‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 90 sur 109 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Àp^ylicadon des principes de la névrogénie aux nerfs pneumo - gastrique , accessoire de JVillis , grand sympathique ; et aux anormo-génies.

Iiserait trop long de déduire présentement toutes les conséquences qui dérivent de cette manière nouvelle d'envisager la névrogénie dans ses rapports avec l'angiogénie et l'hématogénie. Ce que j ai dit du système nerveux est applicable à tous îe3 autres sjstèmes de l'organisation. Les mêmes lois, les mêmes principes président à leur formation et à leur développement ; leurs rapports sont soumis aux mêmes règles. Mais ce n'est pas ici le lieu de présenter l'ensemble des lois générales de la zoogénie.

Toutefois une loi générale doit embrasser tous les faits qui sont sous sa dépendance , soit que le développement de ces faits s'opère d'une manière régulière , soit qu'il s'effectue d'une manière insolite ou irrégulière. Dans les chapitres précédens, j'ai puisé les preuves de la névrogénie , spécialement dans les formations régulières des animaux ; je vais les emprunter, dans celui-ci, aux formations anomales , dont les produits ont été jusqu'à ce moment rejetés hors du domaine du règne animal , à cause

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do l'imperreclion de nos «'oniiaissancos <;t do Vcnseniblo bizarre des systèmes imagiiic'îs pour (îxpliquor la génoralion dos monstres.

Primitivement on ne trouve ni le nerf pneumogastrique, nj le glosso-pharyngicn , ni l'accessoin; de VVilIis , ni le grand hypoglosse , sur les parties latérales du bulbe rachidicn. Si on examine cette partie sur les jeunes embryons des mammifères, des oiseaux et des reptiles, on voit que ces nerfs ne pénètrent pas dans la cavité du crâne; on ne peut conséquemment les rencontrer sur les points où plus tard ils viennent s'insérer. Leur arrivée sur la nioelle allongée s'effectue en général à la même époque que celle du nerf auditif <'t du facial ; quelquefois leur insertion est plus précoce , jamais elle n'est plus tardive. L'époque de l'insertion de la septième paire nous donne donc d'une manière assez précise ceux de ces différons nerfs. J'ai rencontré la huitième paire à la huitième semaine de l'embryon humain , à la septième de l'embryon du mouton , aux huitième et neuvième de ceux du cheval et du veau. *

La conclusion générale de ces faits , c'est que ces nerfs ne proviennent pas de la moelle allongée , que cette partie n'est ni leur point d'origine, ni même leur point de départ. Ils indiquent au contraire que leur formation a lieu dans les organes auxquçls ils se distribuent, pour me servir encore du langage ordinaire; que ces organes sont leurs véritables racines , d'où ils sg portent ensuite à la uioello

l['jC> ANATOMIK COMPARÉE DU CERVEAU,

allongée, qui est leur point de terminaison. Or cette proposition va recevoir le dernier sceau d'e l'évidence par la considération des êtres anomaux. IXous allons voir ces nerfs tout-à-fait indépendans de la masse encéphalique ; nous allons les observer, lorsqu'il n'y a encore aucune trace de cet organe , lors même qu'il n'existera aucun vestige de la tête et de toute la région cervicale. On jugera ensuite s'il y a en anatomie une proposition mieux fondée que la loi générale de névrogénie que j'ai déduite de l'ensemble de tous ces faits. ,

Soit un fœtus anencéphale: si vous disséquez le cœur , le poumon , le larynx, l'estomac , vous rencontrez sur toutes ces parties le nerf pneumogastrique ; si vous disséquez le pharynx et la langue, vous rencontrez le nerf hypoglosse , et le glossopharyngien ; vou3 rencontrez également l'accessoire de Willis dans les muscles où il pénètre ordinairement. L'encéphale manque complètement: donc cet organe est étranger à la production de tous ces nerfs.

