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454 HÉMISPHÈRES CERLBRALX
auxiacertiens, aux batraciens, aux sauriens et âui chéloniens ; elles deviennent plus saillantes encore chez les oiseaux.
Dans toute cette classe , ces deux épiphyses sont deux tubercules solides, arrondis, recouverts dans leurs quatre cinquièmes antérieurs par les hémisphères cérébraux, et dans leur cinquième postérieur , parla couimissure des lobes optiques (i). Leur écartement sur la ligne médiane est plus grand que chez les reptiles (2) , ce qui augmente lexcayalion du troisième ventricule (5). Indépendamment de leur volume , les couches optiques des oiseaux se distinguent de celles des reptiles par deux cordons blanchâtres (4) , situés à leur partie interne, et qui sont la continuation des pédicules de la glande pinéale , comme on le voit chez le casoar (5) , le perroquet (6) , la bondrée commune (7}, et l'autruche (8). Les- oiseaux nous conduisent ainsi aux couches optiques des ma»umifères.
La couche optique restée dans les trois classes précédentes dans un état inférieur de développe-
(1) Pl.III,fig. 80, n"7.
(2) PI. III, fig. 87, n°6.
(5) PI. III, fjg. 84, 11" 8; fig. 87, n" 6.
(4) PI. III, fig. 87, n° 7.
(5) PI. III, fig. 85,n°7.
(6) PI. m, fig. 84, n°8.
(7) PI. IV, fig. 90, 11° 5.
(8) PI. IV, fig. 101, n"6.
ment, s'élève tout-à-coup chez les nianimiières (i) à son maximum de volume (2). Cet accroissement a une cause non aperçue jusqu'à ce jour, c'est celle de l'insertion de la plus grande partie des nerfs optiques. Les tubercules que Ton a nommés genoux interne et externe sont évidemment aux nerfs optiques ce que les tubercules du quatrième ventricule des poissons sont aux nerfs qui viennent y aboutir. Ces tubercules occupent la partie postérlciire de la coucSie optique ; et comme le nerf optique va en augmentant de volume de l'homme aux quadrumanes , aux ruminans et aux rongeurs, de même la partie postérieure de la couche optique suit dans soii développement la même progression (3). Une petite bandelette d'un blanc mat sépare la couche optique en deux parties, Tune postérieure, c'est celle dont nous venons déparier (/jj, et l'autre antérieure, qui paraît tout-à-fait étrangère au nerf de la vision (5) ; la moitié postérieure est recouverte d'une pellicule blanchâtre , qui se joint en arrière aux faisceaux qui , des tubercules quadrijumeaux antérieurs, se portent vers le nerf optique. La moitié antérieure est plus grise et moins blanche; de
(1) PI. IX, fig. 218, n" i3.
(2) PI. XII, fig. 241 , n'>7et 8.
[5) PI. XI, fi{^. 202, n° j.
(4) PI. ÎX, fjg. 2o5 , n" 10.
(5) PI. IX, fig. 2o5, n" 11.
même que la postérieure suit le rapport du volume du nerf de la vision , de même l'antérieure m'a paru suivre le rapport du demi-centre ovale des hémisphères.
Cette démarcation superficielle de la couche optique chez les mammifères , a servi de point de départ à Tréviranus pour sa détermination des lobes optiques des oiseaux. Selon cet anatomiste, ce serait , comme nous l'avons vu, la partie postérieure qui aurait servi à la composition de ces lobes. Aux raisons que nous avons rapportées , et qui nous paraissent devoir faire rejeter cette opinion, nous en joindrons une dernière : c'est que chez les grands oiseaux , la couche optique est divisée de la même manière que chez les mammifères, en deux parties, l'une antérieure (i) , l'autre postérieure (2). Gettedisposition, distinctesurtout chez l'autruche et le casoar, est le passage intermédiaire de cette classe à celle des mammifères , et une preuve sans réplique du non-morcellement de la couche optique des oiseaux.
Chez les mammifères , de même que chez les oiseaux , deux rubans blanchâtres en ceignent le bord interne (5) , et se réunissent en arrière à la glande pinéale, comme on le voit chez la man-
(i) PL III,fig. 85,n°9.
(2) PI. IX, fig. 83, 11° 7.
(3) PI. IÏI,rig. 2o5, n° 12.
gouste ( 1 ) , le mandrill (2) , le coati roux (3) , la gazelle (4) et l'agouti (5). Ces cordons sont en général plus larges et plus épais chez les mammifères que chez l'homme ; chez les rongeurs ils s'épanouissent sur le plateau supérieur de la couche optique, et forment une lame blanchâtre qui en couvre la plus grande partie. C'est au dessous de cette lame que se remarquent les faisceaux blanchâtres, qui, du bord antérieur des tubercules quadrijumeaux, se dirigent vers les nerfs opti^ ques.
