‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatres classes des animaux vertébrés [electronic resource]Chapitre 7 sur 81 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

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Ces diverses opinions , fondées sur des recherches profondes , et qui ont donné naissance à des aperçus très-ingénieux, tendraient , je le répète , à ramener la science au point où elle en était avant la publication du rapport de M. le baron Cuvier. Pour faire cesser cette confusion , il devient donc plus nécessaire que jamais de fonder l'anatomie comparative du cerveau sur des principes généraux qui, applicables à toutes les classes , expliquent les différentes modifications de cet organe dans chacune d'elles , et permettent de saisir les rapports de ses différentes parties.

Ces principes , puisés dans l'anatomie transcendante, sont les mêmes que ceux que j'ai soumis à l'examen de l'Académie royale des Sciences , dans mon ouvrage sur les lois de l'ostéogénie (i). Ces principes sont en quelque sorte devenus classiques

(1) Cet ouvrage a remporté , en 1820 , le prix de physiologie expérimentale de l'Académie royale des Sciences, avec le beau travail que vient de publier M. le docteur Edwards , sur l'influence des agcns physiques sur la vie.

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par les applications qui en ont e'té faites à l'anatomie comparée des vertébrés , par M. le baron Cuvier , M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire et M. Dutrochet ; à celle des invertébrés , par M. le professeur Latreille et M. le docteur Audouin ; et enfin à la médecine opératoire des enfans? par M. le professeur Lisfranc , l'un des plus célèbres chirurgiens des hôpitaux de Paris.

Dans les sciences qui ont pour base l'observation , les faits se multipliant à l'infini , l'esprit a besoin de les coordonner, de les rattacher les uns aux autres pour saisir leur ensemble et leur dépendance mutuelle ; lorsqu'un rapport général et constant a été observé entre plusieurs faits du même ordre , ce rapport devient ce qu'on nomme principe ou loi.

Un fait est expliqué dans ces sciences , quand on a ramené sa manifestation au rapport général dont il dépend , de la même manière que dans les sciences physiques un phénomène est ramené à l'élasticité, à la gravité , à l'affinité, etc. Le

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rapport des principes, comme cause, avec les phénomènes comme effets, est un axiome presque fastidieux à répéter aujourd'hui en physique , en chimie , en astronomie , etc. Dans les sciences anatomiques cette doctrine est toute nouvelle; les faits primordiaux manquaient à la science pour l'établir, et ne pouvaient même lui être acquis dans l'ordre des idées qui dirigeaient les observateurs. Il était donc nécessaire , avant de pouvoir établir des principes , de trouver les faits qui leur servent de base, et de montrer leur généralité dans les divers systèmes organiques des animaux. Ceux qui connaissent les difficultés que présente l'anatomie des jeunes embryons , jugeront des obstacles qu'il m'a fallu vaincre pour m'élever au-delà du point ou s'étaient arrêtés tous les anatomistes.

Depuis que cet ouvrage a été présenté à l'Académie des Sciences, MM. Eugène Gaillard et Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, jeunes anatomistes , qui promettent à la science les plus grandes espérances, m'ont puissamment aidé à vérifier de nouveau t b

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les faits principaux qui lui servent de base.

Rapport fait à l'Académie royale des Sciences en mars 1821 , par M. le baron Cuvier , secrétaire perpétuel.

« L'Académie avait proposé , pour sujet du prix à décerner cette année , l'anatomie comparative du cerveau dans les quatre classes d'animaux vertébrés. Ce prix vient d'être remporté par M. Serres , médecin de l'hôpital de la Pitié ; et le travail important et volumineux qu'il a présenté au concours , accompagné d'une multitude de dessins , a tellement satisfait à ce que les anatomistes pouvaient désirer , que nous croyons devoir leur présenter ici , pour hâter leur jouissance , une analyse étendue , que nous empruntons en grande partie à l'auteur.

» Depuis trois siècles environ on s'est beaucoup occupé de l'anatomie du cerveau; on a senti toute l'utilité dont pouvait être pour ce sujet l'anatomie comparative : mais une partie de ces efforts ont été infructueux, à cause peut-être du point de départ.

» Les anatomistes cherchèrent d'abord les ressemblances dans l'encéphale des animaux comparé à celui de l'homme , qui leur était particulièrement connu ; ces ressemblances» furent saisies chez les mammifères , parce qu'aux pro-

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portions près , cet organe est la répétition de luimême dans les différentes familles dont cette classe se compose.

» On y trouva tout comme chez l'homme; on y dénomma tout comme chez lui : on arriva ainsi à l'anatomie des oiseaux avec des idées toutes formées ; mais , dès les premiers pas , on se trouva arrêté dans la détermination des parties dont se compose leur encéphale. Les lobes cérébraux et le cervelet furent bien reconnus ; mais on méconnut les tubercules quadrijumeaux à cause de leur changement de forme et de position; on méconnut également la couche optique , et on crut à une composition différente de leur encéphale.

» La chaîne des ressemblances parut dès-lors rompue ; et lorsqu'on en vint aux poissons , il sembla impossible de la renouer , par une circonstance que nous allons faire connaître.

» Les anatomistes s'étaient habitués , on ne sait trop pourquoi , à disséquer le cerveau humain par sa partie supérieure , et celui des mammifères d'avant en arrière ; cette méthode eut peu d'inconvéniens chez eux ; elle en eut également de faibles chez les oiseaux , parce qu'il était difficile de méconnaître les lobes cérébraux et le cervelet.

» Il n'en fut pas de même chez les poissons :

leur encéphale se compose d'une série de bulbes

alignés d'avant en arrière, tantôt au nombre de

deux, de quatre et quelquefois de six : à quelle

paire fkdovait-on assigner lev nom de lobes céiv-

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