PI. VIII, % 197, B
(4) PI. XII, fig-, 254, A.
(5) PI. IX, fig. 208.
(6) PI. XIV, fig. 266, A.
(7) PL XI, fin:. 201, A.
(8) PI. VIII, fig. 200, n° 1.
(9) PI. X, fig. 223, n° A.
(10) PL XVI, fig. 295, A.
(11) PI. XVI, fig. 590,11" 1,
(12) PL XV, fig. 27.5, A.
(»3) PL XIÎI, fig. 249, A.
(i4) PL XIV, fig. 262, B.
l88 MOELLE ALLONGEE.
leur trouver avec une pyramide , leur a fait donner ce nom ; mais déjà ciiez les singes (i) et les célacées (2), elles deviennent coniques; leur base arrondie est adossée contre le pont ; cette forme se conserve chez certains carnassiers digitigrades, comme le lion (3), îe tigre , la panthère. Chez les pachydermes (4) , les ruminans (5) et les rongeurs (6)^ ils ont la forme d'un quadrilatère allongé, un peu plus large en haut qu'en bas. Cette forme est la même chez la marte (7) , le daman (8), Fours (9), le pécari (10) et le kanguroo (11).
Les pyramides ont une ascension directe chez les poissons(i2) et les reptiles i3), elles marchent parallèlement l'une à l'autre chez tous les poissons, comme on le voit chez la raie bouclée (14)9
(I) PI. VIII, fig. 194, A.
(2) n. XII, fig. 254, A.
(5) PI. XIV, fig. 266, A.
(4) PI. XIII, Og. 249, A.
(5) PI. XVI, fig. 295, n° I.
(6) PI. XîV, fig. 258, A, B.
,7) PI, XV, fig. 290, fi-^ 1.
(8) PI. XV, fig. 273, A.
(9) PI XI, fig. 201 , A.
(10) PI. XVI, fig. 3oo, n" 11.
(II) PL XVI, fig. 299, A.
(12) PI. VI, fig. ,4;, n"7.
(i3) PI. V, fig. i34, 1^2 61 5..
(i4) PI. VI, fig. i48, u'i.
MOELLE ALLONGÉE. î 89
chez la perche (i), chez le rouget (2) , le gronau (3) , la morue (4) et le turbot (5). Chez le merlan (6) , on remarque de petits faisceaux transversaux qui les unissent en arrière de la sixième paire. Chez les reptiles (7) , leur marche est également directe.
11 n'en est pas de même chez les oiseaux : la marche des pyramides dans cette classe m'a paru entrecoupée à leur naissance par les faisceaux croisés situés vis-à-\'is ou au dessous de l'origine du nerf de la sixième paire , ainsi qu'on le voit chez le casoar (8) , l'autruche (9) et la cigogne blanche (10) ; de plus j'ai remarqué chez le casoar un enlacement des faisceaux vers l'insertion de la troisième paire (11). Cet enlacement est trèssuperliciel (12). Je ne l'ai jamais observé sur le trajet des pyramides découvertes profondément , comme chez le perroquet (1 3). Chez la poule,
(1) PI. VI, fig. i56, n° 1 et 2.
(2) PI. VII, fig. i56, n" 10.
(3) PI. VII, fig. i56, 11° 2.
(4) PI. VII, fig. 162, B; fig. 166, M" 1.
(5) PI. VII, fig. 176, B.
(6) PL VI, fi^. 144, n" 1.
(7) PI. V, fig. 124, n" ibis.
(8) PI. III, fig. 79,002.
(g) PI. IV, fig. 98,n°2.
(10) PI. IV, fig. io5, n" 2.
(11) PI. m, fig. 80, n-'S.
(i2)Pl. IV, fig. 98,002.
(i3) PI. III, fig. 82, n' I et 2.
igo MOELLE ALLONGÉE.
l'oie, le canard . le dindon , les faisans, je n'ai pas vu distinctement le passage des faisceaux superficiels d'une pyramide à l'autre.