Mais on pourrait objecter que dans ces cas le cerveau a existé primili\iement , et qu'une maladie en a produit la destruction à une époquepostérieure à la formation de ces nerfs. Adoptons cette supposition , quoiqu'elle soit entièrement dénuée de fondement , et choisissons des fœtus complètement acéphales. Dans ceux-ci , la tête manquant complètement , on ne pourra supposer, je pense, que l'encéphale ait existé. Dans

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quelle coiidilioii se trouveront les nerfs qui nous occupent chez ces monstres? Si ces nerfs se forment dans les organes, nous devons les rencontrer toutes les fois que ces organes se seront développés ; s'ils se forment au contraire dans la masse encéphalique , lecerveau et la tête manquant, nous ne devrons en rencontrer aucun vestige. Sur un fœtus humain du cinquième au sixième mois de la vie utérine , la tète manquait ; audessus de la poitrine , il y avait un renflement recourbé, formé par cinq vertèbres cervicales imparfaitement développées. En examinant les viscères renfermés dans l'abdomen et le thorax , je rencontrai la portion du nerf pneumo-gastriquc , qui se contourne autour de la partie antérieure de l'œsophage; j<; rencontrai la partie qui se distribue dans les poumons ; le c<Eur , qui ne formait qu'un large vaisseau transversal , m'ofirit également les nerfs cardiaques ; je trouvai le nerf récurrent et le laryngé supérieur très-grêles , le larynx étant très-imparfaitement développé. Sur un embryon monstrueux de chat , je fis la même observation ; je la réitérai sur des embryons de lapin , de brebis , et sur un oiseau , avec des modifications qu'il est hors de mon sujet de relater.

Sur un embryon humain sans tète , sans région cervicale , réduit à la poitrine et à l'abdomen avec les membres supérieurs et inférieurs (i) ,

(i) Cic fœlu; cjt <lt'j)')S(j dans le cabinet d'analomic coni-

le cœur formait un bulbe imparfait comme chez le précédent , les poumons étaient moins parfaitement développés , l'estomac et le canal intestinal différaient peu de leur état ordinaire. Je trouvai chez cet acéphale les nerfs pneumo-gastriques autour de l'œsophage, et sur l'extrémité supérieure de l'estomac , je trouvai les branches qui se distribuent aux poumons ; quelques rameaux se portaient sur le bulbe qui remplaçait le cœur, et accompagnaient les artères axillaires.

Dans ce dernier cas , nous trouvons la partie inférieure des nerfs pneumo-gastriques formée sans l'intervention de l'encéphale , qui n'existait pas et ne pouvait exister , le fœtus étant dépourvu de la tête et de toutQ la région cervicale. Dans les preiuiers acéphales , indépendamment de cette partie du nerf, nous trouvons , en outre , les nerfs laryngés, c'est-à-dire , que nous trouvons le nerf développé toutes les fois que les organes où il se forme existent. Gomment concevoir l'existence de ces nerfs , si on suppose que ses racines sont dans l'encéphale?

Tous les faits normaux et anormaux sont inconciliables avec cette dernière hypothèse. Voilà des nerfs pneumo-gastriques formés sans cerveau chez les acéphales ;. qu'arrivera-t-il dans les monstres

parée du Jardin du Roi ; j'en dois la communication à la bienveillance de M. le baron Cuvier, dont la libéralité est connue de tous les anatomistes de l'Europe,

NERF r.M'UMO-GASTUIyi K. »;0

bicéphales à un seul Ironc , et dans les monstres monocéj)hales à deux troncs?

Sur un monstre humain bicéphale, dont les têtes étaient unies latéralement par la jonction des deuxièmes vertèbres cervicales , il n'y avait qu'un larynx et qu'un col : les viscères thoraciques n'offraient rien de particulier. Il existait deux encéphales distincts parfaitemewt réguliers. Je m'attendais à rencontrer quatre nerfs pneumo -gastriques , deux pour chaque encéphale ; ainsi le disaient les opinions reçues. Il n'y en avait que deux , un pour chaque cerveau. Chacun de ces nerfs partait delà partie latérale externe de chaque moelle allongée , et suivait sa direction et sa distribution habituelles. Du côté interne , par lequel les têtes étaient adossées , il n'existait aucun vestige du nerf. Ce fait est d'autant plus remarquable, que je reconnus dans chaque encéphale le glossopharyngien et l'hypoglosse sur latnême face où manquait le nerf pneumo-gastrique.

