CHAPITRE VIII
Corollaires physiologiques et pathologiques sur le cervelet, les tubercules quadrij urne aux et les hémisphères cérébraux.
Les fonctions et les maladies du système nerveux sont à la tête de la physiologie et de la pathologie. De là , trente siècles de recherches non interrompues pour en éclairer les routes difficiles ; de là , des hypothèses sans nombre pour en découvrir l'essence. Parmi ces dernières , celle dont l'influence a été la plus pernicieuse, et dont nos explications et notre langage portent encore l'empreinte, ^st celle des esprits animaux. Imagines d'abord pour aider à comprendre ce qui dépasse la portée de notre esprit , l'union de l'âme et du corps , on ne tarda pas à les admettre au nombre des principes constitutifs de l'organisation. Une fois admis , il fallut leur trouver une origine ou une source , pour reproduire l'eipression dont on se servait au seizième siècle.
Galien les puisa dans l'air, et les fit arriver dans l'encéphale par l'ethmoïde et le poumon, pour les concentrer dans le quatrième ventricule. Riolan , surnommé l'intrépide , à cause de ses attaques vigoureuses contre ceux qui n'adoptaient pas les vues de Galieii, leur assigna pour origine H. 38
l'arachnoïde ; il les fit sécréter par cette membrane , et décrivit leur marche jusqu'au quatrième ventricule, avec la précision mitée en anatomie pour les organes les plus matériels. Wepfer, qui avait déjà réfuté l'opinion de Galien sur la prétendue noblesse du quatrième ventricule ^ combattit aussi l'opinion de Pviolan , son dernier défenseur; et après avoir établi que l'arachnoïde ne peut être l'organe sécréteur des esprits animaux , il doua de cette propriété la matière blanche du cerveau , et plus spécialement le demi-centre ovale des hémisphères sur lesquels Vieussens établit presque toute sa doctrine physiologique du système nerveux.
Avant Yieussens , et à-peu- près à la même époque que Wepfer , Willis avait jeté les fondemens de cette belle doctrine de la spécialité d'actions des diverses parties de l'axe cérébro-spinal du système nerveux , dont le développement sera l'un des plus beaux titres de gloire de notre époque. Entraîné par l'exemple, il admit les esprits animaux , et leur donna pour organe la matière grise de l'encéphale, et plus spécialement la substance corticale; opinion que servit admirablement Malpighi en supposant cette substance un composé de glandes. L'hypothèse de Willis se trouvait par là mieux établie encore que celle de Riolan.
Mais par un effort d'intelligence qui ne saurait trop être remarqué pour cette époque, tout en admettant l'homogénéité des esprits animaux ,
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et de la matière d(i système nerveux , W'illis s'éleva à la pensée sublime de la diversité d'action de la moelle épinière, du cervelet et du cerveau; et aussitôt, par une extension prématurée, il circonscrivit les diverses fonctions. 11 créa un organe pour les mouvemens volontaires , et un autre pour ceux sur lesquels la volonté n'a point d'action. Une autre partie lui parut être l'organe dte la conservation individuelle; celle-ci, l'organe de la propagation de l'espèce : la mémoire, l'imagination, la parole, furent aussi localisées. Enfin, l'organe de la musique couronna cet arbre des facultés instinctives et intellectuelles. Mais je m'aperçois que je suis conduit à la doctrine psychologique de MM. Gall et Spurzheim , et l'espace me manque pour en juger les bhses, établir ses rapports et ses différences avec celle de Willis , et montrer par quel abus de l'analogie , de l'analyse et du raisonnement, ces hommes d'un rare mérite ont rendu invraisemblables les idées fondamentales de la spécialité d'actions du système nerveux (i).