Les pyramides , chez les embryons des jeunes mammifères, sont, dans le premier temps de leur formation, comme chez les reptiles et les poissons; on peut les disjoindre sans apercevoir de croisement; mais dès la sixième semaine du mouton , la septième du cochon , la huitième et la neuvième du cheval et du veau , on aperçoit des faisceaux croisés se porter de droite à gauche , ou de gauche à droite. Chez l'embryon humain j'ai aperçu cet entrecroisement dès les septième et huitième semaines ; le célèbre Tiedemann a fait la même observation. Il serait peut-être inutile de rappeler que cette disposition a été révoquée en doute par des anatomistes modernes très - célèbres , si Rolando ne venait de la nier de nouveau , après les travaux de Sanctorini , de Mistichelli , de Duverney , de M. Gall , de M. Cuvier, deTréviranuset de Tiedemann, sur ce sujet. C'^. doute, dans une question de fait qui paraît si simple, provient de ce que les faisceaux , avant de se porter d'un côté de la moelle allongée à l'autre , s'enlacent les uns dans les autres : cet enlacement n'existant pas chez les embryons , on aperçoit sans interruption les faisceaux de droite (i) se porter à gauche , et vice
(i) PI. XIII, fig. 247. n°8.
MOELLE ALLO.NGEE. igi
versd {i). Chez les embryons hydio-rachis , les faiscear.x étant tenus très-écartés , celte disposition est encore plus marquée , et ne saurait laisser le plus léger doute sur l'entrecroisement réciproque des pyramides.
L'homme seul a un entrecroisement très-distinct ; chez les singes , le phoque, les cétacées , il est beaucoup moins apparent ; il devient de moins en moins visible chez les carnassiers , les pachydermes (2) et les ruminans; chez les rongeurs (5) il est aussi peu sensible que chez les oiseaux ; ce qui provient de l'épaisseur des pyramides à leur insertion avec la moelle épinière ; il est , en général , beaucoup plus obscur chez les animaux où les pyramides sont droites (4) , presque parallèles (5) et quadrilatères (6) , que chez ceux où elles se rapprochent de la forme conique ou pyramidale.
Les expériences physiologiques viennent confirmer^ ce point important de Tanatomie comparée. Chez les poissons et les reptiles , l'action du cerveau sur la moelle allongée et épinière est directe ; chez les oiseaux et les mammifères elle
(1) PL XIII, fig. 247, n' 9-
(2) PI. Xm, fig. 349, n» 10.
(3) PI. XIII, fig. 25i, A
(4) PI. XIII, fig. 290, .iM.
(5) PI. XVI, fig. 299, A.
(6j PI. XYI, fig. 295, A.
192 MOELLE ALLONGEE.
est croisée ; c'est-à-dire que si vous blessez le cerveau des reptiles et des poissons , vous affectez le mouvement du même côté que la lésion : le contraire a lieu chez les oiseaux et les mammifères : le même résultat a liea pour le cervelet. J'ai démontré l'effet croisé de ce dernier organe dans les deux classes supérieures. Chez l'homme , les maladies organiques du cervelet et des lobes cérébraux prouvent irrévocablement ce croisement d'action.
Chez les poissons osseux (1) et cartilagineux (2), la marche des pyramides vers les lobes cérébraux est à découvert sur la base de l'encéphale ; chez les oiseaux (3), elle est entrecoupée dans son trajet par quelques fibres transversales (4) , que le célèbre Haller a pris pour les analogues du pont; chez les jeunes embryons des mammifères, les pyramides sont également à nu jusqu'à la formation du corps trapézoïde et du pont , ce qui les rapproche des classes inférieures ; chee les mammifères adultes , l'art seul peut mettre à découvert ce passage et suivre ces renflemens dans les lobes cérébraux.
On a dit que les pyramides étaient développées en raison directe des lobescérébraux, qu'elles augmen-
(1) PI. VII, fig. ,64, A.
(2) PI. VI, fig. 148, n"i.
(3) PI. III, fig. 82,n-i.
(4) PI. III, fig. 8a, n-2.
>IOELLK ALLONGEE. 1 95
taienl des poissons aux oiseaux , et des mammifères inférieurs aux siages et à l'homme : ce rapport est inexact.
