‹ Anatomie comparée du cerveau (volume 2)Chapitre 26 sur 59 · TUBERCULES QU A DRIJUME AUX · texte numérisé non relu

TUBERCULES QU A DRIJUME AUX

i^a structure de la lame qui forme la coquille des lobes optiques des poissons , les rapproche d'une part des tubercules quadrijumeaux des autres classes, et repousse de l'autre leur assimilation aux hémisphères cérébraux.

Dans les trois classes supérieures , et chez les chondroptérygiens, où les hémisphères cérébraux ne peuvent être méconnus , la matière grise forme toujours l'enveloppe extérieure de ces hémisphères : non-seulement il n'existe dans ce rapport (le position aucune exception dans les trois classes supérieures; mais, ce qui est plus remarquable, la couche grise extérieure augmente d'épaisseur à mesure qu'on descend vers les mammifères inférieurs ; elle forme même , chez les oiseaux et les reptiles , la presque totalité de ces organes ; et chez les chondroptérygiens, le requin excepté, à peine distingue-t-on une traînée de faisceaux médullaires dans leur intérieur. La matière blanche qui forme l'enveloppe extérieure des lobes optiques des poissons, exclut donc l'analogie qu'on a cherché à leur trouver avec les hémisphères cérébraux.

Au contraire, dans les lobes optiques ( tubercules quadrijumeaux ) des oiseaux et des reptiles, la matière grise et blanche affecte un rapport inverse : la matière blanche en forme l'enveloppe extérieure , comme dans la moelle épinière, dont ces lobes sont la terminaison. Les tubercules quadrijumeaux ( lobes optiques ) des poissons ren-

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îrent donc dans la structure générale que présentent ces parties dans les classes supérieures.

Ainsi, d'une part, ces parties ont une structure inverse de celle des hémisphères cérébraux dans toutes les classes; de l'autre, leur structure est identique avec celle des tubercules quadrijumeaux ( lobes optiques ) des reptiles et des oiseaux. Tout confirme donc leur analogie avec ces dernières parties , en même temps qu'elle exclut tout rapport avec les hémisphères cérébraux.

L'explication de l'encéphale des poissons est toute entière dans la détermination de ces organes , qui en forment la partie principale : une fois méconnus, il était impossible de ramener leur encéphale à celui des autres classes ; on tombait inévitablement dans un labyrinthe d'incertitudes , dont on n'a jamais pu sortir , quelques elTorts qu'on ait faits, quelques suppositions qu'on se soit permises ; car le nerf optique, qui naît de la partie antérieure de ces prétendus hémisphères, Vepitelium du cervelet, qui sort de ce qu'on regardait comme les analogues des grands hémisphères , présentaient seuls des difficultés insurmontabies , et qu'on n'a jamais essayé de surmonter. Ajoutons encore que, dans cette supposition, l'encéphale des chondroptérygiens présentait une exception si extraordinaire , que seule elle suffisait pour la renverser; car dans ces poissons , où les hémisphères cérébraux ne peuvent être méconnus, ou

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élait conduit à admettre quatre hémisphères cérébraux, dont la paire antérieure, entièrement distincte de la postérieure, en différait sous tous les rapports. La dernière classe des vertébrés eût été celle dont ces hémisphères eussent été les plus richement développés ; ce qui est contredit par toute leur organisation.

On n'était guère plus heureux chez les poissons osseux; car comme on trouvait tout l'encéphale des mammifères dans ces prétendus hémisphères, il ne restait plus rien pour les lobes qui les suivent : ces lobes, tantôt au nombre de deux, tantôt au nombre de quatre , forment le tiers ou la moitié de l'organe. D'où il résultait que chez les poissons même qui avaient servi de type de comparaison , la plus grande partie de Tencéphaie était inexpliquée et restait inexplicable.

Telles sont les variations des tubercules quadrijumeaux dans les quatre classes des vertébrés.

Ces variations influent d'une manière trèsmarquée sur la disposition générale de l'encéphale. Chez l'homme, les quadrumanes, les cétacées , les ruminans et les carnassiers, ils sont tout-à-fait couverts , et par le cervelet et par les hémisphères cérébraux. Chez les mammifères inférieurs "^ leur saillie semble avoir arrêté le développement de ces deux organes : ils paraissent à nu sur la face supérieure de l'encéphale; ils restent ainsi interposés entre le cervelet et les hémisphères cérébraux , qu'ils maintiennent à distance. 11 en

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serait de même sans doute chez les oiseaux, sans le déplacement qu'ils éprouvent; mais en se plaçant sur les côtés et la base de Tencéphale , ils laissent libre l'espace qu'ils occupaient jusqu'aux deux tiers de l'incubation ; ce qui donne au cervelet et aux hémisphères du cerveau la faculté de se rejoindre et de s'appliquer étroitement l'un contre l'autre.

Chez les reptiles , leur déplacement n'ayant point lieu , ils offrent une paire de lobes visibles chez tous sur la face supérieure de l'organe (i), et constituant déjà une de ses parties fondamentales; enfin, chez les poissons, notamment chez les poissons osseux , ils forment véritablement la partie principale de l'encéphale.

Ces divers états nous reproduisent donc exactement et d'une manière permanente] les formes fugitives et transitoires de l'encéphale des embryons : c'est, en grande partie, par les transformations des tubercules quadrijumeaux , que l'encéphale d'un embryon d'oiseau (2) répète l'encéphale du reptile ; le reptile (5) , celui du poisson : c'est pour la même cause , et par les rapports analogues qui en dérivent , que l'embryon d'un mammifère supérieur (4) reproduit successivement

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