Sur un fœtus bicéphale de mouton, les deux têtes se séparaient au niveau de la sixième vertèbre cervicale; avec les deux têtes tout-à-fait isolées , coïncidaient deux larynx parfaitement développés , réunis en bas à ime trachée-artère unique, qui se divisait dans la poitrine à sa manière accoutumée. Dans la poitrine , le nerf pneumo-gastrique était imique ; mais à sa sortie on trouvait quatre nerfs récurrens, quatre nerfs laryngés supérieurs , deux pour chaque tête , et quatre nerfs pncumo-gas

triques, deux de chaque côté, à partir du niveau de la sixième vertèbre cervicale. Les deux nerfs allaient s'insérer sur chaque encéphale à leur manière accoutumée. Chose remarquable ! il y avait deux cols , deux larynx et deux nerfs pneumogastriques dans la région cervicale seulement ; mais un fait plus remarquable encore, c'est que tous les nerfs cervicaux manquaient dans chaque moelle épinière , du oôté par lequel les cols étaient en rapport. Il serait inutile de faire observer que les extrémités supérieures n'élant pas doublées , les nerfs ne devaient pas l'être également , si ce fait n'était un des plus concluans pour notre loi générale de névrogénie. Il n'y avait qu'un diaphragme entre la poitrine et l'abdomen ; il n'y avait aussi qu'un nerf diaphragmatique à chaque * col, situé à son côté externe. Du côté interne, il n'existait nul vestige de ce nerf, ce qui coïncidait avec l'absence des nerfs cervicaux et des doubles membres supérieurs.

Un fœtus humain , faisant partie de la collection du Muséum d'histoire naturelle au Jardin du Roi, m'offrit une semblable disposition , à l'exception des nerfs récurrens, les deux larynx étant réunis. Du reste , absence des nerfs cervicaux du côté interne ; absence des nerfs diaphragmatiques du même côté.

Chez un monstre bicéphale de chevreau , les deux têtes étaient séparées , les cols étaient réunis par la septième vertèbre cervicale ; il y avait deux larynx , deux trachées artères pé-

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iK^trant toutes Icsdoux, sans se réunir, dans chaque côté de la poitrine. La cavité pectorale était unique, mais beaucoup plus large que de i outume ; dans chaque côté , on trouvait un poumon très-volumineux , formé de cinq lobes de chaque côté ; à la racine de ces poumons , chaque trachée-artère se divisait en deux branches principales , puis en deux autres branches secondaires , ce qui indiquait l'existence de deux poumons réunis de chaque côté de la poitrine ; il y avait un cœur unique offrant dans les vaisseaux qui en sortaient des dispositions si remarquables et si inattendues dans l'état actuel de nos* connaissances, que je crois important de les faire connaître succinctement , afin que l'on puisse concevoir les principes généraux de zoogénie , dont cet ouvrage est une continuelle application. Je vais exposer auparavant ce qui a rapport à la partie du système nerveux qui nous occupe.

11 existait deux larynx , deux Irachécs-artères non réunies , et deux poumons réunis dans chaque côté de la poitrine ; il devait donc y avoir quatre nerfs pneumo-gastriques , deux pour chaque col et pour chaque paire de poumons logés des deux côtés du thorax.

Les quatre nerfs pneumo-gastriques existaient en elfet : leur insertion sur les parties latérales de chaque moelle allongée , et leur position sur la partie antérieure de chaque col, étaient les mêmes que dans l'état ordinaire : le nerf externe du col

droit, placé à côte de la carotide primitive, correspondait à la base du col , au côté externe du tronc carotidien, passait ensuite derrière Tartère axillaire, et s'enfonçait sous les poumons du même côté. Le nerf interne de la tête droite , côtoyant la trachée-artère , était situé d'abord sous la veine jugulaire gauche, puis derrière une portion du poumon droit qui débordait la poitrine ; il s'enfonçait ensuite dans le thorax en passant au-dessous de l'oreillette droite du cœur , à laquelle il envoyait un rameau assez considérable.

