PI. XV, %. 270, D, C
(6) PI. XII, lig 240, 11° 3 et 4.
(7) PI. XV,fig. 278,6, C.
(8) PI. XV, fig. 269, n" 3 et 4.
(9) PI. VIII, fig. 202, B, C.
(10) PI. XIII, fig. 244, 11° 2 et 3.
(11) PI. XVI, fig. 296,6,)).
(12) PI. X, fig. 221 , E, ir 5 et 4- (i3) PI. XIV , fig. 261 , ir 2 , 3 et 4. (14) PI. XVI, fig. 298, D,C.
(i5) PI. XV, fig. 274, B, K, D, C.
(16) PI. Xî, fig. 25o,B, C, A, C.
(17) PI. XIV, fig. 264, n° 2, 3et4.
(18) PI. XIV, fig. 265, D, n»Set 4.
(19) PI. XIII, fig. 25o, B,C, A, C.
(20) PI. XVI, fig, 294, D, C, A, D.
Zg6 CERVELET.
hémisphère chez le phoque (i) , le dauphin (2) , le chameau à deux bosses (3) , les singes (4) ^t l'homme.
Ainsi , en y comprenant le lobe médian , la face externe et supérieure du cervelet est formée d'abord de trois lobes, puis de cinq, puis de sept, puis de neuf, et enfin de onze lobes. Les lobes composant les hémisphères du cervelet sont très-inégaux entre eux, chacun deux prédomine tour-à-lour sur son voisin; et de là résulte encore une nouvelle source de variétés extérieures pour cet organe ; variétés produites par la position des rainures plus ou moins profondes qui séparent ces lobes , et par la direction différente des sillons qui parcourent leur superficie.
Le nombre des lobes composant la face supérieure des hémisphères du cervelet se reproduit exactement sur sa face inférieure , de telle sorte que Tune des faces est la répétition de l'autre. Il y a cependant cette différence , que sur la face inférieure tous les lobes sont rangés concentriquement les uns aux autres et d'une manière assez régulière. Chaque lobe est séparé de son voisin par un sillon en forme d'arc , dont la concavité regarde le bulbe rachidien ou le pont de
(1) Pi. X,fig. 216, n^S.
(2) PI. XI, fig. 235, C, A, D.
(5) PI. XIII, fig. 248, B, C, I.
(4) PI. VIII, fig. i95,B,C,P.
CERVELET. 3g^
Varole. Pour connaître la complication des hémisphères du cervelet , c'est donc cette face qu'il importe surtout de considérer , et non la partie supérieure , comme on l'a fait jusqu'à ce jour.
Ainsi, d'après ce principe, on compte cinq lobes sur la face intérieure de chaque hémisphère dans ce cervelet de l'homme, des singes , du chameau à deux bosses (i) , du dauphin (2) et du phoque (3) ; quatre chez le kanguroo (4) , le castor (5) et le lama (6) ; trois chez le lion (7) , l'ours (S) , le cheval (9) , le pécari (10), le mouton , le bouc de la Haute-Egypte (1 1 j ; deux chez le daman ( 1 2 j , le coati roux , la marte ( 1 3) , le raton (i4)? lezemni (i5J, la marmotte (16), l'agou-
(1) PI. XIII,fig. îi48,B,C,I.
(2) PI. XTI,fig. 234, A, B, C; D, O.
(3) Pi. IX, fîg. 208, nV8,9, 12 et 14.
(4) Pl.XVI,fig. 299, n' 8.
(5) PI. XIV, fig. 258, n''^.
(6) PI. XVI, fig. 295, N.
(7) PI. XIV,fig. 266, A.
(8) PI. XI, fig. 25i, n°8.
(9) PI. XV, fig. 274, n« 8.
(10) PI. XVI, fig. 3oo, n°i3et8.
(11) PI. XÏV, fig. 262, n° 8 bis.
(12) PI. XV, fig. 275, B.
(i3)Pl. XV, fig. 290, n»8.
(i4) PI. VIII, fig. 200, N, A, C.
(i5) PI. XV, fig. 272, n» 8.
(16) PI. IX, fig. ao3, 0,n'^8bis.
