CHAPITRE V
Des Tubercules quadrijumeaux^ et de leurs analogues, les Lobes optiques , dans les quatre classes des vertébrés.
Jusqu'à ce jour les anatomistes avaient déduit leurs déterminations de la forme et de la position des parties, en choisissant l'homme pour point de départ, et les mammifères pour terme de comparaison des autres classes. La moelle épinière et la moelle allongée ayant une position constante dans toutes ces classes , et ne différant point ou presque point (le pont des mammifères excepté) quant à leur forme, on est généralement tombé d'accord sur l'analogie de ces parties chez tous les vertébrés. Les limites de la dernière ont seulement farit naître quelques controverses , mais elles n'ont eu aucune influence sur la science.
Il n'en est pas de même des tubercules quadrijumeaux , et des lobes qui leur correspondent dans les trois classes inférieures ; lobes que j'ai nommés lobes optiques^ le nerf de la vision n'étant en quelque sorte que leur continuation. Ici commencent la diversité de forme, la diversité de position , pour les élémens de l'encéphale , et avec elles le doute , le vague et l'incertitude des déterminations. Ou conçoit en effet qu'en restant assujétis aux formes
254 TLBERCILES QUADRIJUMEAUX.
des parties , et en ne choisissant que les animaax adultes , on ne pouvait trouver similaires deux rangées de tubercules solides et une paire de lobes creux? Pareillement, en prenant pour règle la position, comment reconnaître à la base et sur les côtés de l'encéphale des oiseaux, les analogues des organes qu'on voyait constamment sur la face supérieure du même organe? On crut la chaîne des ressemblances rompues, on chercha à la renouer d'une autre manière : on aperçut des tubercules dans les lobes optiques des oiseaux; on n'hésita pas à les considérer comme les analogues des tubercules quadrijumeaux: on vit une voûte de couleur grise et blanche réunir les deux lobes optiques ; on n'hésita guère moins à trouver en elle les caractères de la voûte à trois piliers des mammifères. On fut plus loin encore chez les poissons.
La richesse d'organisation de leurs lobes optiques, la prédominance qu'ils acquièrent sur les autres lobes qui composent l'encéphale dans cette classe , les fit considérer comme les analogues des hémisphères cérébraux des classes supérieures. Dès-lors on y trouva non-seulement, comme chez les oiseaux, les tubercules quadrijumeaux et la voûte, mais on y reconnut et on y plaça la couche optique, les corps striés , la voûie , et jusques au corps calleux. En arrivant à des rapports si peu vraisemblables , il semble qu'on eût dû se mettre eu garde contre,' les principes qui y condui-
TUBERCULES QUADBIJUMEAUX. 255
saieut : il n'en fut pas ainsi ; plus ces lapprocheinens parurent singuliers, plus ils piquèrent l'esprit des observateurs. Ce n'est pas , en efiet , une chose facile que de trouver le cerveau de l'homme dans l'encéphale d'un poisson ; mais pour arriver à ces conclusions , on choque toutes les vraisemblances, on délaisse toutes les connexions des parties, tous leurs rapports : on fait du cerveau dans cette classe une véritable monstruosité. Ce n'est donc pas une petite entreprise que de chercher à ramener par des voies simples et naturelles les lobes optiques des oiseaux , des reptiles et des poissons, à leurs correspondans chez les mammifères, les tubercules quadrijumeaux.
Certainement , si l'on bornait ces considérations aux animaux adultes , nul doute qu'on échouerait dans cette tentative. Considérez en effet à cet âge les animaux : les tubercules quadrijumeaux (i) des mammifères , et les lobes optiques des oiseaux (2) , des reptiles (3) et des poissons (4) , paraissent des organes tout-à-fait différens. Chez les premiers ce sont quatre tubercules (5) solides, symétriques, placés sur la face supérieure de l'en-
(i)Pl. XII, fig. 241 , n- 5 et6; fig. 242, n» 6 et 7.
(2) PI. III , fig. 78 , n» 7 ; fig. 79 , n» 6 et 7.
(3) PI. V, fig. 111, n-6; fig. 116, n^ 3.
(4) PI. VI, fig. 139, n- 3; fig. i55, n» 5.
(5) PI. XI, fig. 225, E, G.
2b6 TUBERCLLES QUADRIJUMEAUX.
céphale (i). Chez les oiseaux ce sont deux lobes creux {2) , situés sur les côtés (5) el à la base du cerveau (4). Chez les reptiles (5) ces deux lobes restent dans la même position que chez les mammifères. Enfin chez les poissons osseux (6) et cartilagineux (7) , ils occupent la même place que chez les reptiles; mais leur structure devient si compliquée, qu'on les a pris, comme nous venons de le dire , pour les hémisphères cérébraux. Leur organisation est en outre différente dans toutes les classes. Comment accorder toutes ces dissemblances ? Comment ramener à l'unité de composition , et à la même signification , dans tous les vertébrés, des organes si opposés, par leur forme, leur position et leur structure.
L'anatomie comparative des embryons des quatre classes rapproche tous les animaux les uns des autres : il semble que ce ne soit qu'une grande famille , dont les genres éprouvent une série de métamorphoses plus ou moins nombreuses, plus ou moins variées : les uns s'arrêtent plus tard dans leur évolution; les autres plus tôt,
(1) PI. XI, fig. 232, n» 1.
(2) PI. III, fig. 83, n" i5.
(3) PI. ill,fig. 78, 11-7.
(4) Pl.IlI,fig. 79,n-7.
(5)P1. V,fig. 119, n' 7.
(6) PI. VII, fig-. i63, n'' r.
(7) PI. VI, fig. i38, n» 7.
TlIBEPtCL'U'S QL'ADRiJUilEALX. 20']
d'autres enfin en parcourent toute l'écheile, en traversant tous îes degrés intermédiaires des premiers. Je vais montrer une application de ce principe général des évolutions organiques, dans la formation des tubercules quadrijumeaux chez les vertébrés.
Et d'abord il pourra paraître singulier que leur étude précède celle du cervelet : ce dernier organe suivant immédiatement en arrière la moelle allongée, on croirait qu'il devrait être le premier formé après elle, et surtout long-temps avant les tubercules quadrijumeaux. L'inverse a constamment lieu : les tubercules et les lobes optiques se développent immédiatement après la moelle épinière, dont ils sont le bulbe de terminaison. Cette succession dans la génération de ces parties n'est pas seulement curieuse comme fait anatomique : elle devient en physiologie et en pathologie de la plus haute importance.
Comme la moelle épînière, les tubercules quadrijumeaux se montrent d'abord sous la forme de deux lames séparées sur la ligne médiane : ces lames sont distinctes chez les oiseaux , de la vingtcinquième à la trentième heure de l'incubation ( i ) ; elles se réunissent en avant chez le mouton à la quatrième semaine (2) , chez le veau et le chevrd à la cinquième, chez le lapin au dixième jour,
(l)Pl. I,fin;. 2,n"7.
(2) PI. I, fjg. 20.; n" 5.
'J^b TUEERCULES QUADIllJUME VUX.
chez rvjiuhryoii luuiiaui vers la fin du \neiu'uï mois ( 1 ) , chez le têtard des batraciens du dixième au doiîzlèiîîe jour de ieiir formation (2). Dans cet état ies lobes optiques et les tubercules quadrijumeaux forment dans les trois classes une large gouttière, dont les bords flottcins sur Te liquide qui la remplit se relèvent et marchent en se recourbant à la rencontre les uns des autres ; lorsqu'ils sont parvenus au haut de l'encéphale, ils se recourbent verticalement , forment un sillon médian, qui est produit, chez les mammifères et ies oiseaux , par la présence de la faux de la duremère : cet elTet est irès-apparent chez le poulet (5), Foie, le canard, au commencement du cinquième jour de l'incubation ; chez le têtard des batraciens au quatorzième; chez le mouton de la cinquième semaine (4) ? chez le veau et le cheval de la sixième, et chez l'embryon humain delà même époque (5) : les lames sont alors adossées , mais non réunies en arrière; cette réunion se fait plus tard par vin mécanisme entièrement semblable à i'engrenure postérieure de la moelle épinière. Cette réunion postérieure est effectuée chez l'oiseau vers le sixième jour de Tincubation (G) ; chez le têtard
(i) PI. I, fjg. 2G, n° :.
(2) PL I, f]g. 9, n° 5 el 8.
(5) P1.I,%. 4,n"7- (/i) PI. I,fig. i9,n°4.
(5; PI. I.fijJ. 24. n» 4.
{^ï) PI. I , fig-. 5, 11" 6.
TUBEKCIILES QTJ ,\DRIJUMEAl!X. 2^9
elle s'opère du quinzième au dix- septième (i); chez Tembryon du lapin , du onzième au douzième ; chez le chat au vingtième , chez le mouton au commencement du deuxième mois (2) ; chez le cheval , le veau et l'embryon humain , vers la septième semaine (5) : et si à cette époque une maladie suspend le développement de l'encéphale, si le liquide qu'il renferme s'accumule en trop grande quantité, les lames ne sont pas jointes, elles restent écartées ou se déjettent sur les côtés, de la même manière que cela arrive pour la moelle épinière.
Arrêtons-nous un instant sur cet état primitii des tubercules quadrijumeaux et des lobes optiques dans les diverses classes. Nous voyons que chez l'homme (4) , les mammiicres (5), les didelphes (6) , les oiseaux (7) et les poissons (8) osseux et cartilagineux (9), ils ont rigoureusement la même forme et rigoureusement aussi la même position , les mêmes connexions et les
(1) PI. I,fig. i5, n" 5.
(2) Pi. I, fig. 28, n-S.
{^) Pi. J, fig-. 51,1104.
(4) Pi. I, fig. 24,n<^4.
(5) Pi. 1, fig. 2!, irS.
(G) Pi. I, fig. 50,11" 4.
(7) PI. î, fig. 5, n^G.
(8) Pi. I, fig. i5 et 14, iV'Zk 9) PI. VI, fig. 159, n" 5.
zGo TURERCULES QL ADKUrMEAUX.
iiKÎmes rapports. Ce sont deux lobes symétriques séparés sur la ligne médiane par un sillon plus ou moins profond, offrant une vaste cavité dans leur intérieur , remplie chez les oiseaux , les reptiles , les mammifères et l'homme, par un liquide plus ou moins épais; les tubercules quadrijumeaux de l'homme et des mammifères sont donc primitivement une paire de lobes , comme chez les poissons , les reptiles et les oiseaux. C'est un organe identique en tout point dans toutes les classes ; et s'il s'arrêtait au point où nous venons de l'observer , nul doute que celte identité ne fut reconnue par tous les anatomistes.
Mais il n'en est pas ainsi , les transformations que ces organes primitifs éprouvent, différant pour chaque classe, les formes qu'ils revêtent, la position qu'iwj affectent, la complication qu'ils acquièrent , doivent varier dans chacune d'elles. A la variation de ces métamorphoses correspondent les changemens que les tubercules quadrijumeaux et les lobes optiques subissent dans toutes les classes : pour les apprécier il est rigoureusement nécessaire de suivre avec précision ces métamorphoses , et les transformations qui en dépendent.
Les lobes optiques qui se métamorphosent le moins, sont ceux des reptiles. Suivez ces organes chez les têtards des baîraciens;y[usqu'au quinzième jour, le lobe optique est unique de chaque côté ;
TUBERCULES QUADRIJLMEAUX. . 26 V
Jii seizième au dix-lmitième , la vésicule qui le iorme se subdivise par unpetit sillon transversal(i), tic telle sorte qu'on pourrait dire, à la rigueur, qu'il existe alors quatre tubercules quadrijumeaux; aux vingtième , vingt-unième et vingt-deuxième jours , ce sillon disparaît , et les lobes optiques deviennent jumeaux , comme ils l'étaient primitivement (2); leur forme est alors celle d'un cône tronqué en devant (5) : ils restent quelques jours dans cet état, ils s'écartent ensuite en devant (/]) du vingt-cinquième au trentième jour, de manière à former entre eux un angle rentrant, dans lequel se loge la couche optique (5) ; cet angle s'agrandit dans le courant du deuxième mois , à mesure que les lobes optiques s'écartent (6) et que la couche optique s'agrandit (7). Us restent dans cet état chez les batraciens adultes, un peu déjetés en devant sur les cotés (8) , et obliquement dirigés, par conséquent, de dehors en dedans. Chez le proîée , la cécilie , l'orvet (9) , les deux lobes optiques semblent réunis en un seul, le
(1) PI. 1,11g. i5, n"5.
