité des lobes est plus profonde (i) ; la jonction des nerfs optiques, plus saillante (2); le corps grisâtre, situé en arrière des nerfs optiques , beaucoup plu-s volumineux, et divisé par unraphé sur sa ligne médiane (5). Les lobes postérieurs font aussi une saillie beaucoup plus marquée sur les côtés du corps grisâtre (4) ; enfin le cervelet n'est plus visible en arrière des lobes postérieurs (5).
(1) PI. II,flg, 40, n°8etio.
(2) PI. II, fig. /|0, n'c).
(5) Ibid.
(4) PI. n, tjg. 40,0-7.
(5) PI. II, fig. 40,0" 6 bi$.
Les lobes antérieurs sont très-bien formés , les seizième et dix-huitième jour, et leur élévation est très-différente de celle du cerveau et des lobes postérieurs ; c'est à cette époque que le processus vermiculaire du cervelet devient très-distinct. Le poids total du corps est d'un décagr. neuf décigr. ; celui de l'encéphale est de quatre décigr. quatre centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est : : 1 : 24 17/22.
Le dix-septième jour , le corps pèse un décagr. deux gramm. huit décigr. ; le poids de l'encéphale est de cinq décigr. cinq centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est à cette époque : : 1 : 20 3/i 1.
Le dix-huitième jour , le poids du corps est d'un décagr. six grammes un décigr. ; le poids de l'encéphale est de six décigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps , est : : 1 ; 26 5/6.
Les dix-neuvième et vingtième jours de l'incubation, le cerveau parcourt ses dernières métamorphoses, etatteintles formes qu'il doit conserver chez les oiseaux. Ce sont toujours les mêmes parties qui en sont le siège, et qui continuent le mouvement de progression déjà commencé.
Le cervelet ( i ) , allongé et arrondi , parcouru par des arcs transversaux qui séparent les uns des autres chacun des feuillets qui le composent, est par-
(.) PI. II,fig. 4i, n"6.
EMBRYON DES OISJîAlI\. 37
venu jusqu'à la partie postérieure des lobes antérieurs , et recouvref en totalité la partie médiane des lobes optiques (i) , plus affaissée que les deux jours précédens ; sa largeur à la pointe est aussi plus considérable. Les lobes antérieurs, plus évasés en arrière , se sont portés dans cette direction , à la rencontre du cervelet (2). Ces deux parties sont maintenant adossées l'une à l'autre , unies entre elles par une lame (Je l'arachnoïde , qui de l'une se porte sur l'autre.
C'est à cette époque seulement, c'est-à-dire, du dix-neuvième au vingtième jour , que j'ai aperçu , d'une manière très - distincte , la glande pinéale , soit que sa ténuité me l'eût dérobée jusqu'à ce jour, soit que sa formation n'ait lieu que lorsque les couches optiques ont atteint leur degré de perfection , comme cela arrive à cet âge du poulet.
On aperçoit cette glande , en relevant le cervelet en arrière , et écartant la partie postérieure des lobes , auxquels un repli arachnoïdéal l'assujétit ; j'ai vu aussi deux petits pédicules descendant de cette glande sur la partie supérieure des couches optiques , et leur servant de moyen d'union. Les couches optiques ont elles-mêmes beaucoup grandi ; leurs commissures se touchent sur la ligne médiane; le troisième ventricule est aussi borné en
(1) PI. !l,fig. 4., ir;.
^u) PI. IT , fig. /^i , n" 7 bi<;.
28 ANATOaiIE COMPARÉE DU CERVEAU ,
avant et en arrière. En arrière de la commissure postérieure, on apercevait deux bandes blanchâtres formant le point sur l'aqueduc de Sylvius , et qui paraissaient être les débris des lobes postérieurs qui précédemment occupaient cette place : qu,pi qu'il en soitjcesbandelettes sont plus larges et plus fortes que je ne les ai rencontrées après la naissance du poulet.
C'est aussi du seizième au dix-huitième que J'ai observé très-distinctement deg fibres transversales sur la partie antérieure de la moelle allongée ( i ) ; ces fibres étaient en forme d'arc , ne se touchaient pas sur la ligne médiane, elles ressemblaient au pont de varole des mammifères ; mais Je les crois plutôt les analogues du corps trapézoïde. Une gouttière médiane séparait les fibres de droite de celles de gauche (2), qui du reste ne s'aperçoivent distinctement que lorsque l'embryon a séjourné quelque temps dans l'alcohol.