Quoi qu'il en soit, avant d'entrer dans l'examen
(i) Quoique !M. le docteur Joiirdan me paraisse opposé à cette spécialité d'actions, j'invite les hommes qui s'occupent de cette matière à lire le Discours préliminaire que ce savant a placé en tête de sa traduction de l'ouvrage de Tiedemann. M. le docteur Jourdan a rendu et rend tous les jours à la science les plus grands services, en nous faisant connaître les doctrines des «avans étrangers ; mais quand on a lil ce dis-
de l'action du cervelet , des tubercules quadrijumeaux et des hémisphères cérébraux, je crois utile de présenter quelques considérations sur les rapports de développement de ces organes avec quelques autres parties. Nous avons déjà dit le rapport que présentaient , chez les mammifères, le développement du cervelet et celui des membres supérieurs ; nous avons vu que ces organes étaient de la seconde formation , parce que leurs artères apparaissaient en second lieu dans l'embryogénie : il en est de même des membres inférieurs et des organes génitaux externes. L'artère hypogastrique et l'iliaque externe sont de seconde formation , comme l'axillaire et la vertébrale ; la cuisse et les organes génitaux ex,terncs paraissent à la même époque que le cervelet et le membre antérieur : de même que le cervelet , les organes génito-urinaires sont rigoureusement soumis "aux lois de formation que nous avons établies ; ils se développent de la circonférence au centre ; ils sont d'abord doubles ; leurs canaux ne sont que des canaux de conjugaison. La matrice et la prostate sont primitivement des organes doubles , même chez l'espèce humaine : de la réunion des deux parties qui les constituent primitivement, résultent ces organes tels que nous les offre l'ana-
cours remarquable, oq ne peut que regretter qu'un homme qui est si prodigue des idées des autres, se montre si avare dans la publication des siennes propres.
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tomic normale , vt lels aussi quo nous les présente quelquefois l'aiialomie anormale (i).
Le cervelet formé, nous avons vu avec quelle rapidité se développe le lobe médian ; on voit aussi à la même époque les organes génitaux externes se dessiner avec la même promptitude. Les membres sont loin d'offrir la même rapidité dans leurs évolutions : ce n'est que lorque les hémisphères du cervelet deviennent le centre d'activité de cet organe, que les membres prennent un grand accroissement. On serait tentédeconclure, d'après ces faits, qu'il y a un rapport physiologique constant entre le lobe médian du cervelet et les organes génitaux , les membres supérieurs et inférieurs et les hémisphères des mêmes organes. Mais, d'une part, le cervelet termine ses développemens avant la naissance, et de l'autre, les organes génitaux sont très -tardifs à entrer en action; les membres eux-mêmes ne peuvent soutenir et porter l'animal qu'à une époque plus ou moins reculée après la naissance. Enfin , on trouve dans les hémisphères cérébraux une autre source de rapports qui tendent à restreindre ces corrélations anatomiques. De plus , chez les oiseaux , le lobe médian du cervelet le constitue presque en entier , et les organes génitaux ne font plus saillie à l'ex-
(i) Voyez l'application de ce point d'anatomie transcendante à la pathologie externe, dans l'ouvrage de notre célèbre chirurgien M. Lisfranc. (Des Rétrécissemens de l'urètre. Paris, i8a4)
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térieur; les hémisphères du cervelet sont trèsfaibles , quoique chez certaines espèces , les ailes et les pieds acquièrent une force prodigieuse: nous devons remarquer aussi que chez beaucoup de reptiles , Texiguité du cervelet n'est plus en rapport avec le développement considérable des membres ; tandis que chez les poissons , au contraire , l'exiguité des nageoires contraste avec le développement du cervelet. Comment a-t-on pu supposer , d'après ces variations continuelles , que la même partie du système nerveux conservait dans toutes les classes la même spécialité d'actions? Cela n'est pas, et l'anatomie seule prouve que cela ne pouvait être.
Indépendamment des rapports que les tubercules quadrijumeaux ont avec le volume du globe de l'oeil , il en est un autre , moins prononcé peutêtre , mais qui n'en mérite pas moins notre attention : c'est celui du volume de la queue.