(2) PI. I,flg. 11 , îi" 5, (5) PL I, fig. 11, n°5,
(4) PI. I,fis. 12, n"3.
(5) PI. I, fig. 12, 11" 3 cl 4- ((i) PI. I, ûg. iG, n° 2.
(7) PL î,Cg. iG,n°5.
(8) PL î, fig. 16, 1^2.
(9) PL V, fig, 109, ir 3.
202 TLT.ERCULES Qlj ADllIJUMEAlJX.
silion qui les divise supérieurement ne se voit qu'en arrière , où les lobes optiques sont trèspetits; ils sont presque parallèles, et à peine écartés en devant ; chez la vipère hajé , la vipère de Fontainebleau (i), la vipère à raies parallèles (2), ils augmentent un peu de volume , et conservent en devant la même disposition à cause de la petitesse des renflemens optiques; chez le lézard gris, ils sont ovalaires (5) ; chez le lézard vert (4) ils se rapprochent beaucoup de la forme de ceux de la grenouille (5) ; chez le caméléon (6} ils sont trèsécartés en arrière et en devant, ce qui augmente feur diamètre transversal; en devant ils s'écartent pour loger la couche optique (7); leur écarlement postérieur sert à loger le cervelet (8). Chez le crocodile a deux arêtes (9) ils s'écartent moins que chez le caméléon, et, comme chez ces derniers, leur volume est plus fort que chez l'orvet, les vipères et les couleuvres; chez le crocodile vulgaire (10), l'ovale qu'ils représentent est légèrement déprimé
(1) PI. V, ^1J,^ i2t), iV^ 5.
(2) ri. V, fig. i55, nv5.
(5) PI. V, fig. 128, n"5.
(4) PI. V,ng. 110, n"9.
(5) PL î, fig. 16. n"2.
(6) PI. V, Ijg. 1:1, n"C.
(7) Pi. V, lig. m, n" 8.
(8) PI. V, lig. 1 1 1 , n" 4-
(9) PI. V, fig. !i5, n' 4- (-0) PI. V.fig. iiO, n":>-
TUBEIICULES OU AOUUUMliAljX. 265
sur les côtés , et ils se touchent presque en arrière et en avant. Chez le caïman ( i) ils ont une l'orme sphérique ; chez la tortue grecque (2) ils se rapprochent de la forme quadrilatère; ils offrent en arrière un sillon transversal (5) analogue à celui du têtard du dix-huitième jour, de telle sorte qu'on croirait, chez ces animaux, à l'existence des tubercules quadri jumeaux des mammifères. Chez la tortue franche (4), leur forme est très-différente de celle de la tortue grecque, ils représentent deux sphères arrondies , superposées sur la face supérieure de l'encéphale (5) , séparées en devant par la glande pinéale qui se place entre eux (6). Chez le tupinambis (7) ils sont quadrilatères de même que chez la tortue grecque (8) , et recouverts en arrière par une petite lauguette du cervelet (9). Telles sont les diversités de forme que j'ai pu observer dans les diverses familles et les espèces de cette classe. Leur cavité ititérieure communique d'un lobe à l'autre : cette cavité, à peine dislincte chez l'amphisbène , est très-
(1) PI. V , fii; ij5 , n° 5
(■2) PI. Y,r.o-. 10,5, iv^.
(5) PI. V, fjg. i55, n° 7 et 7 his,
(.s) PL y,%. 119, ""7,^
(5) PI. Y, fig. 120, 11" 5.
(G) PL V, li-. l'M , n" 10.
(;) PI \,ii'^, 114, ir 8.
(8) PL V, fig. 125, n" 7-
(o) PL Y, iig. îi.^, iv 1
'j6^\ TUEEUCLLES QIJADIUJCMEAUX.
étroile chez l'orvet, le protée , les couleuvres^ les vipères ; elle augmenle chez la grenouille (i) , les crapauds, le caméléon, le tupinambis , les lézards , les crocodiles, le caïman, et surtout chez la tortue franche (2) , où elle acquiert les plus grandes dimensions possibles dans cette classe. La lame qui les réunit l'un à l'autre est très-mince , son épaisseur suit la progression du volume des lobes et s'accroît insensiblement de l'orvet à la grenouille (3) , au caméléon , au crocodile et à la tortue franche (4). Chez le protée , la syrène et la cécilie, le ventricule des lobes optiques paraît unique, la lame de jonction étant si étroite qu'on la distingue à peine en arrière. Sur le plancher de cette cavité qui est l'analogue de l'aqueduc de Sylvius des mammifères , on distingue sur la ligne médiane le passage des pyramides , et l'on voit sur les côtés un petit renflement, imperceptible chez l'orvet, les couleuvres, les vipères, assez distinct chez la grenouille, le caméléon , le tupinambis, le crocodile, très-prononcé chez la tortue franche. Le volume de ce renflement est en raison directe du volume des nerfs optiques, et suit, comme ce nerf, une progression croissante des ophidiens aux chéloniens. Quelques faisceaux très-déliés , de matière
(1) PI. V, fig. 104, n" 5.
(2) PI. V, fig. 1x1, n" 2.
(5)Pl. V,fig. i5.i, WG, (4) PI. V, lig. 121, n'^ 10,
TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 205
blanche, en Iraversentlabasechezla tortue franche. La lame formant l'enveloppe de ces lobes est composée de deux couches , Tune interne, l'autre externe ; l'interne , qui correspond au petit renflement , est toujours grise ; l'externe varie dans sa coloration : elle est presque grise chez le protée , l'orvet, les vipères et les couleuvres; d'un gris blanchâtre , chez les grenouilles et les crapauds ; d'un blanc mat chez le crocodile , et d'un blanc assez pur chez la tortue franche. Cette couche formant Textérieur du lobe, la couleur de celui-ci varie de la même manière qu'elle , chez les ophidiens, les batraciens, les sauriens et les chéloniens. L'épaisseur des parois des lobes augmente des ophidiens aux lacerliens , aux batraciens (i) , aux sauriens et aux chéloniens (2).
Ainsi, chez les reptiles, les lobes optiques ( tubercules quadrijumeaux ) restent ovalaires, creux ; ils se dépriment en avant chez quelques-uns, pour loger la couche optique, mais ils ne se déplacent pas. On les voit chez tous sur la face supérieure de l'encéphale , jamais à leur base : ils conservent ainsi l'état embryonnaire permanent des mammifères et des oiseaux.
Dans cette dernière classe leurs évolutions sont beaucoup plus nombreuses ; ils perdent quelquesuns des caractères embryonnaires, abandonncîil
(1) PI. Y, fig. i54, n° 5 et 6.
(9.) PI. Vj ù'^. 121 , Ji' 2 et 10.
25() ÏCBERCULES QUADRIJUMtALX.
la position constante qu'ils ont dans toutes les classes , passent de la face supérieure à la partie latérale et à la base de l'organe; ce qui ne peut avoir lieu sans éprouver des changemens remarquables , qui non-seulement les ont fait méconnaître, mais les ont fait considérer comme les analogues de la couche optique en totalité, ou de la moitié postérieure de cette couche , ainsi que vient de le proposer le célèbre Treviranus. Enfin, le volume qu'ils acquièrent dans cette classe leur a mérité d être assimilés , par M. de Blainville, aux hémisphères cérébraux des mammifères. Ces opinions ayant entravé jusqu'à ce jour la marche de la science, il est indispensable d'en apprécier la valeur pour justifier la détermination que j'ai donnée, et qui déjà est adoptée par la plupart des anatomistes : l'examen attentif des transformations de ces organes chez l'embryon des oiseaux, leurs connexions, leurs rapports chez les oiseaux adultes, ne laisseront, je l'espère, aucun doute sur la question fondamentale de i'anaîomie comparative du cerveau.
La forme lobuîaire qu'aifectent chez les oiseaux les lobes optiques, se trouve déjà expliquée par l'état primitif de ces parties chez les embryons de l'homme cl des mammifères , par l'état permancnl de ces cor])S chez tous les reptiles. S'ils no présentaient que cette difTicuité pour être ramenés à leur analogie avec les tubercules quadrijumcaux , îl nous suffirait de reproduire les rapports que
TUBERCULES QUADRIJU51EAUX. 267
nous avons exposés pour la classe des reptiles : mais leur changement de position chez tous les oiseaux \ient apporter une nouvelle inconnue dans le problème ; et comme rien d'analogue n'existe dans les autres classes , cette transposition a été la source de toutes les erreurs dont l'encéphaie de cette classe a été le sujet. Il est donc très-important, en suivant celte métamorphose, d'apprécier tous les changemens qui en sont l'effet.
Jusqu'aux cinquième et sixième (i) jours de l'incubation , les lobes optiques sont doubles , symétriques , placés, comme dans les autres classes, sur la face supérieure de l'encéphale ; aux septième, huitième ou neuvième jours, selon qu'on observe la formation du poulet, des faisans, de l'oie, du canard ou du dindon , un sillon oblique se place en arrière de chaque lobs (2) , el le divise en deux parties inégales, l'une antérieure, plus grande (5) , l'autre postérieure , plus petite (4). Les lobes sont alors quad ri jumeaux , de même que chez les têtards des grenouilles (5) et des crapauds , du seizième au dix-septième jour. Jusques-là ci s lobes sont restés parallèles l'un à l'autre» représeir
(1) PI. î,rjg. 5, n°6.
(2) PI. î,fî- 6, n°8.
(3) P], I,lig. G, 11-8.
(4) Pi. î, fig. 0, 1^7.
(5) Vil, (Ig. i5, ir^5.
26b TUBERCULES QUÂDRrjUMEvlUX.
ianl iiii ovoïde légèrement aplati sur les cotés (i), de la même manière que chez le têtard du vingtième jour (2). Les lobes optiques des oiseaux conservent leur forme aussi long-temps que la couche optique reste à l'état rudimentaire , ce qui s'observe jusqu'au huitième jour (5) ; mais aux neuvième et dixième jours , ce renflement augmente tout-à-coup de volume (4) , de même que chez le têtard du vingtième au vingt-cinquième jour (5). L'effet produit par la présence de ce renflement est le même dans les deux classes ; chez l'oiseau (6) comme chez la grenouille (7) , les lobes optiques s'écartent en avant pour le loger : ils cessent d'être parallèles, ils deviennent obliques dans les deux classes (8) , se bombent sur les côtés, au lieu de resterdéprimés comme ils étaient auparavant. Si la métamorphose des lobes optiques s'arrêtait à ce degré chez les oiseaux , ils seraient entièrement analogues à ceux des reptiles, no^ lamment de la grenouille adulte (9) , du camé-
(1) PI. I, fig. 5, n°G.
(2) PL ï, ûg. II, ir 5. (5) PI. ï, fig. 6,n'9.
(/,) PI. I,Cs. 7,ir8.
(5) PI. I,Og. 12, 11° 4,
(G) PI. i,fig. :,n'::.
(7) PI. I,fi«. 12,11' 3.
(8) Pi. 1, n-, 7, 11" 7.
(9) PI. I, Gg. 16,. ,1» 2
TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 269
k'on (1) (t (la crocodile à deux arêtes (2). Chez certains oiseaux monstrueux ils conservent souvent cet état ; je i'aî surtout observé sur des œufs de poule soumis par M. Gcoirroy-Saint-IIilaire à des expériences dont le but était de produire des monstruosités artificielles. La ressemblance ne se borne pas aux lobes optiques , elle est encore partagée parle cervelet , la couche optique et les lobes cérébraux : l'encéphale des oiseaux est l'analoguo alors de celui des reptiles , et celui des reptiles est Télat embryonnaire permanent des oiseaux. Ce parallèle est des plus curieux, et un des résultats les plus intéressans de l'anatomie comparative des embryons.
Mais le cerveau des oiseaux ne s'arrête pas à cet état , il continue ses évolutions dans l'état normal ; toutes ses parties se concentrent en même temps qu'elles se développent; la couche optique augmente en avant , le cervelet en arrière ; les lobes cérébraux se portent en arrière, le cervelet en avant; ils marchent ainsi à la rencontre l'un de l'autre. Or , si on considère l'encéphale de l'oiseau aux sixième (5) , huitième (4) et dixième (5) jours de l'incubation , on s'aperçoit de suite que celte
(i) PI. V, fjg. m, n°6.
(•2) PI. V.fig. iiG, n"5.
(5) PI. ï,fig. 5,11" 5, 6, 7 et 8.
(4) PL ï , fig. 6, n";, 8, 9 et 10.
(5) PI T,r,g. n,,r G, 7, 8 et 9.
