XXVJ PRÉFACE
» Les embryons humains monstrueux qui n'ont pas les membres inférieurs , se rapprochent, sous ce rapport , des cétacés et des poissons.
» L'entrecroisement des faisceaux pyramidaux est visible chez l'embryon humain dès la 8^ semaine.
» Chez les mammifères l'entrecroisemen t devient de moins en moins apparent en descendant des quadrumanes aux rongeurs.
» Chez les oiseaux on ne remarque . qu'un ou deux faisceaux tout au plus dont l'entrecroisement soit distinct.
» Chez les reptiles il n'y a point d'entrecroisement.
» Chez les poissons l'entrecroisement n'existe pas.
» Le volume de la moelle épinière et celui de l'encéphale sont , en général , en raison inverse l'un de l'autre chez les vertébrés.
» L'embryon humain ressemble , sous ce rapport . aux classes inférieures ; plus il est jeune , plus la moelle épinière est forte , plus l'encéphale est petit.
» Dans certaines circonstances la moelle épinière et l'encéphale conservent un rapport direct de volume ; ainsi , plus la moelle épinière est effilée , étroite , plus l'encéphale est étroit et effilé , ce qu'on voit surtout dans les serpens. La moelle épinière diminuant de longueur et augmentant de volume , le cerveau s'accroît dans des proportions égales : c'est ce qui arrive dans les lézards les tortues.
» Chez les oiseaux , plus le col est allop^;
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plus la moelle épinière est étroite , plus le cerveau est effilé.
» Ce rapport direct de volume entre la moelle épinière et le cerveau , ne porte pas sur tout l'encéphale ; il a lieu uniquement avec les tubercules quad ri jumeaux.
» La moelle épinière et les tubercules quadrijumeaux sont rigoureusement développés en raison directe l'un de l'autre; de telle sorte que le volume ou la force de la moelle épinière étant donné dans une classe ou dans les familles de la même classe , on peut déterminer rigoureusement le volume et la force des tubercules quadrijumeaux.
» L'embryon humain est dans le même cas; plus il est jeune, plus la moelle épinière est forte , plus les tubercules quadrijumeaux sont développés.
» Les tubercules quadrijumeaux sont les premières parties formées dans l'encéphale ; leur formation précède toujours celle du cervelet , chez l'embryon des oiseaux , des reptiles , des mammifères et de l'homme.
» Chez les oiseaux , les tubercules quadrijumeaux ne sont qu'au nombre de deux ; et ils occupent , comme on le sait , la base de l'encéphale , ce qui les a long-temjDs fait méconnaître.
» Us ne parviennent à cet état qu'après une métamorphose très-remarquable. Dans les premiers jours de l'incubation , ils sont, comme dans les autres classes , situés sur la face supérieure de reucéphale , formant d'abord deux lobules , un de chaque coté ; au dixième jour de l'incubation ,
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un sillon transversal divise ce lobule , et à cette époque il y a véritablement quatre tubercules situés entre le cervelet et les lobes cérébraux.
» Au douzième jour commence le mouvement très-singulier, par lequel ils se- portent de la face supérieure vers la face inférieure de l'encéphale.
» Pendant ce mouvement , le cervelet et les lobes cérébraux , séparés d'abord par ces tubercules , se rapprochent successivement , et finissent par s'adosser l'un contre l'autre , comme on l'observe sur tous les oiseaux adultes.
» Chez les reptiles, les tubercules quadrijumeaux ne sont qu'au nombre de deux dans l'état adulte ; mais au quinzième jour du têtard de la grenouille, ils sont divisés comme ceux de l'oiseau au dixième jour.
» Dans cette classe les tubercules ne changent pas de place ; ils restent toujours situés à la face supérieure de l'encéphale , entre le cervelet et les lobes cérébraux , et leur forme est toujours ovalaire.
» Chez les poissons , le volume considérable que prennent les tubercules quadrijumeaux , les a fait considérer, jusqu'à ce jour, comme les hémisphères cérébraux de l'encéphale.
» Ce qui a contribué à accréditer cette erreur , c'est qu'ils sont creusés d'un large ventricule , présentant un renflement considérable analogue pour sa forme et sa structure au corps strié de l'encéphale des mammifères.
» Ces tubercules sont toujours binaires chez les
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poissons , et lenr lorme se rapproche de celle d'un sphéroïde légèrcmciit aplati en dedans.
» Chez les mammifères et l'homme, les tubercules quadrijumeaux ne sont qu'au nombre de deux pendant les deux tiers environ de la vie utérine; ils sont alors ovalaires et creux intérieurement conmie chez les oiseaux , les reptiles et les poissons.
» Au dernier tiers de la gestation, im sillon transversal divise chaque tubercule, et alors seulement ils sont au nombre de quatre.
» La diversité que présentent ces tubercules dans les différentes familles des mammifères, dépend de la position qu'occupe ce sillon transversal.
» Chez l'homme, il occupe ordinairement lapartie moyenne ; les tubercules antérieurs sont égaux àpeu-près aux postérieurs.
» Chez les carnassiers, le sillon se porte en avant, ce qui fait prédominer les tubercules postérieurs.
» Chez les ruminans et les rongeurs , le sillon se porte en arrière , et alors ce sont les tubercules antérieurs qui prédominent sur les postérieurs.
» Dans certains encéphales de l'embryon humain et des mammifères , les tubercules restent jumeaux, ce qui rapproche ces encéphales de celui des poissons et des reptiles.
• Observons que, primitivement, les tubercules quadrijumeaux de l'homme et des mammifères sont creux comme chez les oiseaux ^ les reptiles et les poissons. Remarquons aussi que l'oblitération de leur cavité s'opère comme l'oblitération de la
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moelle épinière, c'est-à-dire par la déposition de couches de matière grise , sécrétée par la pie-mère qui s'introduit dans leur intérieur.
» Les tubercules quadrijumeaux sont développés, dans toutes les classes et les familles de la même classe , en raison directe du volume des nerfs optiques «t des yeux.
» Les poissons ont les tubercules quadrijumeaux les plus volumineux , les nerfs optiques et les yeux les plus prononcés.
» Après les poissons viennent, en général , les reptiles , pour le volume des yeux , des nerfs optiques et des tubercules quadrijumeaux.
«Les oiseaux sont également remarquables par le développement de leurs yeux ; ils le sont aussi par le volume de leurs nerfs optiques et des tubercules quadrijumeaux.
» Chez les mammifères , les yeux , les nerfs optiques et les tubercules quadrijumeaux , vont toujours en décroissant des rongeurs aux ruminans , des ruminans aux carnassiers , aux quadrumanes et à l'homme , qui occupe , sous ce rapport, le bas de l'échelle animale.
» Comme les tubercules quadrijumeaux servent de base à la détermination des autres parties de l'encéphale, nous avons dû accumuler toutes les preuves qui s'y rapportent.
» Les poissons ayant des tubercules quadrijumeaux les plus volumineux , ont aussi les interpariétaux les plus prononcés.
» Après les poissons viennent les reptiles , puis les