ANATOMIE COMPAREE DU GERVKAU
cules quadri jumeaux , qui sont placés en avant. Le cervelet ( i ) et les tubercules quadrijumeaux (2) des poissons étant connus , cherchons la signification des deux lobes antérieurs de la perche (3), du merlan (4) et du brochet (5). Leur position , en avant des tubercules quadrijumeaux , nous indique que ce sont les hémisphères cérébraux : mais comment reconnaître cette analogie dans deux lobes si peu développés chez le brochet (6), et qui, chez la perche (7), égalent à peine le quart des tubercules quadrijumeaux? Depuis l'établissement du principe du balancement des organes , de M. Geoffroy Saint-Hilaire , ces rapports de volume , de petitesse ou de grandeur des organes , n'impliquent rien contre leur détermination ; chez ces deux poissons, les tubercules quadrijumeaux (8) ayant acquis de grandes dimensions , les lobes cérébraux ont nécessairement du être atrophiés (9). Chez le merlan, au contraire, les tubercules quadrijumeaux (10) ayant
(i) PI. I, Bg. i3, 14 et 17, n* 4, 2 et 3.
(2) PI. I, fig. 17, 14 et i3, n-'S, 5et5.
(3) PI. I, fig. 14, n" 4.
(4) PI. I, fig. i7,n»6.
(5) PI. I, fig. i3, n''4.
(6) PI. I, fig. i3,n»4.
(7) n. I,fig. 14, n- 4.
(6) PI. I,fig. i3et 14, n'3et3.
(9) PI. I, fig. i3et 14, n" 4 et 4.
(10) PI. I, fig, 17, n" 5.
ENCÉPHALE DES POISSONS. 2o3
diminué de volume , les hémisphères céréhraux ( i ) ont gagné ce que ceux-ci ont perdu. Le volume des lohes antérieurs dépasse de beaucoup celui des lobes postérieurs ; les rapports sont mieux établis que dans les poissons précédens.
Puisque nous avons pris les mammifères pour terme premier de nos comparaisons , trouveronsnous dans les hémisphères de leurs embryons quelque analogie avec ceux des poissons? En traversant la série de leurs métamorphoses, y a-t-il un moment où ils se rapprochent de la forme simple où nous les observons chez le brochet , la porche et le merlan? Pour saisir ce rapport, il suffit de rapprocher, comme nous l'avons fait, l'encéphale primitif des mammifères de celui des poissons , et de comparer des parties qui , à cette époque, sont analogues, je dirai même presque identiques.
Voyez l'encéphale de l'embryon humain de la cinquième semaine (2) : comme chez le brochet (5) et la perche (4), les tubercules quadrijumeaux (5) ont un volume double des lobes cérébraux (6) qui sont en avant; suivez leur développement, vous les trouvez déjà, au commencement du troisième
(i)Pl. I,fig. i7,n-G.
(2) PI. I, fig. 24, n" 5, 4 et 5.
(5) PI. I, fig. i5, n° 2, 5 et 4.
(4) PI. I, fig. 14, n"3ct4.
(5) PI. I.fig. a4, n"4.
(6) PI. I, fig. 34, n- 5.
mois (i) , plus développés que les tubercules qiiadrijumeaiix (2) qu'ils ont laissés en arrière ; ils sont alors dans la même proportion que nous leur observons chez le merlan (3) ; à la fin du troisième mois (4) et au quatrième (5) , ils prennent un accroissement si rapide, que leur analogie avec les lobes cérébraux des poissons disparaît complètement ; mais cette analogie a persisté pendant le deuxième et une partie du troisième mois de l'embryon humain : si vous supposez une maladie qui attaque l'embryon à cet âge et arrête les hémisphères à cette première période de la formation , le fœtus humain peut venir au moside avec un encéphale de poisson (6).
Chez l'embryon du mouton de la quatrième à la cinquième semaine (7) , chez le veau du commencement du deuxième mois (8) , vous trouvez que les hémisphères cérébraux sont formés, comme chez ces poissons, par deux petits lobes ovales (9) , situés immédiatement en avant des tubercules
(i) PI. I,fig. 25,n°9.
h) Uid.
(5) PI. I,fig. 17, n» 6.
(5) PI. II, fig. 72, n° 10, 14, 11 , 8 et 9
(6) PI. II,fig. G4,n°7.
(7) PI. I,fig. 19, n" 5, 4 et 5
(8) PI. I, 6g. 3;, n" 3, 4 et 5.