2~0 TUBF.RCL'LES QL ADKIJUMEAUX.
transformation ne saurait s'cflectuer si les lobes optiques conservaient leur position et leur saillie sur îa face supérieure de l'organe; il faut nécessairement qu'ils soient déplacés. Voici le mécanisme de ce déplacement :
Du dixième au douzième jour de l'incubation, les lobes optiques , écartés en avant pour la couche optique, en arrière pour loger le cervelet , s'affaissent tout-à-coup dans leur partie moyenne et s'écartent l'un de l'autre ; par cet écartement ils font une saillie très-prononcéesurles côtés, du treizième au quatorzième jour (i) , et sur la base de l'encéphale , où ils deviennent visibles dès les dixième (2) et onzième jours. Les seizième (5) et dix -huitième (4) jours 5 le mouvement demi-circulaire des lobes continue , et ils s'arrêtent enfin vers le \ingtième à îa position qu'ils conservent chez tous les oiseaux adultes (5) ; en même temps, la lame qui les réunit supérieurement s'amincit et s'allonge de toute îa longueur dontles lobes s'écartent: telle est la métamorphose 'qui donne aux lobes optiques des oiseaux leur caractère classique. Mais ce déplacement a-t-il détruit leur analogie avec les lobes optiques des reptiles et les tubercules qua-
(0 PI I, fig. 8,n'7.
('.>.) PI. II, fig. 50, n" 9.
(5) PI. II, fig. 58, n" S.
(4) PI. II, fig. r,9,ii'^8.
(5) PI. II,n-. 40, n°7.
TUBERCULES QU ADRIJUMEAUX. 2^1
(Irijamcaux des mammifères à leur époque lobulaire? non sans doute. Qui ne voit, en elFel, que ce changement de position n'influe en rien sur leur signification? Qui ne voit que c'est le même organe , à la marciie circulaire près , qui s'est effectuée? Ces lobes sont donc un organe identique chez les reptiles, les oisoaux et les embrjons des mammifères.
Chez tous les oiseaux adultes, la forme des lobes optiques est celle d'un sphéroïde saillant sur les côtés (i) et légèrement déprimé en dedans et en haut (2) , en dedans et en bas (5). Leur forme est la même chez la poule (4) , les faisans, les per-^ drix, les pigeons, les canards, la bondrée (5), la cigogne (6), l'hirondelle (7) , le roitelet (8) , le verdier , le chardonneret, les moineaux, le serin, l'autruche (9) , le perroquet (10) et le casoar (11). Leur volume va en augmentant graduellement du
(1) PI. III, fig. 84, n^S.
(2) PI. III, fig. 84, n-'t).
(5) PI. III, fig. 79. "''6.
(4)PI. lïl.fig. 87,n»4, (5)PÎ. IV,fig. 9o,n«4.
(6) PI. IV, fig. io3, n"G.
(7) PI. IV, fig. 92,1^11.
(8) PI. IV, fig. 94, nvi
(9) PI. VI, fig. 98, n° 5.
fio) PI. IIÎ, ù^. 84, n-^e.
(il) PI. IIÎ, fig. 79, n- 7.
2*^2 TUBERCLLES Ql] ADRWUMEAIX.
roitelet au casoar , c'est-à-dire des plus pelits aux plus grands oiseaux.
Leur couleur est d'un blanc mat analogue à celui de la moelle allongée et de la moelle épinière , couleur qui les distingue de celle du cervelet et des hémisphères cérébraux.
De même que ceux des reptiles, les lobes oplitiques des oiseaux sont creusés d'un ventricule. La capacité de ce ventricule, assez grande relativement à l'étendue des sacs membraneux dans lesquels il est renfermé , est toujours proportionnée au volume de ces lobes , des nerfs optiques et de l'œil ; très-petit chez le roitelet , l'hirondelle , le serin , le moineau , il devient très-spacieux chez la bondrée (i), l'aigle (2) et le casoar (5). Les deux ventricules s'abouchent dans la scissure de Sylvius par un petit canal court dirigé transversalement à la scissure, et que l'on distingue facilement sur la section longitudinale de l'encéphale, ainsi qu'on le voit chez le roitelet (4) , chez l'hirondelle (5) et chez le perroquet (6).
L'ouverture de communication, très-étroite chez
(1) PI. IV,fig-. 88, n''4.
(2) PI. IV, fig 101, ir 4.
(3) PI. IIÏ, fig. 83, n» i3.
(4) PI. IV, fig. 107, ir 3.
(5) PI. IV, f.g. 9b,n"5.
(()) PI. III, fig. 80, n"5.
TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 3^3
les petits oiseaux , s'agrandit comme les lobes ; chez le roitelet, le serin, le pinson, le chardonneret, el!e reçoit à peine une soie de sanglier; chez l'oie , le canard , le coq-d'inde , le milan , les aigles , on peut y introduire la tête d'une épingle; chez le casoar et l'autruche elle a donné passage à un petit stylet. Si après avoir découvert le ventricule par sa partie supérieure, comme je l'ai fait chez le casoar (i) , on insuffle l'ouverture mise à nu, alors on dilate la scissure de Sylvius, le ventricule du côté opposé, on soulève la lame transverse des lobes et même la valvule de Vieussens , ce qui prouve la libre communication de toutes ces parties.
Le plancher des ventricules des lobes optiques est formé par une couche grise, cotonneuse, qui est évidemment la continuation de celle du quatrième ventricule. Le milieu de ce plancher offre une rainure assez profonde , qui forme Taxe de la scissure de Sylvius. Celle-ci est très-longue chez les oiseaux; elle s'étend du quatrième au troisième ventricule , et présente , de chaque côté , à l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs , un renflement grisâtre , que Collins considérait comme le corps géniculé interne des mammifères , et que depuis Haller et Malacarne on avait pris pour les tubercules quadrijuraeaux
(i)Pl. m.fi^. i5, n-. 38.
^74 Ti-BErvCriEs oladrijumeal':^.
(les oiseaux. Tous les oiseaux oiTrcnî en efTet une saillie plus ou moins élevée aux pédoncules cérébraux en cet endroiL Celte saillie est un résultat plîvsiquc de la métamorphose de l'encéphale pendant l'incubation. En elFet elle n'existe pas à Fépoque où les lobes optiques occupent la face supérieure de rencéplialc , parce que les pédoncules cérébraux sont droits jusqu'à celle époque. Mais au moment où l'encéphale se contracte, la ligne des pédoncules cérébraux est en quelque sorte brisée et ondulée. Il résulte de là , d'une part 5 l'cxcavaiion du quatrième ventricule , et la saillie si prononcée des pédoncules vers la moelle allongée; saillie que Hailer comparait à la protubérance annulaire des mammifères. Après que les pédoncules ont formé cet arc, dont la convexité est en bas et la concavité en haut, ils en forment un second opposé au premier. Celui-ci commence un peu avant l'insertion de la troisième paire , et finit au niveau de l'infandibulum. La concavité est en bas , et correspond a celle du quatrième ventricule du premier contour; la convexité est on haut et fait une proéminence sur le plancher de la scissure de Sylvius (i). Celte proéminence est toujours proportionnelle au volume des pédoncules cérébraux. Elle est située sur chaque côté de la scissure de Sylvius ; on voit donc que le
(i) Pî. iV. fig. 10 J , !i" 5.
'nJBETlCl'LE& QUADRIJUMEALX. 5^5
même aiécanisme qui creuse le quatrième venlriciîie, fait saillir considérabieiiient les pédoncules cérébraux au niveau de la moel?e allongée, et que la concavité qui se manifesle au niveau de la troisième paire produit par la même raison une proéminence des pédoncules cérébraux dans l'intérieur de la scissure de Sylvius. Ces deux proéminences ne sont pas plus les tubercules quadrijumeaux , que la saillie de la moelle allongée n'est la protubérance annulaire. Ces deux saillies et ces deux concavités sont un effet mécanique de la concentralion de l'encéphale pendant l'incubation.
La lame de réunion des lobes optiques ( i ) sert de voûte à l'aqueduc de Sylvius , de même que chez rhomme et les mammifères; sa formation est la même que celle des faisceaux transverses qui engrènent en arrière la moelle épinière. Du cinquième au huitième jour de l'incubation, on voit partir de la face interne du lobe optique, de petits faisceaux qui se dirigent vers ceux du côté opposé . de même qvie cela s'effectue chez les reptiles et chez les mammifères : leur engrenure s'opère par renchâssement des faisceaux de droite avec ceux du côté gauche , et vice versa. L'étendue transversale de celte voûte est proportionnée à l'écartement des deux lobes (2) ; son diamètre antéro-
(1) PI. IV, fig. 90,11° 3.
(2) n. in,ûg. 84, n» 6.
'2j6 TUBERCULES QU ADPJJUMEAUX.
postérieur est un peu moins grand (i); il est étendu depuis la valvule de Yieussens (2) jusqu'à la partie postérieure de la couche optique (5) , qu'elle recouvre : sa grandeur absolue varie, du reste, comme celle des lobes optiques et des oiseaux; elle va en augmentant graduellement du roilelet (4) , de l'hirondelle (5j , aux pigeons, aux perdrix, aux faisans, au poulet, à la bondrée [6) , au perroquet (7) , à l'oie, aux canards . à l'aigle (8) , à Tautruche et au casoar (9). Son épaisseur est uioindre que celle des parois des iobes.
La couleur des parois des lobes est grise chez l'embryon du poulet jusqu'au sixième jour; le feuillet est alors si mince , qu'on voit au travers le liquide dont la vésicule est remplie. Au dixième jour , ce même feuillet est blanc : comment s'est opérée cette conversion du gris au blanc? le voici. Au septième jour de Fincubalion , on voit naître en dehors de chaque iobe des rayons de matière
(i)Pl. III, fig. 84,n°7.
(2) PI. m, fig. 84,nVî.
(5) PI. ÏIÏ, fig. 85, n"8et;.
!/,) PL IV, fig. 102, n° 4.
(5) PI. ÏV, fig. 100, n" 4.
(6) PI. IV, fig. go, 1^3.
(;) Pi. m, fig. 84, n" 5.
(8) PI. IV, fig. 101 , n" 5.
(9) PI. IIKfig. 83, Ji-6.
TUBERCULES ou ADllIJLMEAUX. 277
blanche , qui convergent de la circonférence au centre. On en compte trois ou quatre; au huitième jour il y en a huit ou neuf (i). Ces stries blanches sont parallèles et concentriques entre elles : on distingue la lame qui est au-dessous et dont la couleur grise tranche avec celle des fibres médullaires. Au neuvième jour (2) , ces fibres se rapprochent en s'étendant; au dixième, elles se touchent, et ne forment plus qu'une lame blanche unique étendue sur toute la superficie du lobe (5). Cette couleur est la même chez tous les oiseaux adultes ; mais chez ceux-ci , cette couche fibreuse b!anche qui forme Técorce des lobes optiques , se continue par sa base avec le nerf optique; sa formation est de beaucoup postérieure à celle de ce nerf; ce qui prouve qu'elle ne lui sert pas d'origine.
Les parois des lobes optiques sont formées de quatre couches : l'une, interne, est grise (4) ; la seconde, blanche (5) , envoie quelques faisceaux sur les pédoncules cérébraux (6) ; la troisième couche est grise, plus épaisse que la première (7) ; îa qua-
11) PI. H, fjg. 53, n" r.
(2) PI. I,f,o-. 6,n"8.
{?>) PI. i, fig. 7,n";-
(4) PL IV /{j-. 10 1, rr4.
(."i) PI. IV , Ci^. 10 1, n" 5.
(Ci) PI. ÎV, n- 91 , n" 4.
{:) PJ. lY, fj.-. ini . p." iG.
2']S TUBEUCCLES QUADRIJUMEAUX.
trième, la jdîus extérieure, est blanche (i) : elle se prolonge eu grande partie dans le nerf optique (2) ; quelques-uns de ses faisceaux se jettent dans la partie postérieure des hémisphères cérébraux (3). On voit la disposition et les rapports de ces quatre couches dans les diverses coupes de ces lobes , chez l'hirondelle (4) , le roitelet (5) , le perroquet (6) , la bondrée (7) , l'aigîe (8) , et le casoar (9).
La lame rayonnée ( 1 o) qui forme la voûte de l'aqueduc de Sylvius, et qui sert de commissure aux deux lobes optiques , est formée comme ceux-ci par la matière grise et blanche (11); son épaisseur étant moindre , on n'y trouve plus les quatre couches. Ces deux substances affectent la disposition striée (12) , que l'on remarque sur les lobes du septième aux huitième ( i 5) et neuvième jours ( 1 /|)
(i) PI. IY,fig. 101, n^ 17.
