‹ Anatomie comparée du cerveau (volume 2)Chapitre 29 sur 59 · PL VI · texte numérisé non relu

PL VI

(5) PI. Ml.

(4) PI. m et Pi. IV.

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 029

Enfin, chez les mammifères , l'oeil augmente de volume , de même que le nerf optique et les tubercules quadrijumeaux, des quadrumanes aux carnassiers 5 aux pachydermes, aux ruminans et aux rongeurs : les phoques et les cétacées sont surtout remarquables sous ce triple rapport (i).

D'après l'opinion de M. Gall sur l'origine des nerfs optiques dans cette classe, il semble que ce rapport devrait coïncider principalement avec les tubercules antérieurs. Cela est d'une manière générale ; cependant le blaireau , le renard , le putois , l'hyène , le raton (2) , l'ornithorhynque , quelques rats et plusieurs rongeurs, ont la paire antérieure de ces tubercules (5) très-développée , quoique les nerfs optiques soient assez grêles en comparaison (Zj).

Sont exceptés de ces rapports les animaux privés de nerfs optiques , chez lesquels néanmoins les tubercules quadrijumeaux sont très-bien développés, tels que le protée et la cécilie chez les reptiles; la taupe (5), le zemni (6) , le rat-taupe du Cap , les musaraignes et la chrysochlore.

Remarquons à cette occasion une discordance frappante entre les renflemens de la moelle épi-

(i) PI. XI, fig» 225, E, F, G ; PL XÏI, %. 254, n" 2,

(2) PI. VIII,fig. 201, n^ 6.

(3) PI. YIII, fig. 201, n° 5 et 6.

(4) PI. VIII, fig. 200, n° 2.

(5) PI. XIV, fig. s6o, n«2.

(6) PI. XV, ù^. 272, n^ 2,

35o TUBERCULES QUADRIJUx\[EAUX.

nière et son bulbe de terminaison. En effet, les renflemens supérieur et inférieur disparaissent avec les membres auxquels ils correspondent ; il semble , d'après cela, que les tubercules quadrijumeaux devraient cesser d'exister en même temps que le nerf optique disparaît. Mais il n'en est pas ainsi chez le protée ; les lobes optiques n'ont rien perdu de celte absence des nerfs. Chez la taupe (i) et le zemni (2) , on peut voir également non-seulement que les tubercules quadrijumeaux ont survécu aux nerfs optiques (5) , mais que leur dimension même n'en paraît pas diminuée. La même indépendance des tubercules quadrijumeaux se reproduit sur quelques monstruosités animales ; ainsi ces tubercules n'éprouvent aucun changement physique notable, soit que le nerf opliquene se forme pas, soit qu'après son développement un obstacle dépendant de la monstruosité l'empêche d'établir sa communication avec eux. Cette singulière exception est digne de fixer l'attention des anatomistes.

Signalons-en une autre non moins remarquable, quoique moins sensible au premier aperçu. Nous avons vu que chez les reptiles et les poissons les cordons des olives s'épuisent en totalité dans les lobes optiques; nous avons dit aussi qu'ils s'y

(1) PI. XV,fig. 291,11" -i.

(2) PI. XV,fig. 292, n°4.

(5) PI. XIV, fjg. 260, ir 2; PI. XV, fig, 272, n' 3.

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 55 1

consument presque entièrement chez les oiseaux, tandis que chez les mammifères une grande partie de leurs faisceaux se portent dans les hémisphères, ]\e semble-t-il pas, d'après cette disposition, que les éminences olivaires devraient s'accroître dans les mêmes proportions que les tubercules quadrijumeaux et les lobes optiques? Or, c'est ce qui n'est pas. Les éminences olivaires restent complètement affaissées chez les poissons, les reptiles et les oiseaux ; elles sont affaissées aussi chez les mammifères inférieurs ; elles ne deviennent saillantes que chez les supérieurs, et surtout chez les quadrumanes et l'homme. Cette discordance se reproduit aussi chez les embryons : ainsi, pendant la première moitié de la formation de l'embryon des quadrumanes et de l'homme, les tubercules quadrijumeaux étant très-développés , les olives sont affaissées ; pendant le dernier tiers , les olives deviennent de plus en plus saillantes à mesure que les tubercules s'affaissent et diminuent. Quelle est la cause de cet antagonisme? je l'ignore. Ce que nous avons dit du volume relatif de la moelle épinière et des tubercules quadrijumeaux n'est donc point applicable aux éminences olivaires.

Du reste , les tubercules quadrijumeaux sont .développés chez les mammifères en raison directe des pyramides antérieures, des postérieures et du corps restiforme; et chez les oiseaux, dans un rapport proportionnel avec ces derniers corps et les pyramides postérieures. Chez les poissons ,

5j2 tubercules quadrijumeaux.

toutes les parties de la moelle allongée semblent suivre assez exactement le développement des tubercules quadrijumeaux.

Les pyramides antérieures s'entre-croisent sur la moelle allongée : les olives ne s'entre-croisent point dans ce sens ; leur croisement se fait en avant par l'intermède des faisceaux du nerf optique. Sous ce rapport encore, les quatre classes présentent des différences très-marquées. Ainsi, plus Tentre-croisement des pyramides antérieures est distinct , comme chez l'homme et les quadrumanes , moins le croisement des faisceaux des olives est marqué à la jonction du nerf optique. Les mammifères et les oiseaux sont les seules classes où le croisement des pyramides soit apparent : c'est aussi dans ces deux classes que l'on distingue si difficilement rentre-croisement des nerfs optiques, qui n'a jamais lieu que pour une petite quantité de ses fibres.