Les pyramides, très-faibles chez les reptiles, sont aussi développées chez les poissons osseux (i j et chez les cartilagineux (2) que chez les oiseaux (5) : quant aux mammifères , elles vont plutôt en croissant de l'homme aux singes (4) , aux phoques , aux cétacées (5) , aux carnassiers (6) , aux pachydermes (7) , aux rumînans (8) et à certains rongeurs (9), en raison inverse du cerveau, qu'elles ne suivent la progression directe de cet organe , comme l'avait fait supposer le système de Gall.
En traversant le pont, les pyramides antérieures divergent chez les mammifères pour se rendre dans les pédoncules cérébraux. La divergence des pyramides suit en général une progression décroissante de l'homme aux singes , aux cétacées , aux phoques, aux carnassiers, aux pachydermes, aux ruminans et aux rongeurs ; elles se rapprochent de plus en plus du parallélisme à mesure qu'on
Cl) PJ. VIÎ, fi^. 162, B.
(2) PL VI, fig. 148, in.
(b) PI. ÎII,fig. 82, n" 1. •
(4) PI. VIII, fig. 197, B.
(5) PL XII, fig. 034, A.
(6) PL XI, %. 25 1, A; pL IX, fig, 220, A. (;)PLXVI,r,g. 295,nM.
(8) PL XIV, ûg. 2G2, A.
(9) PL XIV, fig. 258, B.
194 MOEUE ALLONGÉE.
descend des oiseaux aux reptiles et aux poissons. La moelle allongée présente encore en avant les tubercules olivaires ; ceux-ci sont situés sur la partie latérale et antérieure de la moelle allongée (i) ; leur forme chez l'homme les a fait comparer à Une olive : de là leur nom , si peu convenable chez l'homme , si impropre dans les trois classes inférieures , dont les cordons olivaires ne dont point renflés. Une hypothèse avait fait supposer que les pyramides devaient être développées en raison directe du cerveau ; on se hâta de le conclure : les faits prouvent le contraire , même chez les mammifères. Dans cette classe j les olives Stïitent au contraire ce rapport , et on l'a mé- CôbnUi II est pénible , mais nécessaire , de faire sentir cette contradiction entre nos suppositions et les faits.
Les olives sont très-prononcées chezl'homme (2); elles forment encore chez les singes (5) un renflement saillant (4); leur proéminence diminue chez les cétacées (5) : chez le phoque (6) et l'ours (7) elles ne forment déjà plus une éminence distincte ; on n'aperçoit chez eux qu'un faible renflement
(1) PI. XIII, fig. 247, n° 12.
(2) PI. XIII, ûg. 247, n*^ 12.
(5) PI. YIII,fig. 194,0.
(4) PI. VIII, fig. 197,0.
(5) PI. XII, fig. 254, O.
(6) PI. IX, fig. 208,0.
(7) Pi. XI, fig. a5i , 0.
MOELLE ALLONGÉE. tgS
sur les côtés des pyramides, renflement qui va en diminuant chez les carnassiers digitigrades, le lion (i) , la loutre (2), la marte (5); chez les pachydermes ,le pécari ( 4 ) , le daman ( 5 ) , le cheval (6) ; chez les ruminans, le chameau (7) , le lama (§) ; chez les rongeurs et les insectivores , le castor (9), l'agouti (10), le porc-épic (1 1), la marmotte (12) , la taupe (i5), le zemni (i4)î ^^ hérisson (i5) ; et chez les chauve-souris (16). La décroissance des olives est donc en raison directe de la décroissance des lobes cérébraux chez les mammifères.
Les faisceaux olivaires restent aplatis chez l'homme, les singes et les carnassiers, jusqu'aux
(1) PI. XIV, fig. 266, 0.
(2) PI. X, fig. 2'i3, O.
(-0P1. xv,fig. 290, 0.
(4) PL XVI, fig. 000, 0.
(5) PI. XV, fig. 2;5,0
(6) PI. XV, fig. 275, O.
(7)Pi. XIII, fig. 249,0.
(8) PI. XVI, fig. 2Ç)5, 0.
(9) PL XIV, fig. 258, 0.
(jo) PL IX, fig. 211, O,
(11) PL XIII, fig. 25i, 0.