(2) PI. IV, fig. 105, n^ 2 et 5.
(3) PI. IV, fig. 91, 11° 4 et 6.
(4) PI. IV, fig. 93, n" 5.
(5) PI. IV, fig. 107, nT).
(6) PI. III, fig.- 83, n" 10.
(7) PI. lY, fig. 91, n»4,6et5.
(8) PI. IV, fig. 101 , n" 4, 5, iG et 17.
(9) PI. ÎV, fig. io5, n" 2,8,9, 10 et 5.
(10) PI. ÏV, fig 90,11" r>.
(11) PI. IV, fig. ICO, n"4.
(12) PI. IV, fig. 102, ir 4.
(i3)Pl. II, fig. :)3,ir7.
(i4)Pl. I,fig. 0, H" 8.
TLBERCULES QL' ADillJUMEAUX. 279
(le l'iucubatioii ; clic est formée par des sUics allernalivcs et parallèles de ces deux suîjstaiices ( i ) : les slries grises sont la conlinualion de la matière grise des lobes , les blanches font suite à leur matière fibreuse. La force et Tétendue de ces fibres sont proportionnelles à l'étendue de cette voûte et des lobes , ainsi qu'on peut le remarquer chez l'hirondelle (2) , le roitelet (3) , la bondrée (/j) , le perroquet (5) et le casoar (G). La formation des stries blanches n'a souvent lieu que quelque temps après la naissance.
Le nombre des slries blanchâtres varie donc chez les divers oiseaux : j'en ai compté quatre chez le roitelet , le rouge-gorge , le serin , le chardonneret 5 le pinson ; cinq chez la pie , chez le pigeon , les perdrix rouge et grise ; six chez la poule , les faisans doré et argenté, l'orfraie, la bondrée, le milan, l'épervier; sept chez le canard ordinaire, le canard musqué, l'oie, le dindon, les cigognes blanche et noire , et huit chez le casoar et l'autruche. Ce nombre est du reste sujet à varier chez les individus de la même espèce. Ces fibres deviennent d'autant |>lus épaisses et plus solides
(1) PL III, ii^^ 85, n-G.
(2) PI. ÏV , C- 100, n"/j.
(5) PI. lY, Og. 102, II- 4.
(4) PI. IV , fig. f)o, n" 5.
(5) V\. ill, fig. 8.j, ir G.
(r>) PI. IH, iîg. 83, ir 6.
28o TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
qu'on les considère plus en arrière; et plus en dehors vers les parois des lobes.
Les tubercules quadrijumeaux des oiseaux recouvrent donc l'aqueduc de Sylvius, puis ils se portent sur les côtés des cuisses cérébrales (i), qu'ils embrassent , et avec lesquelles ils contractent en avant une adhérence qu'il faut détruire (2) pour découvrir les pyramides antérieures (5). Chez certains oiseaux, ils se renflent de nouveau après avoir ainsi adhéré aux pédoncules (4) ; de telle sorte que , considéré par sa base , l'encéphale de ces oiseaux , comme celui du casoar (5) et de l'autruche (6) , offre quatre lobules quadrijumeaux , deux antérieurs , sur les côtés de la jonction des nerfs optiques (7) , et deux postérieurs , dont le milieu correspond au niveau de l'insertion de la troisième paire (8). Ces lobes sont séparés par une rainure , qui correspond au point où leurs parois adhèrent aux pédoncules cérébraux; plus la paire antérieure est développée , plus la rainure est profonde : lorsque ces lobes s'affaissent la
(i) VI. Ilî, fig. 84, n"8.
[■2] PI. lîl , fig, 82 , n" T).
(5) PI. IIÎ, fi^. 82,nVS.
(4)PI. Il^fig. 79.n°r).
(5) ri. III,fig. 79.
(6) PI. IV, fig. 98. ^
(7) PI. lîî, fig. 79, n'^g9; pi. IV. û'r, 98, 11' 12.
(8) PI. ÎIÎ, fig. 79, n" 5 et}-).
TLBERCL'LES QL ADKîJl^MEAUX. 28 î
rainure disparaît. On voit le commerxeincnt de cet effet sur la cigogne blanche (i).
Tels sont les rapports naturels des lobes optiques des oiseaux avec ceux des reptiles et les tu bercules quadrijumeaux des mammifères : cependant , avant MM. Gall et Cuvier, tous les anatomistes avaient considéré ces lobes comme les analogues des couches optiques de l'homme et des mammifères. Les deux anatomistes que nous venons de citer fondèrent principalement leur détermination sur l'insertion des nerfs optiques , qui , chez les oiseaux , se continuent en totalité avec ces lobes , et en partie , chez les mammifères, avec les tubercules quadrijumeaux antérieurs : je crois l'avoir démontré anatomiquement , par la comparaison de ces lobes chez les embryons des diverses classes , et par les métamorphoses qu'ils éprouvent pendant l'incubation , afin de répondre par des faits aux objections récentes. du célèbre Treviranus.
Dans l'examen de cette détermination et de l'analogie primitive des lobes jumeaux clés mammifères et des lobes optiques des oiseaux , Treviranus a fait une omission importante : celle de comparer ces organes aux époques correspoiidantes de îa formation des embryons des deux classes. Cette omission l'a conduit à signaler des différences qui ne sont que le produit des divers degrés de développement, et à donner des explica-
(î) p]. îv, n- loj, 1.-9.
282 TUBERCULES QUADIlIJUMEAUX.
lions qiii sont dôlruUes par rcxamcn de la formation de rencéphalc pendant l'incnbation.
Je ne m arrêterai pas à la position différente des lobes optiques des oiseaux adultes ; j ai expliqué cette mutation, en montrant que primitivement ils occupent la même place que chez les reptiles , les poissons et les mammifères. Treviranus explique cette différence et l'affaissement des lobes optiques , par la faiblesse des cuisses cérébrales chez les oiseaux; mais cette explication est détruite par la considération de l'encéphale chez les embryons de cette classe; car jusqu'au douzième jour de l'incubation, les lobes optiques sont sur la face supérieure de l'encéphale , quoique les cuisses cérébrales soient plus faibles que chez les oiseaux adultes ; bien plus , le déplacement des lobes optiques s'opère à l'époque môme où ks cUisses augmentent de volume.
Considérant néanmoins que l'enveloppe des lobes jumeaux de l'embryon des mammifères est formée par une lame mince , Treviranus ajoute que cette considération l'a conduit à rechercher les tubercules quadri jumeaux des oiseaux dans une lame semblable : cette analogie n'est pas heureuse , carie degré d'épaisseur d'un organe ne peut jamais, ce nie semble , servir de base de détermination. Quoi qu'il en soit, la bande transverse qui joint les deux lobes sur la partie moyenne (1) lui fournit
(i) n. m, fj-. 85, II' 6; fig. 84, ir 7.
TUBERCULES QUADUIJUMEiUX. Si85
une partie de ces tiîhercuîes (i). Une objection insuraiontable s'offre d'abord à celte première partie de îa détermination de Treviranus. Nous avons vu, en effet, que Jes tubercules quadrijumcaux sont les premières parties qui se forment dans 1 encéphale des embryons : or. celte lame transvcrsc , de mcme qua toutes les commissures , ne se développe que très-tard ; elle n'existe pas les troisième (2), quatrième (5) , sixième (4) et huitième (5) jours de l'incubation (6j , elle ne se forme que lorsque les lobes s'écartent, les dixième (7), douzième, quatorzième (8) et dix-huitième
(1) lïaller hésita beaucoup dans la détermination des tubercules quadrijumeaux des oiseaux. Nous avons déjà vu qu'il trouvait ces corps sur les côtés de la scissure de Sylvius, en remarquant toulerds que ces proéminences ne présentaient pas une élévation arrondie. En parlaiit du voile médullaire ou de la commissure des lobes optiques, il ajoute : Cette emhience^ qui iiéaîim oins n'a pas une étévation de figure ctéterminéc , est d'ailleurs analogue à l'cmincnce quadrijumelle de Winslow. Ainsi voilà deux opinions Irès-dislincies émises par Haller sur les tubercules quadrijumeaux des oiseaux. De ces doux opinions, Treviranus n'en a fait qu'une, sans se rappeler peut-être les idées de tialler.
(2) Pi. I, fig. 5, n'' ;.
(3) Pl.],fig.4,>V';.
(4) PI. I,fig. r),nn).
(5) Pi. Il, û^. 55, n" 7.
(G) PI. I, fj-. G, n«8.
(7) PI. 1,11^. :,n-7.
(S) PJ.I,{i-. 8,n";.
sS4 Tubercules oiADiiULMEAux.
jours (i) : encore chez un très-grand lionibrc d'oiseaux, et surtout chez la pie, !e geai, la buse, les stries blanches ne paraissent que dans le premier mois de la naissance. Que sont jusqu'à cetle époque les tubercules quadrijumeaux des oiseaux? II remarque ensuite que Haller et
Maiacarne ont observé au - dessous de celte
bande ^ sur les côlés de la scissure de Sylvius ( 2 ) , et en haut du cuatriènie ventricuie (3) , une paire de renflemens gris , qu'ils ont considérés à tort comme les tubercules quadrijumeaux en totalité , tandis que , selon lui , ce ne serait que les restes de la base de ces tubercules , dont il faut chercher la continuation dans la lame transverse. En lisant celte opinion , on est surpris qu'elle ait pu séduire un aussi bon observateur que Treviranus ; qu'il ait cherché à former un même organe de parties si dissimilaires, si étrangères les unes aux autres; qu'il n'ait pas vu enfin que la lame transverse n'est autre chose que la commissure des lobes optiques , analogue à la lame qui réunit les tubercules quadrijumeaux des mammifères.
Cela posé , l'auteur en vient à une nouvelle détermination (ies lobes optiques ; il propose à leur égard une modification semblable à celle qu'il
(i) PI. Il, G-. 39, n"8.
(îk) PI. iiî, n-. 87, u" l'j.
(7>) Pi. ÏV. fig ioi, ir 12.
TLBERCUr.lIS Ql!ADI\IJl MEAUX. JÔD
vient do faire à l'ancienne opinion sur ies tubercules quadrijunieaux. Haller , Malacarne , avaient vu ces tubercules dans les renflemens grisâtres des côtés de la scissure de Syîvius; Treviranus ne leur accorde que la moitié de cette destination : ces analomistes avaient assimilé ces lobes à toule ia couche optique ; d'après le môme système , Fanalomiste allemand ne voit en eux que la moitié postérieure de cette couche des mammifères qui se serait affaissée chez les oiseaux. Il y a beaucoup de sagacité dans cette observation et dans ce rapprochement , mais il me paraît hors de toute vraisemblance : d'abord , ce morcellement des tubercules quadrijunieaux et de la couche optique , cette séparation des parties qui les forment chez les mammifères , n'est qu'une supposition ; aucun fait ne l'atteste , rien ne prouve même sa possibilité dans l'encéphale des embryons : en second lieu , à aucune époque de la formation du cerveau , on ne trouve dans aucune classe que la partie postérieure de la couche optique des mammifères où les corps géniculés soient creux comme les lobes optiques. Comment se creuseraient-ils chez les oiseaux? autre proposition à démontrer avant d'admettre cette analogie. En troisième lieu (i) , cliez tous les vertébrés sans exception (2) , la couche optique (5) ne se déve«
(1) P]. I,fig. 5,n°7.
(li) Pi. I, Gq. i5, n' G.
(5) PI. Il, Dg. m, n" 7.
2SÔ TUBERCLLES QUADKIJl.-Mr..VUX.
loppe que trcs-Iong-lemps après les Iobc3 optiques (i) ou les tubercules quadriiumeaux (2) : ce principe csl constant chez les oiseaux [o) . chez les reptiles (z^), chez les mammifères (5) et l'homme (6). Comment accorderait-on ce fait général avec l'inpothèse qu'on propose? En quatrième lieu , les corDS ?;éniculés se montrent très-tard chez l'embryon humain; chez ceux du veau, du clieval , du mouton 5 du lapin , c'est l'une des dernières parties qui se développent. Les lobes optiques, au contraire, ou ce qu'on présume être chez les oiseaux les corps géniculés , sont les premières qui se forment après la moelle épinière. Comment accorderait-on cette opposition ou cette généralion inverse chez les mammifères et les oiseaux? Enfin , si les lobes optiques des oiseaux étaient les corps géniculés des mammifères , leur commissure devrait être l'analogue de la commissure postérieure des couches optiques : mais cette dernière commissure existe chez tous les oiseaux au-dessous de la partie antérieure de la commissure des lobes optiques (7) ; elle n'a pas pu être méconnue, conséquemmenl elle n'a pas été déplacée. Haller et Malacarne considéraient la commissure des
(1) PI. I,fig. 5,n°7.
