‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatres classes des animaux vertébrés [electronic resource]Chapitre 34 sur 81 · XXXVJ DISCOURS · texte numérisé non relu

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tions précises, il était donc nécessaire de distinguer ces rapports opposés.

La moelle épinière est repétée dans l'encéphale par les tubercules quadrijumeaux, par le lobe médian du cervelet , par le corps restiforme , par le trapèze de la moelle allongée, parle lobe de l'hippocampe , le lobule olfactif et la voûte chez les mammifères.

De-là résulte l'harmonie de développement que l'on remarque entre toutes ces parties.

La moelle épinière est, au contraire, en discordance de développement avec les olives de la moelle allongée , les hémisphères du cervelet, la protubérance annulaire , le lobe sphénoïdal des hémisphères cérébraux, les corps striés, la couche optique et le corps calleux. De-là découlent leurs rapports inverses.

Les nerfs des sens sont développés en raison directe de la moelle épinière, du lobe médian du cervelet , des tubercules quadrijumeaux , des lobes optiques , du lobe de l'hippocampe et du lobule olfactif.

Ils sont développés , au contraire, en

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raison inverse des hémisphères du cervelet , du pont de Varole , du lobe sphénoidal, et du corps calleux.

M. le baron Cuvier a si bien exprimé dans son analyse ces divers rapports 3 que je crois inutile de les répéter ici. Je me borne seulement à indiquer leur cause ou leur principe (i).

Mais ce balancement respectif des formes transitoires des embryons, des formes permanentes du système nerveux des animaux vertébrés, était lui-même un problème piquant dont la solution intéressait l'anatomie comparative. On ne pouvait guères parcourir ce vaste tableau de formation et de développement d'un système aussi important, sans vouloir en connaître le ressort. Cette idée m'a beaucoup occupé dans toutes mes recherches sur Forganogénie , et j'avoue que c'est après m'être long-temps épuisé en vaines conjectures , que je m'aperçus enfin que tout le secret résidait dans le système sanguin ; système , par l'intermède duquel s'établit , entre toutes les parties ,

(1) Voyei a ce sujet le rapport de M. Curier.

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l'harmonie générale qu'on leur remarque , des poissons aux mammifères.

Il semble , au premier aperçu, que rien n'était si simple à faire que cette découverte. Les anciens ont si souvent répété , depuis Harvey, que le sang est la matière coulante des organes , qu'il paraissait tout naturel d'attribuer leur formation au système qui le renferme. Ce n'est cependant qu'après les plus longues recherches que je m'aperçus de la coïncidence qui existait entre la formation de ce système , et celui des organes qu'il concourt à développer.

J'ai fait, il y a bien des années , l'application de cette idée à la théorie de la dentition • j'ai montré que l'intéressant phénomène de la double dentition des mammifères avait sa cause dans le balancement alternatif des doubles artères qui pénètrent le double ordre de dents qui se succèdent à des intervalles plus ou moins longs.

Plus tard, j'ai fait remarquer dans les lois de l'ostéogénie , que laTormation successive des os succédait au développement

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progressif des artères. Je vais en faire ici l'application au système nerveux.

Si vous examinez les embryons, vous voyez successivement paraître , en premier lieu j les artères de la moelle épinière ; en secondlieu, celles du cerveaujetentroisième lieu j celles du cervelet. Vous voyez en même temps ces trois parties se développer dans le même ordre.

Un des phénomènes les plus curieux de la formation de l'encéphale , est la marche opposée que suivent le cervelet et les hémisphères cérébraux. L'un se dirige d'arrière en avant , les autres suivent une progression inverse et se portent d'avant en arrière. Aucun autre organe ne m' ayant offert une marche analogue , je fus longtemps à en découvrir la raison , qui néanmoins est très-simple , puisque les carotides internes et les vertébrales ont une direction opposée dans l'intérieur du crâne.

Les carotides internes sous l'influence desquelles se développent les hémisphères cérébraux , se dirigent d'avant en arrière 5 les vertébrales , qui forment le cervelet, se portent au contraire d'arrière en avant. On

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voit donc que le cervelet et le cerveau devaient nécessairement suivre une direction opposée chez tous les embryons et chez tous les animaux vertébrés.

En suivant pas à pas les métamorphoses des embryons, on trouve d'abord dans l'encéphale les artères des tubercules quadrijumeaux très-développées } tandis que celles du cervelet et du cerveau sont à peine dessinées. Avec cette disposition coïncide le développement considérable de ces tubercules.

Plus tard les carotides internes et les vertébrales prennent de l'accroissement ; les artères des tubercules , de dominantes qu'elles étaient, sont dominées à leur tour.