SgS CERVELET.
ti (i j ; et un seul chez les chauve-souris {2) , les rats, la taupe (0), Quelquefois , cependant , chez ces mammifères inférieurs , on aperçoit à la face inférieure deux lobes, quand il n'y en a encore qu'un de visible sur la face supérieure; mais alors le second est rudimentairc , et si faible, que son relief n'a pu être marqué sur cette dernière face.
Celte complication régulière de la base du cervelet pourrait servir de base à la division des familles de cette classe, d'une manière plus positive que celle de la face supérieure, qui varie de genre à genre, souvent d'espèce à espèce, quelquefois même, comme chez les félis, d'individu à individu. Tréviranus a néanmoins cru que les mammifères pourraient être classés d'après les variations delà face supérieure du cervelet, ce qui me paraît difficile d'après les observations que j'ai faites.
Une particularité que nous ne devons pas omettre, quoique j'en aie en vain cherché la cause, c'est que le cervelet de l'homme présente seul le petit lobule que Malacarne a désigné sous le nom de tomillaire. Je ne l'ai aperçu ni chez les singes , ni chez les phoques , ni même chez les cétacées , dont Je cervelet est si développé (4). La présence
(1) PI. IX,fig. 211, n° 7, 9 et 8.
(2) PL IX, fig. a 14, n°7.
(5) PI. XIV,fig. 260, G.
(4) Y aurait-il quelque rapport entre le développement considérable du cervelet chez le phoque et la faiblesse de Ses
CEUVELET. Sqq
de ce lobule coïncide chez l'homme avec les stries blanchâtres du quatrième ventricule, quoiqu'il n'y ait aucun rapport immédiat entre ces deux parties.
On se tromperait beaucoup cependant , si l'on croyait que la masse des hémisphères du cervelet s'accroît chez les mammifères en raison du nombre des lobes qui entrent dans leur composition. Cela serait, si, à mesure qu'un nouveau lobe paraît, ceux qui l'ont précédé conservaient le même volume. Mais en général les lobes semblent se développer aux dépens les uns des autres: si l'un prend un grand accroissement, celui qui l'avoisine s'affaiblit. Cette diminution n'est pas toujours proportionnelle; et delà dérivent les inégalités dans la masse des hémisphères. Considérée en général, cette masse va en augmentant des didelphes , des insectivores aux rongeurs . aux pachydermes, aux ruminans , aux carnassiers , aux quadrumanes , aux phoques , aux cétacées et a l'homme.
C'est surtout en considérant Fencéphale par la base , que l'on juge facilement de cet accroissement, parce que la moelle allongée qui en recouvre le centre sert de point de comparaison ; chez les chauve-souris, les rats, le didelphe , la moelle allongée est débordée à peine latéralement par les hémisphères ; chez les rongeurs , le lièvre ,
renflemens épiniens? entre l'absence du renflement inférieur des cétacées et 1*^ prodigieux accroissement du cervelet?
le lapin , les insectivores , la taupe , le zemni , on voit les hémisphères s'étendre à droite et à gauche de la moelle allongée ; on les voit déborder de plus en plus dans ce sens , chez le mouton , le cheval , la chèvre , le bouc , le lion , la marte , l'ours, le pécari , le chameau , le lama , les singes , le phoque, le dauphin et l'homme. Il est à remarquer que les mammifères sont les seuls vertébrés chez lesquels la moelle allongée soit ainsi débordée sur les côtés par le cervelet ; chez les reptiles , les poissons osseux et les cartilagineux , et même chez les oiseaux, on n'en voit aucun vestige, l'encéphale étant placé sur sa base (i). On conçoit que cela doit être ainsi , puisque la partie visible dans ce sens correspond aux hémisphères qui manquent chez les poissons et les reptiles , et qui sont représentés chez les oiseaux par le petit tubercule situé sur la partie latérale du cervelet , lequel est en quelque sorte étouffé par la moelle allongée.