Ces fibres transverses avaient deux millim. d'avant en arrière, et trois millim. de leur sortie du cervelet à la gouttière médiane qui le divisait (3). Le haut de la moelle épinière en était séparé par un sillon , comme déjà nous l'avons dit; et un peu en arrière de ce sillon , on voyait l'origine de la sixième paire de nerfs (Zi).
(1) PI. Iljfig. 40, n°6bis.
{2) PI. II,fig. 40, n° 8 bis.
(3) PI. II, fig. 40, n°6et 8 bis.
(4) PI. îî, fig. 40, n- 5 bis
Nous devons faire remarquer que l'apparition de ces fibres coïncide avec deux eflels très -remarquables : le premier, avec la diminution des lobes postérieurs ; le second , avec l'augmentation du cervelet. Nous avons vu qu'aussi long-temps que les lobes postérieurs ont occupé la région supérieure de l'encéphale , et ont conservé leur prodigieux développement , le cervelet est resté atrophié : au moment où ces lobes ont diminué de volume , le cervelet s'est accru , et sa partie supérieure est devenu visible de telle sorte que ces deux organes paraissent développés pendant l'incubation, en raison inverse l'un de l'autre.
Le dix-neuvième jour , et quelquefois dès le dixhuitième, les fibres transverses du corps trapézoïde ne sont plus distinctes ; les autres parties du cerveau sont dans le même état. Le dix-neuvième jour^ le poids du corps est de un décagr. sept gramm. deux décigr, ; le poids de l'encéphale est de six décigr. six centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est donc : : i : 26 2/55.
Le vingtième jour, le poids du corps est de deux décagr. huit décigr. ; le poids de l'encéphale est de six décigr. sept centigr. Le rapport du poids de l'encéphale à celui du corps est : : 1 : 5i 5/67. On remarque que pendant les derniers jours de l'incubation, le développement du corps augmente beaucoup . tandis que l'accroissement de l'encéphale reste dans un état stationnaire.
3o ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,
Le dernier jour de l'incubation , les formes du cerveau sont tout-à-fait arrêtées : les lobes antérieurs et le cervelet se touchent vers le tiers postérieur de la face supérieure de l'encéphale ( i ) : les lobes optiques débordent les lobes antérieurs latéralement et en arrière (2) ; le cervelet est divisé par six ou sept sillons transversaux , qui le festonnent d'avant en arrière ; sa forme à cette époque est celle d'un ovoïde assez régulier (3).
Le processus vermiculaire supérieur est distinct des lobes latéraux; considéré à sa base, on remarque la concavité des lobes antérieurs à leur partie médiane ; en arrière d'eux la jonction des nerfs optiques , et sur les côtés , des renflemens qui sont la continuation des lobes postérieurs ou optiques ; en arrière, un petit bulbe qui est le corps pituitaire; sur les côtés de ce corps , on remarque encore le renflement des lobes postérieurs : ils ne sont plus bornés à la partie des cuisses du cerveau ; leur prolongement se continue jusqu'à la jonction des nerfs optiques. On peut déjà observer le commencement de ce processus aux dix-septième et dix-huitième jours ; les fibres transverses ne sont plus visibles ; le lieu qu'elles occupaient est lisse , la rainure postérieure qui les séparait du haut de la moelle épinière est effacée ; les scissures latérales
(1) PI. II, fig. 41, n"6et7 bis.
(2)P1. II,fig. 41, ""7-
EMBRYON DES OISEAUX. 3l
soul comblées , les lobes postérieurs ne sont plus isolés, et en quelque sorte détachés en cet endroit delà moelle allongée; il n'existe plus entre eux de ligne de. démarcation perceptible. La rainure antérieure, qui isolait le corps Irapézoïde des cuisses du cerveau et des prolougemens des lobes postérieurs, subsiste encore. Il résulte delà, que la grande dillérence que présente la base du cerveau à cet âge, comparée au jour où le corps trapézoïde était visible , consiste dans l'absence des principales scissures, qui ont été comblées par l'accroissement des parties sur lesquelles elles étaient creusées.
L'intérieur du cerveau présentait la même disposition que celle qu'elle conserve à l'âge adulte; j'en remets les détails pour le moment où nous décrirons le poulet à cette époque. Le renflement inférieur de la moelle épinière avait trois millim. de large ( i ) , le supérieur n'en avait que deux (2) ; la partie médiane entre les renflemens, un et demi (5). Le cervelet avait, d'avant en arrière, sept millim. , sur cinq de large dans sa partie moyenne (4) ; la partie des lobes postérieurs , qui débordait les lobes antérieurs , et qui était trèssaillante, avait, d'avant en arrière , deux millim. , et chacun d'eux, transversalement, six milhni. , ipe-
(1) PI. II, Gg. 41, n"3.