(12) PL IX, fig. 2o5, O.
(i3) PL XIV, fig. 260.
(i4) PL XV, fig. 2;2,0.
(i5) PL XVI, fig. 297.
(16) PL IX, fig. 204, 0.
deux tiers environ de la gestation, ils sont alors dans l'état où on les ohs<?rve ehcz les inasiimlfères inférieurs. Aux deux tiers de la gestation des singes , delhonimeet des carnassiers , il se forme au centre dei'olive un amas de matièregrise dont la disposition se rapproche beaucoupdecelle du corps dentelé du cervelet. La saillie des tubercules est produite par la présence de cette maîière grise , dont la formation est de beaucoup postérieure, comme on le voit, à la matière blanche : sur la fin de la gestation des singes , des carnassiers et de l'homme , la matière grise se dépose en abondance dans l'intérieur des tubercules olivaires ; de là ,. le développement rapide de ces corps à cette époque. Si la saillie des olives dépend de la matière grise 5 on voit de suite cjue celle-ci doit diminuer en raison directe de îa décroissance de ces tubercules. C'est, en effet, ce qui existe : le corps dentelé gris de l'olive, très-fort chez l'homme, l'est considérablement moins chez les singes , moins encore chez le^ cétacées , chez le phoque , l'ours, le îion , la loîitre , la marte. Chez les pachydermes, les runûnans et les rongeurs, la matière grise n'est plus festonnée comme dans les précédens ; on ne rencontre au centre de l'olive qu'un petit noyau de cette dernière substance. Les olives ne sont point renflées chez les oiseaux, elles sont par conséquent dépourvues de matière grise; à la place où devraient se trouver
MOELLE ALLONGEE. I97.
ces éminences, on rencontre dans cette classe deux cordons aplatis (1) , longeant le côté externe des pyramides (2). Ces cordons vont en augmentant de la poule , de l'oie , des perruches , des perroquets, à la bondrée, aux oiseaux de nuit, à la cigogne , à l'aigle , à l'autruche et au casoar.
Chez les reptiles (5), les cordons olivaires sont très petits ; ils vont en augmentant de l'orvet au protée, aux ophidiens, aux vipères, aux sauriens et aux chéloniens; chez la tortue franche ils égalent presque le volume qu'on leur remarque chez le pigeon, la perdrix et les faisans.
Chez les poissons , les cordons olivaires ont la même disposition que chez les reptiles et les oiseaux ; ils sont en général moins gros chez les chondroptérvgiens (4) que chez les poissons osseux (5). Chez les premiers ils augmentent de la lamproie â l'esturgeon, à l'ange, au requin et aux raies (G) : chez les osseux , les plus petits se rencontrent chez les anguilliformes (7) , et les plus volumineux chez les trigles (8), le tur-
(i) PI. m, fig. 82, n°2.
(2) PI. III, flg. 82, n° 1.
(5) PI. XIV, fig. 288, 11° 2 elG,
(4) PI. VI,ng: 148, n°5o.
(5) Pî. VII, n- 162, A.
(G)Pl. VI,ri-. 148, n°3o.
(7) PI. VIÏ, fjg. ir)2, n"2. (8)P1. Vlî,fig. lôO^fai^^;
igS MOELIE ALLONGEE.
bot (i), la morue (2); du reste, celte partie, comme toutes celles de Tencéphale , en général , présente dans cette classe de grandes variations.
Les olives ou les cordons qui leur correspondent, diffèrent donc beaucoup, dans les trois classes inférieures , de ce qu'ils sont chez les mammifères : chez ces derniers , leurs faisceaux offrent des variétés essentielles à constater ; chez l'homme (5) et les singes, ils embrassent le corps frangé grisâtre, en formant un arc autour de lui ; aux deux extrémités de ce corps, les fiiisceaux des olives se croisent manifestement en haut et en bas chez l'homme, les singes , les célacécs et le phoque ; chez les carnassiers, les ruminans et les rongeurs, les faisceaux ne font que s'adosser en formant un entrela«'.emenl sans croisement distinct ; ceite disposition a élé indi îuéc chez l'homine par Sancturini , Malccarne, Vicq-d'Azyr^ Prochaska, Roiando. Les faisceaux des olives suivent d<ms le pont la marche in(ii(|uée par tleil , Gall et Tiedemann. Quelques fibns externes se rendent vers les tubercules quadrijumeaux d); la plus grande partie se porte de la base des tubercules vers le centre du lobe cérébral, pour
(,)P1. VII, î^^. 176,6.