La gerbe des faisceaux médullaires qui divergent de la couche optique , diminue d'épaisseur des chauve-souris, des rongeurs, des ruminans, à l'homme : la diminution a lieu d'arrière en avant ; c'est-à-dire que les faisceaux postérieurs disparaissent successivement. Cette disparition fait que la couche optique a d'autant moins de connexion avec les circonvolutions postérieures , que l'on s'écarte davantage des quadrumanes , pour se rapprocher des rongeurs. Enfin chez les oiseaux et les reptiles supérieurs , tels que les crocodiles , les caïmans, les tortues, la gerbe de ces
(1) Pi. XI, fig. 202, n° p..
(2) PI. XI, fig. 241, n"8.
(5) PI. XI, fig. 242, n^ 10.
(4) PI. XV,fig. 27i,nMi.
(5) PL IX, fig 2o5, n" 12,
47)8 HÉMISPHÈrxES CÉRÉBRAUX
faisceaux n'a plus aucun rapport avec la coquille extérieure des hémisphères.
Cette gerbe des rayons médullaires émanés de la couche optique forme une membrane rayonnante qui s'étale dans les hémisphères ; placez sur cetîe membrane un amas de matière grise, et vous aurez le corps strié , situé conséquemment dans tout le pourtour et au côté externe de la couche optique. La grosse extrémité est en avant , et la pointe se termine en mourant en arrière , et après avoir contourné toute la couche optique . dans l'espèce de cul-de-sac de l'étui de la corne d'Ammon. De plus, en avant , la grosse extrémité du corps strié s'enfonce dans Fécartement antérieur des deux lames de la membrane rayonnante. Plus les faisceaux médullaires qui forment la membrane sont épais et nombreux , plus la matière grise qui les revêt est abondante; d'où il suit que la diminution du corps strié devra suivre celle de ces mêmesfaisceaux : donc le corps strié devra aller en diminuant d'épaisseur et de volume de l'homme , des quadrumanes et des carnassiers , aux ruminans , aux rongeurs, aux insectivores et aux chauvesouris, ce qui , chez les mammifères , ne souffre pas d'exception , comme l'ont reconnu MM. Cuvier , Gall, Tréviranus, Tiedemann et Rolande.
Il y a donc une opposition chez les mammifères entre le développement général du corps strié et celui (le la couche oplique : plus la partie postérieure de la couche optique acquiert de volume ,
comme chez îes ruminans , plus la partie antérieure du corps strié diminue. Que doit-il résulter de ce double efFi't? Il doit en résulter nécessairement que, plus on descend dans réclieile des mammifères, plus le plateau résultant de la réunion de la la couche optique et du corps strié doit grossir on arrière et diminuer en avant, plusconséquemment il doit se rapprocher de la forme triangulaire. Au contraire, plus on s élève vers les quadrumanes et l'homme, plus la partie postérieure diminue, plus la partie antérieure augmente, plus ce plateau se rapproche de la forme sphérique. Or la forme générale des hémisphères se moule sur celle de ce plateau ; donc plus on descend vers les rongeurs et les chauve -souris, plus les hémisphères doivent tendre vers la forme triangulaire ; plus on s'en éloigne au contraire, plus ils doivent devenir sphériques. C'est ce qui est; et d'après la seule considération de ce plateau , nous pouvons ajouter 5 c'est ce qui doit être. Chez le phoque, le marsouin et le dauphin , ce plateau devient presque spiiérique à cause de la direction plus transversale do la couche optique et du corps strié; de là , la forme plus globuleuse de leurs hémisphères cérébraux.
De cette disposition du corps striéchez les mammifères , "du rapport constant qui se remarque entre le volume des faisceaux et le volume de la matière grise qui les couvre, on a conclu que la malière blanche dérive de la grise , ou lui eni-
44o HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
prunte les fonctions dont on l'a douée : cette opinion exprimée différemment aux diverses époques de la science, par Willis, Yieussens et M. Gall, suppose ce qui était à prouver , savoir, que la matière blanche n'existait qii' à cause ou par l'intermède de la matière grise. Nous avons vu dans l'encéphalogénie , qu'il en était différemment : nous allons montrer que cette opinion n'est pas plus vraisemblabledans l'encéphale des oiseaux adultes; leur corps strié va nous en fournir la preuve.