Au contraire , chez les reptiles et les poissons , dont les pyramides antérieures sont directes , les nerfs optiques s'entre-croisent en masse ; celui de droite passe à gauche , et celui de gauche à droite , sans confondre leurs fibres, dans un grand nombre de cas.

La liaison des deux systèmes nerveux de droite et de gauche parleur entre-croisement, a donc lieu à un môme degré dans les quatre classes , quoique dans des points opposés- Lorsque fentre^croiscmcnl est très-proncncé en arrière , il est

TUBERCULES QUADRIJUMEÂUX. 355

faible en avant : il est très-manifeste en avant, quand il cesse d'exister en arrière.

Les tubercules quadrijumeaux ont donc avec les yeux les mêmes corrélations que les renflemens supérieurs et inférieurs de la moelle épinière avec les membres ; ces corrélations du système nerveux central s'étendent beaucoup plus loin que les anatomistes ne l'ont pensé jusqu'à ce jour : nous allons en fournir une nouvelle preuve dans les rapports de l'os épactal de Fischer , ou des interpariétaux , avec les tubercules quadrijumeaux.

Ces os 5 que l'on pourrait aussi nommer pariétaux postérieurs , correspondent aux tubercules quadrijumeaux , comme les occipitaux au cervelet , les pariétaux et les coronaux aux hémisphères cérébraux : ils suivent, dans toutes les classes, les modifications de ces tubercules, grandissent et s'atrophient avec eux.

Ainsi , chez les poissons , nous trouvons les interpariétaux les plus grands , comme les tubercules quadrijumeaux les plus volumineux : après les poissons viennent les reptiles et les oiseaux , pour le volume de ces os et de ces tubercules; puis, enfin, les mammifères, chez lesquels l'os épactal est réduit dans ses dimensions, comme le sont les dimensions des tubercules quadrijumeaux. Cette réduction est graduelle, comme la diminution successive des tubercules. L'os épactai est encore très-prononcé chez les rongeurs; il l'est

554 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.

moins chez les ruminans et les pachydermes : il n'existe chez les carnassiers que dans le jeune âge. Enfm , l'homme occupant le bas de l'échelle des vertébrés par la faiblesse de ses tubercules quadrijumeaiix, les interpariétaux n'apparaissent chez lui que comme des cas accidentels. Sur des sujets où je les ai observés très-distincts et isolés des pariétaux et de l'occipital , j'ai remarqué , d'une part , que les tubercules quadrijumeaux étaient Irès-développés , et j'ai observé, de l'autre, que ce surcroît de volume leur était donné par la prédominance des tubercules antérieurs sur les postérieurs 5 double circonstance qui les rapprochait des rongeurs, des ruminans et des pachydermes ( i ) .

En définitif donc, les lobes optiques des oiseaux , des reptiles et des poissons , sont les analogues des tubercules quadrijumeaux des mammifères.

Ils sont creux dans les trois classes inférieures, et solides chez les mammifères.

Chez les embryons de ces derniers, ils sont creux comme dans les trois classes inférieures, et jumeaux comme les lobes optiques. Les trois

(i) J'ai remarqué chez plusieurs idiots que les tubercules quadrijumeaux antérieurs sont plus développés que les postérieurs. J'ai encore vérifié ce fait ce matin (12 août i825) chez une fille de trente-trois ans, idiote depuis son bas âge. J'ai constaté aussi une diminution sensible de la couche optique et de* corps striés. Le cervelet était très-petit, la moelle épinière large, le tronc énorme, la tête petit<^.

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 555

classes inférieures sont donc, sous ce rapport, des embryons permanens de la supérieure , et ceux-ci reproduisent les formes permanentes des oiseaux, des reptiles et des poissons.

Les tubercules quadri jumeaux sont dominés chez les mammi(ères par les autres parties de l'encéphale. Chez les reptiles , ils dominent le cervelet ; chez les oiseaux, ils forment une paire de lobes plus importans encore que chez les reptiles : enfin, chez les poissons , notamment les poissons osseux , ils forment la partie principale de lehcéphaîe , et dominent toutes les autres.

De ces diverses conditions d'existence des tubercules quadrijumeaux dans les quatre classes dérivent donc leur forme, leur position, la structure et les rapports qui viennent de faire l'objet de ce Chapitre.

556 TLBERCL'LES QUADRIJUMEAUX.

TABLEAU COMPARATIF

Des Dimensions des Tubercules quadrijumeaux chez Les Mammifères.

Homme.

NOMS DES ANIMAUX

Patas [Slmia rubra)

Callitriche [S, sabœa)

Malbrouck [S. Faunus)

Magot {S. sjlvanus)

Ouanderou (i5. silenas)

Macaque {S. cjnocepliatas^

Papioii [S. sphynx)

Mandrill [S. maimon)

Saï {S. capaclna)

Maki [Lemar macaco)

îlhinoloplie uni-ier [Rhbiolophus uniha&tatiis. G. S. H.)

Vcspertilion murin ( Vespertilio marinas)

T-duipe {Talpa europœa)

Ours brun [Ursas arctos)

Ours noir d'Amérique (17. americanas).

Raton {U. lotor) '

Blaireau (17. vietes)

Y omnG {M astela foina)

Marte (M. martes)

Loutre (M. latra)

Chien {Canis familiaris)

Loup, jeune (C tapas)

Hyène [C. hyœna)

Civette ( Viverra civetta )

Genelte (F. gcuetta)

Lion [Felis leo)

MESURES DD TOBKRC. QUADR.

diaQiètie Iransveise.

nietre.

OjOlOOQ

diamètre antéiopost.

Oj 00600

o^oo65o 0^005^5 0^00600 OjOo625 OjOo65o Oj 00450 o,oo55o

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