(f>) ri,I,fig. 19, n-5<
ENCÉPHALE DES POISSONS. 2o5
quadrijuiiieaux (i); comme sur le brochet cl la perche, vous observez que les tubercules quadrijumcaux sont plus volumineux que les lobes cérébraux : ils ont un tiers de moins que ces tubercules chez le mouton , et la moitié moins de volume chez le veau. Cette disproportion relafive des hémisphères cérébraux de certains poissons n'infirme donc en rien leur détermination , puisque nous la trouvons dans I état primitif de l'encéphale de l'embryon humain (2) , de celui du veau (v3) et du mouton (4). En général, plus on descend dans l'échelle des mammifères, plus on observe que leurs embryons persistent longtemps dans les formes primitives de l'encéphale , plus on trouve qu'ils ressemblent aux poissons : l'embryon des rongeurs, celui du lièvre, du lapin, du cochon dinde, ceux surtout des chauve-souris, sont remarquables et dignes d'être consultés sous ce rapport.
Des mammifères passez à l'embryon des oiseaux , l'analogie et les rapports de leurs tubercules quadrijumcaux (5) et de leurs lobes (6) avec ceux des poissons est frappante dès le troisième jour de
(1) PI. I, 6g. 27, a" 5.
(a) PI. I, fig. 24, n-4et5.
(3) PI. 1, fig. ig, n"3et4.
(4) PI. I, fig. 27, 4 et 5.
(5) PI. I,ûg. 5,n-7.
(6) PI. I, fig 3^ n« 8.
l'incubation; elle se conserve le quatrième (i), le sixième (2) et le neuvième jour ; elle persisterait même les quatorzième (3) , seizième (4) , dix-huitième (5) , et pendant toute l'incubation , si les tubercules ne se déplaçaient , et ne quittaient la Tace supérieure de l'encéphale pour venir se placer sur les côtés (6) et à la base du même organe (7).
Chez les reptiles le déplacement des tubercules quadrijumeaux n'a point lieu comme dans la classe précédente ; remarquez aussi combien leurs lobes cérébraux ressemblent â ceux des poissons (8), Cette homogénéité n'est pas seulement frappante chez les vipères (9) et les lézards (10) ; mais elle se conserve encore chez le caméléon (11), le crocodile (12), le tupinambis (i3), jusque sur la tortue de mer ( 1 4) 5 dont les hémisphères céré-
(I) PI. I, fig. 4, n°7et9, (a) PI. I, fig. 5, n»6et8.
(3) PI. I, fig. 8, n» 7 et 9.
(4) PI. Ijfig. 38, n» 8 et 10.
(5) PI. I, fig. 39, n" 8 et lo.
(6)P1. II,Cg. 4i,n-7.
(7) PI. II, fig. 40, n°7.
(8) PI. V, fig. ii3,n» 7.
(9) PI. V, fig 126, iSaet i33, n«7, 6, 7 et 8.
(10) PI. V, fig. 109, 1 10, n" 5, 10 et 1 1.
(II) PI. V, fig. m, n* 7.
(12) PI. V, fig. 116, n" 5.
(i5) PI. V, fig. ii4,n'9.
(14) PI. V, fig. 119, 11° 10.
ENCÉPHALE DBS POISSONS. 207
braux sont si développés. Tout se réunit donc pour donner à la détermination des lobes cérébraux de la perche (i), du brochet (2), du merlan (3) et des poissons osseux en général , une certitude anatomique. Ajoutez, pour dernier caractère , que chez les mammifères , les oiseaux , les reptiles Qjnos poissons, on voit se détacher le nerf olfactif de la partie antérieure des lobes cérébraux.
Si l'encéphale des poissons était identique dans toutes les familles comme chez les oiseaux (4) , s'il ne présentait que de légères variations de forme comme chez les reptiles (5), nos déterminations seraient arrêtées pour la face supérieure de l'encéphale des poissons et pour ses parties fondamentales; nous n'aurions plus qu'à en faire l'application à leurs diverses familles ; mais dans toute cette classe , l'encéphale éprouve des variations continuelles , qui , au premier aperçu , semblent devoir changer toutes ces déterminations. Cherchons néanmoins à les ramener à ce type commun ; tâchons , s'il est possible , de trouver dans les autres classes des modifications qui se rapprochent de celles des poissons , et qui nous montrent cette
(i) PI. I,fig. 14, n-4.