[2) PI. i,ng. 27,11" 4.
(5) PI. I,fig. 5,n»7.
(/,) PI. I,fjg. 9,n»5.
(5) PI. I,Og. 19, no 4.
(6) PI. I,fis. 24, n" 4.
(7) PI. IÎI,Ûg. 87,0" 5.
TLBERCLLES QUADRIJUMEALX. sS;;
lobes optiques commo une partie spéciale des oiseaux , à laquelle ils donnaient le nom de voile médullaire , sans se demander comnieni la couche optique avait pu être transposée sans entraîner avec elle leurs commissures , et surtout la postérieure. La même objection est applicable à l'opinion de Trevîranus. Comment la moilié postérieure de la couche optique se serait-elle portée en arrière en laissant en place la commissure postérieure? Tout est à prouver dans cette hypothèse : la forme . la position , le développement , la structure des lobes optiques, et même leurs rapports. Remarquez , en eifet , que si les lobes optiques étaient les corps génie ulés des mammiières , la quatrième paire de nerfs naîtrait immédiatement derrière eux (i) ; le cervelet n'en serait séparé que par cette insertion (2) ; toute la partie moyenne de l'encéphale des oiseaux serait , pour ainsi dire , transposée. Observez aussi que les tubercules quadrijumeaux en îolalité , d'après les anciens analoniistes , ou en partie , d'après Treviranus , seraient venus se loger dans l'intérieur des corps géniculés internes ; de plus , la lame transverse des lobes optiques (5) , interposée entre ces prétendus corps géniculés , devrait correspondre à la partie postérieure de la voûte à trois piliers , ses
(i; PI. IIÎ, r:g. 84, n-;.
(2) PI. III, fi-. 84, n-y.
r^) PL îii, fig. 85, ir G.
2 88 TLBERCULES QUADRIJUMEAUX.
slrios de matière blanche aux cordes de la lyre : ce soDt des conséquences qu'il faudrait nécessairement accepter si l'on adoptait cette modification. Or, dans ce cas, les lobes optiques seraient plutôt l'analogue du lobe de l'hypocampe et de la corne d'Ammoii , que des corps génicuiés. Treviranus, pour éviter cette erreur, a morcelé les tubercules quadrijumeaux : il sait , en effet, que l'un des caractèiT^ de ces corps est de former une espèce de voûte sur l'aqueduc de Sylvius : or , dans Thypotlièse des anciens anatomistes, leurs tubercules n'offraient pas ce caractère ; telle me paraît être la raison pour laquelle cet anatomiste célèbre considère la lamC" transverse des lobes optiques comme une partie détachée des tubercules quadrijumeaux des oiseaux ; telles sont les objections insurmontables que présenterait cette détermination chez les oiseaux. En voici d'une autre force pour les reptiles. Dans cette classe , les lobes optiques conservent leur position sur la face supérieure de l'encéphale (i) , de même que chez les oiseaux, jusqu'aux sixième [2)^ huitième (5) et neuvième jours de l'incubation (4). Les reptiles se distinguent donc des oiseaux par l'absence de la lame transverse des lobes optiques (5) ; ils s'en
(i) PI. V,fig. 119, ir;.
(2) PI. I, fig. 5, n" 6.
(3) PI II, fig. 55,0° 7.
(4) PI. I,Ûg. 6, n°8.
(5) PI. m, Hg. 84, u-G.
TïBERCLLES QL' ADRIJUMEÀUX. 2ÎJn
distinguent aussi par l'absence des renfleniens sur les côtés de la scissure de Sylvius (i). Il n'y a donc plus de tubercules quadri jumeaux dans cette classe. Treviranus ne s'explique pas à ce sujet, ce fait renversait son hypothèse ; inais il considère les lobes optiques comme les corps géniculés. €ette détermination paraîtra moins vraisemblable encore que chez les oiseaux , si l'on fait attention à la formation précoce de ces lobes chez le tétard (2) , à l'apparition tardive de îa couche op- ^ tique (5) , à son peu de développement chez les ophidiens (4) , les lacertiens (5) , les sauriens (6) , les cheloniens (7) , comparé au volume des lobes optiques de l'orvet (8) , des vipères (9) , de la grenouille (10), des crocodiles (11) et des tortues (12). Enfin, l'auteur abandonnant chez les poissons cette détermination , ne voit plus dans les lobes optiques de cette classe la partie postérieure des couches
(1) PI. V, fig i34,n°5,
(2) PI. I,fig. 9,n°5. .
(3) PI. I, fig. i5, a" 6.
(4) PI. V, fig. 126, n'^e.
(5) PI. V, fig. 100, 11° 10
(6) PI. V,fig. 111, n'-S.
(7) PI. V, fig. 121, n°5.
(8)PI. V,fig. 109, n-S.
(9) PI. .V,f,g, 126, n"5.
(10) PI. I,fig. 16, n" 2.
(li) PI. V, fig. ii5, ir 4.
(12) PI. V,,fig, 120, n^ 5.
^gO TUBERCULES QUADllIJUMEAUX.
optiques, mais bien les hémisphères cérébraux des mammifères et des oiseaux.
Si les lobes optiques des oiseaux ne sont et ne peuvent être ni la couche optique des mammifères en totalité , comme le pense encore le professeur Rolando , ni la moitié de cette couche , comme le croit Tréviranus , à plus forte raison ne pourrait-on les assimiler aux hémisphères cérébraux de la classe supérieure , comme l'a proposé M. de Blainville (i). Gomment en cfFet les hémisphères cérébraux , qui sont toujours en avant des corp3 striés , de la couche optique , des commissures antérieures et postérieures, seraient-ils passés chez les oiseaux, en arrière de ces commissures , de la couche optique et du corps strié? Si le ventricule des lobes optiques était l'analogue des ventricules latéraux des mammifères , comment les tubercules quadrijumeaux seraient-ils venus s'y loger, tandis que toutes les parties qu'ils renferment ordinairement en auraient été exclues? Comment le cervelet, qui, toujours chez les mammifères supérieurs, est recouvert par les lobes cérébraux , serait -il au contraire, chez les oiseaux, superposé sur ces lobes et sur leur grande commissure? Rien dans l'encéphale même des oiseaux ne pourrait justifier un semblable déplacement.
(i) Bulletin des Sciences , parla Société Philomalique , \r. (le mars 1821 ? pag, 5y,
TUBERCLLES QUADRIJUMEAUX. 29 l
J'ai sufTisamnient établi, je pense, que les lobes optiques des oiseaux et des reptiles ne sont ni les corps géniculés des mammifères , ni leurs hémisphères cérébraux. J'ai aussi prouvé qu'on ne pouvait voir les analogues des tubercules quadrijumcaux dans les renflemens grisâtres des côtés de la scissure de Sylvius , et moins encore dans la commissure transverse des lobes optiques , puisque les renflemens de cette lame manquent chez les reptiles : j'ai démontré , d'un autre côté , que les lobes optiques sont les analogues des tubercules quadrijumcaux des mammifères et de l'homme. L'examen des tubercules chez ces derniers ne laissera , je l'espère , aucun doute dans l'esprit des anatomistes sur la valeur de cette détermination.
Accoutumés, comme nous le sommes, à voir dans les tubercules quadrijumcaux de l'homme et des mammifères adultes une masse renflée , solide, divisée en quatre tubercules symétriques, Tesprit est peu disposé à leur trouver de l'analogie , soit avec les lobes optiques des oiseaux , soit avec ceux des reptiles. D'une part , il n'y a dans ces deux classes qu'un lobe de chaque côté, et tous les mammifères ont quatre tubercules. De l'autre, les lobes sont creux , et les tubercules sont solides ; enfin , chez les oiseaux ils sont toutà-fait déplacés. Que de différence entre ces organes ! que de raisons pour écarter toute analogie entré eux! mais si, comme nous l'avons prouvé
2Q2 TIBE lieu LES OLADRIJIJ MEAIJX.
dans k's lois de Torganogéiiie , l'embryon des mammifères répète si fréquemment les formes organiques des classes inférieures, qui ne voit que nous devions chercher chez lui les ressemblances qui s'efFacclît chez les animaux adultes? Cette idée, vaguement conçtie par plusieurs anatomistes, est devenue l'une des bases de la théorie des analogues de M. le professeur GeofFroy-Saint-Hilaire. Les tubercules quadrijumeaux des mammifères vont nous en présenter dans leurs transformations une belle application.
Wriberg, Haller , Blasius, Prochaska, Meckel , les frères Wenzeî, Arsaki, avaient entrevu la différence de ces corps chez les embryons ; Tiedemann et moi nous en avons suivi en même temps toutes les métamorphoses, Tiedemann, chez l'embryon humain seulement, et moi, sur les embryons de différentes familles; les lois de la zoogénie que je cherchée établir, m'en imposaient l'obligation. De même que les métamorphoses des lobes optiques des oiseaux nous les ont montrés situés comme les tubercules quadrijumeaux des mammifères, à une époque de leur développement, de même chez les embryons des mammifères , nous allons trouver ces corps lobuîaires et creux , ainsi que cela existe chez les oiseaux et les reptiles. Ce double caractère dos tubercules des mammifères existe vers le quart de leur formation , et se conserve plus ou moins long-temps , selon la durée de la gestation. Considérez Fembryon du mouton de la fin de
TLBEllCULES QL ADKIJUMEAUX. 2C)0
la quatrième semaine (i) , celui du veau de la cinquième (2) , celui de Thomme du commencement de la sixième (5) , celui du lapin du dixième et douzième jour, celui du cochon-d'inde au quatorzième, celui du jeune embryon des didelphes [did, virg.) (4), vous verrez que leurs tubercules quadrijumeauxsont alors deux lobes jumeaux (5), situés sur la face supérieure de l'encéphale 5 de même que chez les embryons des oiseaux (6) et chez les reptiles à toutes les époques de leur vie (7). Ces lobes sont Irès-allongés chez le mouton (8) , plus larges chez le veau (9) , plus arrondis chez le didelphe (10) , un peu déprimés chez l'embryon humain (11). Ce caractère lobulaire se conserve très-long-temps chez le mouton (12), le veau (i5), le singe ouistiti (i4). Chez
(i)Pl. I, fîg. 19, n''4.
(2) PL I,fig. 27, n» 4.
(5) PI. I,fig. 24,n''4.
(4) PL I,fig. 5o, n"4.
(5) PL I, fig. 21, n'-S.
(6) PL I, fig. 5,n-6.
(7) PLI, fig. 16,11-2.
(8) PLI, fig. 19, n" 4.
(9) PL I, fig. 27, n''4.
(10) PL I, fig. 3o, n''4.
(11) PL I, fig. 24, n°4.
(12) PL II, fig. 47, "07.
(i3)PL II,fig. 49, «''7' (14) PL. Il, fig. 48, n» 8=
2gi\ TUBERCULES QUADllIJUMEAUX.
l'embryon des didelphes ils deviennent pyriformes (i) , puis arrondis (2); la forme lobulaire persiste, chez le lapin, jusqu'au vingtième jour (5); chez le chien , jusqu'au quarantième; chez le chat, jusqu'au trentième. Chez l'homme, les tubercules quadrijumeaux sont deux lobes optiques , les deuxième (4) , troisième (5) , quatrième (6) et cinquième mois de la vie utérine (7). Yoilà donc les tubercules quadrijumeaux des mammifères ramenés à la forme lobulaire des oiseaux et des reptiles. Pendant le temps que les tubercules quadrijumeaux sont deux lobes jumeaux , ils offrent une cavité à leur intérieur, de même que chez les oiseaux , et un petit renflement grisâtre sur les côtés de la scissure de Sylvius. Cette cavité est très-vaste chez l'homme pendant le cours du troisième mois (8) , chez les didelphes jusqu'aux trois quarts de l'incubation (9). Elle est d'autant plus grande qu'on l'ob-
(1) PI. II, fîg. 58, n- 7.
(2) PI. II,fig. 49.n°6.
(5) Pi. II, fig. 55, ^6.
(4) PI. II, fig. 65, n- 4.
(5) PI. II, fig. 65, n-5.
(6) PI. Il, fig. 58, n-' 5.
(7) PI. II, fig. 75, n°4.
(8) PI. II, fig. 66, n" 5.
(9) PI. II, £g. 62,11" 2.