Chez l'embryon humain , la queue persiste pendant tout le temps que les tubercules quadrijumeaux sont dominans dans l'encéphale ; elle disparaît lorsque les tubercules s'affaissent. Chez les mammifères il existe un rapport général entre ces deux parties : les cétacées ont des tubercules quadrijumeaux énormes , et leur train postérieur n'est en quelque sorte qu'une énorme queue. Chez les oiseaux , ce rapport ne se conserve pas ; quant aux têtards des batraciens , leur longue queue coïncide avec le volume de
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leurs lobes optiques, et il est à remarquer qu'à cette époque cet organe est le principal agent de leur locomotion ; ils sont , sous ce rapport , comme les poissons. Or , dans cette classe , la queue est portée au maximum de son développement , et ce développement coincide avec la prédominance des lobes optiques sur toutes les autres parties de l'encéphale (i) J'ai cru devoir indiquer ces données avant de présenter les corollaires physiologiques et patliologiques qui concernent ces organes.
Les médecins grecs et arabes avaient placé le siège de la mémoire dans le cervelet : le nombre de feuillets dont il est composé leur semblait correspondre aux nombreux compartimens que paraît supposer l'exercice de cette faculté ; plus tard , cette disposition l'a fait regarder par Malacarne , comme Torgane de l'intelligence ; et de nos jours encore , le célèbre professeur Rolando a puisé dans cette disposition l'idée que le cervelet est une pile voltaïque en action.
Hoffmann avait porté une attention sérieuse sur la dépendance et l'indépendance des mouvemcns de la volonté ; Willis assigna des sièges dif-
(i) Ce rapport est d'ensemble. Ou iie s'attend pas que }'énumère ici les nombreuses exceptions qu'il présente , exceptioiis auxquelles s'attachent toujours les hommes qui ont trop peu vu pour comprendre les priacipcs généraux des sciences.
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férens à ces deux opdres de mouvement ; il regarda les hémisphères cérébraux comme les organes du mouvement volontaire, et le cervelet comme celui des mouvemens involontaires. La circulation, la digestion , la respiration , se trouvaient dès-lors sous sa dépendance immédiate. Il est à remarquer que dans le cervelet , Willis comprenait la protubérance et la portion de la moelle allongée qu'elle embrasse ; circonstance à laquelle n'ont point eu égard Perrault, Vieussens , Riediey, Chirac , Senac , Kau-Boerrhave , Haller, Zimmermann, Zinn et Lorry, dans les expériences négatives qu'ils ont opposées à Willis.
Les anciens avaient divisé les nerfs en ceux du sentiment et ceux du mouvement; ils avaient placé l'origine des premiers dans les membranes du cerveau , et celle des seconds dans cet organe même. Pourfour-Petit est le premier qui ait considéré le cervelet comme l'organe de la sensibilité. Saucerotte, Sabouraut et Choppart sanctionnèrent , dans un concours mémorable , l'assertion de Pourfour-Petit , qui fit croire, pendant qu'elle fut admise, à l'insensibilité complète des hémisphères cérébraux ; enfin , de nos jours , le retour de cette opinion porte encore à dépouiller ces hémisphères de cette mystérieuse propriété.
En outre de ces facultés dont on a tour-à-tour dépouillé et gratifié le cervelet, Walstorf le considérait comme l'organe actif pendant le sommeil ; mais il est évident que dans ses expériences, il
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agissait médiatcment sur la moelle allongée , puisque l'ablation complète du cervelet ne développait pas les mêmes effets que la compression. Le cervelet a donc tour-à-tour été considéré comme l'organe de la mémoire et de l'intelligence, comme le siège et le régulateur des mouvemens de conservation ; Willis en a fait l'organe de la musique; M. Gall , celui de la propagation; M. Rolando le considère comme générateur des mouvemcns volontaires ; M. Flourens , comme leur servant de balancier; enfin, Pourfour-Pctit et quelques médecins placent dans le cervelet le siège de la sensibilité. Pour juger ce qui est , nous allons recourir, selon notre méthode, aux faits pathologiques et aux expériences sur les animaux.
De Inaction du cervelet sur les organes génitaux.