Si le décroissement progressif du corps strié et des radiations qu'il recouvre, continuait chez les oiseaux, nous devrions rencontrer une gerbe médullaire très-faible , et un corps strié au-dessous du volume où il s'observe chez les insectivores et les chauve-souris. Nous pourrions supposer alors, comme on l'a fait chez les mammifères^ que la matière grise est la matrice de la matière blanche : mais si nous trouvons la matière blanche entièrement réduite dans ses radiations, et si nous voyons la matière grise plutôt accrue que diminuée dans sa masse , que devient notre supposition? Quel rapport y aura-t-il entre l'organe nutritif et l'organe nourri? Entre la masse de renforcement et la faiblesse de ia masse renforcée? Ne serons-nous pas forcés de convenir, de même que nous l'avons fait dans la moelle épinière , que cette hypothèse n'est point l'expression des faits? Mais que doit-on considérer comme le corps strié chez les oiseaux ?
Les tubercules quadrij umeaux des oiseaux ayant été pris pour les couches optiques, cette erreur devait conduire d'une part à méconnaître ces couches , comme on l'a fait, et de l'autre, à les considérer comme les analogues du corps strié. C'est en effet aux couches optiques des oiseaux que Collins, Haller et Malacarneont dorme le nom de corps strié : l'idée que toute la partie moyenne de l'encéphale de cette classe avait été déplacée , les maintenait dans cette croyance, et leur faisait négliger les connexions qui auraient pu les éclairer. Willis hésita sur la détermination du corps strié chez les oiseaux ; il penchait à les trouver dans la membrane rayonnante des hémisphères ; opinion qu'eût partagée Maiacarne , s'il ne lui eût paru démontré que ce que nous nommons les couches optiques, était les véritables corps striés des oiseaux. Haller avait signalé dans les hémisphères un énorme tubercule, qu'il appela innominé ^ et auquel Maiacarne donna le nom de tubercule de Haller, C'est ce même tubercule que Yicq-d'Azyr , MM. Cuvier, Blainville et Tiedemann ont considéré avec raison comme le corps strié de l'encéphale des oiseaux. Tréviranus n'adopte pas en entier cette détermination ; il pense que Ton doit seulement considérer comme le corps strié , la partie de ce tubercule située en arrière de la commissure antérieure. Dans cette supposition le corps strié serait singulièrement réduit dans
ses dimensions ; la partie antérieure du grand tubercule hémisphérique serait , d'après l'anatomiste que nous venons de citer, la partie postérieure du bulbe olfactif, ou le commencement de ce que j'ai nommé lobe de l'hippocampe chez les mammifères ; et la partie postérieure bosselée chez les grands oiseaux, représenterait la corne d'Ammon : ce qui resterait entre ces deux parties , pour le corps strié , se trouverait réduit à presque rien. Le tubercule liémispliérique des oiseaux renfermerait donc , en abrégé , tout ce que Ton trouve dans les hémisphères de la classe supérieure , la couche optique exceptée. Mais si l'on considère l'uniformité intérieure de ce tubercule, son défaut de connexion avec le véritable lobe olfactif, dont on retrouve le pédicule sur la base de l'encéphale, comme chez les mammifères, on ne trouvera pas , je pense , que ces déterminations soient justifiées.
Avant Tréviranus , M. de Blainville avait soupçonné que l'hémisphère entier des oiseaux pourrait bien être le lobe olfactif des mammifères ; ce célèbre zootooiiste se fonde sur le volume énorme du corps strié. Mais comment le corps strié se serait-il logé dans le lobe olfactif? Chez les mammifères, plus le lobe olfactif augmente , plus le corps strié diminue; il faudrait donc supposer que chez les oiseaux l'inverse a lieu , et que le corps strié et le lobe olfactif se développent
simultanément et dans un rapport direct? De plus , comment le lobe olfactif serait-il double de chaque côté chez les oiseaux?
