RENFLEMENT
AGE
inférieur.
moyenne.
supérieur.
allongée.
gestation.
mètre.
mètre.
mètre.
mètre.
1 mois.
2 mois.
5 mois.
o,ooi35
o,ooi55
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4 mois.
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5 mois.
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6 mois.
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OjOoSoo
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8 mois.
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9 mois.
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(>,oi5oo
Après
la naissancp.
1 an.
7 ans.
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i5 ans.
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3o ans.
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70 ans.
100 ans.
Pendant le deuxième mois , la moelle épinière se prolonge jusqu'à l'extrémité du coccyx , auquel on peut encore, à cette époque, distinguer sept noyaux cartilagineux ; le prolongement caudal , signalé par tous les anatomistes, est encore dans toute sa force ; aux troisiènie et quatrième mois , il dimi-
EMBRYON DES MAMMIFÈRES. 1 Ov3
nue, la moelle épinière remonte successivement jusqu'au milieu du coccyx , et à la fin du sacrum ; au quatrième mois elle est arrêtée au haut du canal sacré ; au cinquième , elle correspond au niveau de la cinquième vertèbre lombaire , l'embryon a perdu sa queue en totalité ; aux sixième , septième et huitième mois, elle correspond successivement au corps de la cinquième vertèbre lombaire, puis à celui de la quatrième , et enfin à celui de la troisième , où elle s'arrête au terme de la naissance.
Cette ascension du bulbe de terminaison de la moelle épinière dans le canal vertébral , détermine des changemens remarquables dans les faisceaux nerveux connus sous le nom de queue de cheval. Les nerfs qui les forment ne sont pas visibles avant la fin du deuxième mois; au troisième, ils s'implantent sur les parties latérales du renflement inférieur , et comme alors la moelle épinière se prolonge jusqu'au bas du sacrum , ils ne forment pas par leur réunion un faisceau qu'on puisse comparer à une queue de cheval. Cet état persiste pendant toute la durée des troisième , quatrième , cinquième, et souvent jusqu'au milieu du sixième mois de la vie utérine ; à cette époque , la moelle épinière étant remontée au haut du canal sacré, plusieurs faisceaux la dépassent inférieurement. La queue de cheval commence à être distincte ; elle devient plus apparente les septième, huitième, et enfin , pendant le cours du neuvième, elle prend la disposition que lui connaissent tous
Ï04 ANATOMÏE COxMPARÉE DL' CERVEAU,
les anatomistes. Parmi les mammifères, les chauvesouris sans queue ont aussi une queue de cheval , produite par l'ascension de la moelle épinière , et soumise aux mêmes variations que celle de l'embryon humain. Chez les reptiles, les grenouilles et les crapauds ont une semblable queue , qui ne devient distincte qu'à l'époque de la métamorphose, par la même raison que chez l'homme et chez les chauve -souris. Lorsque l'embryon humain conserve sa queue jusqu'à la naissance , il est privé de queue de cheval , parce que la moelle épinière se fixe au bas ou au milieu du canal sacré.
Avoir expliqué comment la queue de cheval se manifeste chez les embryons de l'homme, des chauve-souris sans queue , et chez les batraciens , c'est avoir donné la raison de son absence dans tout le reste des animaux vertébrés , chez lesquels la moelle épinière se prolonge plus ou moins bas dans le canal coccygien ; c'est avoir établi aussi que sous ce rapport, l'embryon de l'homme éprouve une véritable métamorphose analogue à celle des chauvesouris sans queue et des têtards des batraciens.
Pendant que chez les mammifères la moelle épinière éprouve ces transformations extérieures , ui]i changement non moins remarquable s'opère dans son intérieur. Nous avons exposé comment, d'après le principe général de conjugaison, le canal épinien se formait par l'engrenure antérieure et postérieure des lames de la moelle épinière. Chez les embrj'om du cheval, du chien, du chat, du
EMBRYON DES MAMIiîIFliP.ES. lo5
mouton , du veau , du cochon , des singes , du lapin, du lièvre etdesdidelphes, ce canal est d'abord rempli par un liquide semblable à celui que contiennent les vésicules cérébrales ; les lames de la moelle épinière , formées par la matière blanche , sont très-minces ; leur épaisseur augmente ensuite progressivement par la conversion du liquide en matière grise , et par son application successive aux parois internes des lames ; cet épaississement des lames, déjà appréciable au deuxième mois, le devient surtout, chez le veau et le cheval , au troisième , en ce qui concerne principalement les deux renflemens. Au quatrième, au cinquième et au sixième, leur épaisseiu- devient considérable; l'effet immédiat de cet épaississement des lames de la moelle épinière , est nécessairement l'oblitération du canal épinien. A mesure, en effet, que le liquide se transforme en matière grise , le canal se rétrécit; il est encore visible à la naissance chez ces deux animaux. Chez le chien , le chat , son oblitération est plus prompte ; chez le lapin , elle est plus tardive , et chez le lièvre , le canal est encore très-distinct sur les embryons à terme. Quoique très-voisin du lapin , le lièvre en diffère beaucoup sous ce rapport ; il en diffère beaucoup aussi en ce qui concerne le développement osseux de la colonne vertébrale. Plusieurs embryons des singes . ouistiti j maimon, maca(^ue^m ont offert le canal épinien à des degrés de largeur différons, selon l'âge plus ou moins avancé auquel ils étaient pai-tenus.
