‹ Anatomie comparée du cerveauChapitre 22 sur 63 · PL II · texte numérisé non relu

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ment grisâtre , légèrement conique , et que je crois être la face inférieure des couches optiques auxquelles elles correspondent immédiatement ( i ).

D. En arrière encore de ce renflement , on rencontre les nerfs optiques, d'un blanc mat , tranchant sur le gris-bleuâtre du reste du cerveau (2) ; 1 entrecroisement de ces nerfs est très-visible ; on voit distinctement le nerf de l'œil droit traverser la partie médiane de la base du cerveau , et passer , en se contournant, au tubercule quadri- Jumeau gauche , et vice versa l'œil gauche dont le nerf va puiser. ses racines dans le lobe optique droit. •

Cet entrecroisement est plus distinct à mesure qu'on s'élève davantage dans le jeune âge du têtard : j'ai vu plusieurs fois , sur des têtards du douzième et du quinzième jour , le très-petit filet qui constitue alors le nerf optique , passer de droite à gauche , et de gauche à droite , sans contracter aucune liaison , aucune adhérence avec son congénère : mais cet isolement cesse vers le vingtième jour ; alors , comme les figures le représentent , les nerfs s'adossent l'un à l'autre en s'entrecroisant, et , dans ce point de leur jonction, ils contractent une adhérence légère ; les parties qui se trouvent à la base du cerveau , sont arrêtées très-promptement; seulement, sur le têtard du douzième jour , on ne

(1) PI. ll,fig. 44,n"7.

(2) PI. II, fig. 44, n" 6,

distingue pas les traces du renflement qui correspond à la base des couches optiques. J ai fait représenter plusieurs bases de l'encéphale à des âges différens , et , comme on peut le voir en jetant un coup- d'œil sur les figures , elles ne présentent aucune différence sensible.

En arrière de Tentrecroisement des deux nerfs optiques , on trouve un bulbe aplati , divisé en deux très-petits lobules en arrière ( i ) : c*est cette partie qu'on a considérée comme Tanalogue de Téminence mammillaire chez les reptiles , parce qu'en eflfet elle occupe la môme place et conserve les mêmes rapports. Nous exposerons ailleurs les raisons qui nous portent à rejeter cettedétermination;nous établirons en même temps à quelle partie de l'encéphale des mammifères et des oiseaux elle peut être comparée.

Ainsi , chez les têtards du deuxième j our , la moelle épinière est d'abord formée de deux feuillets réunis antérieurement , et non postérieurement , de telle sorte que tout le système nerveux central représente une longue gouttière , étroite inférieurement , et s'éîargissant à mesure qu'on se rapproche de la tête (2) ; les bords des lames qui forment cette gouttière, sont flottans latéralement. Dans le crâne, où la gouttière s'élargit beaucoup de nouveau , ces bords formentprimitivement,deux contours (5) qui circonscrivent l'espace que doivent occuper la vé-

(i)Pl.II,fig. 44, n"5.

(2) PI. I, fig. 9, n° 1, 2, Set 4.

(3) PI. I,% 9, no 5 et 8.

sicule des lobes optiques (tubercules quadrijuiiieaux) et celle des lobes cérébraux. Plus tard , vers le quatorzième et le quinzième jour , un troisième contour formant une troisième vésicule (1) , vient se placer entre ces deux premiers ; il est beaucoup moins étendu que les deux autres : cette nouvelle vésicule est la première apparition des couches optiques chez le têtard; son effet est , comme chez l'embryon du poulet , d'écarter les lobes optiques des lobes cérébraux , qui paraissaient d'abord adossés l'un contre l'autre.

Du seizième au dix-huitième jour , on observe que ces feuillets latéraux de la moelle épinière se dirigent l'un vers l'autre, s'adossent et s'engrènent vers les régions dorsales et caudales ; l'effet de cette réunion est de convertir en canal la gouttière précédente, dans toute l'étendue où elle s'opère (2). Dans le haut de la moelle épinière, les cordons sont encore écartés ; postérieurement ils forment un repli mince en dedans de la moelle épinière, repli qui correspond aux parties latérales du calamus scriptorius (5). A cette même époque, la vésicule des lobes optiques se subdivise d'abord par un sillon longitudinal qui la double , puis par un sillon transversal qui la quadruple (4) ; de telle sorte qu'on pourrait dire à la rigueur qu'il

(1) PI. I, fig. 10, n° 5.

(2) PI. I, fi-. i5, n"25.