(v.) PI. VU, fîg. 162, A.
(3) PI. XIII, fig. 247, n°i2.
(4) PI. XIV, fig. 289, n" 3, i3 et 14.
MOELLE ALLONGÉE. 1 gg
aller se perdre dans la radiation de l'éminence mamillaire. Les fibres qui se dirigent vers les tubercules quadri jumeaux sont plus prononcées cbez les rongeurs et les ruminans que chez les singes et l'homme; chez les cétacées, elles sont aussi prononcées que chez les ruminans. Les faisceaux principaux des olives, qui se rendenHjjans la radiation mamillaire, vont en décroissant de l'homme aux singes , aux phoques , aux cétacées , aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs.
Chez les oiseaux (i) , deux ou trois petits faisceaux des cordons olivaires se portent, commet chez les mammifères, dans les hémisphères cérébraux ; mais la presque totalité des olives pénètre dans les lobes optiques (2) , où elles s'épanouissent. 11 en est de même chez les reptiles (5) : ê^ peine trouve-t-on un petit faisceau, chez les tortues, le crocodile et la grenouille, qui, des corr dons olivaires, se dirige vers les lobes cérébraux. Chez les poissons osseux et cartilagineux, tout rapport est rompu entre ces lobes et les cordons olivaires; ces derniers s'épuisent en entier dans les lobes optiques , de la manière que nous l'avons représenté chez le merlan (4) , chez les
(1) PI. III, fig. 82, n°4.
(2) PI. III, fig. 82, n°8.
(3) PI. XIV, fîg. 288, n° 1 et 5.
(4) P^ VI,fig. i47,n°aet9.
trigles (i) et la morue (2). De Cv^tle diversité de structure dérivent la diversité de leurs rapports et la diversité des effets observés dans les expériences physiologiques.
Du cordon restifonne, l^a partie antérieure de la moelle allongée est donc formée par la pyramide antéHeure et les faisceaux olivaires ; la partie la plus externe et la postérieure sont constituées par le cordon restiforme (7)) et la pyramide postérieure (4) ; un tubercule formé par la matière grise (5) est interposé entre les cordons antérieurs et postérieurs de la moelle allongée. Le volume de ce tubercule , sa disposition et son étendue sont très-variables chez les mammifères et les oiseaux. En faisant partir le cordon restiforme du niveau de ce tubercule (6) , on voit d'abord qu'il forme la plus grande partie du cordon postérieur de la moelle allongée ; on remarque ensuite qu'en s'élevant il diverge au dehors , en formant un arc dont la convexité est en dehors (7) , et la concavité en dedans (8) ; en dedans il correspond à la
(1) PL VIT, fig. i56, n° 2,3, 5 et ().
(2) PL Ylljfig. 17a, n°2 et 4.
(5) PL XIII, fig. 245, n°2 et 5.
(4) PL XIII, fig. 245, iv i et 4.
(5) PL XIII, fig. 245, n» 2.
(6) PI. XIII, fig. 245, n" i et 5.
(7) PL XIII, fig. 245, n*^ 5.
MOELLE ALLONGEE. 201
pyramide postérieure (i), en dehors il longe le faisceau olivaire (2) , dont il est séparé , comme nous venons de le dire, par une traînée de matière grise. Par l'effet de la divergence que nous venons de décrire , le cordon restiforme se porte de la partie postérieure de la moelle allongée à sa partie externe (3) , où on le voit faire saillie en dehors de l'olive (4). Le cordon restiforme ne suit donc ni le même développement ni les mêmes rapports que les pyramides antérieures et les faisceaux olivaires. Lorsque l'on a développé la moelle allongée, comme le représente la fig. ^45 de la PI. XIII , on voit que le corps restiforme augmente d'une manière progressive de l'homme aux singes, au phoque, aux pachydermes, aux ruminans , aux carnassiers et aux rongeurs. Il conserve chez les oiseaux une partie de cette prééminence, qu'il perd tout-à-coup chez les reptiles, pour la reprendre de nouveau chez les poissons. Chez les poissons , le cordon restiforme est en effet très -prononcé (5). Chez la morue (6) , on voit que la partie postérieure de la moelle allongée représente exactement la disposition de cette
(1) PI. XIII,fig. 245, n°4.
