PRÉFACE
Cet ouvrage, sur l'Anatornie comparée du Cerveau , dans les quatre classes des animaux vertébrés , a été composé à l'occasion du prix proposé eu 1818 par l'Académie royale des Sciences. Jusqu'à ce jour, personne n'a songé à réunir en corps de doctrine les connaissances acquises sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie du système nerveux. Je vais essayer de parcourir ce vaste sujet , sur lequel nos idées sont encore loin d'être arrêtées.
Dès mon entrée dans la carrière médicale, je puisai dans les leçons de M. le baron Cuvier, au Jardin du Roi, et de M. le professeur Duméril à la Faculté de Médecine, le goût de l'anatomie comparative 5 plus lard , mes liaisons intimes avec ; M. le professeur Geoffroy - Saint -Hilaire me facilitèrent les moyens de me livrer à l'étude de cette belle science , si peu cultivée en France par les médecins.
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Nommé en 1812 chef des travaux anatomiques à l'amphithéâtre des hôpitaux, et chargé de professer dans cet établissement l'anatomie et la physiologie, je m'efforçai d'appliquer à la science de l'homme les notions acquises sur l'anatomje comparée. Le succès qu'obtinrent en peu d'années ces leçons , fut dû en grande partie à cette direction.
L'anatomie et la physiologie du système nerveux furent toujours le sujet favori de mes études , à cause de ma position dans les hôpitaux et de mes principaux travaux en médecine. Dès 1810 et 1811 , j'avais commencé à l'Hôtel-Dieu mes recherches sur les maladies organiques de l'encéphale. En i8i3, je fus placé, par des circonstances qui sans doute ne se renouvelleront jamais , sur le plus grand théâtre de ces maladies.
Chacun sait qu'à cette époque les hôpitaux civils de Paris furent convertis en partie en hôpitaux militaires. Le Conseilgénéral qui les dirige , et qui s'est toujours montré le père des pauvres, désirant concilier leurs intérêts avec les besoins près-
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sans de l'État , arrêta que le vaste hôpital de la Pitié, dont j'étais un des médecins , serait spécialement consacré aux maladies du système nerveux, pour en faciliter le placement définitif dans ses hospices.
Pendant sept ans que notre hôpital a conservé cette destination, deux mille de ces maladies environ ont été soumises à mon examen.
Tous les ans, je consacrai dans mes cours une partie des leçons à l'anatomie , à la physiologie et à la pathologie du système nerveux. Après avoir exposé chez l'homme les changemens qui survenaient dans les diverses fonctions de l'encéphale, selon que telle ou telle partie avait été désorganisée par les maladies , je cherchais à les produire artificiellement sur les animaux composant les quatre classes des animaux vertéhrés. J'éclairais ainsi les recherches pathologiques par la physiologie , et la physiologie par la pathologie.
Je fus souvent arrêté dans cette partie de mes travaux , par l'indétermination des parties dont cet organe se compose dans les trois classes inférieures. Je conçus dos