Ce que nous venons de dire sur l'antagonisme du lobe médian du cervelet et de ses hémisphères, explique les variations de ses bords antérieurs et postérieurs chez les mammifères. Ceux chez lesquels le lobe médian est très-développé , les extrémités de ce lobe font en arrière et en avant une saillie qui déborde les hémisphères dans ces
(i) Sont exceptés de cette disposition le squalus griseus, les cigognes et les perroquets.
dEKVELET,
lîetix sens, oonime on le remarque surtout chez les rongeurs et les insectivores , comme chez le castor et la taupe. Lorsqu'au contraire les hémisphères ont pris un grand accroissement, comme chez les ours, les singes , les cétacées et l'homme , les extrémités du lobe médian sont rentrées en dedans, elles sont logées dans un angle rentrant sur les deux bords du cervelet, au lieu d'y faire une saillie plus ou moins avancée. Chez les ruminans et la plupart des carnassiers , le lobe médian et les hémisphères étant médiocrement dévefcppés , leurs extrémités antérieures et postérieures se trouvent àpeu-près sur la même ligne. Sont exceptés de cette disposition les mammifères ( tels que les chauvesouris ) dont la partie antérieure du lobe médian est rejetée en arrière par la saillie des tubercules quadrijumaux. Ce qui prouve que ces variations sont bien dépendantes de cet antagonisme, c'est qu'elles se présentent chez les embryons aux époques qui correspondent à la prédominance du lobe médian ou des hémisphères du cervelet, comme nous l'avons déjà vu dans la première partie.
Telles sont les causes qui, chez les mammifères , font varier la surface extcTieuie du cervelet. Mais pour cet organe, comme pour les autres , les différences sont à l'extérieur , et les ressemblances à l'intérieur. C'est , en efîet , une chose assez remarquable que la disposition presque uniforme du noyau médullaire des hémispîières de cet organe, II. - 26
.|0:2 ('"ERTEITIT.
à côté dos dissemblances de ieui' superncic.
Une partie nouvelle et spéciale à la classe des mammifères se manifeste à la partie interne de ce noyau médullaire , e'est le corps rhomboïdal , le corps ciliaire, le corps dentelé ou le ganglion du cervelet , dont nous allons étudier la formation.
On a déjà vu que dans toutes les classes la matière grise forme une enveloppe à la matière blanche; la première est toujours beaucoup plus épaisse que la seconde. Chez les reptiles la matière grise est à la blanche : : 5 : i , chez les poissons ; : 4 • 1 5 chez les oiseaux : : 5 : i , et chez les mammifères :: 2 : i ou i 1/2 : i. Ces rapports sont inverses de ceux que nous avons observés à. la moelle épinière, puisque, dans celte dernière partie la matière blanche est d'autant plus épaisse, et la matière grise d'autant plus rare, que l'on descend davantage dans l'échelle des vertébrés. Or si , €omme nous l'avons dit , cette petite couche de matière grise chez les vertébrés inférieurs ne peut être supposée l'origine, la matrice ou l'organe de nutrition de la blanche dans la moelle épinière, comment, dans le cervelet, une si grande quantité de matièregrise produira-t-elle une si faible couche blanche? Comment, à mesure que celle-ci se développe , la matière grise diminue-t-elle d'épaisseur ? Quoi qu'il en soit , cette disposition inverse des masses de ces deux substances est d'autant plus curieuse , que leur position respective est éga- ^ lement opposée dans les deux organes. Ainsi la
matière blanche est toujours extérieure sur la moelle épinière , et la grise forme les couches intérieures ; au contraire , dans le cervelet, la grise est en dehors et la blanche en dedans.
Pour suivre la disposition , la forme et Taccroissement de cette dernière , on est donc obligé d'ouvrir le cervelet en pratiquant une section longitudinale , qui chez les mammifères diviserait le lobe médian dans sa partie moyenne. On suit ainsi son accroissement des poissons aux mammifères supérieurs, en considérant chaque moitié du cervelet par sa partie interne.