On remarque en même temps que les tubercules quadrijumeaux s'affaissent à mesure que sous l'influence de l'augmentation du calibre de leurs artères , les hémisphères cérébraux et le cervelet augmentent dans toutes leurs dimensions. En comparant chez les embryons le développement des hémisphères cérébraux avec celui de leurs artères , on voit que la couche optique, le corps strié , la voûte et le corps calleux,

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augmentent graduellement de volume , à mesure queles artères choroïdiennes, striées et cérébrales poste'rieures , prennent de l'accroissement.

Le même rapport s'observe constamment dans le cervelet. On voit le lobe médian de cet organe se développer , d'abord avec l'artère cérébelleuse antérieure ; puis en second lieu, avec l'artère cérébelleuse postérieure , paraissent les hémisphères du cervelet^ dont l'accroissement suit toujours les dimensions de cette artère.

Si nous quittons les embryons , et que nous portions nos regards sur l'ensemble des animaux vertébrés , nous voyons se développer en grand ce que nous venons d'observer en petit dans les métamorphoses des embryons.

Nous trouvons des classes entières chez lesquelles dominent constamment les artères des tubercules quadrijumeaux ; tandis que les artères cérébrales et cérébelleuses restent atrophiées \ ce qui explique l'affaissement du cervelet et des hémisphères cérébraux, à côté du prodigieux dévelop-

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pement des lobes optiques , analogues aux tubercules quadrijumeaux.

C'est le cas de tous les poissons et des reptiles; mais chez les poissons cartilagineux et chez certains osseux , les artères du cervelet l'emportent de beaucoup sur celles du cerveau ; ce qui rend raison de l'atrophie de ce dernier , tandis que le cervelet prend déjà de l'accroissement.

C'est l'opposé chez les reptiles : les artères cérébelleuses existent à peine, tandis que celles du cerveau acquièrent déjà une certaine dimension : de là naît l'atrophie considérable du cervelet, à côté de l'accroissement des hémisphères cérébraux.

Chez les oiseaux , les artères des tubercules quadrijumeaux du cervelet et du cerveau restent en quelque sorte au médium de leur volume : d'où résuite le développement moyen de ces trois organes fondamentaux de l'encéphale dans toute cette classe.

Chez les mammifères cet équilibre est rompu, et nous voyons les organes se développer ou s'affaisser , selon que leurs artères augmentent ou diminuent de calibre.

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Ainsi , dans toute cette classe , les artères des tubercules quadrijumeaux sont atrophiées comparativement aux artères cérébrales et cérébelleuses , ce qui est en harmonie avec les rapports que nous offrent les tubercules quadrijumeaux, le cervelet et les hémisphères cérébraux, considérés dans cette classe d'une manière générale.

De plus , à mesure que l'on s'élève des rongeurs et des mammifères inférieurs aux ruminans, aux carnassiers, aux quadrumanes et à l'homme , on voit le calibre des artères des tubercules quadrijumeaux diminuer avec eux.

L'artère cérébelleuse antérieure suit rigoureusement ce même rapport ; on voit décroître dans la même proportion le lobe médian du cervelet.

La cérébelleuse postérieure suit J au contraire , une progression inverse , elle augmente successivement des mammifères inférieurs , des rongeurs , des ruminans , aux carnassiers , aux singes et à l'homme ; ce qui coïncide avec le développement progressif des hémisphères du cervelet et de leur commissure , le pont de varole.

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L'antagonisme qui existe dans cette classe entre l'artère cérébelleuse antérieure et la postérieure , explique donc la discordance de développement qui se remarque entre le lobe médian et les hémisphères du cervelet.

Pareillement , les variations des hémisphères cérébraux de cette classe sont expliquées par le développement de leurs diverses artères.

Des rongeurs aux singes et à l'homme , on voit s'accroître les artères striées , cérébrale postérieure et antérieure , en même temps que les hémisphères se développent.

On voit l'artère calleuse décroître de l'homme aux singes , aux carnassiers, aux ruminans et aux rongeurs , à mesure que le corps calleux diminue : elle disparaît chez les oiseaux avec cette commissure des hémisphères.

Si , comme nous l'avons dit si souvent , un embryon de la classe supérieure s'arrête dans le développement de l'encéphale, il peut parcourir la vie fœtale sans cervelet , sans corps calleux, sans voûte à trois pi-

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liers, sans hémisphères cérébraux; il tombe alors dans les conditions organiques des classes inférieures, et il y tombe par l'absence ou l'atrophie de ses artères encéphaliques.