TUBEllCtJLES QUADRI.IIJM£AI]X. '2gS
serve chez les embryons de l'homme, des shiges , des pachydermes , des ruminans et des rongeurs. Chez les embryons des ciiauve-souris , la forme lobuîaire des tubercules et des cavités persiste beaucoup plus long-temps que chez tous les autres mammifères. Si les tubercules quadrijumeaux restaient dans cet état, ils seraient donc semblables aux lobes optiques des oiseaux et des reptiles. C'est le cas de certains embryons monstrueux , notamment des fœtus monocles; leurs tubercules quadrijumeaux sont des lobes optiques jusqu'à la naissance, et au-delà, si l'animal offre les conditions organiques nécessaires à la vie extérieure. C'est aussi le cas des embryons monocéphales octopèdes ; ils ont deux cervelets , et les tubercules quadrijumeaux sont deux lobes volumineux. J'ai vérifié ce fait chez l'homme, le veau , le lièvre et le mouton ; M. le professeur Geott'roy- Saint-Hilaire l'a constalé sur plusieurs autres (i); et il a parfaitement bien observé que dans ces cas les tubercules quadrijumeaux offrent l'état embryonnaire permanent des mammifères , et la forme permanente des classes inférieures.
Mais les lobes jumeaux des mammifères doivent devenir quadrijumeaux; de creux qu'ils étaient, ils doivent devenir solides ; leur forme et leur grandeur doivent varier selon les familles. Quelle est
(0 Voyc*^ Philosophie nnalomi'jiic , tom, ÎL
aqG TLBERCUÎJS QUADniJLiMEALX.
la cause de cette transformation? comment s opère-t-elle? telle est la question que nous allons examiner maintenant.
On se rappelle que le canal épinien, si large dans les premières époques de l'embryon, se rétrécit, et enfin s'oblitère par la déposition intérieure de couches de matière grise ; on se rappelle également que les tubercules quadrijumeaux ne sont que le bulbe de terminaison de la moelle épinière, et qu'ils ont le même mode de formation : nous compléterons cette analogie en faisant remarquer qu'ils se solidifient de la même manière. C'est, en effet, par la déposition de la matière grise dans les parois de la cavité de ces tubercules, que cette cavité se rétrécit , puis s'oblitère. Cette oblitération a ordinairement lieu chez le mouton, vers le quatrième mois ; chez le lapin, du vingtième au vingt-cinquième jour ; chez le chien , au quarantième; chez le chat, au trentième ou trentecinquième ; chez le veau et le cheval , elle ne s'effectue le plus souvent qu'à la naissance ; chez l'embryon humain la cavité disparaît du quatrième au cinquième , et au plus tard au sixième mois de l'embryon.
Voilà comment s'oblitère a cavité interne des tubercules quadrijumeaux des mammifères ; voici comment ils se divisent :
Pendant tout le temps que les tubercules quadrijumeaux sont creux, leur surface extérieure
TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 2^'^
est lisse ; à l'époque où ils se solidifient, un sillon transversal apparaît sur leur superficie : l'eflet de ce sillon est de diviser la masse tubeiculaire en deux parties de chaque côte, l'une antérieure, l'autre postérieure ; chaque tubercule devient double , de simple qu'il était précédemment : il y a alors quatre tubercules au lieu de deux. La présence et la permanence de ce sillon transversal sont donc le caractère classique des tubercules quadrijumeaux des mammifères.
Chez l'homiue , il se développe vers la fin du cinquième mois ou au commencement du sixième(i); au septième il est toujours très-prononcé (2). Chez le chien , il est visible au trente-cinquième jour ; chez le chat, au vingt-huitième ou au vingt-neuvième ; chez le lapin, il se montre du vingtième (3) au vingt-cinquième (4) ; chez le veau et le cheval , au milieu du sixième mois ; chez le mouton au quatrième.
De la position que ce sillon occupe en avant , au milieu et en arrière de la masse tuberculaire , dérivent le caractère particulier de certaines familles de cette classe , et les variétés qui par-
(i) PI. II,fig. 69,n°5.
(2) PI. II, fig. 71,11-5.
(5) PI. Il, Og. 55, n"6.
(4) PI. ll,fig. 56, 1105.
298 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
fois se manifestent dans les espèces d'une même famille.
Chez l'homme il occupe ordinairement la partie moyenne (1); les tubercules antérieurs {2) sont égaux aux postérieurs (5). Chez les singes (4) il se porte un peu en arrière ; les antérieurs (5) prédominent légèrement sur les postérieurs (6). Chez les cétacés il se replace sur la partie moyenne (7) , ce qui rétablit l'équilibre, comme chez l'homme, entre les tubercules de devant (8) et ceux de derrière (9). Chez les carnassiers, le sillon se porte un peu en avant ; les lobes postérieurs sont plus grands que les antérieurs ; chez le raton néanmoins il se reporte un peu en arrière (10) , de même que chez les ours , ce qui fait prédominer de nouveau les tubercules antérieurs (11) et affaiblit les postérieurs (12). Il en est de même chez les coatis (i3) :
(1) PI. II,fig. 71, n» 5.
(2) PI. II, fig. 71, n«6.
(3) Pl.II,fig. 7i,n°7.
(4) PI. XII, fig. 241, n-^Get 7.
(5) PL XII, fig. 241, n° 7.
(6) PI. XII, fig. 241, 11° 5.
(7) PI. XI, n-. 225.
(8) PI. XI,fig. 225, F, G. (9)P1. XI,fig. 225, E.
(10) PI. VIII, fig. 201, n" 5 cl 0.
(11) PI. VIII, fig. 201 , n"6.
(12) PI. VIII, fig. 201, n" 5.
(i3) PI. XII, fig. 24->, ir-O.
TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 299
chez les pachydermes el les ruminans , les antérieurs sont beaucoup plus forts que les postérieurs , comme on le voit chez la gazelle (i). Celte disposition est la même chez les rongeurs, ainsi qu'on l'observe sur l'agouti (ti).
Remarquons toutefois que les rapports des tubercules quadrijumeaux entre eux sont trèsvariables , comme l'a déjà observé Trevlranus : ainsi les antérieurs sont égaux aux postérieurs chez la mangouste (5) et chez la taupe (4) ; chez le zemni , les antérieurs prédominent sur les postérieurs (5) ; chez le renne, cette disposition est plus marquée que chez tous les ruminans ; chez l'homme aussi , il arrive parfois que les postérieurs sont plus faibles que les antérieurs. Un effet assez constant se remarque néanmoins dans toutes ces variations : c'est que presque toujours chez l'homme et les carnassiers , quand les tubercules perdent leur caractère de famille, la prédominance porte sur les tubercules antérieurs (6).
Le rapport des tubercules quadrijumeaux entre eux n'est donc pas soumis à une loi constante.
(i) PI. XV, fig. 271, n- 8 et 9.
(2) PI. IX, fig. 212, n° 8 et 9.
(5) PI. XI, fig. 252 , n° 1 et 2.
(4) PI. XV, fig. 291, n' 1 et 2.
(5) PI. XV, fig. 292,0° 4.
(6) PI. XIII, fig. 244, n''45; pi. XII, fig. ^^i , ir C) ti >;; fig. 243? n° 5, 6 et 7.
3op TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
Leurs limites respectives ne pouvant toujours être précisées avec rigueur, leurs connexions avec les parties environnantes variant quelquefois d'espèce à espèce , il en résulte des modifications individuelles , qui rapprochent souvent des êtres situés aux deux extrémités de 1 échelle des mammifères. Ainsi, chez les rats, les souris, le hérisson, la masse des deux tubercules se rapproche beaucoup de la forme de celle de l'homme. Chez la taupe et les chauve-souris , l'étendue de leur diamètre transversal dépasse celui du diamètre longitudinal, comme on le remarque chez le dauphin. Ces variations continuelles rendent raison du peu d'accord qu'il y a encore sur ce sujet entre MM. Ridley, Carus , Gall, Spurzheim , Cuvier, Treviranus.
En parlant des lobes optiques des poissons dans la Première Partie , j'ai montré ce qu'ils étaient ; j'ai négligé toutes les suppositions que l'on a imaginées pour les assimiler aux hémisphères cérébraux : il nous reste maintenant à juger ces suppositions, et à faire connaître les principales variétés de forme et de structure que présentent ces corps chez les poissons osseux et cartilagineux.
Chez les oiseaux , les tubercules quadrijumeaux étaient pris pour la couche optique , parce que ces hémisphères cérébraux sont méconnaissables dans cette classe ; mais si ces hémisphères eussent été atrophiés et déformés , comme chez les poissons ; si dans jf^urs lobes optiques on eût rencontré des
TUBERCLLES QUADRfJUMEAUX. OOl
tubercules en forme de croissant, comme sont les corps striés chez les mammifères ; si , de même que chez ces derniers , ces tubercules avaient été composés de matière grise et blanche ; si les rayonnemens de la matière blanche avaient divergé du centre de ces tubercules à la périphérie des lobes , nul doute que l'on n'eût trouvé dans les tubercules quadrijumeaux des oiseaux les hémisphères cérébraux des mammifères.
Ce que l'on n'avait pas fait jusqu'à ces derniers temps chez les oiseaux, a été tenté pour les poissons, chez lesquels les hémisphères cérébraux sont rudimentaires , et les lobes optiques portés à leur maximum de complication par une opposition trèssingulière. Ce sont donc ces complications qui doivent maintenant fixer notre attention.
La forme générale des lobes optiques des poissons est celle d'un ovale , plus ou moins allongé chez les cartilagineux (i) , et plus ou moins sphérique chez les osseux (2) ; chez tous ils sont légèrement déprimés en dedans à la partie par laquelle ils se correspondent. Chez la raie ronce (3) de même que chez le requin (4) et l'aiguillât (5), ils sont moins larges en arrière qu'en avant, et un
(1) Pl.VI,fig. i39, n»3.
(3) PI. YII, fjg. 168, n°4.
(3) PI. VI, fig. i39, n°3.
(4) PI. VI, fig. 141, n»6.
(5) PI. XII, ùg. 236, E.
vj02 tubercules quadrijumeaux.
peu aplatis à leur tiers postérieur, ce qui paraît dépendre, comme chez le tupinambis, de la juxtà-position d'une partie du cervelet. Cette dépression et cette diminution des lobes en arrière sont surtout remarquables chez le squale glauque, dont le cervelet est en grande partie remonté sur ces corps. Chez l'esturgeon (i) ils sont au contraire beaucoup plus larges en arrière qu'en avant. Chez l'ange (2) ils sont sphériqucs , bombés, surtout à leur partie moyenne, et un" peu déprimés aussi en arrière par le cervelet ; chez la torpille et la lamproie (5) ils sont arrondis et déprimés en dedans. Chez les poissons osseux , ils se rapprochent beaucoup plus de la forme sphérique, comme on le voit chez le gronau (4) , la morue (5), le congre (6), le brochet (7) , l'égrefin (8), la baudroie (9), la tanche (10) , le merlan , l'espadon. Chez la carpe ils sont sphériques (11), offrent au milieu une dépression , en arrière deux
(1) Pi. XII, fig. 255. ■ ~
(2) PL XII, fig. 237, E.
(3) PI. XI, fig. 228, n-S.
(4) PI. VII 5 fig. i55, n^eetg.
(5) PI. VII, fig. i63,n°-.
(6) PI. VII, fig. 168, n''4- (7)Pl.VIÎ,fig. 169, n° 5.
(8) PI. VÎI,rig. 177, n^ô.
(9) PI. Vn,fig. 179. n» 4.
(10) PI. VII, fig. 191 , n^S.
(11) PI. VI, fig. 145, M" 5.
TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 3o3
petits tubercules , et en avant deux bandelettes médullaires qui s'élèvent de la dépression centrale.
Leur partie postérieure offre, chez certains osseux , des modifications toujours produites par le cervelet : en effet , lorsque chez les cartilagineux une partie du cervelet surmonte les lobes optiques , ils sont amincis et déprimés en arrière. Chez aucun poisson osseux , le cervelet ne surgit au-dessus des lobes optiques; mais comme ses pédoncules supérieurs sortent de l'intérieur de ces lobes , ceux-ci sont écartés l'un de l'autre en arrière , d'une étendue proportionnelle au volume de ces pédoncules. Cet écartement, déjà sensible chez le turbot (i) , la mustelle commune, l'espadon, le spartis raii ^ beaucoup plus prononcé chez l'égrefin (2), les muUes [M. surmulettas ), le bogue commun , est porté à son plus haut degré chez le sargue et le Cavanx tracliuriis , chez lequel le cervelet se loge dans lecartement de toute la longueur des lobes optiques.