Chez les poissons cartilagineux à cervelet impair, comme \e se/ ualus griseus, le sc/ualus glaucus et le requin, on voit les plis et replis de la lame médullaire formant des sinus creux que tapisse la pie mère, sinus qui tous viennent aboutir à une cavité commune et plus vaste, située vers le milieu et sur le flanc du quatrième ventricule. Chez les oiseaux ces sinus cérébelleux sont comblés par la déposition de couches blanches sécrétées ici comme dans la moelle épinière par le lacis vasculaire de la pie-mère; ces couches médullaires, réunies à celles du côté opposé , forment le cône médullaire du cervelet des oiseaux. Un seul sinus n'est pas comblé (i) , c'est celui de la parti^e moyenne, qui communique dans la cavité com-
(i) Pî. IV, fjg. 88.
.jol CEKVI-LTir.
mune, kqiicile ro^ste égaîeiiieîit \ldi' (i). (.haqu<* ijioitiédiî cervelet (ics oiseaux offre ainsi , dans sa partie moyenne, un hiatus creusé dans le demi- (oiie de substance mëdullaire ; si on rapproche les (l«^ux parties du cervelet, les parois de cet hiatus s'cjppliquant !'un contrel'autre , donnent naissar.ce au ventricule particulier des oiseaux , creusé dans l'axe du lobe médian. Ce ventricule n'est donc, comme le quatrième lui-même, qu'un canal do conjugaison. L'ouverture de ce ventricule dans le grand ventricule du cervelet est souvent tvès-rétrécie , comme on le voit chez le casoar (;^) {'t le perroquet (3) ; d'autres fois plus large, comme chez i'ai.^le royal (/)). Cette ouverture est souvenu t ré trécie par une petite valvule médullaire qui part de ses bords, ou bien par un petit tubercule de matière grise, q^îi se trouve à son entrée sur le plancher môme du quatrième ventricule, ainsi qu'on le voit chez ce dernier oiseau.
Chez les mammiières le dernit;r sinus qui reste vide chez les oiseaux est comblé par un semblable mécanisme; le ventricule du lobe médian disparaît, sa base seule reste creuse chez quelques insectivores et quelques rongeurs. C'est au milieu de cet hiatus cérébelleux des oiseaux ainsi comblé
(i) PI. IV, fig. 83, n" i5.
(2) Fi. YI, Off. 85.
(3) m. IV, û'^. 88, II" 2.
(/,) PI. iv,r.g. 10 1.
iihei les inaimîiilVnos , cjut; se dcvclop])o ic corps dentelé ou rlioiiiboïdal , dont retendue s'accroît comme les hémisphères de cet organe, dos instc tivoies, des rongeurs, aux ruminans , aux carnassiers, aux singes, au phoque, aux célacées c! à l'homme. A mesure que le corps dentelé se développe , une lame jaunâtre , plissée ou dentelée , Tenvironne ; cette lame n'existe ni chez les insecli* vures, ni chezles rongeurs, ni chez les ruminans ; elle commence chez les carnassiers , et devient ensuite de plus en plus étendue jusqu'à l'honnlie. C'est encore la répétition de ce que nous présente ce corps chez les embryons; vers le quatriènie jjiois , époque de son apparition , il ressend>le chez l'homme à celui des ruminans, puis à celui des carnassiers, des singes^ des phaques ou du dauphin. La masse médullaire des noyaux du cervelet ressemble successivenu^nt aussi à cetle même partie cliez les squales et les oiseaux , comme chez ces derniers le ventricule du lobe médian existe à une certaine époque , puis s'oblitère de la même manière que la cavité des (ul)(;rcules quadrijumeaux.
On voit donc la raison pour laquelle les mammifères seuls possèdent le corps dentelé ^ puisque là place qu'il occupe est vide chez les poissons et les oiseaux; on voit aussi que chez les vertébrés adultes , de même que chez le embryons , l'apparition (^e la matière grisâtre ou jaunâtre qui en forme la frange externe, est de beaucoup poster-
rieure à la masse médullaire qui l'environne et le circonscrit de toute part (i).