(5) PI. I, fig. i5, entre n' 4 et 5, (4) PI. I, fig. i5,,r5.

y a quatté bulbes quadrijumeâiix , comme nous l'avons observé pour le poulet au huitième jour de Imcubation (i). Au vingtième jour , le sillon transversal disparaît , leslobes optiques deviennent jumeauxcomme ils Tétaient primitivement, les couches optiques prennentdel'accroissement, vm sillon médian , assez profond , les sépare ; ce sillon peut être regardé comme les vestiges du troisième ventricule ; ces couches sont réunies en avant pat* Une petite commissure grisé. La gouttière qui correspond au quatrième ventricule est très-grande , les replis latéraux sont très-épais (2) ; ils forment une espèce de bourrelet sur les parties latérales du calamus scriptortus. J'ai fixé particulièrement mon attention sur ces lobes , parce que, n'ayant pas encore aperçu les rudimens du cervelet , je croyais le voir naître de cette partie ; mais je fus détrompé par l'examen des têtards du vingtième au vingt-cinquième jour de formation ; sur un grand nombre d'entre eux , je vis , en arrière des lobes optiques (tubercules quadrijumêaux) , deux lames horizontales , une droite , l'autre gauche (5) , se dirigeant transversalement en haut du quatrième ventricule, identiques dans leur position et dans leurs formes aux premiers rudimens de cet organe que j'avais constaté au sixième jour de l'incubation du pou-

(i) PI. I, fig. 6, n"7et8.

(2)P1. I,fig. 11,11-2.

(3) Pi, I, fig. 12, n"2.

let (i). Comme chez le poulet, ces lames étaient isolées , non réunies sur la ligne médiane ; l'insufflation les séparait assez facilement. Tout Tencéphale du têtard rappelle à cette époque celui du poulet au sixième jour de sa formation , de telle sorte que , si dans ces deux classes Tencéphale s'arrêtait à cette période de son développement , il y aurait une identité parfaite dans la composition de cetorgane.Ontrouveraitchezles reptiles (2) , comme chez les oiseaux (3) , deux petites lames cérébelleuses en arrière , deux lobes en avant (4), correspondant aux tubercules quadri jumeaux ; deux petits renflemens précédant ces tubercules, et qui sont les analogues de la couche optique (5) ; enfin en avant de ceux-ci , deux lobes antérieurs qui sont évidemment les hémisphères cérébraux (6). Cette analogie est importante à constater , car elle va disparaître par les métamorphoses dont cet organe doit être le siège dans les deux classes. Les lames du cervelet restent séparées les vingt- cinquième,vingt-sixièmejours;elleschevauchent l'une sur l'autre vers le vingt-huitième, et en général, vers la fin du premier mois , on les trouve réunies ; le cervelet forme alors un organe unique. C'est

(1) PI. I,fig. 5,n°5.

(2) PI. I, fig. 12 , n" 2.

(3) PI. I , fig. 5 , n" 5.

(4) PI. I, fig. 5, n" 6; fig. 12, n« 5.

(5) PI. I, fig 5, n° 7; fig. 12,11" 4.

(6) PI. I, fig. 5,n"8; fig. 12, ir 5.

quelque chose de très-remarquable que cette apparition tardive du cervelet , et la lenteur avec laquelle il procède à son développement ; car tel on le remarque au trentième jour, tel on le trouve jusqu'au cinquantième , époque à laquelle il se manifeste un prolongement postérieur qui se termine en pointe ; ni à la loupe ni au microscope , on ne peut apercevoir aucun sillon sur sa face externe et supérieure ; les autres parties de l'encéphale prennent un accroissement beaucoup plus rapide , et l'effet produit par cet accroissement se fait sentir principalement sur la partie antérieure des lobes optiques , qui s'écartent antérieurement pour loger la couche optique (i). Vers cette même époque, une des métamorphoses les plus singulières est celle dont la queue du têtard est le siège ; la queue disparaît comme l'ont constaté Spallanzani , Swammerdam et Rœsel; mais ce qu'on n'avait pas observé , c'est que la moelle épinière , qui se prolongeait dans le canal coccigien , disparaît aussi (2) ; tous les nerfs qui se rendaient à cette partie cessent d'exister. Il serait très-curieux d'étudier sous quelle influence s'opère cette disparition de tous les organes caudaux : je donnerai dans le chapitre suivant, les résultats de mes observations microscopiques à ce sujet. Telles sont les variations qu'éprouve l'encéphale des reptiles pendant sa formation ; on a pu

(1) PI. Il, fig. 45, n° 5.

(-2) PI. II,fig. 43, n° i.

8o ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,

remarquer qu'elles sont beaucoup moins nombreuses que celles que nous avons observées chez les oiseaux , ce qui dépend du degré de simplicité de cetx)rgane, ainsi que dans cette dernière classe. Je les ai constatées sur un grand nombre d'embryons des différentes espèces de grenouilles et de crapauds , sur les têtards de la salamandre aqu^itique , et sur des embr} ons de la couleuvre lisse,, de la couleuvre à collier et de quelques lézards^ Les deux tableaux suivans représentent les principaux changemens de la moelle épinière et de l'encéphale du têtard , depuis le moment où il devient accessible à l'observation, jusqu'à sa métamorphose.

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