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Moelle épinière. Il résulte du tableau précédent, que , jusqu'aux cinquième et sixième jours de l'incubation, la moelle épinière offre une dimension égale dans toute la largeur , et qu'on ne distingue pas encore les renflemens supérieur et inférieur ; cet état coïncide avec l'absence des membres, dont l'apparition précède néanmoins de quelques heures celle de ces mêmes renflemens. Au septième jour le renflement inférieur devient visible , et le membre correspondant est très-distinct ; le supérieur ne l'est pas encore ; ce dernier ne se montre guère que le huitième jour. Pendant le cours de l'incubation jusqu'à la naissance, le diamètre du renflement inférieur dépasse toujours celui du renflement supérieur ; ce dernier est arrondi , compacte dans son intérieur, où l'on ne remarque pas de cavité ; l'inférieur est au contraire ouvert , il présente une espèce de cavité , ou plutôt une gouttière dont les bords sont formés par de la matière grise : on rencontre presque toujours une certaine quantité de sérosités dans l'intérieur de cette gouttière , béante par sa partie supérieure.
Cervelet. Il est à remarquer que le cervelet n'est pas visible les premiers jours de l'incubation ; j'en ai en vain cherché les rudimens les trois et quatre premiers jours ; il est quelquefois apparent le cinquième, dans les incubations précoces, et le devient presque toujours le sixième (i) , et il semble
(i) PI. I,fig. 5, n-5.
EMBRYON DKS OISEAUX. 3^
alors se dégager de dessous la partie postérieure des lobes postérieurs : il est d'abord formé de deux lames qui se dirigeât transversalement l'une vers l'autre, sans néanmoins se toucher sur la ligne médiane; cet isolement des lamelles primitives du cervelet persiste jusqu'au huitième jour de l'incubation , et quelquefois au-delà ( i ) ; on le met en évidence en insufflant le quatrième ventricule; on aperçoit alors chacune des lames se déjeter à droite et à gauche, en s'abandonnant réciproquement; lorsque la jonction de ces lames s'effectue, elle a lieu par une espèce d'engrenure qui rappelle jusqu'à un certain point celle de quelques os du crâne (2). Dans cet état primitif de formation , 1« cervelet se trouve très-éloigné des lobes antérieurs de l'encéphale , et on le remarque à peine sur la face supérieure de cet organe (3) , ce qui dépend du prodigieux développement des lobes postérieurs , qui occupent alors la surface supérieure de l'encéphale , et se trouvent interposés entre eux. Lorsque les lames du cervelet sont réunies, cet organe s'élève de plus en plus sur la face supérieure du cerveau (4) , et ce résultat ne peut être obtenu qu'autant que la partie postérieure des lobes postérieurs s'affaisse , ce qui effectivement a lieu en mcme-temps (5) ; il semble
(i) PI. II, Gg. 35, n"6.
(a) PI. I. ng. 6, n-;.
(3) PI. II, fig. 33, n- 6.
(4) PI. I, fig. 8, n» 6.
(5) PI. I, fig. 8, n- 7.
alors que le cervelet s'élève aux dépens de l'affaissement de ces lobes ; c'est surtout du douzième au dix-huitième jour de l'incubation, que l'accroissement de cet organe a lieu (i). D'abord le diamètre transversal prédomine sur le diamètre antéro-postérieur ; mais vers les dix-huitième , dixneuvième et vingtième jour , le diamètre antéropostérieur prend sur le transversal la prédominance , qu'ij doit conserver chez l'oiseau adulte. Vers cette même époque, on distingue le processus vermiculaire supérieur des lobes de cet organe. A mesure que la formation du cervelet s'opère , il devient de plus en plus visible sur la face supérieure de l'encéphale , et vers les dix-septième etdix-huilième jours de l'incubation, il sembleavoir pris la place des lobes postérieurs , qui non-seulement se sont affaissés pour lui faire place , mais qui même ont été déjetés sur les parties latérales et inférieures de l'encéphale. C'est ime des transmutations les plus singulières : le cervelet s'est rapproché de la partie postérieure des lobes antérieurs (2) , et CCS organes, si éloignés du huitième au quatorzième jour de l'incubation, sont adossés l'un à l'autre du dix-neuvième aux vingtième et vingt-unième jours. Comment s'est opérée cette transposition? les métamorphoses qu'éprouvent pendant ce temps les lobes postérieurs , vont
(i) PI. II, fi-. 55, 58, 59, n^e, 7, 8. (2) PI. IK fig, 58, n" 7, 9.