Les sinus cérébelleux des poissons cartilagineux , le ventricule médian des oiseaux sont donc comblés par la déposition de couches de matière blanche , de même que le canal épinien est rétréci et presque oblitéré par la déposition de couches appartenant à la matière grise. Cet effet est , dans tous ces cas, produit par le système sanguin, quoique dans le cervelet, ce soit par l'intermède delà
(i) Ce mécanisme du développement du cervelet des animaux adultes n'avait point été aperçu , et ne pouvait l'être aussi long-temps que l'on conservait l'hypothèse de la formation centrale des organes. Si vous admettez, en effet, que le cerveletse développe du centre 4 la circonférence, le corps ciliaire devra se former le premier dans le noyau médullaire des hémisphères ; ce qui est en opposition avec ce que nous offre l'embryogénie et la comparaison du cervelet chez les mammifères, et dans les classes inférieures, qui répètent la formation embryonnaire des mammifères supérieurs. Vous ne pourrez concevoir ni le développement du ventricule particulier des oiseaux, ni les sinus des poissons ^ ni Toblitération de ces sinus et de ce ventricule chez les mammifères. Vous trouverez toujours ces faits en opposition avec cette hypothèse. Si, au contraire, vous appliquez au cervelet la loi générale du développement de la circonférence au centre , vous voyez que nécessairement ce qui est doit être. Je ne saurais exprimer toutes les peines que je me suis données pour chercher à faire disparaître cette contradiction des faits avec nos anciennes suppositions , avant de m'être aperçu que la nature avait été interprétée en sens inverse de sa manifestation.
lïiatière blanche, et dans la moelle épiiiière , par la matière grise. Pourquoi la pie-mère interne secrète- t-elle de la matière grise dans la moelle épinière, et delà matière blanche dans le cervelet? Je n'ai pu en découvrir la cause dans les nombreuses recherches qu« j'ai faites sur le système sanguin. En exposant le mécanisme de la formation du canal épinien , et du ventricule des lobes optiques , nous avons vu que c<;s cavités , d'abord très-amples chez les jeunes embryons, s'oblitéraient à mesure que leurs parois s'épaississaient de dehors en dedans. 11 en est de même de la capacité du quatrième ventricule ; il est d'autant plus vaste , considéré principalement par sa voûte et ses parois latérales , que ses parois sont moins épaisses. Sousce rapport , le quatrième ventricule des squalus glaucus , squaliis carcharias , sc/ualus gri~ seus, reproduit celui des embryons des mammifères au premier tiers de leur gestation ; puis celui des oiseaux représente le commencement du deuxième.
Le plancher du quatrième ventricule est tapisse, chez l'homme et les quadrumanes, par une petite couche de matière grise : qui est la continuation de celle qui revêt les cordons antérieurs; au dessous de cette couche se trouve la saillie postérieure de ces cordons (i) : à mesure que l'on descend
(0 PL Xill, fig.245
des quadrumaiix aux carnassiers (i), aux ruminaiis (2) et aux rongeurs , la matière grise diminuant comme dans l'intérieur de la moelle épinière, ces cordons deviennent visibles sans préparation. Ils sont plus visibles encore chez les oiseaux (5) et les reptiles d) , que chez les rongeurs. Chez les oiseaux, ils traversent l'aqueduc de Sylvius et vont se rendre à la partie postérieure des couches optiques , en passant audessous de la commissure postérieure. Chez la tortue franche (5) , le plancher du quatrième ventricule est cannelé par la saillie de quatre cordons blancs de chaque côté (6) , dont le relief n'est point apparent dans l'épaisseur de la moelle alongée. La couche de matière i;rise qui revêt les cordons postérieurs , se termine brusquement à l'entrée du quatrième ventricule , où elle forme im petit tubercule à la partie interne du calamus scriptorius. Le volume de ce tubercule est proportionné à l'épaisseur de la couche grise de la moelle épinière : très-développé chez l'homme (7) , il est beaucoup plus faible chez les qua-
(1) PI XV,fig. 259, »"5.
(a) PI. XV, fig. 271.
(3) PI. III, fig. 83 et 87; PI. IV, fig. 101.
(4) PI. v,ng. 154.
(5) PI. V, flg. 120, n'5.
(6) PI. V,fig. 121, n" 1.