(2) PI. xm, fig. 243, p.
(5) PI. X!II,fi^. 247, n° 12.
(4) PI. XIII, fig. 249, D.
(5) PI. YI,fig. 147, n" 8.
^6) PL Vîï^fig. !6i^ n= n
$Q2 MOELLE ALLONGEE.
partie chez l'homme (i) ; on aperçoit la ligne de démarcation qui le distingue du cordon olivaire: en s'élevant il diverge comme chez l'homme, mais beaucoup moins , à cause de la moins grande capacité, chez les poissons, du quatrième ventripule.
Chez les raies, on remarque sur la partie latérale un renflement elliptique considérable , sur lequel viennent prendre leur insertion les nerfs 4(3 la cinquième, de la seplième et de la huitième paire. Les faisceaux olivaires marchent le long de ce renflement.
Pyramide postérieure. La partie interne et postérieure de la moelle allongée est complétée par un autre cordon très-distinct du précédent , et que je nomme, avec le professeur llolando , /)yrumide postérieure (2). Située au côté interne du cordon resliforme , il offre la même disposition que lui; il diverge en s'élevant; d a sa face externe convexe, logée dans la concavité que présente en dedans le cordon restiforme ; sa partie interne concave borde en dedans les lèvres du quatrième ventricule ; sa partie supérieure est coupée à angle droit par le tœnia grisea [7)) des frères Wenzel , couché en travers sur lui et le cordon restiforme : sa couleur est d'un blanc plus mat que
(1) PI. XIlî, fig. 245.
(2) PI. XIII, fig. 245, n°4.
(3) PI. XIII, fig. 245, n'Ô.
mo|:lle allongée. so3
ce dernier. Le cordon restiforme et la pyramide postérieure représentent donc deux faisceaux enchâssés l'un dans Fautre ; leur divergence réciproque (i) fait qu'en haut la pyramide postérieure forme seule le calamus scriptorius (2) , qui , comme on le voit , n'est autre chose que l'angle résultant de cette divergence. Cet angle est rempli par un petit amas de matière grise, qui est la lerminaisotk de la lame de celte substance qui tapisse les cordons postérieurs de la moelle épinière.
La pyramide postérie^ire suit une progression croissante de l'homme aux singes, aux cétacées , aux phoques , aux rujninaijs (">) , aux carnassiers (4) et aux rongeurs (ô). Elle est beaucoup plus prononcée chez les oiseaux que chez les mammifères^ comni'^ on le remarque chez la poule (6), le perroquet (7) , le casoar (8) et l'aigle (9). Le calamus scriptorius est aussi beaucoup plus prononcé dans cette classe, (ihez certains oiseaux ,
(1) PI. XIII, fig. 145, n° 1,5, 4et 5.
{9.) PI. XV. fig. 271 , n°2. é
(5) PI. XV, fig. 271, 11° 3.
(4) PI. XV, fig. 279, n° 2.
(5) PI. II,rig. 57,nM.
(6) PI. III, fig. 87, n°3.
(7) PI. III, fig. 84,n°i5.
(8) PI. III, fig. 85, n" 16.
(9) PI. IV, fig. ioi,nM5.
comme le casoar (i) , la pyramide postérieure forme un cordon festonné en dedans du quatrième ventricule.
Chez les reptiles, la pyramide postérieure est très-grêle (2); elle est très -faible chez les ophidiens (5) et les batraciens (4) ; elle acquiert un volume assez considérable chez la tortue franche (5) , qui, sous ce rapport, se rapproche des oiseaux.