Le nerf pneumo-gastrique externe du col gauche descendait au côté externe de la trachée-artère ; parvenu au haut de la poitrine, il se plaçait en avant de l'artèrë-axillaire, dont il croisait la direction ; et arrivé auprès d'un tronc veineux insolite que je décrirai plus bas , il s'enfonçait dans la cavité pectorale.

Le nerf pneumo-gastrique interne de la tête gauche , situé plus profondément que l'externe , se plaçait derrière le tronc carotidien , et à côté de l'œsophage , avec lequel il pénétrait dans la cavité pectorale. Ges nerfs se distribuaient ensuite dans les poumons; les internes fournissaient seuls les branches qui allaient former les nerfs et les plexus cardiaques. Voici la manière dont ces nerfs se terminaient en pénétrant dans l'abdomen. Les deux pneumo-gastriques du côté droit, convergeant l'un vers l'autre, environnaient l'œsophage droit , formaient sur sa partie antérieure un angle très-

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ouvert, s'adossaient l'un à l'autre , et pénétraient avec lui dansTabdomen: des deux gauehes l'interne était caché par l'œsophage jjauche; l'externe, d'ahord recouvert par un canal veineux insolite , se plaçait ensuite entre l'aorte pectorale et l'œsophage , et pénétrait avec lui dans la cavité abdominale.

Il y avait donc chez ce bicéphale deux trachées artères, quatre poumons, deux œsophages qui se rendaient dans le premier estomac du chevreau (rumen) , en passant par la même ouverture diaphragmaliqne; il y avait et il devait y avoir quatre nerfs pneumo-gastriques complets, à l'exception des nerfs cardiaques. Pourquoi cette exception? ai-^e besoin de le dire? puisque le cœur était unique, il ne devait et ne pouvait y avoir qu'un nerf cardiaque de chaque côté. Ainsi aux organes doubles correspondaient des doubles nerfs , et aux organes simples , des nerfs qui ne différaient pas de l'état normal. De ce nombre étaient aussi les nerfs diaphragmatiques. Il n'existait qu'un diaphragme , dont l'ouverture postérieure était plus dilatée qu'à l'ordinaire jpour laisser passer les deux œsophages. 11 n'y avait , comme chez les monstres précédons, qu'un nerf diaphragmatique de chaque côté , situés à la partie externe de chaque col. Ils manquaient complètement du côté interne. Chaque tête envoyait ainsi à ce muscle la moitié de ses nerfs. Tous les nerfs cervicaux de la moelle épinière manquaient également du côté interne ,

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ce qui coïncidait avec l'absence des membres supérieurs de ce même côté.

Je laisse les anatomistes tirer les conclusions de ces faits pour apprécier la Certitude de ma loi générale de névrogénie , et l'incertitude de l'ancienne hypothèse , qui faisait naître les nerfs de l'encéphale. Je vais exposer l'état du système sanguin , pour montrer , d'une part , ses rapports avec le système nerveux , et de l'auire, pour faire apprécier son influence sur la génération des monstres, influence tout-à-fait méconnue, parce que jusqu'à ce jour leur système sanguin a été complètement négligé.

Ouvrez les livres qui traitent des monstruosités animales : que de systèmes , que d'hypothèses , que d'efforts d'imagination pour remplacer une erreur par une erreur souvent plus grossière ( j ) I Avec toutes les suppositions que l'on s'est permises, cette partie de la science est devenue plus monstrueuse que les monstres qu'elle s'efforce en vain d'expliquer. Ouvrez au contraire ces êtres anomaux , étudiez leur organisation , et surtout leur système sanguin : vous v trouverez la cause des effets qui ne nous surprennent que parce que

(ij Je n'ai pas besoin d'excepter de cette catégorie le deuxième volume de la Philosophie anatomique, appliquée à l'étude des monstres. C'est le premier ouvrage où l'on ait présenté des idées positives sur ces êtres , en cherchant à les ramener i la formation régulière de leurs espèces.