(7) PI. XIÏI, fig. 245, ir5.
ffrumarics , c;t ne se troiiV(3 déjà ])las chez le phoque (i) , nichez les carnassiers (2) cl k^s ruminans (3). Enfin, chez les oiseaux et les reptiles, animaux chez lesquels , comme nous l'avons dit, la couche grise de îa moelle épinière devient de plus en plus mince , il n'existe pas de vestige de ce tubercule grisâtre, comme on le voit chez le casoar (4) , le perroquet (5) , la poule (6) , l'aigle royal (7) , l'orvet (8) , le lézard vert (9) ^ les vipères (10), la grenouille (1 1), le caïman (12), la tortue grecque (i5) et la tortue tranche (i4)' Le quatrième ventricule de l'homme offre des stries blanchâtres , dont nous avoiis déjà parlé ; ces stries ne .se rencontrent sur aucun mammifère, sur aucun oiseau, ni sur aucun reptile; la tortue franche seule présente quatre stries blan-
(1) PL X, ùg. 218, n° 2 et 5
(2) PI. XV,fig. 279, n° 2.
(5) PI. XV,fjg. 271, n°2.
(4) PI. III, fig. 85, 11° 16.
(5) PI. III, fig. 84, \r i5.
(6) PI. III, fig. 87, n^7.
(7) PL rv,fig. 101, ti" i5.
(8) ^I V, fig. 109,0").
(9) PL V, fig. 1,0, n«6ct7.
(10) PL V, fig. i55, n" 2.
(11) PL Y, fig. i34, n" 2.
(12) PL V, fig. i55. II" 2.
(i3) PL V, fig. 125, n" 14.
(14) PL V, r.g 119, n"5.
/|tO CEIlVELtl.
châtres ck chaque côté (i.) , dont la directian est oblique, et situées trèfi-près les unes des au- 1res , ce qui les distingue* de celle de l'homme. Le quatrième ventricule de J'embryon humain est non strié jusqu'à la naissance , ainsi que celui des autres vertébrés. Je ne les ai aperçues que du huitième au dixième mois après la naissance; elles se développent de dehors en dedans ou de la circonférence au centre. Leur nombre et leur direction sont très-variables. Le plus grand nombre que j*ai rencontré est: de dix , cinq de chaque coté, ou six d'un côté et quatre de l'autre. Le plus petit chez l'adulte est de deux, le nombre moyen est de six. Sur trois nègres je n'en ai trouvé <jue trois; sur deux négresses, deux seulement, un de chaque côté. Les stries supérieures sont obliques, les inférieures horizontales, quelquefois elles sont légèrement arquées. Souvent celles de droite correspondent à celles de gauche sur la ligne médiane, d'autres fois elles ne se correspondent point. Une ou deux fois J'en ai vu quelques-unes qui s'entrecroisaient.
Le quatrième ventricule est recouvert en entier par le cervelet chez les mammifères , lès oiseaux et la plupart des poissons ; parmi les cartilagineux, la lamproie (2), l'esturgeon (5), le squale bleu
(1) PI. Y, Gg. 121 , ir 1 bi;
(2) PI. XI, lig. 22», ir' 1.
(3) n. XII, fig. 255, B.
et le squale griset ont la partie inférieure à nu ; les individus de ces deux dernières espèces sont remarquables , parce qu'ils se rapprochent beaucoup des reptiles sous ce rapport, et surtout de la tortue franche ( i ) . Tous les reptiles ont leur ventricule découvert inférieurement, ce qui dépend, chez eux , du peu d'étendue de leur cervelet. Les crocodiles ( 2) et le caméléon (3) sont les seuls animaux de cette classe chez lesquels j'aie trouvé le quatrième ventricule entièrement recouvert par le cervelet.
Pour saisir maintenant la raison des rapports des divers élémens du cervelet avec les autres parties de l'encéphale, il est nécessaire de se rappeler que des trois pédoncules qu'on y remarque de chaque côté , le supérieur est en rapport avec les tubercules quadrijumeaux postérieurs, l'inférieur avec le cordon restiforme , et le moyen avec le corps ciiiaire des hémisphères. Ces trois pédoncules se réunissent séparément, deux en avant en contournant la moelle alongée , et un en arrière, en suivant la marché ordinaire des commissures.