(îx) PI. I, Cg. i3,n'4.
(3) PI. I, fig. i7,n°6.
(4) Fêjez les PI. III et IV.
(5) Foyez la PI. V.
dernière classe soumise aux lois générales des vertébrés.
La principale variation de l'encéphale des poissons osseux est produite par l'addition d'une nouvelle paire de lobes (i) ajoutés à ceux que nous connaissons déjà. En procédant à leur examen d'arrière en avant , nous avons trouvé que la première paire était l'analogue des tubercules quadrijumeaux (2) , et la seconde, celle des hémisphères cérébraux des classes supérieures (3). Que ferons-nous de ces nouveaux lobes ? à quelle partie de l'encéphale des autres classes trouvons-nous à les comparer ?
Si chez les mammifères , les oiseaux et les reptiles, les hémisphères cérébraux ne se composaient constamment que de deux lobes , nul doute que nous n'aurions aucun terme de comparaison dans ces classes pour y ramener les nouveaux lobes de nos poissons. Nous aurions ici des organes de création nouvelle , qui s'écarteraient du plan général de la nature ; mais il n'en est pas ainsi. Sous le rapport des hémisphères cérébraux , les mammifères présetitent deux variations très-remaiquables : les uns ont une paiie de bulbes (4) plus ou moins volumineux, ajoutés à la partie antérieure des hémisphères (5) , les autres en sont
(i) PI. VII,f5g. i68,n°7.
(2) PI. VII, fig. i68, n<'4.
(3) PI. VII,fig. 168, n°(>.
(4) PI. I,fig. 22, n» 7.
(5) PI. II, fig. 56, n'y.
tout-à-fail privés. Je donne à ces bulbes le nom de lobule oH'aclif , parce qu'ils sont en rapport immédiat avec le nerf de l'olfaction , que son absence ou sa présence influent beaucoup sur les modifications des hémisphères cérébraux , ainsi que nous le dirons plus bas.
Si on considère l'embryon de l'un des mammifères doués d'un lobule olfactif très-prononcé , celui des didelphes, par exemple (1), on le trouve composé du cervelet en arrière (2) et de trois paires de lobes (5). La première, en partant du cervelet, correspond aux tubercules quadri jumeaux (4) ; la seconde, aux hémisphères cérébraux (5); et la troisième, au lobule olfactif (6). Les rapports des lobes olfactifs et des hémisphères présentent des variations selon l'époque à laquelle on observe les jeunes embryons : d'abord , ils sont très-volumineux relativement aux dimensions des hémisphères (7) ; puis ceux-ci augmentent de volume (8) et laissent beaucoup en arrière les lobes olfactifs (9). Chez les embryons des chauve-souris , ces derniers lobes sont énormes; chez le lapin, les lobes olfactifs sont également
(l)Pl. I,fig. 23.
(3) PI. I,fig. 22, n° 4.
(5) PI. I, fig. 3o, n° 5, 6 et y.
(4)Pl.I,fig. 33, n» 5.
(5) PI. I, âg. 22, n" 6; fig. 5o, n*6.
(6) PI. I , fig. 32 , D" 7 ; fig. 3o , n" 7.
(7) PI. I, fig. 33, n"6ei 7.
(8) PI. II, 6g. 55; fig. 54, n"5et7.
(9) PI. II, fig. 53; fig. 54, n» G et 8.
très-développés , observés aux vingtième (i), vingtcinquième (2) et trentième jours de leur formation (5). Chez les oiseaux, le bulbe olfactif (4) présente de très-grandes variétés ; tantôt il est caché sous la partie antérieure des hémisphères ; dans ce cas , il n'est pas visible en avant d'eux, ainsi qu'on le remarque chez la bondrée commune (5) , chez la cigogne (6) , l'autruche (7) ; d'autres fois , au contraire , il dépasse les hémisphères en avant , et il paraît alors , comme chez les mammifères , ajouté à leur partie antérieure : cet effet commence à être sensible chezles perroquets (8); il est très-prononcé chez le casoar (9), sous quelque face (10) que l'on considère son encéphale (i 1).
Chezles reptiles (12), les lobes olfactifs sont plus prononcés que chez les oiseaux ; c'est une paire de lobes ajoutés aux hémisphère» cérébraux, comme chez les mammifères ; tantôt ce lobe olfactif est
(i) PI. II, fig. 55, II* a.
(2) PI. ÏI, fig. 56, n" 7.