La nature a confié à chaque espèce le soin d'éterniser sa création. Après le désir de la conservation , il n'en est pas de plus impérieux que celui de la propagation. WiHis est encore le premier qui ait cherché à localiser cette faculté : la moelle épinière est , selon lui , l'organe de la propagation. Tout le monde connaît à ce sujet les idées de M. Gall ; mais elles avaient médiocrement frappé les physiologistes avant la publication des faits pathologiques que je vais reproduire en
abrégé , et des expériences qui ont confirmé ctîs faits.
Un homme de trente-deux ans fut frappé d'apoplexie dans l'acte du coït , et après avoir bu plus que de coutume. Aux symptômes ordinaires des apoplexies violentes, se joignait l'érection du pénis, qui persista jusqu'aux approches de la mort Le cerveau était sain ; mais le lobe médian du cervelet était le siège d'une vive irritation; la substance cérébelleuse était brisée en plusieurs endroits; de petits foyers sanguins étaient creusés le long du processus vermiculaire supérieur.
Dn journalier de cinquante-cinq ans, d'un tempérament sanguin, très-adonné aux plaisirs vénériens, après une Journée passée au cabaret, fut pris, dans la nuit, d'une attaque d'apoplexie dont l'érection du pénis formait , comme dans l'observation précédente, le symptôme insolite. Il mourut deux jours après, ayant offert à chaque paroxysme la tension de la verge, et dans le dernier, une abondante éjaculation. Comme dans le cas précédent, irritation vive du lobe médian du cervelet avec érosion de sa substance. Foyer sanguin dans le centre de son hémisphère droit , qui s'était fait jour dans le quatrième ventricule.
Un homme de quarante-six ans mourut à la suite d'une apoplexie violente, pendant laquelle le satyriasis et l'éjaculalion se manifestèrent, suivis d'un gonflement de toutes les parties ex-
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ternes de la génération. Le lobe médian du cervelet renfermait plusieurs petits foyers sanguins , l'irritation vive qui les environnait se propageait à droite et à gauche vers les hémisphères.
Un cadavre apporté de l'hospice de Bicêtre à l'amphithéâtrecentraldcsliôpitaux, présentait une tuméfaction considérable de la verge et des bourses; le cervelet était phlogosé dans toute son étendue.
Un écrivain public , de trente-deux ans , avait offert pendant le cours d'une apoplexie, la turgescence du pénis, et, dans certains momens , une érection complète. De petits foyers sanguins étai^ent situés le long du lobe médian du cervelet ; un autre plus considérable occupait la partie postérieure de riiémiphère droit.
L'observation suivante, recueillie à ma clinique, m'a été communiquée par M. le docteur Falret, connu dans la science par ses belles recherches 6ur le suicide et l'aliénation mentale.
« Je viens de lire avec le plus grand intérêt votre premier mémoire sur les apoplexies céré-
• belleuses, inséré dans le journal de M. Mageodie. » J'ai beaucoup regretté de ne pas y trouver l'ob-
• servalion d'un apoplectique que j'ai eu occasion «d'observerdans votre division à l'hôpital de la Pitié.
• En 1820, dans un article sur l'Annuaire mé- »dico-chirurgical des hôpitaux , qui , par des cir- » constances indépendantes de ma volonîé , n'a
• pas été imprimé, je rendais hommage à lu pré-
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» cision de voire diagnostic dans les maladies or- «ganiques de l'encéphale. Je rapportais à cette
> occasion l'entretien que nous eûmes dans une des » salles de votre division au sujet d'un apoplecti- » que âgé de cinquante ans , entré delà veille dans
• l'hôpital.
»Pourriez-vous déterminer, me dîtes-vous, le » siège positif que doit occuperl'épanchement chez >ce malade? Non, répondis-je ; et il y aurait, ce »me semble, de la témérité à prononcer d'une
> manière affirmative. Eh bien ! reprîtes-vous , je » suis ce médecin téméraire. Je pense que l'épan- » chement est dans le cervelet. J'en ai pour garant » l'érection du pénis , symptôme qui en ejQTet avait » beaucoup fixé votre attention et la mienne. Cette » preuve ne me parut pas d'abord sans réplique ; » mais , comme vous annonçâtes en même temps ï que le malade n'avait pas plus de trente-six heu- >res à vivre malgré tous les secours de la méde- » cine , j'attendais l'examen du cadavre avec im- » patience, et;, à mon grand étonnement, je vis » votre diagnostic parfaitement justifié.