La commissure du pédoncule inférieur est formée par le corps trapézoïde; celle du pédoncule supérieur , par la valvule de Viens-
(1) PI. V,r,g;. ii9,n°4.
(2) PI. V, fig. ii5 et .116, n" 2.
(5) PI. \,fig. 111, ir4.
^I2r CERVELET.
sens, J't les fibres delà prolubéraiice aiinulairo sout évidemment la continuation du pédoncuh^ moyen.
Cela explique, d'une part, les rapports du corps trapézoïde, que nous avons déjà exposés; cela montre, de l'autre, que la valvule de Yieussens devra suivre les mêmes rapports ; or , comme les pédoncules supérieur et inférieur suivent la mémo progression que le lobe médian du cervelet , on voit donc que toutes ces parties devront cire soumises aux mômes rapports.
Ainsi , la valvule de Yieussens est développée en raison directe de la moelle épinière , des pyramides aoiérieures et postérieures, du corps rcstiforme, des pédoncules supérieurs du cervelet et des tubercules quadrijiimeaux. Elle va donc en diminuant de volume , des quadrumanes aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeiirs.
Cette commissure, est, au contraire, développée en raison inverse des corps olivaires.
Le lobe médian du cervelet, en nous renfermant plus spécialement dans la classe des mammifères , sera donc développé aussi en raison directe de la mocKe épinière, des pédoncules supérieurs et inférieurs du cervelet , de leurs commissures, du trajièze, de la valvule de Yieussens, et des tubercules quadrijuuîeaux.
Ce lobe sera développé au contraire en raison inverse de l'olive ; tous ces rapports soûl mon=
CEllVELET. 4 I .)
liés-ri^oiiieasonîent exacts par la comparaison de ces diverses parties de l'homme aux insectivores et aux rongeurs.
Les hémisphères du cervelet étant en rapport avec le pédoncule moyen, comme le lobe médian est en rapport avec les pédoncules supérieurs et inférieurs , il en résulte que le pédoncule moyen , sa commissure et la protubérance aimulaire devront suivre la progression de ces mêmes hémisphères.
Or, les hémisphères du cervelet sont dévelop- 5)cs en raison inverse de son lobe médian; il suit donc que les dépendances de ces hémisphères devront être dans un antagonisme de développe- Rïent avec le lobe médian et ses dépendances : c'est en effet ce qui est.
Les hémisphères du cervelet sont développés en raison inverse de la moelle épinière , des tubercules quadrijumeaux , des pédoncules supérieurs et intérieurs , de la valvule de Vieussens , du corps trapézoïde , des nerfs de la cinquième paire , du nerf optique et du nerf olfactif.
Par la même raison, les parties qui sont développées en raison inverse du lobe médian , devraient l'être en raison directe des hémisphères ; c'est ce qui est. Pour le moment , nous ne pouvons que signaler le rapport direct de développement qui existe entre le corps olivairc et ces hémisphères ; rapport que nous avons déjà suivi chez les embryons , eî qui se reproduit d'une manière admi-
4l4 CElWELliT.
rable chez les animaux adultes , de l'homme aux quadrumanes , aux cétacées , aux phoqiies , aux carnassiers, aux ruminaiis , jusqu'aux chauvesouris et aux rongeurs.
Nous avons déjà vu que certaines parties de la moelle alongée produisent un relief plus ou moins grand dans le quatrième ventricule : ainsi les nerfs de la cinquième paire et le nerf de la huitième sont représentés chez les poissons par des tubercules particuliers ; ainsi le tœnia correspond au corps trapézoïde. Sous ce rapport , le corps ciliaire du cervelet peut être considéré comme le tubercule du pédoncule moyen et de la protubérence annulaire.
Si cela est , le corps ciliaire devra suivre la même progression que les hémisphères du cervelet et la protubérance annulaire : ce que Ion remarque , en effet , de l'homme aux mammifères inférieurs , selon les observations faites par M. Gall, chez les animaux adultes; parTiedmann, et par moi, chez l'embryon de l'homme; et par moi , chez les embryons des mammifères supérieurs.
