‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 45 sur 109 · Ç)8 ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

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les capillaires , qui leur sont adossés , et qui les accompagnent.

En suivant avec soin les artères sur la moelle épinière , je cherchai à m'assurer si les nerfs y existaient aussi: c'est en vain que je les avais cherchés sur des embryons de la quatrième et de la cinquième semaine ; je ne les y avais vus ni à l'œil nu ni à l'aide de la loupe ou du microscope ; sur des embryons de veau et de cheval delà sixième semaine, j'aperçus cinq ou six nerfs dorsaux qui venaient s'implanter, par leurs deux ordres de branches, sur les parties latérales de la partie correspondante de la moelle épinière; je' trouvai aussi quelques nerfs lombaires , mais je ne pus rencontrer les nerfs cervicaux, qu^oique je les suivisse des parties latérales du col jusqu'aux espaces intervertébraux, où je rencontrai le petit ganglion qu'ils forment. J'ai fait la même observation chez l'embryon humain , entre la sixième et la septième semaine : quelques nerfs dorsaux étaient implantés seulement sur la partie moyenne de la moelle épinière ; il n'y en avait pas encore dans la région cervicale ; le nerf optique , celui de la troisième et de la cinquième paire, étaient également absens de la base des vésicules dont se compose à cette époque l'encéphale. Il est inutile de nous appesantir sur l'importance de ces faits relativement à la névrogénie ; mais il est trèsnécessaire d'insister sur leur généralité. Chez tous les embryons sans exception, plus tôt ou plus tard , selon la classe , la famille ouM 'espèce à laquelle ils

appartionnonl , les nerfs sont formes avant de se mettre en communication avec l'encéphale et la moelle épinièrc. Chez les larves des insectes , les branches latérales précèdent dans leur formation les ganglions centraux, ce qui prouve que , de même que les systèmes cartilagineux et osseux , le système nerveux se développe de la circonférence au centre , en sens inverse du mode de formation que les hypothèses avaient fait admettre.

Si on a suivi avec attention les détails que nous avons présentés dans les deux chapitres précédens, on a dû remarquer que les renflemens de la moelle épinièrc coïncident avec l'apparition et l'accroissement des membres sur les parties latérales du tronc ; on a dû voir la métamorphose remarquable qui s'opère dans la queue du têtard , lorsque la moelle épinièrc, prolongée d'abord jusqu'à la terminaison du coccyx, s'élève tout à coup dans le canal vertébral ; il sembla , d'après cette transformation, que les reptiles n'acquièrent leurs membres qu'aux dépens de leur longue queue : nous avons particulièrement insisté sur la formation tardive du cervelet , mise en opposition avec le développement précoce des tubercules quadrijumeaux , parce que ce résultat était , j'ose le dire , inattendu dans l'état présent de nos connaissances. En constatant chez les mammifères ces diverses métamorphoses , nous ferons remarquer qu'elles deviennent l'état permanent de certains embryons monstrueux.

Jusqu'au deuxième mois de l'embryon du veau

lOO ANATOMIE COMPAUÉli DU CERVEAU,

et du cheval , vers le milieu du second mois de celui du cochon et du mouton , les membres n'ont pas encore paru sur les parties latérales du tronc; la moelle épinière est d'un calibre uniforme dans ses diverses régions ; pendant le troisième mois , et un peu plus tôt chez le mouton et le cochon , les membres paraissent, et acquièrent , ainsi que dans les deux mois suivans , un développement assez rapide ; en même temps, et toujours dans un rapport direct, les renflemens supérieurs et postérieurs de la moelle épinière paraissent et accroissent dans la même proportion ; en même temps aussi le petit bulbe de terminaison remonte le long du canal coccygien et sacré, l'étendue de la queue de l'embryon diminue , et cette diminution est proportionnée, chez les diverses espèces, au degré d'ascension de la moelle épinière dans le canal vertébral. Je compare à ce sujet plusieurs embryons de chauve-souris sans queue : les plus jeunes ont un prolongement caudal assez long , la moelle épinière descend jusqu'à la terminaison du coccyx , comme chez les oiseaux , avec cette différence qu'elle n'y est pas fixée comme chez ceux-ci ; chez les embryons des deux tiers de la gestation, la queue est diminuée de moitié, la moelle épinière s'arrête au niveau du milieu du canal sacré ; chez les embryons à terme , elle se termine vis-à-vis du corps de Ict troisième vertèbre lombaire, et la queue a totalement disparu. J'ai injecté au mercure ces embryons ; je dirai plus bas avec quelle disposition du système arté-

EMBRYON DES MAMMtFlinRS. lOI

riel coïncide cette ascension de la moelle épînière dans son canal , et cette disparition de la quiîue des premiers embryons ; métamorphose analogue, par ses ellets et sa cause, à celle qu'éprouve le tétard des batraciens.

L'embryon humain éprouve dans sa marche un semblable rapport. Au commencement du deuxième mois, on n'aperçoit ni les membres, ni les renflemens de la moelle épinicre ; dans le cours du troisième mois, les membres paraissent, et avec eux les renflemens ; ils ont à cette époque deux millim. de diamètre; le supérieur est un peu moins volumineux que l'inférieur ; pendant les quatrième, cinquième, septième, huitième et neuvième mois, les membres se développent d'une manière qui n'est pas toujours proportionnelle d'un mois à l'autre ; les dimensions des renflemens sont toujours en rapport avec celui des extrémités auxquelles ils correspondent ; ce rapport se conserve après la naissance; les renflemens, connue les membres, augmentent jusqu'à l'âge de trente ans ; ils diminuent ensuite dans la vieillesse, et leur atrophie accompagne constamment celle qu'éprouvent les extrémités supérieures et inférieures (i). Wriberg, les frères Wentzell , ont indiqué en partie ce rapport chez l'embryon humain ; Tiedemann vient de le

(i) Voyez à ce sujet le lablcau des dimensions de la moelle épkiière, depuis le deuxième mois de la vie ulcrînc jusqu'à la centième année.

suivre avec une exactitude qui rie laisse rien à désirer , quant aux dimensions de la moelle épinière que cet anatomiste a considérée trop isolément.

TABLEAU COMPARATIF

Des dimensions de la Moelle épinière dans tes différcns âges de C Homme et de l'Embryon humain.

BENFI.EMINT

renflemeut

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