On voit donc pourquoi les lobes optiques des poissons cartilagineux sont déprimés par le cervelet en arrière, et jamais écartés l'un de l'autre dans ce sens ; pourquoi au contraire, chez les osseux, ils sont souvent écartés postérieurement et jamais déprimés sur leur face supérieure. Ces effets différens dans ces deux grandes familles tiennent
(0 PI. vii,ng. iç),, (•.) Pi. yiï,ng. .77.
3o4 TUBERCULES QUADRIJUME AUX.
invariablement aux dispositions différentes que présente le cervelet.
Les lobes optiques, très-peu développés chez la lamproie , l'esturgeon , les anguilles , les silures , la torpille, vont en augmentant des raies aux squales et aux poissons osseux (i). Cet accroissement devient surtout sensible, quand on compare la masse de ces corps aux autres parties de l'encéphale. Ainsi , constamment chez les cartilagineux, le volume des lobes optiques est dépassé par celui des hémisphères cérébraux et du cervelet ; au contraire , chez les osseux , ce sont les lobes optiques qui doaiinent le cervelet et les hémisphères cérébraux.
La membrane nerveuse qui forme lenveloppe des lobes optiques est formée, chez les poissons, de trois couches : deux blanches, une en dehors (2), l'autre en dedans (5) ; et une couche grise , trèsmince 5 interposée entre elles (4). La couche blanche extérieure est la plus épaisse , elle est lisse et ne se dédouble pas ; la couche blanche interne est striée (5) ; les stries qui la composent ne sont souvent qu'adossées les unes aux autres , de telle sorte qu'elles peuvent être isolées tout au pourtour du tubercule auquel elles adhè-
(1) Pour le volume absolu , voyez le Tableau.
(2) PI. VII, fîg. i65,n- 7.
(3) PI. VII, fig. i65, n' 8.
(4) PI. VII, fig. 165,0" 10.
i'5) PI. VII, (ig. 170, n« 3.
TUBERCULES QL ADraiUMEAUX. 5o5
^eiit , et présenter ainsi des espèces de feuillets. Cette disposition , que Malpighi comparait à des tuyaux d'orgue, à cause des cannelures qui les séparent quand on les déplisse , est surtout visible chez les poissons osseux : elle est à peine distincte chez les cartilagineux , à cause de l'épaisseur moins grande des faisceaux striés. La couche grise est apparente entre l'espace qui sépare les faisceaux striés 5 son épaisseur est à celle de la blanche chez les cartilagineux : : i : 4 ? et chezles osseux : : i : 5. Il existe en outre quelquefois une seconde couche grise placée intérieurement.
Cette enveloppe circonscrit une cavité dont la capacité est généralement proportionnelle au volume des lobes optiques , et qui , chez les jeunes poissons , se continue avec le canal du nerf optique , de même que chez les jeunes embryons des mammifères le canal du pédicule olfactif communique avec les ventricules latéraux.
C'est cette cavité que les anatomistes ont considérée tantôt comme les grands ventricules des hémisphères cérébraux, tantôt comme des cavités, creusées dans la couche optique , d'autres fois enfin , mais plus rarement, comme l'analogue de la cavité qui se rencontre dans le lobule olfactif de certains rongeurs. Je l'ai nommée ventricule des lobes optiques. Ce ventricule est unique chez tous les poissons cartilagineux; chez le silure (i) et
(i) Les deux silures électriques que j'ai examinés avaient 11. 20
3o6 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
la torpille électriques, il est oblitéré, de môme que chez l'amphisbène. Les lobes optiques sont alors solides ainsi que les tubercules quadri-jumeaux des mammifères ; sur le plus grand nombre des poissons osseux le ventricule est unique aussi; chez quelques-uns il est double. Il y a alors deux cavités enchâssées l'une dans l'autre. Nous expliquerons bientôt la formation de ce second ventricule , dont nous retrouverons d'autres exemples dans le quatrième ventricule des poissons.
Le plancher du ventricule optique est formé par la scissure deSylvius, divisé sur la ligne médiane par une rainure (i) , en deux parties symétriques ; les bords de la scissure sont formés de chaque côté par les pédoncules cérébraux, sur le milieu et dans la profondeur desquels on voit le passage des cordons antérieurs moyens de la moelle allongée (2) ; au-dessus, et un peu au côté externe, se trouvent les faisceaux olivaires (3), qu'il est souvent difficile d'isoler. C'est sur cette partie des pédoncules cérébraux que se développent , chez les poissons, des tubercules particuliers , dont on ne trouve que de faibles vestiges chez les reptiles
été rapportés d'Égale par M. le professeur Geoffroy-Saintïlilairc, et conservés longtemps dans l'alcool. Cette circonstance a peut-être influé sur l'oblitéralion du ventricule.
(1) PI. VI, fig. i5i.
(2) PI. VII, fi-. iGG, n" 2; ù'-. 189, 1." 1 cl G; pi. VI, fig. i36.
(0) PI. VI. II-. 147, n" 2.
TUBERv'XLES QUADRIJUMEAlîX. Zoj
et les oiseaux , et qui varient de tant de manières Je plancher du ventricule optique des poissons.
Ces tubercules, que Halîer nommait Tort ^ les comparant sans doute au relief du soubassement des colonnes , n'existent pas chez la lamproie, le silure électrique , ni la torpille : ils sont peu développés chez les rayes et les squales, comparés à ceux des poissons osseux ; le peu de relief qu'ils font , les a fait méconnaître chez les premiers de ces poissons. On les voit néanmoins chez l'ange et î'aiguillat : chez certaines rayes (i) , ils forment un croissant dont la concavité regarde la scissure de Sylvius, et la convexité la périphérie des lobes : de cette der nière partent des stries médullaires minces.
Les tf?rt sont beaucoup plus évidens et beaucoup plus développés chez les osseux ; ils sont -doubles chez la plupart , et leur position permet de les distinguer en postérieurs (2) et antérieurs (3). Les postérieurs, peu développés chez les rayes (4) , les pleuronectes (5) , le congre (6) , le caranx, la tanche(7) la baudroie (8) , les anguilles,
(i) PL VI, fig. i52,n«6.
(2) PI. Yn,fig. 181, n°-5.
(3) PI. VII, fig. 181, n»4.
(4) PI. VI, %. i53,n<>5.
(5) PI. VII, fig. 175, n^5bû?.
(6) PI. VII, fig. 167, n»2.
(7) PI. VII, fig, 187, n» 4.
(8) PI. VU, fig. 180, nV,.
3o8 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
les harengs, deviennent très-saillans «hez les truites , les saumons, la perche (i) , le brochet (2), IVgrefin (5) , la morue (4) , le gronau (5) , la carpe (6) , les spares et le ruban.
Leur forme varie singulièrement chez ces divers poissons : chez la perche , le congre , la morue , l'ëgrefîn , ce sont deux bulbes allongés servant en quelque sorte de pédoncule au cervelet , dont ils embrassent la partie supérieure chez le lopliim 'piscatorius (7) ; chez le cepola tœnia , c'est un tubercule échancré en arrière : chez la tanche , le tubercule est pisiforme et sans échancrure (8) ; chez le merlan ils ont la forme d'un rein , dont la partie concave regarde la scissure de Sylvius (9) ; Cette forme est plus prononcée encore chezle sparus raii. Chez le brochet (10) , chaque tubercule est divisé par un sillon dans sa partie moyenne; il y a alors quatre tubercules distincts en arrière du ventricule du lobe optique : chez le gronau , les tori postérieurs sont pisiformes , leur grosse extrémité
>(i) PI. VI, fig. 1/15, n°5.
(2) PI. VIÎ,fi-. 170, n"4.
(5) PI. VII, fig. 181, n" 5.
(4) PI. VU, fig. i65,n"9.
(5) PI. VU, fig. 159, n' 4.
(6) PI. VI, fig. i53.
(7) PI. VII, fig. 181, n'5.
(8) PI. VU, fig. 187. •
(9) PI. VU, fig. 195.
(10) PI. VI[, fig. 170,1." 4.
TUBERCL'LES Ql ADUIJLMEAUX. 009
€ât tournée en avant, leur pointe en arrière (i); de cette dernière se détache de chaque côté un faisceau, qui , d'abord réfléchi d'arrière en avant, embrasse le sommet des tubercules , puis se réfléchit de nouveau , et se porte d'avant en arrière, se dirige vers la partie supérieure du cervelet, où il se plonge (2). Ce faisceau blanchâtre est ainsi roulé deux fois sur lui-même avant de se porter dans le cervelet.
Chez la carpe les tori postérieurs offrent l'une des plus singulières complications de l'encéphale des poissons osseux. D'abord au milieu on trouvtî un tubercule arrondi (3) , qui sert en quelque sorte de chapiteau à la moelle médullaire qui leur sert de base; ce tubercule , arrondi en arrière , est échancré en devant, où se trouve une rainure assez profonde. Des côtés de chaque échancrure part une lame épaisse, arrondie, d'un blanc grisâtre; cette lamer, roulée, se dirige en devant, puis sitôtaprèssc contourne d'avant en arrière, et forme un croissant autour du tubercule central , qu'elle embrasse des deux côtés (4). Après avoir débordé ce tubercule en arrière , celte lame se réfléchit de nouveau de dedans en dehors ; elle se dirige ensuite d'arrière en avaiit , en formant un second arc concentrique au premier , qui , de celte manière, est embrassé
(i)Pl. Vll,fij., 159,11-4.
(2) PI. VII, fi-. \6o, ird,
(3) PI. VI, fi-. î55,
(/,) PI. vi,ng. i5:»,ir4.
JIO TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
par ce secoud contour. La partie antérieure de la seconde lame de réflexion , arrivée en avant du point de départ de la première , s'enfonce audessous d'elle , en allant gagner la base de la masse médullaire d'où proviennent les tort postérieurs. En oulre , au point de la seconde réflexion , il se détache une partie de la membrane nerveuse, qui vient se joindre à l'enveloppe externe des lobes optiques. Les tot^i postérieurs forment aussi chez la carpe deux circonvolutions libres et flottantes dans la cavité du ventricule optique , adhérentes par leur base à la masse médullaire , dont elles paraissent une expansion. Gesi deux circonvolutions sont séparées par deux rainures , ou mieux encore par deux anfractuosités, dont l'une est interne et l'autre externe. Si on place l'encéphale dans l'eau , on voit flotter cette membrane roulée, que rien n'assujétit dans ses trois quarts antérieurs à l'enveloppe externe des lobes. Ces circonvolutions remplissent non-seulement le ventricule optique , mais leur relief est tel dans cette cavité, qu'elles écartent dans leur partie moyenne le plancher des lobes optiques, et donnent à ces lobes la forme particulière qui les distingue de tous les autres poissons osseux.
Les tubercules postérieurs sont principalemenl en rapport avec le cervelet , comme on l'a- ]3erçoit chez la carpe (i) , la perche (2) , la tan-
(1) PI. VI,fig. i53, ri^3, (3) P!. VI, fi^. i'|5, iv 7,
TLBERCILES QUADRI.Tl MEAUX. O I î
chc (i) , le congre (2), le merlan (5) , la niorue (/|) , le brochet (.5) , l'égrefin (6) et le gronaii (7). Leur superficie est souvent recouverte d'une petite pellicule grisâtre.
Les iori antérieurs (8) , plus étendus souvent que les postérieurs , ont constamment la forme d'un croissant , embrassant par leur concavité les postérieurs , excepté chez la carpe : très-affaissés chez les cartilagineux (9) , leur saillie est à peine sensible sur le plancher du ventricule : beaucoup plus développés chez la perche ( 1 o), le merlan f 1 1 ) , le brochet (12) , la sole (i5), le gronau (i/|), ils le sont plus encore chez la morue ( 1 5) , où ils forment deux cylindres sur le côté externe des tubercules^ postérieurs , et chez l'égrefin, où ils ont la forme
(i)PK vn,ng. 187.
(2) PI. VII, fi-. 167.
(3) PI. VU, fig. 193.
(4) PI. VII, fig. i65, n'o.
(5) PI. VII, fio. 170, n"4,
(6) PI. Vil, lio. 181, n"5.
(y) PI. VII, fig. i6o, n" 3 ot 4.
(8) PI. VII, fif». i65, n" 10.
(9) PI. VI, fio-. i52, n"6.
(10) PL VI, fig-. 143, n" II.
(11) PI. VII, 0-. 193, iro,
(12) PI. VII, fi-. 170, n^3.
(i3) PI. Vil, fi-. 173, 11' 5.
(ij) Pi. Vit , fi-. 159, n" 3, (i5) PL VII, fig, if;5, n°8.
