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méditation , M. le professeur Geoffroy- Sain t-Hilaire proclame l'unité de composition organique , et le vaste tableau du règne animal se déroule successivement devant lui.
Des résultats plus surprenans encore sont le fruit de la loi d'harmonie des parties. La terre renferme dans son sein , les restes d'un inonde primitif, submergé par le déluge. A la voix de M. Cuvier , tous ces ossemens épars se rassemblent, tous ces fragmens mutilés se réunissent, et nous voyons une science nouvelle, et nous voyons un monde nouveau , sortir, pour ainsi dire , des entrailles de la terre!
Emule de ces zootomistes illustres, j'ai essayé de marcher sur leurs traces , en généralisant les faits d'organogénie que j'avais observés, et en les enchaînant les uns aux autres par leurs rapports les plus généraux 5 je vais exposer ces rapports et les lois que j'en ai déduites.
En suivant la marche de l'esprit humain dans les sciences, on trouve qu'il s'est presque toujours imposé lui-même les bar-
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rières qu'il n'a pu surmonter. Le désir bien naturel sans doute, de tout connaître , nous porte à devancer les faits, à mettre nos suppositions à la place de ce qui est 3 et de partir ensuite de ces suppositions comme si elles étaient démontrées.
Harvey porte, dans la zoogénie , cet esprit investigateur qui lui dévoila le mécanisme admirable de la circulation. Il observe les premiers rudimens du cœur du poulet ; il imagine aussitôt que ce point qu'il voit palpiter est la racine de tout l'être; il croit lui voir projeter ses rameaux dans tous les organes, et il annonce que l'animal se forme du centre à la circonférence.
Malpighi , qui paya de sa vie les recherches microscopiques qui l'ont immortalisé, s'élève dans la formation de l'embryon un peu plus haut qu'Harvey ; il observe une fibrille qui devance la formation du cœur. Celte fibrille centrale , qu'il nomme quille, lui paraît être la moelle épinière, qu'il regarde comme l'origine de toutes les parties , selon lui , toutes nerveuses. Boerhaave , grand admirateur de Malpighi , prête à cette idée le prestige de son nom et le charme
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de son style ; et peu après les Haller, les Albïnus, ses plus illustres disciples, font admettre comme loi générale le' développement central des animaux.
Chose étrange! On avait interprété la nature en sens inverse ! On lui avait supposé une marche directement opposée à eelle qu'elle suit \ doit-on s'étonner ensuite si seà lois ont été méconnues} si, rebutés de leurs efforts infructueux , les zootomisles ont désespéré de les découvrir !
Toute la zoogénie repose en effet sur la loi fondamentale du développement excentrique des animaux.
Toutes les lois de formation des organes dérivent de cette loi primitive.
Considérez le développement des membranes qui précèdent l'apparition du germe, vous les verréz toutes se former de la circonférence au centre.
Considérez tous les grands appareils organiques, vous leur verrez suivre constamment la même direction.
De cette marche excentrique , découlent les lois de l'organisation ; tout organe sera primitivement double ;,ses parties, d'abord
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isolées, marcheront à la rencontre l'une de l'autre, et se réuniront sur le centre de l'animal, pour former ces organes que l'on a nommés impairs ou uniques , parce qu'on les considérait tout formés.
Tous les organes uniques et symétriques seront sur la ligne médiane , plus ils seront rapprochés du centre de l'animal, plus les traces de leur formation seront effacées 5 plus ils s'en éloigneront , plus nous leur trouverons les indices de leur formation primitive.
J'ai appelé loi de symétrie , le principe du double développement des organes.
J'ai nommé loi de conjugaison , le principe de leur réunion. De ces deux lois dérive toute la morphologie des organes. Je vais en faire l'application aux principaux systèmes organiques , en commençant par le système osseux.
Quand on considère la surface des os dans la grande série des animaux vertébrés, on la trouve hérissée d'éminences, creusée de gouttières, de trous ou de cavités, qui tantôt ne font qu'effleurer leur superficie,