(3) PI. II, fig. 57,0" 5.
(4) PI. IV, fig. 96,11» i5.
(5) PI. IV, fig. 88, n" g.
(6) PI. IV, fig. io3, ix" la.
(7) PI. IV,fig. 97et98,n»iiet 14.
(8) PI. III, fig. 84, n» la.
(9) PI. III, fig. 77, n- 6.
(10) PI. III, fig- 78, n° 12.
(i 1) PL III , fig. 79 , n" 1 1 et 1 2. (la) PI. V,fig. 122, n» 16.
pédicule, comme on l'observe chez l'orvet (i), le lézard verl (i>), la vipère de roiUoinebleaii (5), la vipère hajè (4) : il est alors plus ou moins éloigné des lobes cérébraux ; d'autres fois ces lobes sont adossés aux hémisphères : c'est particulièrement le cas de la tortue franche (5) et de la grenouille. (6) Les rongeurs en général , le lapin (7) , les didelphes (i)) , le casoar (9) et le perroquet (10), chez les oiseaux , la plupart des reptiles , mais surtout la grenouille ( 1 1 ) et la tortue franche (12), ont donc six lobes en avant du cervelet, trois de chaque côté : deux en arrière , qui correspondent aux tubercules quadrijumeaux (i3) : deux au milieu, ce sont les hémisphères cérébraux (i4); deux en avant de ceux-ci, ce sont les lobes olfactifs. (i5)
(1) PI. V,fig. 109, n"8et9.
(2) PI. V , fig. 110, n" 1 1 et 12.
(3) PI. V, fig. 126, n» 8 et 9.
(4) PI. V, fig. i32, noBctg.
(5) PI. V,fig. ,19, n'ii.
(6) PI. 1, fig. 16, n* 5.
{7) PI. II , fig. 55 , 56 et 5; , ii« 5, 7 et 8.
(8) PI. ï, fig. 22; fig. 5o, n";; PI. II, fig. 53 et 5^ , n''4 , 5, 6, 6, 7 et 8.
(9) Pi. III, Cg. 77, n- 5 et 6.
(10) PI. III, Cg. 84, n»6, 11 et 12.
(11) PI. I,fig. 16, n" 3, 4 et 5.
(12) PI. V, fig. 119, n° 7, u et 14. (i3)Pl. V,fig. 119, n- 7.
(14) PI. V, fig. 119, n''i4.
(i5) PI. V, fig. ii9,i^Mi.
Cela déterininéjdans quelles conditions se trouvent les poissons osseux ( i ) qui ont six lobes en avant du cervelet ( 2 )? On le voit d e suite : ils correspondent aux mammifères , aux oiseaux et aux reptiles , doués de lobes olfactifs en avant des hémisphères cérébraux. Lanouvellepairedelobesajoutésen avant des hémisphères cérébraux des poissons , est donc l'analogue du bulbe olfactifdes trois autres classes. Chez le gronau(fr. lyra), les lobes olfactifs (3) sont peu développés; ils se trouvent dans une proportion peu différente de celle de certains rongeurs , ou de la tortue franche ; mais chez l'anguille (4) , ils ont acquis une dimension qui rend leur volume égal à celui des hémisphères cérébraux (5) etdes tubercules quadrijumeaux (6). Cette apparition de deux nouveauxlobes chezlegronau(7)etranguille(8),nechangedoncrien à nos déterminations précédentes. Nous avons toujoursle cervelet enarrièrechezle gronau (9) et les anguilliformes (10), deux premiers lobes en avant du cervelet , d'un volume considérable chez le gro- , ^
(i) PI. VU, fig. i55, n°6, 7et8. .
(2) PI. VII, fig. 168, n»4, 6 et 7.
(5) PI. VU, fig. i55, n°8.
(4) PI. VII, fig. 168, n- 7.
(5) PL VII, fig. 168, n-e.
(6) PI. VII, fig. 168, n°4.
(7) PI. VII, fig. i55, n»8.
(8) PI. VII, fig. 167, n- 7.
(9) PI. VII, fig. i55,n»5.
(10) PL VU, fig. i68,n'a3.
ENCÉPHALE DES POISSONS. 2l3
nau (i) , beaucoup plus prononces chez l'anguille (2) , ce sont les tubercules quadrijumeaux : deux lobes moyens en avant de ceux-ci , très-faibles chez le gronau (5) , égalant en volume les précédens chez l'anguille (4) ; ceux-ci correspondent aux hémisphères cérébraux. Enfin chez l'anguille (5) et le gronau (6) , nous avons en avant des hémisphères les deux lobes olfactifs.