(2) PI. II, fig. 4i,n-5.
(3) PI. II,fig. 41, n»4.
(4) PI. II,flg. 4i,n"«.
sures de la partie externe du cervelet (i). La longueur des lobes antérieurs était de onze millini. , leur largeur avait six niillim. (2). Le dernier jour de l'incubation , le poids total du corps est de trois décagr. un gram. cinq centigr. ; celui de l'encéphale égalait six décigr. sept centigr. Le rapport du poids du corps à celui de l'encéphale était donc : : 1 : 4^ 25/67. ^ous devons remarquer que , comme dans les trois jours précédens , l'encéphale est resté stationnaire , tandis que l'accroissement du corps a été très-rapide; j'ai plusieurs fois vérifié ce fait , pour m'assurer qu'il n'y avait rien d'éventuel dans ce résultat comparatif. Après avoir présenté avec quelques détails la marche de la formation de l'encéphale et de la moelle épinière pendant l'incubation, nous allons en concentrer les résultats dans les deux tableaux suivans; l'un destiné à faire voir les variétés de grandeur que présentent les différentes parties de l'encéphale , l'autre consacré à la différence de pesanteur du corps et du cerveau , et aux rapports dans lesquels ces deux parties se trouvent aux divers âges de l'embryon du poulet. Nous résumerons ensuite les divers changemens qu'éprouvent les lobes optiques ou postérieurs, le cervelet et les lobes antérieurs ou hémisphères cérébraux. Auparavant, nous devons faire remarquer que la marche de l'incubation offre de grandes variétés : quelque-
(i) PI. ÏI,fig. 4i^n°7.
(2) PI. II, fig. 41, n*8.
EMBRYON DES OISEALX. 35
fois une incubation <le vingt œufs reste slationnaire clans trois et quatre jours, ce qui dépend, tantôt de la poule, tantôt du degré de la température, tantôt d'autres circonstances qu'il m'a été impossible d'apprécier. J'ai fait tous mes efforts pour faire disparaître ces irrégularités; mais 'p; dois prévenir qu'elles existent, comme le savent , du reste , tous ceux qui ont suivi la formation du poulet; ce sont ces variations d'une incubation à une autre, qui font que deux observations, quoique faites à des heures analogues, et dans des conditions tout-à-fait semblables, offrent néanmoins des différences trés-essentiellcs , soit dans la grandeur des parties , soit dans leur poids ; ce qui arrive quelquefois à toute une incubation , s'observe très -fréquemment encore dans les 'poulets provenant d'une même couvée : il résulte de là que cent tableaux ne peuvent présenter deux résultats absolus. J'ai cherché à me rapprocher le plus possible des résultats moyens que m'ont offerts plusieurs incubations heureuses.
C'est d'après cette vue que le tableau des dimensions de la moelle épinière et de l'encéphale n'a pas été dressé sur le dessin que j'ai fait représenter; car, pour faire dessiner les objets avec exactitude, j'ai été obligé de dégager l'encéphale et la moelle épinière de leurs enveloppes, et de les mettre sur une surface plane, ce qui, en détruisant les courbures que forme la tête de l'oiseau et le cerreau lui-même, allonge beaucoup les parties, mais
surtout les lobes antérieurs. J'ai pris mes mesures sur le poulet , avant d'avoir rien déplacé ; il résulte de là des difTérences souvent très-remarquables entre les dimensions portées sur le tcibleau , et celles représentées sur les dessins. Rien n'eût été plus facile que de faire disparaître ces différences , et de mettre le tableau en harmonie avec les figures , ou les figures en harmonie avec le tableau ; mais en faisant ce changement , j'aurais détruit l'exactitude des faits observés dans l'un et l'autre cas, j'aurais sacrifié la vérité à la régularité , et je n'aurais présenté que des résultats tronqués: en m'astreignant à ne porter que les mesures données par les dessins, j'aurais été inexact aussi; car, pour donner une idée précise des changemens de forme et de position des diverses parties de l'encéphale , j'ai dû choisir les embryons les plus avancés , ce qui m'a donné le maximum de grandeur de l'encéphale. Ce tableau oJSre donc les mesures moyennes de plusieurs incubations.
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