5l2 TUBERCtLl-S Ql-ADRIJUMEAt S.
d'un rein (i). Autant les tori postérieurs sont développés chez la carpe, autant sont simples et affaissés les antérieurs {2). Pour les apercevoir il est nécessaire d'enlever la double circonvolution que forment les premiers : on distingue alors sur la base de l'excavation du ventricule optique un tubercule blanchâtre , en forme de croissant, dont la convexité est en dehors , et la concavité en dedans ; de la convexité partent les faisceaux radiés, qui, parleur épanouissement, forment l'enveloppe du lobe , qui est très-mince chez la carpe , circonstance de structure qui prouve que les iori postérieurs ne concourent point à sa formation.
Les tubercules antérieurs, principalement formés par la matière médullaire, donnent naissance, par leur expansion , à la membrane interne des lobes optiques ; le point de départ de cette lame étant pris au devant du tubercule (5) , on la voit contourner d'abord les tubercules postérieurs , puis se réfléchir d'arrière en avant et tapisser toute la partie interne du ventricule en formant des stries plus ou moins saillantes, comme il a déjà été dit. Cette lame interne peut facilement être séparée de l'externe , à laquelle elle ne paraît adhérer dans la par lie moyenne que par une
(1) PI. VII, jQ^^ .81, n''^.
(2) n. VI, rij>-. i55, ir5.
(7,) VI VII. fig-. if;5, n" 10.
TL nERCU LES QU ÂDÎII,] L ME ALIX. 3 J 7}
couche mince de substance grise: parvenue par cette réflexion vers le point de son départ , elle se réunit à sa congénère en formant souvent une voûte médullaire, ou une sorte de ruban blanchâtre en avant du lobe optique , comme on le remarque chez la perche, le merlan , la tanche, la baudroie ^ le brochet et la sole. D'autres fois ce voile médul-^ laire ne se forme pas , et la membrane interne reste striée dans toute Tétendue du lobe aptique; ce que Ton remarque chez l'égrefîn : ou bien à sa place , il se forme un petit amas de matière blanche , séparée par une rainure sur la ligne mé^ diane , comme on l'observe sur le gronau. Il est à remarquer que chez plusieurs poissons les pli-^ catures de cette lame interne se prolongent jusque dans le nerf optique de la manière que je l'ai indiqué chez la morue (i). Assez souvent le voile médullaire, où se termine antérieurement la membrane , est le point où s'arrête la plicature ; de telle sorte que l'on ne peut en suivre la continuation dans îe nerf de l'œil. On voit spécialement cet effet chez le rascasse.
Chez d'autres poissons osseux , cette lame interne, tout-à-fait libre de l'externe , se plisse ou se roule sur elle-même de manière à produire , sur le fond du ventricule optique, des reliefs qui don-ncnt à cetorgane une nouvelle apparence. C'est le cas du coil^re , de la dorée , des spares et du. ca-
(i) ri. VII, fig. 105
.)! ) Il ni';i;f:i ir:s ni adiu.ii mi:ai x.
r;mx. (ioiiiiiKî c'est le plisst^nient I(! plus sinipîe <l(; la iiK^iuliraiie iiervoiisi^ <1(î.s v( rh-hrés , nous allons cil suivie \i'. uic'ieanisiiK; tliez e(;H poissons.
filiez le eon^^re ( I ) , la nieml)raii(; niédullain; , parli(; i\r son p<'lil pédicule silu<'; au devant (I(;h (oii postérieurs , einl)rass(.' d'abord c(;ux-ci par sa <:oiicavilé ; puis s<î réfléchissant d'arrién; en avant, ell(; suit la inan lie inv(;rs(î <le la pr(Mnièr(î en la <:ôloYant, et va se lixer au-devant (lu ventricule opli(|ue. I.a double circonvolution (pi elle fornK» est séparé(^ pai" uik; {^M>uirière (crinée à l'endroit où la nieinhrane si* i <'(l(''cliiî. (ies diMix circonvolutions sont lihrrs.
(liiez la dorée , la inenihiane n'est pas roulc(î en circonvolution , ainsi rpie che/ le contre et la carpe: parlant du niêine point et allant aboutir au inéiiKî endroit , elhî lorint; uur es[)cc(^ de co- «piille Ironcée dans sa parlie moyenne, où exist(î une cavitj' spéciale (pi'<'lle circonscrit; d;ins l'eau < (Ile niembrane sr relcv<' , et lorscph' les parois <Mi sont rapprochées , tcsl un sc( ond ventri< nie d ans le j)rcinier. la ineine disposilion <\isîe ch(*y. le sfniriis rail r\ le bot;ue ordin.ùre , doni la cavil»' <st plus prononcée cjuc che/ la doi ce. (Ihez tous tes poissons le (ronceineni de la inend)ran<' iiihrin- sesl o|)éré \v lon^ de l .i\c du ventricuh* <»pri(pie; le second vcniii(ule a la inOiue direo lion ipic |( pi< inier. M.ùs che/ le sari:f^ conunun
(i , ri N II , lî;;. i(>7.
(sparus sargus) , le cervchit ayant écarlé ^ connue nous l'avons d'il , les lobes o[)tiqu(;s eu arrière, la nieuibrane interne se Ironciî Iransversaïenient ; le double et le triple plissement qu'elle présente en arrière s'opère horizontalement; la cavité qu'elle circonscrit a son grand diamètre transversal. Chez l'espadon , ce plissc^ment tient le milieu pour sa direction entre celui du sargue et de la carpe. Chez le caranx (;t le thon conuuun , la membrane intiîrne est plissée dans toute sa périphérie ; il y a six plissemens chez le caranx , et neuf chez le thon. ChacpKî pli a son anfractuosilé intérieure, se rendant dans l'anfraetuosilé centrale , qui, selon Arsaki (i), est convertie m ventricule , chez ces derniers poissons , par un voile médullaire qui réunit les lames plissées en manière de pont. La plicature de la membrane interne des lobas optiques ressemble, dans ces derniers cas, aux plicatures du nerf optique de l'espadon, du pagre (sar^iis ar~ gcntcus) <»t du thon [scombcr ihynnus).
(i) Arsaki , auquel je; reiida un liommagc larilil", pi^rcc <|iie je n'ai eu sa dissertation que depuis peu {f\ septembre i8'j5), a i(îprésenté ce plissement elicz le :*7/.s faho-, le sparus suriras, le spams raii, h; caran.v trncliiinis (!l le .vipliias i^lailins. On l'a acMusé eomme njoi (et, soit dit en passant, avec autant de raison) d'avoir lro[) jfj^énéralisé ses idées, ou, en «l'anlres termes, d'avoir dit ee «pi'il a vu. Cela doit êlre , et sera , toutes les ibis que les laits observés ont le malli(!ur de lie pas se trouver en liarmonie avec les liypoibèses; vav il l'a:il «pK- le^; b}'polhèbCS aycnl aussi leur exish.'uee !
T)\6 TIBERCULES QUADRUrMEAUt.
J.a formation de ce second vcnlricido dans ic centre du premier se forme par la conjugaison des deux lames des ^ort antérieurs , comme le ventricule de la moelle épinière, celui du cervelet , le troisième ventricule et les ventricules latéraux des mammifères. C'est une nouvelle cavité de conjugaison. Un fait que nous devons nous borner à bien constater pour le moment , c'est que la lame interne du ventricule optique des poissons osseux est distincte de la lame externe ; que lorsqu'elle est appliquée contre cette dernière, elle est sim-plement striée , et que, devenue libre, elle se roule en forme de circonvolution , ou se plisse en développant des anfractuosités plus ou moins profondes.
Ces tubercules, sur-ajoutés aux pédoncules cérébraux , forment le centre de la radiation médullaire la plus importante et la plus compliquée chez les poissons osseux. Les faisceaux postérieurs de cette radiation se rendent dans le cervelet , les antérieurs dans le nerf optique , et les moyens radient vers la périphérie des lobes , ou bien forment une partie distincte et isolée dans l'intérieur du ventricule optique.
Au centre de la deuxième cavité , ou à la jonclion des torî en avant , lorsque cette cavité n'est pas formée . se trouve une petite dépression qui communique souvent dans le canal de la tige piluilairc, et quelquefois dans la cavité des lobules ou tubercules optiques. Chez beaucoup de pois-
TL'BERCULES QUADRIJUME AL^, 3l7
sons la cavité de la tige pituitaire ne communique pas avec celle du ventricule optique. Chez d'autres , comme chez l'égrefin et la morue , elle s'ouvre dans la scissure de Sylvius , et s'abouche immédiatement dans le quatrième ventricule prolongé le long de cette scissure. Chez le gronau les lames de la tige pituitaire s'insèrent en avant des lobes optiques , et communiquent avec les hémisphères cérébraux. Quelquefois , en avant de l'excavation où s'ouvre la tige pituitaire , on rencontre une petite commissure (i) qu'Arsaki nomme encore commissure antérieure. Quelquefois, comme chez la morue , il y en a deux : l'une superficielle, servant de réunion à la tête des tori antérieurs (2) ; l'autre profonde , réunissant les deux pédoncules cérébraux avant leur sortie de la base des lobes optiques (3). Je n'ai jamais aperçu de commissure en arrière du point de jonction du canal pituitaire avec le ventricule optique. Il ne faut pas confondre ces commissures , comme l'ont fait quelques anatomistes , avec les lames de jonction de la lame interne , lames qui quelquefois sont situées en avant, comme chez la morue, ou en arrière des tori , comme chez l'espadon.
Les lobes optiques dominent toutes les autres parties de l'encéphale, chez les poissons osseux.
(1) PI. VI, fig. i5i, 11° 2.
(2) PI. Vir,fig. iG5, 11" 10.
(5) PI. VII, n- 1G6, n-2.
3l8 TUBEBCLLES QUADRIJUMEAUX.
de même que le font les hémisphères cérébraux chez les mammifères ; leur intérieur offrant des doubles tubercules , qui rappellent les corps striés et la couche optique, leur cavité communiquant souvent par une espèce d'entonnoir avec l'intérieur de la tige pituitaire , comme cela existe encore chez les mammifères ; on voit donc comment, en ne prenant que les formes pour guide, cette richesse d'organisation se prêtait à la comparaison de ces lobes avec les hémisphères cérébraux.
Tantôt, comme chez les pleuronectes, lecycloptère lump , le saumon , et surtout le brochet , les zm postérieurs étant doubles ou quadruples, rappellent jusqu'à un certain point les tubercules quadrijumeaux. D'autres fois, comme chez le merlan et certains spares, leur disposition en forme de reins les rapproche de la couche optique; quelquefois enfin la double circonvolution qu'ils présentent chez le gronau et la carpe , prête à quelque rapprochement avec la corne d'Ammon. Aussi les a-t-on comparés à la corne d'Ammon , à la couche optique ou aux corps striés , selon les espèces qui servaient de terme de rapport. M. Cuvier est le premier qui par une observation ingénieuse ait délogé les tubercules optiques de l'intérieur du ventricule de ces lobes chez tous le poissons ; c'est le premier pas vers une meilleure détermination.
Les tort antérieurs favorisaient encore cette il-
TLBERCUr.ES QUADRIJUMEAUX. JIQ
lusion. Le croissant qu'ils forment autour des postérieurs sur le plus grand nombre des poissons , et la disposition radiée de leur convexité , simulent jusqu'à un certain point les cannelures des corps striés. Les prolongemens de leur membrane, leur plissement , et leur conjugaison sur la ligne médiane , reproduisent encore les cornes d'Ammon, divisent îe ventricule commun en deux chambres , une supérieure , qui représenterait la partie supérieure des ventricules latéraux , et une inférieure, qui rappellerait le prolongement de ces ventricules vers les cornes d'Ammon , chez les mammifères. Quelquefois même, comme chez le thon , le sarguc , le spams raii^ le caranx et l'espadon, on aurait pu trouver dans le second ventricule l'analogue du troisième des mammifères , enchâssé dans le grand ventricule commun : dans la lame médullaire , qui quelquefois se ferme supérieurement , on aurait pu voir la voûte ; et dans les faisceaux de conjugaison , soit de la lame plissée , soit des tori , soit des pédoncules , on aurait pu trouver les représentans des commissures antérieures et postérieures. En prenant ainsi tous les poissons osseux, en les considérant d'une manière abstraite , empruntant à l'un ce qui manque à l'autre , on serait parvenu a simuler les hémisphères cérébraux de la classe supérieure , dont les cartilagineux eussent été privés : car la simplicité de structure de leurs lobes optiques ne se prête nullement à tous ces rapprochemens.