Chez lembryoïi humain des troisième , quatrième mois , le canal épinien est encore très-large ; il est comme étranglé dans la région dorsale ; il s'élargit beaucoup dans les points qui correspondent aux deux renflemens ; un liquide grisâtre le remplit comme celui des autres mammifères. Au cinquième mois , il se rétrécit beaucoup ; il s'oblitère au sixième : souvent même on ne le trouve plus à cet âge chez les embryons bien constitués. Le mécanisme de cette oblitération provient de la conversion graduelle du liquide qui remplit le canal , en matière grise , qui s'applique contre les parois internes des lames de la moelle épinière. Carus a parlé de la formation de ce canal et de son oblitération. Tiedemann l'a suivie avec une précision remarquable chez l'embryon de l'homme; mais , d'après cet anatomiste , le liquide primitif seroit étranger à ce mécanisme. Mes recherches ayant été faites plusieurs années avant que M. le baron Cuvier m'eût communiqué son ouvrage (mars 1821 ), je ne puis énoncer pour le moment que notre dissidence d'opinion. Selon ma manière d'expliquer le fait, je regardais la conversion du liquide en matière grise, comme analogue à la transformation cartilagineuse dans le système osseux.
J'ai appuyé ces propositions , dans mon grand ouvrage , par l'examen anatomique de plusieurs embryons monstrueux, qui présentaient ces dispositions et ces rapports. Je vais en donner im aperçu : sur deux embryons humains sans extré-
EMBRYON DES MAMxSriFEPiES. lO^
mités inférieures , la moelle épinière n'était pas renflée dans la partie inférieure ; la région cervicale et le renflement supérieur étaient plus volumineux que dans l'état naturel ; le col et les bras étaient énormes ; chez tous les deux , venus à terme , et dont Tun vécut quelques jours , le prolongement caudal persistait, la queue avait environ deux pouces; la ipioelle épinière se prolongeait jusqu'au commencement du coccyx , elle cessait dans la gouttière qui termine en arrière le canal sacré. Sur deux chats , sur un chien privé des pattes de derrière , le renflement inférieur de la moelle épinière manquait ; mais la moelle épinière était plus forte dans toute la région lombaire et sacrée qu'elle ne Test ordinairement; la queue elle-même était plus longue et beaucoup plus volumineuse qu'on ne la rencontre dans l'état normal. Chez un embryon humain privé des membres supérieurs , la moelle épinière n'était pas renflée dans la région cervicale ; un veau affecté de la même monstruosité, nous présenta la même disposition ; je l'ai observée aussi chez un lézard vert : chez les embryons affectés d 'hydrorachis,le canal épinien persiste jusqu'à la naissance ; il est dilaté par la présence du liquide , comme les ventricules cérébraux le sont dans l'hydrocéphale chronique. Lorsque l'hydrorachis se manifeste vers le deuxième ou le troisième mois de la vie utérine , la présence du liquide écarte l'une de l'autre les lames postérieures de la moelle épinière ; leur réunion ne s'opère pas , le canal n'est
'o8 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
pas formé; an trouve à sa place une longue gouttière analogue à celle qu'on rencontre vers le commencement du deuxième mois. Quelquefois les lames postérieures de la moelle épinière ne restent écartées que sur un seul point , et alors il se forme en cet endroit un hiatus analogue à celui qui existe dans le renflement inférieur des oiseaux.
Chez certains embryons dont la région cervicale est surmontée de deux têtes adossées l'une à l'autre, la partie de la moelle épinière qui correspond au col , est plus volumineuse ; le cf^al est large et ouvert en cet endroit ; chez les embryons bicéphales avec deux cols et un seul tronc , on trouve, à l'endroit de la jonction des deux moelles épinières, un canal qui s'étend jusqu'à sa terminaison.