Les hémisphères du cervelet et la protubérance annulaire étant développés en raison inverse du corps trapézoïde , il suit donc aussi que le corps ciliaire et le tœnia grisea du quatrième ventricule devront suivre une progression inverse. Comparez en effet ces deux parties de Thomme aux ruminans , et vous verrez le tœnia décroître
à mesure que 1«3 corps ciliaire se développe. I^s cétacées sont exceptés de ce rapport.
Parla même raison, le corps ciliaire doit être développé en raison directe du corps oiivaire. Suivez ces deux corps chez les embryons des mammifères supérieurs et les animaux adultes, vous les verrez toujours se suivre progressivement dans leur développement. Vous verrez aussi que l'olive et le tœnia du quatrième ventricule sont dans une discordance qui répète celle du corps ciliaire et des hémisphères du cervelet.
Quelles qu<3 soient; néanmoins les limites de ces variations , le pont est toujours projeté en avant, et il est projeté en avant par la m^me raison que le cervelet lui-même ; comme ce dernier il se développe sous l'influence de l'artère basilaire et (3es artères cérébelleuses, dont la direction mai:chedu trou occipital aux apophyses clinoÏLÎes postérieures. Nous verrons le corps calleux qui lui correspond, suivre une marche inverse^ parce que la marche de ses artères est . opposée à 'Celles du pont. Les fibres de la protubérance annulaire ne sont donc pas directes comnift celles du trapèze^ les arcs qu'elles forment autour de la moelle alongée sont obliques et concfmtri(]ues d'arrière en avant.
iNous avons déjà dit que îe cervelet et le cerveau so forme lU eu sens inverse. L'un marche d'arrière en avant, l'autre d'avant en arrière. Le développement des hémisphères cérébraux se
yiG CERVELET.
mesure par le prolongement de leur partie postérieure sur le cervelet, conséqueaiment par îa considération de la face supérieure de l'encéphale. Celui du cervelet est surtout sensible à la base. D'après cette marche opposée, ces deux parties semblent rentrer l'une dans Tautre. Cette idée générale peut seule donner la clef des variations multipliées que présente îa base de l'encéphale des mammifères. Ainsi, plus l'encéphale sera développé^ plus la protubérance sera enfoncée sous les hémisphères cérébraux , comme on l'observe de l'homme, des dauphins, des phoques, des singes , des carnassiers , des ruminans , jusques aux chauve-souris et aux rongeurs. Plus cette progression antérieure du pont sera marquée , moins sera étendu l'espace qui sépare la protubérance annulaire de la jonction des nerfs optiques. C'est cette surface , bornée sur les côtés par le lobe de l'hippocampe, que j'ai nommée champ mamillaire.
Ces rapports nous fournissent les hases de ceux du pont de Varole , sur lequel nous devons nous arrêter un instant. Premièrement son étendue suit l'accroissement des hémisphères du cervelet, dont il forme la grande commissure. C'est chez l'homme qu'il est porté au maximum de sa grandeur (i) ; puis viennent les cétacées (2) , le phoque (3) ,
(i) PI. XIII, fjg. 247, n" 5 etc.
(2) PI. XII, fig. 234, P.
',:>) p!. ix,ns. 208, p.
et en troisième Heu les singes, le drill (i) , la mandrill (2) ; les carnassiers , le lion (3) , la loutre 4) ^ '" marie (5) , i'ours (6) , le raton (7) , le kanguroo (8) ; les ruminans, le chameau (9) , le cheval (10) , le lama (1 1) , le daman (lij) , le pécari (i5) , le porc-épic (i4) , le castor (i5) , la marmotte (16) , l'agouti (17), les rats et les chauve-souris (18).
Les fibres composant le pont de Varole sont sur un pian plus antérieur que celles du trapèze, ce qui explique pourquoi ce dernier passe toujours derrière les pyramides antérieures ^19) ,
(I) PI. VIII,fig. 197, P (-2) PI. VÏII, %. 194, p.
(5) PI. XTV,rig. 266, p.
(4) PI. X, fig. 223, p.
(5) P1.XV,%. 290, p.
(6) PI. XI, fig. 23i, P.
(7) PI. VIII, fig. 200, P.