Chez les poissons , la pyramide postérieure devient aussi prononcée que chez les oiseaux. Chez les osseux (6) , elles forment en arrière de la moelle allongée un cordon aussi distinct que le sont en avant les pyramides antérieures chez les mammifères (7). Chez les osseux, elles sont beaucoup plus prononcées que chez les cartilagineux, comme on le voit chez la morue (8), l'anguille (9), le congre (10), comparés à la raie (11). Chez la
(1) PL m, fig. 85, n" 2 et 16.
(2) PI. I, fig. 16, n° 1.
(5) PI. V, fig. 110,0" 6.
(4) PI II,fig.4B,no3.
(5) PI. V, fig. 119, n° 3 et 4.
(6) PL VI, fig. i5i, n- 12.
(7) PL XVI, fig. 295,11» I.
(8) PL VU, fig. 161, A.
(9) PL VII, fig. 174, n-2.
(10) PL VI, fig. i5i, n" 12.
(11) PL VI, fig. i52,n- 1.
MOELLE ALLONGÉE. 2o5
morue (i) el; i anguille (p.), les pyramides postérieures ne divergent pas à leur entrée dans le quatrième ventricule ; chez le congre , leur divergence (v5) suit celle du cordon restiforme ; chez la tanche (4) et l'esturgeon (5), elles sont festonnées comme chez le casoar (6).
L'entrecroisement des pyramides antérieures est un fait constant chez les mammifères et les oiseaux; les pyramides postérieures sont toujours directes chez les mammifères (7) , les oiseaux (8) , les reptiles (9) et les poissons (10). Chez ces derniers, elles sont quelquefois réunies à leur entrée dans le quatrième ventricule par un faisceau blanchâtre transverse, qui d'une pyramide se porte à l'autre , comme je l'ai fait représenter chez la morue (11) et chez le congre (12).
Le croisement des pyramides antérieures a servi à expliquer le croisement d'action des hémisphères
(1) Pi. VII, fig. 161, n" t.
(2) PI. VII, fig. 190, B.
(3) PI. VI, fig. i5i, ii'>i2ct i5.
(4) PL VU, fig. i85, V
(5) PI. XII, fîg. 235, n" 2.
(6) PL ÏII,rig. 83, n" 16.
(7) PL XIII, fi-, 245, n"! et 2.
(8) PL Ilïjfig. 87, n-S.
(9) PL II,fig. i2,iri.
(10) PL VII, fi-. 161, A.
(11) PL VII, fi- 161, n' I.
(12) PL VI,fig. i5i,n" i5.
cérébraux. Le non-croisement des postérieures a contribué à faire croire aux physiologistes que l'action du cervelet sur les mouvemens volontaires était directe : c'est une erreur. L'action du cervelet est croisée comme celle des hémisphères cérébraux. J'ai déjà fait connaître celte vérité importante, sur laquelle nous reviendrons ailleurs.
Telles sont les parties communes de la moelle allongée ; elle offre en outre des parties propres , qui ne se remarquent que dans quelques classes en particulier. Ce sont le trapèze chez les mammifères, et certains renflemens chez les poissons.
Le trapèze de la moelle allongée est un carré allongé , dont les bords internes et externes ne sont pas exactement parallèles. li forme une espèce de ceinture à la moelle allongée, au-dessus des olives (i) , et au-dessous ou en arrière de la prolubérance annulaire (2). 11 part en d(:hors du tœnia grisea dos frères Yenzel , et se termine en dedans au sillon antérieur en se joignant a celui du côlé opposéi Le lieu de cette jonclion offre une dépression qui correspond au sillon antérieur de la moelle allongée.
Le trapèze diffère de la protubérance annulaire par son point de départ , par sa position et sa terminaison. Son point de départ correspond au
(1) PI. XI,fig. 201, 0.
(2) PL XI,fig. 23 1, P.
tœnia grisea des frères Venzel. Sa position est plus profonde que celle du pont de varole ; il se terymine en passant en arrière des pyramides antérieures (1), tandis que les fibres du pont passent constamment en avant et les recouvrent. Enfin , le trapèze et le pont sont développés en raison inverse l'un de l'autre.
