ANATOMIE COMPARÉE DC CERVEAU
huitième (i) et vingtième jours de rincubation (2). Mais , pendant que les lobes postérieurs s'affaissent sur la région moyenne , leur partie latérale et inférieure devient de plus en plus saillante (3) : moins ils deviennent visibles sur la face supérieure de l'encéphale , plus ils sont apparens à sa base et sur les côtés ; c'est une véritable transposition de ces lobes. On conçoit que cette transposition ne peut s'effectuer sans un écartement proportionnel des lobes ; mais en s'écartant , ces lobes s'abandonnent-ils complètement, ou conserventils une connexion entre eux ? Cette question mérite d'autant plus notre attention , que les changemens qui surviennent pendant cette métamorphose , sont devenus la source de plusieurs erreurs qui ont empêché , jusqu'à ce jour , la véritable détermination de l'encéphale des oiseaux. Pendant que les lobes postérieurs occupent la face supérieure du cerveau, leurs cavités communiquentl'unedans l'autre ; c'est un vaste ventricule non intercepté sur la ligne médiane , comme le seraient les deux ventricules latéraux de l'encéphale des mammifères et de l'homme, si on en retranchait le septum médiane ou la cloison transparente. La partie supérieure de cette cavité est formée
(1) PI. II,fig. 58, n»^.
(2) PI. II, 6g. 41 , n" 6.
(5) PI. II, fig.36, n- 7 et 9.
KMBRYON DES OTSEAl'X. 4^
par une lame qui est la continuation de celle qui forme les lobes , et qui est à son égard ce que le corps calleux forme à l'égard des grands ventricules latéraux des mammifères. A mesure que les lobes s'écartent l'un de l'autre , cette lame s'amincit, et elle s'abaisse graduellement, lors de l'affaissement des lobes sur leur partie médiane , et de leur saillie sur les parties latérales et la base du cerveau. Cette lame transversale est grise jusqu'au huitième jour de l'incubation ; mais à cette époque, lorsque les lobes sont sillonnés par des stries blanchâtres , elle présenti^ elle-même des stries analogues ; ce qui établit, qu'elle n'est que la continuation de la lame qui enveloppe les lobe? postérieurs. Enfin , lorsque le cerveau a terminé ses évolutions , cette lame transversale des lobes est leur moyen d'union; elle est formée de stries parallèles , alternativement blanches et grises; les stries blanches se continuent avec les couches blanches des lobes postérieurs ; les stries grisâtres se perdent dans les couches grises de ces mêmes lobes; ce qui est surtout évident chez les oiseaux adultes , sur lesquels nous démontrerons cette organisation. La, lame transversale des lobes optiques est donc une continuation de l'enveloppe de ces lobes. Pour terminer ce qui concerne les métamorphoses de ces derniers , nous ferons remarquer que leur superficie prend un aspect blanchâtre , le dixième jour de l'incubation ; ce qui les distingue des lobes antérieurs, qui sont toujours gris , et du cervelet,
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qui est d'un gris rougeâtre; cette coule«ir blaii châtre devient de plus en plus marquée, les quatorzième , dix - huitième , vingtième et vingt unième jours de l'incubation, et elle constitue l'état normal de l'intérieur de ces lobes , chez tous les oiseaux adultes.
Pour expliquer cette transformation dans la coloration de ces-lobes, il est nécessaire de se rappeler , que leur aspect est grisâtre jusqu'au neuvième jour; qu'à cette époque, il se manifeste à leur intérieur des stries blanchâtres ; ces stries s'élargissent graduellement|> elles se touchent et se réunissent par leurs bords, de manière à former une lame médullaire , qui forme une espèce d'écorce dans toute leur périphérie ; écorce qui est d'autant plus épaisse , qu'on l'observe plus près de la base du cerveau. Tels sont les changemens importans qu'éprouvent les lobes postérieurs. J'ai cru devoir insister sur leurs métamorphoses , à cause des difficultés qu'ils ont présentées aux anatomistes, et des erreurs auxquelles ces difficultés ont donné naissance.
Lobes antérieurs. Les lobes antérieurs n'éprouvent que des changemens de forme ; ils sont toutà-fait étrangers aux transpositions que nous venons d'observer dans la marche des lobes postérieurs. Les lignes qui circonscrivent l'espace où ils doivent se développer , sont très - distinctes à la vingt-deuxième heure de l'incubation ; elles ne sont pas encore adossées vers leur partie anté-
rieure ( i ) ; mais à la trentième , cet adossemcnt a lieu (2) , et on commence à distinguer les traces de leur vésicule; à la trentc»-cinquième, la vésicule devient plus distincte, les feuillets qui doivent la former, se portent vers la ligne médiane, à la rencontre l'un de l'autre , et dès le troisième jour la vésicule, toute formée et ovoïde, se montre en avant de celle des lobes postérieurs (5). 11 est à remarquer que, comme cette dernière, elle n'est pas encore divisée par un raphé médian, et que son volume égale à peine le tiers de celle des lobes postérieurs ou optiques , et qu'elle est placée sur un plan beaucoup inférieur à celui de cette dernière. Cette observation est d'autant plus curieuse , que nous allons observer les lobes antérieurs s'élever sur les postérieurs , et les recouvrir par le même mécanisme, que nous avons fait connaître en suivant la marche du cervelet.
Au quatrième jour, la vésicule des lobes antérieurs se double (4) ; il y en a une de chaque côté : cet effet s'opère par le plissement du feuillet, qui , parvenu au haut de la vésicule , s'enfonet,' de haut en bas en traçant le sillon qui doit séparer les hémisphères ; leur forme est plus allongée que le jour précédent (5) , leur volume égale la moitié
(i) PI. I, ng. 1,11° 9.
(2) PI. I,Gg. 2, n"8.
(3) PI. l,fig. 3, n" 8.
(4)PI. I, ag. 4,n°9.
(5) PI. I, fig. 3, n*8.