» Je ne rapporterai pas ici tous les symptômes
• apoplectiques que présentait ce malade ; ils » étaient les mêmes que ceux des apoplexies céré- » braies , mais de plus le pénis était gonflé, tendu , » rouge, en un mot dans l'état d'érection. Voici »en abrégé ce que nous trouvâmes â l'ouverture »du cadavre.
«Développement considérable des parties géni-
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» taies ; taches brunes sur le gland et sur les bour- »ses; membres rigides et dans l'extension. Les n tégumeus du crâne n'offraient rien de remar- «quable. Les sinus étaient gorgés de sang; trois
• onces environ de ce liquide s'écoulèrent à «l'ouverture de la tête. Les vaisseaux de la pie- » mère étaient gonflés ; la substance grise du cer- »veau était rougeâtre , injectée ; mais on ne
• reconnut dans cet organe aucune trace d'épan- ■ chement ancien ou récent. Il n'en fut pas de » même pour le cervelet ; indépendamment de » l'injection de cet organe , nous remarquâmes > dans la partie centrale du processus vermiculaire
• supérieur , un large foyer s'étendant à droite et à
• gauche vers les hémisphères du cervelet ; un
• caillot sanguin le remplissait. Les processus cere- » bcUi ad testes étaient très-rouges ; le quatrième «ventricule contenait du sang. Les poumons » étaient gorgés de sang ; les organes de l'abdomen » n'offraient rien de remarquable. •
Une fille livrée de bonne heure aux plaisirs vénériens, se prostitue pour assouvir ses désirs, et se livre à toutes les manœuvres de la masturbation , pour suppléer à l'insuffisance des cohabitations journalières des hommes. Elle tombe dans la nymphomanie ; honteuse elle-même de son état, elle supporte que l'on brûle le clitoris , ce qui n'a aucun résultat avantageux. Elle meurt , et on trouve une irritation chronique avec induration du lobe médian du cervelet : de petits foyers
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à bords calleux , comme le reste de l'induralion , indiquent une phlegmasie ancienne de cette partie.
Un de nos élèves, M. le docteur Romet, observe à l'hôpital saint- Antoine une femme de soixantedix ans apoplectique; il remarque que l'écoulement des règles , qui avait cessé depuis longues années , se reproduit pendant le cours de la maladie ; il soupçonne une apoplexie cérébelleuse : la femme meurt, et l'ouverture du cadavre offre d'une part un vaste foyer sanguin , ayant brisé tout le lobe médian du cervelet , et de l'autre la matrice remplie par un caillot sanguin; tout le tissu de cet organe était phlogosé , les ligamens larges , les trompes et les ovaires étaient colorés comme si on les eût plongés dans un liquide Touque [Revue médicale ^ année 1824.)-
Elisabeth Blanchet , âgée de dix ans , d'un caractère sombre , adonnée à la masturbation , se plaignait depuis quatre mois de la tête ; depuis trois semaines ces douleurs lui arrachaient des cris ; alitée depuis douze jours quand on l'amena à l'hôpital des Enfans , elle avait eu des vomissemens bilieux suivis de somnolence ; depuis trois jours elle cessait de parler , ou ne répondait que trèsdifficilement, en portant la main à sa tête qui était renversée en arrière ; ses derniers jours furent marqués par un état comateux , un peu de strabisme convergent , la dilatation des pupilles. L'autopsie cadavérique offrit une inflammation avec infiltra-
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lion purulente de l'arachnoïclc à la partie supérieure (lu cervelet , dans- lequel existaient sept à huit tubercules autour desquels la substance de cet organe était ramollie et blanche ; les parties moyennes étoient aussi ramollies , les ventricules contenaient trois onces de sérosité. Cette altération remarquable ne peut être considérée que comme une véritable inflammation de la substance cérébelleuse [Essais sur l'encéphalite , par M. le docteur Payen , pag. 20 , 1826. )