Le trapèze est un ruban de matière blanche , formé par des fibres transversales et parallèles, non entrecoupées, comme dans le pont , par l'interposition de matière grise. Il est peu développé chezl'homme; il l'est beaucoup cheztouslessinges, comme on le remarque chez le mandrill (2) et le drill (5) : il est plus faible chezle phoque (4) , et disparait tout-à-fait chez les cétacces (5). Ala place qu'il devrait occuper , on trouve, chez ces derniers animaux, une fossette assez profonde qui occupe toute l'étendue qu'il devrait avoir. 11 augmente ensuite d'étendue des carnassiers (6) aux ruminans (7) , et de ceux-ci aux rongeurs (8) et aux édentés ; comme on le remarque chezles chauve-souris (9) ,
(i) PI. XI, fig. 23i,T.
(2)P1. VIII,fig. 194, T.
(3) PI. VIII,fig. 197, T.
(4) PL IX, fig. 208, T.
(5) PI. XII, fjg'. 234, T.
(6) PI. X,fig. 223, T.
(7) PI. XIV, fig, 262, T.
(8) PL XIV,fig. 258,T.
(9) PL IX, fig. 2o4,T.
208 MOELLE ALLONGEE.
la taupe (i), l'ours (2), le raton {5), les coatis, la marte (4) , le lion (5) , la loutre (6) , la mangouste du cap (7), le kanguroo géant (8), le daman (9) , le cheval (10) , le pécari (i 1) , le chameau ( 1 2) , le lama ( 1 3) , le bouc ( 1 4), le mouton , le bœuf, le castor (i5), le zemni (16), les rats, le cabiai , le porc-épic (17) , le tatou (18) , la marmotte (19) et l'agouti (20).
En suivant ce développement progressif du trapèze de la moelle allongée , on voit qu'il a constamment lieu d arrière en avant ; il chasse devant
(1) PI. XIV, fig. 260, c.
(2) PI. XI, fig. 25i,ï.
(5) PI. YÏII,fig. 200, T.
(4)Pl. XV,fig. 290/1.
(5) PI. XîV, fig. 266, T.
(6) PI. X, fjg. 220, T.
(7) PI. xm,%. 254, T.
(8) PI. XYI, fig, 290, T.
(9) PI. XV.fig. 275, T.
(10) PI. XV, fig. 275, T.
(11) PI. XVI, fig. 3oo, T.
(12) PI. xni,fig. 249, T.
(i5) PI. XVI, fig. 295, T.
04) PI. XIV, fig. 262, T.
(i5) Pi. XIV, fig. 258, T.
(16) PI. XV, fig. 272, T.
(17) PI. XIII, fig. 25. ,T.
(18) PI. XIII, fig 246, ï.
(19) PI. iX,fig. 2o5,T.
(20) PI. IX, fig. 211, T.
MO£LLE ALLONGEE. 209
lui de deux manières le pont de \arale , comme on peut le remarquer sur tous les animaux précédens. Plus il s'élargit (i), plus la protubérance annidaire se rétrécit (2); l'un gagne ce que l'autre perd.
Cet antagonisme répète cliez les animaux adultes ce que nous offre la série des développeinenschez les embryons ; d'abord , chez le cheval , le veau, le cochon , le lapin , le trapèze est très-étendu en comparaison de la faiblesse du pont; puis le pont se développe , et il dépasse de beaucoup par la suite i'éteudue du trapèze. Cesmouvemens opposés indiquent donc l'indépendance et les différences de ces deux parties.
Quoique l'amas de matière grise que l'on a nommé ruban gris, ne se forme qu'après , et longtemps après le trapèze, il me paraît être la saillie de ce corps sur les côtés du quatrième ventricule.- Cette matière grise est au trapèze ce que la substance grise est à l'ol've. De même que la matière grise de Tolive décroît dans les mêmes proportions que celle - ci ; de même , le ruban gris ou le tubercule qui le remplace chez les ruminaus , croît dans les mêmes proportions que le trapèze. Le ruban gris est très-mince chez le phoque , chez lequel le trapèze est peu développé ; il a disparu chez le dauphin de même que ce der-
(i) PI. xiii,r.g. 249,T.
(») PI. XIII, %. 249, p.