‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatres classes des animaux vertébrés [electronic resource]Chapitre 19 sur 81 · PRÉLIMINAIRE. XJ · texte numérisé non relu

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ce rapport , du caractère de fixité qui distingue les classes supérieures.

On conçoit qu'avant de chercher à établir les rapports des différens élémens de l'encéphale , chez les animaux vertébrés , il était nécessaire de faire cesser cette confusion j de chercher à reconnaître dans toutes les classes l'identité des parties dont se compose cet organe , et d'établir cette détermination sur des bases qui fassent les mêmes pour toutes. Toute l'anatomie comparative de l'encéphale repose sur la certitude de cette détermination.

Mais , dans l'état présent de la science , comment atteindre ce résultat? comment ramener un organe aussi compliqué que l'encéphale des mammifères y à un organe aussi simple que celui des poissons? comment reconnaître cette identité au milieu,, de la variété de formes , de rapports et de proportions , que présentent tous ces élémens? Seconde question non moins importante que la première } et dont la solution ne pouvait être donnée , ainsi qu1 on va le voir, en suivant les routes anciennement tracées.

xij DISCOURS

A la renaissance des lettres , les anatomistes ne s'occupèrent d'abord que des formes extérieures et de la connexion des organes ; plus tard , ils remarquèrent les variétés de quelques systèmes organiques chez les embryons : ils conçurent dès-lors la possibilité de s'élever à leur formation et de dévoiler le mécanisme de l'organogénie. Leur esprit n'étant pas préoccupé de système , ils suivaient la nature dans ses mystérieuses opérations , et ils la voyaient bien, parce qu'ils n'étaient occupés que de la voir. Le nombre et la nouveauté des phénomènes qu'ils observaient , satisfaisant leur curiosité inquiète , ils n'employaient pas encore l'activité de leur imagination à combiner des hypothèses qui pussent les expliquer tous.

Cette précieuse simplicité se perdit bientôt. Des novateurs hardis trouvèrent trop lente la marche de l'observation ; la philosophie délaissa la grande question de la formation des êtres organisés, qu'elle jugea impossible de découvrir , dit Bonnet , pour imaginer une hypothèse qui en tînt lieu ; cette hypothèse fut celle de la préexistence

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des germes et de leur éternel emboîtement.

Deux opinions formaient la base de ce système : dans la première , on supposait que tous les germes , qui sont nés ou qui doivent naître , étaient contenus dans le premier; dans la seconde , on avançait que, malgré leur inconcevable petitesse , les germes étaient la miniature des animaux parfaits ; qu'ils avaient et le même nombre d'organes, et leurs mêmes rapports, et leurs mêmes connexions.

La science de l'organogénie se trouva arrêtée , par ces hypothèses , dans toutes ses directions. Il n'y eut plus de formation possible ; on voyait le papillon dans sa larve , la grenouille dans les premières ébauches de son têtard , l'oiseau tout entier dans son œuf, et toute l'organisation des mammifères dans le premier mucus qui les sépare du néant. Les monstres parurent un instant se soustraire à cette explication commune; mais en fait de système, une supposition de plus ou de moins ne coûte guère , et l'on imagina bientôt les germes monstrueux, dont l'exis-

xiv DISCOURS.

tence éternelle s'était éternellement conservée dans les ovaires des femelles. Chaque être organisé avait, dans ce système, son type particulier de développement. L'esprit humain se trouvait dès-lors à une distance immense de l'idée que tous les êtres se forment d'après des lois communes.

Cependant tous les zootomistes n'admirent pas ces opinions. Cet éternel emboîtement des germes effraya d'une part les imaginations les plus ardentes ; de l'autre , en cherchant à prouver que toutes les parties du germe n'éprouvent qu'un développement progressif, on s'aperçut que des parties nouvelles s'ajoutaient aux anciennes. On vit que les formes primitives des organes , loin d'être immuables , comme on le pensait , subissaient , au contraire , des transformations continuelles.

On reprit , sans s'en douter , les travaux d'Harvey et de Malpighi , qu'avait fait abandonner un instant la découverte des vers spermatiques d'Hartsseeker , découverte amplifiée par Leuvenhoeck, qui distingua leurs goûts , leurs habitudes , leurs

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