Ces faits pathologiques offrent donc de commun l'excitation des organes génitaux , et une coïncidence remarquable de l'irritation du cervelet, et plus particulièrement du lobe médian de cet organe. Ce qui établit, selon nous, que l'action des organes génitaux est dans une corrélation très-étroite avec l'action du cervelet , ainsi que M. Gall l'avait avancé le premier. Ces résultats constatés chez l'homme par la pathologie , il restait à voir si la physiologie expérimentale les confirmerait. ^1)
(1) Depuis la publication de ces faits dans le journal de M. Magendie, j'ai eu occasion de voir deux apoplectiques, chez lesquels l'érection se manifestait pendant les paroxysmes. Tous deux sont guéris à la suite de l'application de sangsues à la nuque , et de cataplasmes émollicns sur cette partie. M. le docteur Gensoult, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Lyon , a obtenu un résultat plus remarquable encore. Un homme d'environ trente ans avait trois ou quatre évacuations lie sperme chaque nuit, évacuations pour lesquelles M. le
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Sur des bœufs abattus en portant des coups de marteau sur la partie postérieure de l'occipital , j'ai rencontré le cervelet déchiré dans sa partie supérieure, chez ceux chez lesquels la verge avait ojffert pendant l'expérience un mouvement d'oscillation très-prononcé.
Sur un cheval entier dont la jambe avait été écrasée par une voiture , un couteau à amputatihu plongé sur le lobe médian du cervelet , d'avant en arrière , jusqu'au haut de la moelle épinière , détermina une érection très-prononcée.
Mais ce résultat a surtout été constaté depuis la publication de ces faits , par un de nos habiles physiologistes , M. le professeur Ségalas.
Si sur un cochon-d'mde mâle dont on a mis le cerveau à nu , dit ce physiologiste, on plonge un stylet dans le cervelet , de manière à arriver à la partie supérieure de la moelle de l'épine, on produit \ érection ; si l'on pousse ensuite le stylet dans la colonne vertébrale jusques dans la région lombaire , Yéjaculation a lieu , tandis que la vessie , fùt-elle pleine , n'en conserve pas moins son dépôt. Les mêmes phénomènes s'observent dans les cochons-d'inde décapités , quand on agit de même
professeur Lallemand de Montpellier avait tenté en vain la cautérisation des canaux éjaculateurs; M. Gensoult fit appliquer des sangsues et de la glace pilée à la nuque : les pollutions furent arrêtées comme par enchantement {Dissertation inaugurale de M, le docteur Vial , pag. î4 6* ^S.)
rUYSIOLOGlK ni PAmOLOGir. fio<)
avccunstylelde liaut on bas sur la mocllede l'épine. Cette dernière expérience, que j'ai répétée et dont chacun peut s'assurer par soi-même , prouve deux choses : la première, que l'irritation du cervelet détermine l'érection; la seconde, que la partie inférieure de la moelle épinière produit l'éjaculation , et agit plus spécialement sur les appareils sécréteurs et excréteurs du sperme.
Or nous avons déjà vu dans un des chapitres pré cédens que les maladies organiques de la partie inférieure de la moelle épinière déterminent des maladies de l'ovaire, suppriment les règles , ou, comme j'en ai maintenant un exemple sous les yeux, s'opposent chez les jeunes filles à leur manifestation. L'action des organes génitaux , chez les mammifères, a donc tout-à-la-fois son principe et dans le cervelet, comme nous le pensons avec M. Gallj et dans la moelle épinière, comme l'avait cru Willis , qui l'avait considérée comme y organe de la propagation.
Il est vraisemblable que l'éjaculation est produite dans cette expérience , parce que l'irritation de la moelle épinière développe la contraclililé des vésicules séminales , soit que l'on admette ou que l'on n'admette pas leur structure musculeuse. La moelle épinière agit sur ces vésicules comme elle le fait sur la matrice. L'intégrité de la partie; inférieure de la moelle épinière paraît nécessaire pour que la matrice se débarrasse du produit de^la conception. Sur deux femmes paraplé-