J'ai moi-même long-temps hésité sur la détermination du corps strié des oiseaux : en effet, avant que mes recherches sur les embryons m'eussent dévoilé l'indépendance réciproque des deux substances qui composent l'encéphale , je ne pouvais comprendre un corps strié si volumineux chez les oiseaux , à côté de si faibles radiations médullaires ; il me semblait que le volume des radiations devait nécessairement être proportionné à celui de la matière grise. Je ne considérais en conséquence comme le corps strié , que la pointe du tubercule hémisphérique qui se trouve chez les grands oiseaux séparée de son corps par une petite dépression ; mais cette séparation n'existant que sur un petit nombre d'oiseaux , et se trouvant en-dehors de l'arc des radialions médullaires sur lesquelles est toujours placé le corps strié, j'en revins au tubercule hémisphérique , qui les enveloppe de la même manière que chez les mammifères , ainsi que nous allons le dire. En effet, détachons par la pensée le corps strié de la couche optique des mammifères , nous verrons qu'il forme autour des radiations un arc en fer à cheval , dans la concavité duquel pénètre la substance blanche. Cette disposition est celle qu'il affecte chez les rongeurs, les insectivores et les chauve-souris. Considérons maintenant le tuber-
cule hémisphérique des oiseaux : nous verrons qu'il forme un arc semblable , dont la concavité , tournée en-dedan^, reçoit les radiations émanées de la partie antérieure de la couche optique ; mais ces radiations étant plus faibles encore que chez les derniers mammifères , et la matière grise étant hors de toute proportion , cet arc sera une masse solide, ayant la forme d'un rein, et occupant les deux tiers de la capacité du ventricule de l'hémisphère. Toutes les radiations postérieures de la couche optique ayant disparu chez les oiseaux , non-seulement elles ont perdu leur connexion avec la coquille des hémisphères, comme chez les insectivores et les chauve-souris ; mais le corps strié lui-même a perdu dans cette classe ses connexions avec la couche optique qui est restée en arrière, le corps strié étant projeté en avant sur le trajet des radiations. Pour rendre au corps strié des oiseaux les relations qu'il a perdues avec la couche optique, il suffit de rapprocher ces deux parties l'une de l'autre , et de les ramener au point de contact ; on voit alors le corps strié formant un arc, et enveloppant la couche optique dans sa concavité, comme chez les mammifères. A la vérité, le corps strié paraît tout-à-fait déplacé chez les oiseaux ; il semble qu'en venant se loger dans le ventricule hémisphérique, il a changé ses rapports habituels ; mais ce changement qu'on a opposé à sa déterminalion , n'est qu'apparent , puisque , comme je vais le dire, le feuillet hémisphérique
qui s'interpose entre la couche optique et lui , me paraît être l'analogue de la lame cornée qu'on sait être interposée, chez tous les mammifères, entre ces deux parties.
Entrés par la partie concave du corps strié, les rayons médullaires divergent en tous sens dans l'épaisseur de la matière grise qui le constitue ; parvenus dans sa partie moyenne, ils forment un arc médullaire, dans l'épaisseur duquel on observe plusieurs rayons qui le traversent directement (i ) ; le plus grand -'nombre s'arrête à la concavité de l'arc ; puis de la convexité partent de nouveaux faisceaux beaucoup plus déliés , et qui se terminent insensiblement à la périphérie du tubercule, comme je l'ai représenté chez le casoar (2). L'extérieur du corps strié est concave en dedans , convexe en dehors ; en arrière il offre une , deux ou trois bosselures , selon les espèces que l'on examine : dans sa partie postérieure il est libre ; dans sa convexité externe il est adhérent avec la coquille de l'hémisphère ; cette adhérence est une véritable continuité de substance chez les oiseaux adultes ; antérieurement sa pointe se recourbe en bas. En dedans le tubercule est libre dans toute son étendue. Il résulte donc de cette disposition , que le corps strié des oiseaux forme un tubercule considérable, libre en dedans , et dans sa moitié
(1) PI. IV, fig. io5, 11° 6.
(2) PI. IV, fig. io5, n° 5, 6 et 7.
postérieure, continu, au contraire, par une portion de sa convexité supérieure , avec la lame externe de l'hémisphère , et strié dans toute sa profondeur par le rayonnement delà matière médullaire.
Ainsi le tubercule hémisphérique des oiseaux renferme le corps strié dans son épaisseur ; sa limite me parait correspondre à l'arc médullaire qui traverse sa partie nioyenne (i) : sa partie supérieure serait la masse correspondante à ce que l'on nomme denïi-centre ovaîe chez les mammifères. Cette délimination est beaucoup plus sensible chez les reptiles supérieurs que chez les oiseaux. Si on ouvre, en effet, chez le crocodile ^ le caïman a museau de brochet et les tortues, le ventricule hémisphérique , on le trouve presque comblé, comme chezles oiseaux, par un tubercule coiisidérable , solide, d'un gris plus blanc que la substance corticale des mammifères. Vu par la partie interne, où il est entièrement libre, ce tubercule est divisé par une rainure , qui le sépare en deux parties, l'une inférieure, l'autre su})érieure : l'inférieure forme un croissant, dont l'extrémité postérieure part de la partie antérieure de la couche optique , dont elle est séparée par le feuillet de l'hémisphère qui représente la lame cornée ; dans sa concavité il embrasse les rayons médullaires émanés de la couche optique;
(i) PI. IV, ûg. io5, n»6.
