‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrésChapitre 40 sur 50 · PI. IX, 218, F · texte numérisé non relu

PI. IX, 218, F

(7) PI. IX, fig. 207, F.

(8) PI. IX, fig. 2066! 2 1 5.

Mais le lobule de l'hippocampe gagne tout ce que perd le lobule sphénoïdal ; son accroissement est lié à celui du système de la voûte : aussi voyezvous, à mesure que ce lobule s'accroît, le corps frangé se déplisser et s'étendre, d'abord en partie chez les carnassiers et les ruminans, puis en totalité chez les rongeurs ; de même , vous voyez aussi la voûte proprement dite recouvrir à peine la couche optique chez les quadrumanes, la cacher en totalité chez les carnassiers et les ruminans, et atteindre chez les rongeurs le corps strié , dont elle couvre de plus la partie postérieure. Ainsi toutes les parties se lient et s'enchaînent dans les lobes cérébraux des mammifères adultes ; les grandes variations qu'ils nous présentent dans les diverses familles, et qui, au premier aperçu nous effraient par leur complication , se réduisent donc en dernière analyse à la discordance de développement , ou à l'antagonisme de deux de ses lobules , le lobule sphénoïdal et le lobule de l'hippocampe. Et remarquez que la position de ces lobules est à la base de l'hémisphère, tandis que le lobule médian et les hémisphères du cervelet qui commandent ce dernier, sont sur la face supérieure ; observez de plus que la grande commissure des hémisphères du cervelet occupe la base de l'eilcéphale , et celle du lobule sphénoïdal la partie supérieure; vous concevrez ainsi la pensée que j'ai exprimée en disant que les parties principîiUs du cervelet rt des lobes cérébraux

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étaient renversées dans leur position , et que les données que nous fournissait la partie supérieure de l'un de ces organes , nous étaient fournies par la base de l'autre. C'est ià ce qui est , et il faut bien le dire, que cela blesse ou ne blesse pas les idées préconçues de nos devanciers : car, en dernier résultat , il ne reste dans les sciences que ce qui se trouve réellement dans la nature.

Cette retraite antérieure et postérieure du lobe cérébral des mammifères influe d'une manière différente sur son grand ventricule. Diminuez l'épaisseur des couches qui forment le lobule antérieur de l'homme, des quadrumanes et des carnassiers, en même temps qu'il se raccourcit , vous verrez sa base se rapprocher de plus en plus de l'anse antérieure du ventricule latéral; et comme le pédicule olfactif occupe cette base , vous le verrez marcher de plus en plus aussi vers la corne antérieure du même ventricule. Or , en se développant , le pédicule olfactif se creuse d'un petit canal ; il arrive donc un moment où ces deux cavités doivent s'aboucher , s'unir et se confondre : c'est ce qui doit être, d'après la disposition des parties , et c'est ce qui est ; car déjà chez quelques carnassiers on distingue un petit hiatus en avant de l'anse antérieure du ventricule latéral, hiatus qui -conduit dans le canal du pédicule. Ce hiatus s'ouvre de plus en plus chez les pachydermes et les ruminans; et enfin chez les rongeurs et les chauve-soUris , c'est un canal 'continu

ET LOBE OLFACTIF. SSj

qui, de la corne antérieure du ventricule, se prolonge dans le canal du pédicule jusqu'à la cavité du lobe olfactif. C'est la reproduction de ce que nous ont oIFert les embryons ùvs mammifères supérieurs; chez ces derniers, cette communication s'clFace par un mécanisme inverse de celui qui la rétablit chez les mammifères inférieurs.

Maintenant , en arrière du lobe cérébral , avec la manireslalion du lobule postérieur^ vous verrez apparaître chez les mammifères qui en sont doués une troisième anse dans le ventricule latéral. Cette anse, ou la corne postérieure, sera donc soumise pour son existence et son étendue à l'existence et au volume du lobule postérieur. Aussi est-elle plus étendue chez l'homme que chez les quadrumanes, et la voit-on diminuer rigoureusement chez ceux-ci comme le volume du lobule postérieur. Chez les phoques , l'anse postérieure est encore très-prononcée , ainsi que le lobule ; chc z le marsouin et le dauphin il n'y en a pas le moindre vestige, de même que chez les carnassiers et les runiinans. Chez les embryons des quadrumanes il n'y a également pas de traceà de la corne postérieure avant l'apparition du lobule postérieur. En suivant chez eux la marche de la corne antérieure et de la postérieure, on observe que la première se rétrécit à mesure que la seconde se dilate; la capacité du ventricule gagne en arrière ce qu'elle semble perdre en avant : enfin c'est lorsque la corne postérieure a arrêté son dévelop-

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pement que l'antérieure perd définitivement sa communication avec le lobe olfactif. Observez maintenant que tous les mammifères chez lesquels cette communication existe sont privés de la corne postérieure.

De l'intérieur du lobe cérébral des mammifères, revenons à sa surface extérieure pour apprécier les variations opérées parla présence ou par l'absence des circonvolutions. Leur but évident est , comme nous l'avons déjà observé, de multiplier l'étendue de la surface du lobe; elles manquent chez les mammifères inférieurs, de même que chez les poissons , les reptiles et les oiseaux ; leur absence coïncide avec l'atrophie du lobule sphénoïdal et le grand développement du lobule de l'hippocampe.