EMBRYON DES OISEALX. jp
nous mellre sur la voie de celte explicaliou.
Lobes optiques ou postérieurs (analogues des tubercules quadrij urne aux). Les métamorphoses qu'éprouvent ces lobes, forment la partie la plus importante des évolutions de l'encéphale des oiseaux, pendant la durée de l'incubation. En voyant ces lobes situés , invariablement dans toutes les familles de cette classe, à la base du cerveau , on ne se douterait jamais qu'ils en ont occupé la partie supérieure , et qu'ils en ont même formé le point le plus éminent; on se fonde, au contraire , sur cette position qui donne à l'encéphale des oiseaux le caractère qui lui est propre , pour regarder ces organes comme des parties nouvelles, et pour rejeter leur analogie avec les tubercules quadrijumeaux que nous sommes accoutumés à rencontrer chez les mammifères vers la région supérieure de leur cerveau ; il importe donc à la justesse de nos déterminations , de suivre avec précision les transpositions successives de ces lobes, soit pour reconnaître à quelle partie de l'encéphale des mammifères ils correspondent, soit pour apprécier leur influence sur les dispositions générales du ceiTeaii des oiseaux.
Lorsque les premiers rudimens de cet organe se dessinent vers le haut de l'embryon , on remarque des lignes ondulées, dont les contours circonscrivent l'espace où les diverses parties se formeront plus tard. Les lignes d'où doivent naître les lobes postérieurs , sont très - apparentes , après la ving-
4o ANATOMIlî COMPAREE DU CiiRVEAU ,
lième heure de l'incubation ; et à la trentième heure, elles formentdéjà un feuillet pelliculeux ( i } , dont la base tend à se réunir à celui du côté opposé ; ce feuillet se recourbe ensuite par sa partie supérieure , marche à la rencontre de celui du côté opposé, dont il est encore éloigné^ de la trentecinquième à la trente-sixième heure de l'incubation (2); mais au troisième jour, ils sont presque adossés l'un à l'autre ; et comme toute la matière cérébrale, située au-dessus d'eux, est liquide, ils apparaissent à cette époque sous la forme d'une ■vésicule unique , sans ligne de démarcation ni de raphé sur la ligne médiane (3). Ce raphé ne devient visible que lorsque les feuillets , après être parvenus au sommet de la vésicule , se recourbent de haut en bas , et divisent alors la vésicule primitive en deux , l'une droite , l'autre gauche : il y a alors deux vésicules pour les lobes optiques, ce qui devient très -apparent avant la fin du quatrième jour de l'incubation et le commencement du cinquième (4). L'intérieur de ces vésicules est toujours occupé par un liquide d'un gris cendré , qui semble être la matière primitive et fondamentale de l'encéphale; elles constituent à cette époque la partie principale de cet organe , et leur forme est celle d'un sphéroïde assez régulier.
(1) PI. I, fig. 2,n''7.
(2) Ibid.
(5)P1. î,fig;. 3,n-7.
(4) PI. I, fig. 4,n"r.