Mais , dans ce dernier cas , ne pourrait-on pas objecter que la détermination des hémisphères cérébraux n'est qu'analogique ? Ne pourrait-on pas nous demander pourquoi nous ne donnons pas ce nom à la paire des lobes antérieurs (7)? Qui nous dira que les hémisphères cérébraux des poissons ne soiU pas la première paire de lobes qui suivent le cervelet (8)? Trouvons , s'il est possible , un caractère anatomique , qui , en détruisant ces objections , donne à nos déterminations une certitude rigoureuse.
Supposons , à cet effet, qu'on présente la même objection pour la détermination de l'encéphale d'un embryon de rongeur doué des lobes olfac-
(i) PI. VII, 6g. 1.55, n'6.
(a) PI. VII, flg. 168, n» 4.
(5) PI. VII, Gg. i55, n'7.
(/j) PI. VII, Gg. 168, nM3.
(5) PI. VII, fig. 1G8, n" 7.
(6) PI. VII, fig. i55, n'8.
(7) PI. VII, fig. i55et i68, n" 7 et 8.
(8) PI. VII, fig. i55ct 168, n'/î etc.
2l4 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
tifs (i). D'après quels caractères classerons-nous les trois paires de lobes qui se rencontrent en avant du cervelet (2)? A quel signe reconnaîtrons-nous les hémisphères et les distinguerons - nous des autres lobes (3)? Il en est un caractéristique chez l'embryon de l'homme, et chez ceux des singes , des carnassiers et des ruminans : c'est la glande pinéale ( épiphyse cérébrale ) , et la position respective qu'elle vient occuper entre ces différens lobes.
A la fin du deuxième mois chez l'embryon du mouton et du cochon , à la fin du troisième chez le veau , au commencement, du quatrième chez le cheval , au milieu du même mois chezl'embry on humain, laglandepinéale (4) vientseplacerenavamtdes lobes optiques , ou tubercules quadrijumeaux (5), en arrière des hémisphères cérébraux (6). Cette position est de peu d'importance chez ces animaux ; elle le devient beaucoup , pour le point qui nous occupe , chez les rongeurs. Dans le lapin , par exemple, on voit cette glande se placer sur le tiers postérieur de la face supérieure de l'encéphale (7) ; derrière elle se trouvent les deux lobes
(1) PI. I, fig. 27, a" 5 eL 7.
(2) Pi. I , fig. 21, n" 7, 6 et 5, (5) PI. I , fig 21, n" 6.
(4) PI. II,fig. 74, n» 2.
(5) PI. II,fig. 74, n" 3.
(6) PI. II, fig. 70, n"4,, 5 el6.
(7) PI. Il, fig. 56, n"8.
ENCÉPHALE DES POISSONS. 2l5
des tubercules quadrijumeaux (i); en devant sont places les hémisphères cérébraux (2) ; plus en avant encore , on rencontre les lobes olfactifs (5) ; chez l'embryon des didelphes , cette position est la même (4) : elle assigne la détermination rigoureuse des tubercules (5) , des hémisphères (6) et des lobes olfactifs (7).
Ce que nous avons supposé chez les rongeurs , est l'état réel de certains reptiles , notamment de la grenouille (8) , du crapaud et de la tortue franche (9). Comme chez les poissons, nous leur trouvons trois paires de lobes ( 10), et nous sommes dans la même incertitude relativement à leur signification. Comment faire cesser ce doute? Comment assigner les caractères de chaque paire? Ainsi que chez les rongeurs , les didelphes et les chauve-souris , c'est évidemment la présence de l'épiphyse cérébrale (glande pinéale). Ce corps venant se placer chez les reptiles ( 1 1 ) , de même que
(i) PI. II,fig. 56, n-S.
(2) PI. II, fig. 56, n-6 (5) PI. II,fig. 56, n»7.
(4) PI. II, fig 54, n» 9.
(5) PI. II, flg. 54, n»6.
(6) PI. II,Gs. 54, n- 7.
(7) PI. II,fig. 54,n"8.
(8) PI. I, fig. 16, n" 2, 4 et 5.
(9) PI. V, fig. 119, n°7, i4ct n.
(10) PI. I, fig. 16, n" 2, 4 et 5.
(11) PI. I, fig. 16, n'3.