L'intérêt que présentent ces faits, est encore accru par la disposition du système artériel des fœtus normaux ou anomaux. Si vous considérez l'aorte de tous les embryons à l'époque où leurs membres ne sont pas apparens, vous les trouverez sans artères axillaires et sans artères crurales ; les embryons privés des m^nbres inférieurs ou postérieurs le sont aussi de l'artère qui s'y distribue ; il en est de même des membres supérieurs. Lorsque les renflemens viennent à paraître , les artères transverses , qui leur correspondent , prennent tout à coup un développement analogue ; après s'être ramifiées sur les parties latérales de la moelle épinière , unies aux deux spinales , les rameaux s'insinuent d'abord dans la gouttière de la moelle épinière, par la
fente longitudinale qui existe à sa partie postérieure ; plus tard , lorsque les faisceaux transverses ont joint les lames en arrière , elles passent «ntre leur écartement pour aller verser dans le canal le fluide d'où naît la matière grise.
La terminaison de Faorte est surtout curieuse à suivre dans ces diverses métamorphoses; d'abord elle se prolonge en diminuant insensiblement de volume, jusqu'au devant de la pointe du coccyx, les iliaques sont capillaires en comparaison du tronc de l'artère sacrée , qui est alors la véritable continuation de Faorte; plus tard, lorsque les membres paraissent, les iliaques prennent un accroissement qui bientôt égale, et ensuite dépasse le volume de l'artère sacrée; enfin toute proportion cesse entre ces artères , et les iliaques deviennent à leur tour la continuation de Faorte. L'artère sacrée conserve chez les mammifères un calibre d'autant plus grand que la queue est et doit rester plus volumineuse. L'embryon humain offre à cet égard un spectacle digne de toute Faltention des anatomistes. A la fin du premier mois , et au commencement du deuxième , Faorte se prolonge en diminuant insensiblement jusqu'au devant du coccyx. On ne voit à droite et à gauche qu'une double série de petits rameaux analogues aux branches intercostales: l'artère sacrée a un volume quatre fois plus grand que les branches latérales d'où doivent provenir les iliaques. Dans le cours du deuxième mois , les iliaques se distinguent des
autres branches transversales;aiitroisième,elles égalent l'artère sacrée; au quatrième, elles la dépassent; aux cinquième, sixième et septième, toute proportion entre elles disparaît. A la naissance et chez Fenfant , l'artère sacrée est si grêle en comparaison du diamètre des iliaques , qu'il n'est encore venu à l'esprit d'aucun anatomiste de penser que l'artère sacrée était la continuation première de l'aorte. On voit, d'après cela, que les métamorphoses qu'éprouve la terminaison de la moelle épinière chez l'embryon humain, et la disparition de la queue, sont sous l'influence des changemens qui s'opèrent dans l'artère sacrée et ses ramifications. C est par un effet analogue que les chauve-souris sans queue et les têtards, dans leur métamorphose, perdent la longue queue dont ils étaient pourvus auparavant. Ce rapport général entre le système nerveux et le système sanguin expliquera peut-être la formation tardive du cervelet. Nous avons vu que chez les oiseaux (i) et chez les reptiles (2) , cet organe est le dernier à se dév elopjicr ; il est également le dernier à paraître chez les embryons des/ mammifères.
Chez l'embryon du mouton , on ne le distingue que pendant le cours de la huitième semaine (5) ; il est si peu étendu à cette époque , que , pour l'a-
(i)Pl. I,fig. 5,n°5.
(2) PI. I, fi{,^ 12, n°2.
(3) PMI, fig. 47? n° 8 bis.
EMBRYON DES MAMMIFERES. 111
percevoir, il faut considérer rencéphale par sa face latérale ; on le voit alors enchâssé au-dessus dvi bulbe considérable des tubercules quadrijumeaux (i); son diamètre transversal ne dépasse pas un millim. Sur l'embryon du ouistiti , qui correspond à cette époque , les premiers rudimens du cervelet (2) se montrent entre le bulbe de la moelle allongée (5) , qui lui est postérieur, et celui des tubercules quadrijumeaux situés en avant (4) • Ce premier étatdu cervelet consiste, chez ce singe, en deux petits tubercules , l'un droit , l'autre gauche (5) , séparés encore l'un de l'autre sur la ligne médiane par la pointe des tubercules quadrijumeaux (6) , qui vient s'interposer entre eux. Leur saillie est si peu prononcée en dehors, qu'ils semblent logés dans un enfoncement produit par la moelle allongée (7) et par la saillie des tubercules (8). Chez l'embryon humain du troisième mois, la disposition est un peu différente. Le cervelet (9) se dégage de la partie postérieure des tubercules quadriju-
(i) PI. ll,fig. 47. n" 7.