VJ DISCOURS
dans cette classe ni l'encéphale des mammifères , ni celui des oiseaux ; cet organe se compose, chez les poissons, d'une double série de bulbes alignés d'avant en arrière , tantôt au nombre de deux , le plus souvent au nombre de quatre , et assez fréquemment encore au nombre de six.
A quelle paire devait-on donner le nom d'hémisphères cérébraux? était-ce aux antérieurs, aux moyens ou aux postérieurs?
A quelle partie des classes supérieures devait-on rapporter les autres lobes? Sur quelles bases pouvait-on établir les analogies et les différences? La science manquant des données nécessaires à ce sujet , chacun détermina ces lobes à sa manière , selon les idées qui le dirigeaient. Les mêmes lobes reçurent des noms différens , et furent tour-à-tour assimilés à des parties tout-à-fait hétérogènes.
Le cervelet lui-même , qu'il est si difficile de méconnaître dans les autres classes , était encore, chez les poissons^ un sujet d'incertitude. Tantôt cet organe est unique et impair comme dans les classes supérieures, c'est particulièrement le cas des poissons
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osseux; tantôt, comme chez presque tous les cartilagineux , c'est un organe pair , composé de feuillets symétriques et roulés sur eux-mêmes le long des parois du quatrième ventricule.
Chez un très-grand nombre, un corps particulier se détache des lobes postérieurs, et vient encore compliquer cet organe. Ce corps , qui ressemble tantôt à la luette du voile du palais de Hiomme, et d'autres fois au cartilage épiglotique , se place en forme de couvercle sur le quatrième ventricule : le plus souvent il est simple 5 d'autres fois , comme chez certaines raies , il est double ; et alors la moitié postérieure se dirige vers le quatrième ventricule , et l'autre moitié antérieure vient recouvrir les lobes postérieurs. Comment, au milieu de toutes ces transformations , reconnaître le cervelet?
La base de l'encéphale des poissons n'est guère moins variable que sa face supérieure. Ce que cette base offre surtout de remarquable, ce sont deux tubercules arrondis qui , par leur situation et leur forme, ont quelque ressemblance avec les éminences mamHlaires de l'homme. Aussi n'n-t-on
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pas manqué de leur assigner cette analogie.
Chose remarquable ! disait-on ; les éminences mamillaires , qui sont le caractère le plus élevé de l'organisation , se retrouvent chez les poissons , qui paraissent si descendus dans l'échelle animale! Ces éminences , qui n'existent que chez l'homme, qui ont déjà disparu chez les singes , chez tous les mammifères et chez tous les oiseaux, sont tout-à-coup reproduites chez les poissons. Preuve évidente que leur encéphale appartient à un degré très-élevé de l'animalité.
En conséquence , on assimilait leurs lobes postérieurs aux hémisphères cérébraux. On trouvait dans ces lobes la couche optique , le corps strié , la corne d'ammon , la voûte , et jusques au corps calleux. Considérant alors qu'une partie de ces organes ont disparu chez les oiseaux et les reptiles , on ne manquait pas de faire ressortir la prééminence des poissons sur ces deux classes.
Je le demande , pouvait-on entreprendre Fanatomie comparative de l'encéphale avec des déterminations qui choquaient
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tous les rapports anatomiques et zoologiques des animaux vertébrés?
La confusion résultant de tous ces faux rapports et de toutes ces dissemblances fut encore accrue par l'extrême variation de l'encéphale des poissons.
Chez les mammifères , toutes les parties de l'encéphale sont , à peu de chose près , la répétition les unes des*autres. Les familles apportent bien quelques changemens dans leurs proportions et dans leurs rapports ; mais avec un peu d'attention il est facile de les ramener au type classique^ dont ils ne sont qu'une légère modification.
Chez les oiseaux , cet organe est plus fixe encore que chez les mammifères ; toutes les familles de cette classe sont remarquables par la composition identique de leur cerveau. Des plus petits ciseaux aux plus grands , c'est la répétition des mêmes élémens, conservant toujours et leurs mêmes formes et leurs mêmes connexions.
Les reptiles offrent déjà quelques différences, différences appréciables surtout par la comparaison de l'encéphale des ophi-