ET LOBE OLFACTIF. ^/j.7
il s'arrête en devant à trois lignes environ de la terminaison de l'hémisphère. Au-dessus de ce tubercule se trouve un second tubercule plus considérable , plus étendu en haut, en avant et en arrière que le précédent , et recouvrant en quelque sorte ce dernier. Cette disposition est surtout distincte chez les crocodiles et les caïmans : le tubercvde hémisphérique s'arrête antérieurement une ou deux lignes avant la terminaison du ventricule hémisphérique qui, en cet endroit, se prolonge dans le ventricule du lobule optique, si prononcé chez le caïman à museau de brochet et la tortue franche. Le tubercule hémisphérique de ces reptiles est tout-à-fait libre en dedans, toutà-fait libre supérieurement ; il n'adhère que par sa base et sa face externe, au feuillet externe de l'hémisphère. Le tubercule hémisphérique de ces reptiles est donc composé du corps strié et de la masse grise et striée qui enveloppe ce corps , et qui correspond au demi-centre ovale des mammifères. C'est donc et par le demi-centre et par le corps strié que le ventricule hémisphérique est rempli.. Déjà chez la tortue grecque , et chez le tupinambis et le caméléon, le tubercule du demi-centre ovale s'atrophie, et le corps strié , réduit lui-même dans son volume, se dessine plus nettement que chez les crocodiles et les caïmans ; le ventricule devient de plus en plus libre : chez les lézards , on ne trouve plus que le corps strié formant un petit croissant autour des radiatioîjs de la couche optique , croissant qui rappelle celui que forment
les tori dans le ventricule optique des poissons, Enfin, chez les ophidiens et les batraciens, le corps strié devenu rudimentaire, forme à peine une saillie sensible sur le fond du ventricule hémisphérique, li résulte de là qu'à mesure que le tubercule du demi-centre ovale diminue , la cavité du ventricule hémisphérique est dégagée: lorsqu'il a disparu chez les lézards , le ventricule est toutà-fait libre; chez les ophidiens et les batraciens^ il n'y a plus que l'épaisseur du feuillet externe qui rétrécisse cette cavité.
Tel nous a paru le corps strié dans les trois classes supérieures; il n'existe pas chez les poissons : la masse solide qui forme leurs hémisphères cérébraux parait entièrement due au feuillet hémisphérique externe.
Il est à remarquer que chez les oiseaux et les reptiles supérieurs, le volume du corps strié ne suit pas celui des pédoncules cérébraux ; ce qui d'ailleurs se remarque déjà chez les mammifères: car l'agouti , le blaireau ^ le bouc de la haute Egypte , ont les pédoncules cérébraux beaucoup plus développés que les ours, quoique ces derniers aient un corps strié beaucoup plus considérable que les mammifères précédens.
Système des commissures des liémisplières cérébraux:
Les commissures sont l'intermède à l'aide duquel les diverses parties des hémisphères communiquent les unes avec les autres. Sous ce rapport
lï LOBE OLFAt.iir. ^^Q
iplles sont de deux sortes. Les unes mettent en rapport l'hémisphère d'un côté avec l'hémisphère du côté opposé. Je les nomme commissures similaires, parce qu'elles conjuguent toujours les parties homologues des lobes cérébraux. Les autres lient les parties dissemblables d'un même hémisphère : ce sont les commissures dissimilaires. Parmi les premières, on distingue les commissures postérieures et antérieures, le corps calleux, et les commissures transrerses de la voûte ou les cordes de la lyre. Dans la seconde classe , on peut ranger la voûte, la bandelette demi-circulaire , les pédicules de la glande pinéale et les nombreux faisceaux des plexus raycnnans, qui forment un tout des centres médullaires divers dont chaque hémisphère se compose.
Sous le rapport de la substance qui les forme , les commissures diffèrent également entre elles; le plus généralement, ces organes sont composés par de la matière blanche dont la disposition est le plus souvent fibreuse. Plus rarement c'est la matière grise qui établit le moyen d'union , comme dans la commissure molle des couches optiques. Une seule lient le milieu entre le gris et le blanc et offre un degré de consistance plus ferme que le reste de Fencéphale : c'est la îame cornée et le septum lucidum.
Primitivement toutes les parties sont disjointes dans l'encéphale des jeunes embryons ; les commissures, quelles qu'elles soient, sont toutes des