Aux cinquième et sixième jours, leur surface extérieure est légèrement aplatie en avant et en arrière ; cet aplatissement est produit en avant par le tubercule des couches optiques qui viennent s'interposer entre ces lobes et les lobes antérieurs ( 1 ) , et en arrière , par l'apparition du cervelet , dont les deux lamelles semblent adossées contre ces lobes (2) ; en même temps les vésicules se courbent par leur partie moyenne, ce qui fait qu'elles sont beaucoup plus élevées que toutes les autres parties de l'encéphale (5). Leur aspect est lisse , leur couleur d'un gris cendré , ce qui provient de la transparence de la lame qui les forme , et permet de les voir au travers du liquide cérébral. Au huitième jour, leur forme est à peu-près la même , mais leur surface extérieure a éprouvé un changement très-remarquable ; sur le fond griscitre des vésicules , il s'est développé des stries blanchâtres , concentriques , parallèles (4 ) , étendues sur toute la surface des vésicules ; leur nombre varie entre six et dix ; les intervalles qui les séparent sont d'un gris cendré. Les dixième et onzième jours, ces stries sont encore sensibles , mais elles paraissent étendues , aplaties ; les intervalles qui les séparent ont beaucoup diminué d'étendue; à cette même époque, un sil-
(i) PI. I, fig. 5,n";.
(a) PI. I,fig. 5,0- 5.
(3) PI. II, fig. 33, n*7.
(4) PI. I, fig.6, n-8.
l\2 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
loh transversal se manifeste vers la partie postérieure de chaque vésicule , et les divise en deux de chaque côté ; au lieu de deux lobes postérieurs il s'en trouve alors quatre , deux antérieurs , beaucoup plus volumineux ( i ) , deux postérieurs, beaucoup plus petits (2). Nous devons faire remarquer que ce sillon n*est apparent qu'après que l'encéphale a été plongé dans l'alcohol ; mais il devient alors aussi prononcé que celui qu'on remarque sur l'embryon des mammifères et de l'homme , au moment où le lobe unique de chaque côté , qui forme les tubercules jumeaux, est divisé par un sillon transversal analogue , qui rend ces tubercules quadrijumeaux. J'insiste beaucoup sur cette transformation , parce qu'elle nous servira à établir avec rigueur l'analogie de ces lobes avec les parties correspondantes dans le cerveau de l'homme et des mammifères. Ces lobes occupent les deux tiers environ de la face supérieure de l'encéphale (5) ; ils sont interposés entre les lobes antérieurs , qui se trouvent en avant, et le cervelet, qui est en arrière; d'où il résulte que ces deux organes sont alors très-éloignés l'un de l'autre, comme nous l'avons déjà dit en parlant du cervelet , lorsque la forme des lobes postérieurs n'a éprouvé que la légère dépression produite en avant par les couches
(i) PI. I, lig. 6, ir8.
(2) PI. I,fig. 6, n''7.
(3) PI. II, fig. 5, n"7.
EMBRYOIt DES OISEAUX. /|5
optiques , et en arrière par les lames du cervelet ; mais, du dixième au douzième jour, leur partie médiane s'affaisse, il se forme par cette dépression un angle rentrant en arrière et en avant (i), angles dans lesquels se logent le cervelet et la couche optique. C'est de cette manière que le cervelet, qui était en quelque sorte enseveli sous la partie postérieure des lobes optiques , et qui se voyait à peine sur la face supérieure de Icncéphale , y devient maintenant très-apparent , en occupant le vide produit par la dépression de la partie moyenne des lobes postérieurs. On conçoit, en effet, qu'aussi long-temps que ces lobes forment une proéminence si marquée en haut de l'encéphale, il était impossible que le cervelet y eût place , à moins de s'élever lui-même par-dessus ces lobes ; mais si on suit les transformations de ces lobes optiques , on aperçoit tout de suite qu'à mesure que leur partie moyenne s'affaisse, le cervelet est mis en quelque sorte à découvert ; et comme pendant cet affaissement il prend beaucoup d'accroissement , il vient occuper graduellement la place qu'abandonnent les lobes postérieurs : c'est pourquoi l'ascension du cervelet est en raison directe de l'affaissement de la partie moyenne de ces lobes, comme on l'aperçoit manifestement les quatorzième (3) , dix-
(.) IM I.fig. r, n"7ot8.
(2) PI. H, fig, 35. n"6.