Sous ce rapport , les circonvolutions les plus étendues sont celles de l'homme ; viennent ensuite celles des singes (i), des phoques (2) et des cétacés (3). Parmi les carnassiers elles vont en diminuant du lion (4) au loup , au renard , au chien , à la loutre (5), à la marte (6) , à la fouine; elles décroissent chez les ruminans , du chameau (7) , du

(1) PI. VIII, fig. 194, 196, 197 et 199. (a) PI. IX, fig. 209.

(3) PI. XI, fig. 225.

(4) PI. XV, fig. 264 et 266.

(5) PI. X , fig. 220.

(6) PI. XV, fig. 278.

(7) PI. XIII, fig. 248 et 249.

ET LOBE OLFACTIF. bSg

bœuf, du lama (i) au cerf, au mouton (2), au bouc ; enfin elles s'effacent d'une manière presque insensible chez le kanguroo géant (5) , le porcépic (4) , les édcntés (5) , le castor [Q) , le lapin (7) , la taupe (8) , l'agouti (9) , la marmotte (10) et les chauve-souris (11). On voit d'après ce tableau que les circonvolutions sont développées en raison directe du lobule sphénoïdal , et inverse du lobule de l'hippocampe.

Les mammifères se distinguent entre eux par la symétrie ou la non-symétrie des circonvolutions. Les circonvolutions sont symétriques d'abord chez les mammifères où elles sont les plus faibles , comme on le voit chez l'agouti, la taupe , l'unau, le porc-épic , le castor , le kanguroo géant; elles sont au contraire tout-à-fait dissimilaires d'un lobe à l'autre chez l'homme , le phoque et les cétacés ; et , chose remarquable , elles affectent

(I) PI. XVI, fig. 294 et agS.

{u) PI. X, fig. 221.

(3) PI. XIII, fig. 25o; pi. XVI, fig. 399.

(4) PI. XIII, fig. 25iet25a.

(5) PI. XI, fig. 229, n" 4, 5, I et a.

(6) PI. XIV, fig. 258 et 265.

(7) PI. II, fig. 57, n" 6 et 7.

(8) PI. XIV, fig. a56, K, N.

(9) PI. IX, fig, 218, E,N.

(10) PI. IX, fig. Î07, E, N.

(II) PI. IX, fig. ao4, 206. 214 tit 2i5.

55o HÉMISPHÈRES CÉRÉBRADX

une similitude presque parfaite chez les singes plates entre ces derniers mammifères.

Pour décider cette question à laquelle les idées de Willis renouvelées de nos jours par MM. Gall et Spnrzheim donnent une certaine importance, il est nécessaire de considérer les circonvolutions sur la face supérieure du lobe , sur sa base et sur ses côtés ; nous trouverons par cet examen que beaucoup de mammifères ont certaines circonvolutions similaires , et d'autres non -similaires. Remarquons en premier lieu que sur la base du lobe antérieur, la circonvolution qui loge dans sa goultière k- pédicule olfactif, est similaire chez tous les mammifères, des quadrumanes aux rongeurs; de plus observons qu'elle s'élargit en raison directe du développement de ce pédicule , des rongeurs aux quadrumanes, et qu'en s'élargissant, elle se déplisse , ce qui fait que son anfractuosité devient dé moins en moins profonde. Suivons le même rapport sur le lobule de l'hippocampe, et nous trouverons que les circonvolutions s'effacent à mesure qu'il grandijt : l'effet général du développement de ce lobule et du pédicule olfactif est donc de déplisser la base de l'encéphale , et de la rendre de plus en plus lisse et unie, comme on le voit des singes aux carnassiers, aux raminans, et sur-tout, chez les rongeurs, du castor et du porc-épic à l'agouti et à la marmotte. Si ce que nous avons dit de l'antagonisme du lobule sphénoîdal et du lobule de l'hip'

ET r.t.151. iJll A( TIK. 5^1

pocainpe est exact , les circonvolutions de la base devront s'accroître en raison directe du développenient du premier de ces lobules. Remontez la série des mammifères que nous venons de descendre, et vous verrez se confirmer encore l'exactitude de cette proposition.

Chez l'homme, le phoque (i), les cétacés (i) et le cheval (3) , les circonvolutions sont dissimilaires sur toute la périphérie du lobe cérébral. Chez les singes, la similitude des circonvolutions n'est parfaite que sur les faces supérieure et latérale; sur la base elles sont dissimilaires (4). Chez les carnassiers , les circonvolutions supérieures sont symétriques et parallèles; chez le lion (5), le tigre, la panthère , le chat , le renard, le loup , la genette et les mangoustes , ces circonvolutions s'étendent sur toute la surface du lobe; chez la marte (6) , la fouine , le coati et le blaireau , le parallélisme de ces circonvolutions est interrompu par une circonvolution transversale, qui se place, tantôt en avant , comme chez la marte (7) , tantôt au milieu , comme chez le raton (8), tantôt en

(i) PI. III, Ci^. 209, M, N , D, Gj ûg. 208, D, S, B,C. (2) PI. XI, fig. a25, L, K^ pi. XII, Cg. 204, F, R, M. (5) PI. XV, f.g. -4, D,E, 0,G;f]g. 276, C, G.

(4) Pi. VIII, fig. 194, D, G, F; fig. 197, P, G, E.

(5) PI. XIV, ûg. 264, n'7el8.

(6) PI. XV, Cg. 278, 11» 7 et 9.

^7) PI. XV, fig. 278, n" 10.

(8) PI. VIII, fig. 202, G.

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