‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatres classes des animaux vertébrés [electronic resource]Chapitre 35 sur 81 · C DISCOURS · texte numérisé non relu

C DISCOURS

Des artères vertébrales doubles produiront un double cervelet dans le même crâne.

Des carotides primitives, doublées de chaque côté, donneront naissance aux bicépbales ; triplées , vous aurez les tri-encéphales.

Une double aorte descendante produira deux troncs , tandis que la tète sera unique si l'aorte ascendante est simple.

Une double axillaire de chaque côté développera quatre membres antérieurs , et des fémorales doubles seront toujours suivies de quatre membres postérieurs.

Enfin une double artère sacrée moyenne vous donnera une double queue.

Tous les monstres , sans exception , seront renfermés dans ces deux ordres d'anomalies du système sanguin. Une cause si, simple en apparence produira tous ces; effets variés , qui se reproduisent si fréquemment, et qui, jusqu'à ce jour, ont fatigué de leur incertitude l'esprit de tous les anatomistes.

D'après ces principes , quelque singu lières , quelque bizarres que nous parais sent les associatioos organiques des mons»

TRiaiMINAlRE. CJ

très , elles seront toujours assujéties à une règle invariable , celle de la connexion des parties.

Ainsi , vous ne verrez jamais une tête s'élever du sacrum d'un animal monstrueux ; jamais vous ne trouverez une queue surnuméraire implantée sur le crâne ou sur la face d'un animal , ni des membres antérieurs ou postérieurs sur-ajoulés à sa têle ou à sa queue.

La tête, la queue , les membres surnuméraires , correspondent toujours aux membres, à la queue et à la tête normale de l'être monstrueux. En voici la raison.

Les artères carotides , axillaires^ fémorales ou sacrées , peuvent se doubler et produire la répétition des organes qu'elles forment ; mais jamais vous ne verrez une carotide naître, ni de la sacrée moyenne, ni de l'axillaire, ni de la fémorale ; conséquemment vous ne rencontrerez jamais une nouvelle tête implantée sur la queue ou sur les membres d'un animal.

Pareillement , vous n'observerez jamais que les carotides donnant naissance aux artères sacrées moyennes, fémorales ou axil-

Cl) DISCOUKS

laires j vous ne pourrez donc jamais rencontrer des membres ou une queue surnuméraire> entés sur le crâne ou sur la face d'un animal, quelque monstrueux qu'il soit ou qu'il vous paraisse.

La nature, dans ses productions, est donc assujétie à un ordre constant, et c'est lorsqu'elle nous paraît le plus s'en écarter , que nous la trouvons le plus invariablement assujétie à ses règles. Je ne saurais trop le redire ; Tordre est toujours dans la nature , le désordre et les incohérences que nous lui supposons n'existent que dans notre manière de l'interpréter.

Ces notions préliminaires paraîtront peutêtre un peu longues ; mais elles étaient indispensables pour donner au lecteur la clef des faits dont se compose cet ouvrage. Je me hâte de les terminer par une dernière considération très - importante , quoique singulière , c'est que le cervelet et le cerveau sont les mêmes organes renversés.

J'explique cette idée.

Si Ton veut apercevoir les analogies que présentent le cervelet et le cerveau dans les classas supérieures, on ne doit point com-

PRÉLIMINAIRE. CllJ

parer ces deux organes dans leur position respective , et mettre en parallèle leurs deux faces supérieures et inférieures. Il faut préalablement renverser l'un des deux organes, et comparer la face supérieure de l'un à la face inférieure de l'autre.

Ainsi, après avoir fait cette inversion , si on cherche les rapports des deux organes , on trouve que le lobe médian du cervelet , situé sur sa face supérieure , correspond au lobe de l'hippocampe et au lobule olfactif situé à la base du cerveau.

La conjugaison du lobe médian du cervelet s'effectue sur la face supérieure de l'organe par les faisceaux blanchâtres que l'on a si improprement nommés corps calleux du cervelet. Celle du lobe de l'hippocampe s'opère vers la base du cerveau, par les faisceaux postérieurs qui vont constituer la voûte , ou la partie postérieure de la lame rayonnante des oiseaux.

Les hémisphères du cervelet s'élèvent sur sa base ; en se dirigeant en arrière , ils débordent le lobe médian qui , dans les mammifères supérieurs , paraît logé dans

civ DISCOURS

l'angle rentrant produit par leur prolongement.

Les hémisphères du cerveau s'élèvent sur sa face supérieure ; et en se portant en arrière , ils débordent le lobe de l'hippocampe y de la même manière que les hémisphères du cervelet débordent le lobe médian.

Les hémisphères du cervelet se développent sous l'influence du corps ciliaire , logé dans l'épaisseur de la base de cet organe.

Les hémisphères du cerveau s'accroissent en raison du développement de la couche optique et du corps strié, qui ; comme chacun sait , occupent la face supérieure des pédoncules cérébraux.

Enfin , la protubérance annulaire , qui sert de commissure aux hémisphères du cervelet , occupe la base de cet organe. Le corps calleux, qui est la grande commissure des hémisphères cérébraux , est situé sur sa face supérieure.

C'est dans cette même position qu'il faut considérer ces deux organes , pour apercevoir tous les rapports que nous avons

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