NERF VNFAMO-r.ASTRIOUE. /|'-y

nous igfnorons les lois générales de la zoogéiiie. J'ai <léjà fait dans un autre ouvrage? l'application de ce principe au\ hypogénésies (i) ou aux monstres par défaut. J'ai montré que l'atrophie ou l'absence des organes qui leur manquent, avait sa cause dans l'atrophie ou l'absence des artères qui leur sont <iestinées dans l'état normal. On n'a pu rejeter ces faits, parce que des faits ne peuvent être récusés ; mais on a dit que le principe que j'établissais ne saurait expliquer les monstres par excès, ou les hypergénésies. Je vais répondre par les faits à cette allégation, choisissant de préférence l'espèce de monstre la plus compliquée, afin d'embrasser les monstruosités les plus simples et les plus composées dans la même loi de formation , et d'établir la généralité des principes de cet ouvrage.

A l'aspect d'un monstre aussi compliqué que le bicéphale dont je viens de faire connaître en partie le système nerveux, l'imagination la plus riche ne saurait lui adapter l'un des nombreux systèmes que l'on a tour-à-tour adoptés et rejetés. Ces deux têtes , ces deux cols , ces quatre poumons appartenaient à un être qui était simple dans tout le reste de son organisation. Cet être n'avait qu'un

(i) Bulletin fie la Société médieale d' émulation , septembre 1821. M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire a fait l'application de ce principe aux monstres podencéphales ; M. le professeur Rolando eu a fait de son côté une très-heureuse application à la lliéorir du ciétinismc.

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seul cœur. Comment ce cœur avait-il pu suffire au double développement de sa partie supérieure? Comment se faisait la circulation des deux têtes et des deux cols? Quels étaient les organes nouveaux que la nature avait créés pour ses nouveaux besoins? Telles sont les questions physiologiques que nous allons chercher à résoudre.

L'examen du cœur et des vaisseaux qui en provenaient ou qui s'y rendaient va en donner la solution. Le cœur était unique , ainsi que Je l'ai établi pour tous les bicéphales mono-sternes ; il était grand proportionnellement à la partie inférieure du corps , suspendu par ses vaisseaux au milieu de la poitrine. Sa pointe reposait sur le diaphragme , comme cela a lieu chez la plupart des mammifères ; sa structure propre n'offrait rien de particulier, quoique les vaisseaux qui en sortaient offrissent des singularités très -remarquables.

L'artère aorte , naissant du ventricule gauche du cœur , s'élevait du milieu de sa base ; bientôt elle s'infléchissait à gauche , passant au-devant de la trachée-artère et de l'œsophage de ce côté , et au côté du sinus veineiix; elle correspondait ensuite aux vertèbres cervicales inférieures du côté gauche ; et placée ensuite à leur côté externe , elle s'enfonçait derrière le poumon.

Les principales artères étaient aussi singulières qu'admirables par leur distribution , si essentiellement adaptée aux particularités de cet

rçtp.K l'M'UMo-nAsrr.ioi e. 48»

animal , qu'elle excitait une vcTÎtable admiration.

Le grand arc aortique que nous avons pr(!'C(''dcmmcnt décrit produisait deux troncs : l'un, l'artère carotide gauche ; l'autre , qu'on peut nommer l'artère axillaire gauche , recevant entre eux et à leur partie antérieure l'insertion du canal artériel.

Le tronc carotidien né de la partie supérieure de l'arc de l'aorte , s'élevant sur le côté gauche de la trachée-artère à laquelle il correspondait , gagnait peu-à-peu sa partie antérieure , et , parvenu à-peu-près au milieu de sa hauteur , il se divisait en drux branches, l'une droite, l'autre gauche, qui représentaient les carotides primitives , se portaient de l'un et de l'autre côté de la trachée artère vers la tête > et , parvenues au niveau de la partie supérieure du larynx , se divisaient en carotides interne et externe ; cette division ressemblait à celle des veines jugulaires que nous verrons plus bas. L'artère axillaire gauche se détachait de l'arc de l'aorte après l'insertion du canal artériel , et se portait comme de coutume vers la patte antérieure , où elle se distribuait comme à l'ordinaire.

L'origine des artères de l'autre col et de l'autre tête était plus singulière encore ; car au moment où la trachée-artère avait pénétré dans la cavité de la poitrine , on voyait un tronc artériel très-volumineux, se dégageant de derrièreïle pou- 1. 5i

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