S'il est sans cervelet, il est sans artère vertébrale.

S'il est sans corps calleux, l'artère calleuse n'existe pas.

S'il est sans hémisphères cérébraux, l'artère carotide interne est réduite à zéro d'existence.

De ces faits généraux découle la loi suivante :

Les conditions d'existence des diverses parties de l'encéphale chez les animaux vertébrés , sont rigoureusement assujéties aux conditions d'existence du système sanguin encéphalique.

Considérées dans leur point le plus élevé, les différences de l'encéphale et de la moelle épinière, dans les quatre classes, se réduisent donc à quelques artères de plus ou de moins, et à une différence de volume dans leur calibre.

De là naissent, d'une part, les rapports

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des différentes parties du système nerveux, et de l'autre, le rapport du volume des masses organiques dans lesquelles ces nerfs se forment.

Ainsi , le volume des artères de la moelle épinière est en harmonie avec le volume des artères intercostales, chez les embryons et les animaux parfaits , ce qui explique le rapport constant du calibre de la moelle e'pinière avec le volume du tronc de l'animal et des nerfs qui en proviennent.

Le prolongement caudal des animaux est assujéti au volume de l'artère sacrée moyenne , d'où dérivent le prolongement et le volume de la moelle épinière dans le canal coccygien.

La tête étant comparée au tronc, on trouve que le volume des artères de la moelle épinière est en rapport direct avec celui de la carotide externe et de l'artère ophthalmique ; de-là la cause du rapport direct de développement entre la moelle épinière, les nerfs des sens et le volume de la face.

La carotide interne est en rapport inverse de calibre avec la carotide externe et

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les artères de la moelle épinière; de-Jà la cause du développement inverse du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs des sens.

Parmi les artères encéphaliques, celles des tubercules quadrijumeaux du lobe médian du cervelet, du lobule olfactif et des lobes de l'hippocampe , répètent le volume des artères de la moelle épinière et de la maxillaire interne; de-là le rapport direct de développement entre toutes les parties auxquelles ces artères se distribuent.

Au contraire , les artères striées , calleuses, cérébrale postérieure, cérébelleuses postérieures , sont développées en raison inverse de toutes les artères précédentes ; de là le rapport inverse entre la moelle épinière , le lobe médian du cervelet , le lobe de l'hippocampe , le lobule olfactif, les tubercules quadrijumeaux , les nerfs des sens , et les corps striés , la couche optique , les hémisphères cérébraux , les hémisphères du cervelet , le corps calleux et la protubérance annulaire. Tous ces faits se lient les uns aux autres ; tous ces rapports s'en-

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chaînent et découlent des mêmes principes.

La théorie de la formation des monstres dérive naturellement de cette loi d'harmonie du système sanguin avec les autres systèmes organiques. A quoi se réduisent nos connaissances sur ces êtres anomaux ? Ouvrez les livres qui en ont traité avant MM. les professeurs Geoffroy-St.-Hilaire et Meckel, qu'y trouverez- vous ? Des hypothèses plus bizarres que les animaux qu'elles doivent expliquer, et des mots dont l'association est souvent plus monstrueuse que les êtres auxquels ils s'appliquent.

Mais si les conditions d'existence des organes sont assujéties aux conditions d'existence du système sanguin , qui ne voit que le même principe est applicable au développement re'gulier des animaux , et à leur développement irrégulier?

Oubliez un instant toutes les suppositions qu'on a émises sur ce sujet , et qui , quelque ingénieuses qu'elles paraissent quelquefois, ne font que prolonger l'enfance de la science. Consultez l'organisation insolite des monstres délaissée jusqu'à ces derniers temps , et la vous verrez toute se déduire des con-

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ditions diverses d'existence de leur système sanguin artériel.

Vous trouverez une famille entière de ces êtres, chez laquelle ce système développé en moins restera au-dessous de son état normal. Avec l'atrophie ou l'absence de certaines artères, vous verrez diminuer ou disparaître les organes auxquels elles correspondent.

Les monstres privés du cerveau seront sans artères encéphaliques.

Les acéphales seront sans carotides primitives.

Les monstres sans extrémités antérieures , comme les reptiles bipèdes , seront dépourvus d'artères axillaires ; les bimanes , d'artères fémorales.

Avec l'absence des artères rénales , uté-*rines, vésicales, vous verrez coïncider l'absence des reins , de l'utérus et de la vessie.

Vous remarquerez , au contraire , une seconde famille , chez laquelle le système sanguin développé en plus, dépassera ses limites ordinaires , et vous observerez de même des organes qui se répéteront , avec a répétition des artères qui les produisent dans leur état normal.

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