PI. V
(5) PI. V, fig. 116.
(4) PI. VII, fig. 168, n°5; fig. i55, 11° 9.
(5) Haller avait trouvé la glande pinéale chez K; congre et l'anguille; ce qui doit d'autant plus surprendre, qu'il n'avait pu parvenir à la découvrir chez les oiseaux. Tiedemann,Treviranus, elun de nos habiles anatomistcs, M. Desmoulins, ne l'ont pas rencontrée chez les poissons.
(6) PI. VII, fig. 168.
( murœna anguilla ) ( i ) , et le gronau ( trigla lyra ) (2) . Chez le congre , on trouve la glande pinéale (3) sur la face supérieure de l'encéphale , placée entre les lohes postérieurs (4) et les lobes moyens (5). Ainsi que chez les rongeurs et les reptiles, elle forme un petit corps arrondi (6) , enlacé dans des plis de la pie-mère , et superposé dans la dépression légère qui sépare les lobes moyens (7) des postérieurs (8). Chez l'anguille vulgaire, elle est plus superficielle (9) ; chez le gronau , elle est très-petite (10); mais chez ces deux poissons ( 1 1 ) , comme chez le congre, elle est située au point de jonction des lobes moyens et postérieurs (12). Les lobes qui sont en arrière de la glande pinéale , chez le congre ( 1 3), l'anguille ( i4) et le trigle(i 5), sont donc les analogues de ceux situés en arrière du même corps
(1) PL VII,fig. 190.
(2) PI. VII, fig. i55.
(3) PL YII,% 168,11° 5.
(4) PL VII, fig. 168, n°4.
(5) PL VII, fig. 168, n°6.
(6) PL VII, fig. 168, n°5.
(7) PL VII, fig. 168, n^e.
(8) PL VII, fig. 168, n° 4.
(9) PL VU, fig. 190,11° 6.
(10) PL VII, fig. i55, n''9.
(11) PL Vïl, fig. i55, n<'6et7.
(13) PL VII, fig. 190, n^e. (i3) PL VII, fig. 168, n"4.
(14) PL VII, fig. 190, 11° 2 et 5.
(i5) PL VII, fig. i55, n"6.
chez les mammifères (i) et les reptiles (3) : or, dans ces deux classes, ces lobes sont les tubercules quadrijumeaux ; ce sont donc aussi , chez les poissons, les analogues de ces tubercules. Les lobes placés en avant de la glande pinéale , chez le gronau (3) , l'anguille (4) et le congre (5) , correspondent à ceux qui occupent le même rang chez le m^outon (6) , le veau (7) , l'embryon humain (8) , celui des didelphes (9) , celui du lapin (10) , parmi les mammifères ; ils représentent les lobes situés en avant de la glande pinéale , chez l'orvet ( 1 1 ) , le lézard vert( 1 2), le crocodile ( 1 3), les vipères ( 1 4) , la tortue grecque ( 1 5) et la tortue franche (16). Or , dans ces deux classes , ces lobes sont les hémisphères cérébraux ; ce sont donc , chez les poissons ,
(1) PI. II, fig. 74,11" 3.
(2)P1. Y,fig. 119, n" 7.
(5) PI. VII, fig. i55, n'>7.
(4) PI. VII,fig. 190, n° 4.
(5) PL VII, fig. 168, n°6.
(6) PI. I,fig. 19, n" 5.
(7) PI. I,fîg. 27,1105.
(8) PI. I,fig. i4,n°5,
(9) PI. ï,fig. 32, n" 6.
(10) PL II, fig. 56, 11° 6.
(11) PL V,6g. 109, n" 4.
(12) PL V, fig. 110, n-» 11. (i3) PL V, fig. 116, n"4el 5.
(14) PL V, fig. 126,11-7.
(i5)PL V, fig. 125,1109.
'(i6) PL V, fig. 119, 11"! ©et 14.
ENCEPHALE DES POISSONS. 22 1
les analogues de ces hémisphères. Ces hémisphères et les tubercules quadri jumeaux étant reconnus chez les poissons , nous avons prouvé que la paire de lobes situés en avant de l'anguille ( i ) , du trigle (2 ) et du congre (3) , correspondait au lobule olfactif des mammifères (4) , des oiseaux (5) et des reptiles (6) ; tous les lobes de l'encéphale des poissons osseux se trouvent donc ainsi ramenés à ceux qui composent cet organe dans les classes supérieures. Cela étant fait, nous ne tenons encore qu'une partie de la question. L'encéphale des chondroptérygiens diffère , sous tant de rapports , de celui des poissons osseux, qu'il devient nécessaire de leur appliquer en particulier les principes de nos déterminations , et de montrer que ces variations ne changent point leurs analogies. Nous procéderons , dans ce nouvel examen , de la même manière que sur les poissons osseux.
Chez les poissons osseux, nous avons trouvé que le cervelet était formé , en général , par une languette triangulaire, flottant au-dessus du quatrième ventricule , en arrière de la quatrième paire de nerfs et des tubercules quadrijumeaux. Chez les
(1) PI. VII, f,g. 190, n» 7.
(2) PI. VII, ùg. 155,11" 8.
(5) PI. VII, fig. 168, n-- 7^
(4) PI. II, fig. 53, 54, 55, 56, n-5, 5, 8, Set;
(5) PI. III, fig. 77,78, n°6eti2.
(6) PI. V, fig. 119, 122, n" u et i6.
cartilagineux, en arrière de ces corps et de ce nerf, on trouve le même organe, mais affectant des formes très^di verses. Chez la lamproie [petromyion fluvialis ) , le cervelet est formé par deux lames dentelées en dedans (i) , écartées Tune de l'autre en bas, de telle sorte qu'elles ne recouvrent pas le quatrième ventricule (2); réunies en haut, immédiatement en arrière de la quatrième paire de nerfs (5) , par une lame transverse , qui forme une petite voûte au-dessus de ce ventricule et occupe la même place que la grande valvule cérébrale chez les mammifères et les oiseaux. La position de ce corps, en arrière de la quatrième paire de nerfs et des tub.ercules quadrijumeaux (4) , assigne sa détermination : sa ressemblance parfaite avec le cervelet de la tortue grecque (5) ne laisse aucun doute à cet égard. Chez la lamproie (6) , ainsi que chez cette tortue (7) , les feuillets du cervelet sont dentelée et écartés en bas (8) ; le ventricule est ouvert en cet endroit , les feuillets sont réunis en haut (9) , chez le reptile comme chez le pois-
(1) PI. XI, %. 324, n° 2.
(3) PI. XI, fig. 228, n°2.
(5) PI. XI, fig. 238, n° 7.
(4) PI. XI,figf. 224, n» 4.
(5) PL V, ûg. 125, n° 5.
(6) PI. XI, 6g. 228, n° 2^t7.
(7) PI. V, fig. 125, n° 14.
(8) PI. XI, fig. 228, n" 2.
(9) PI. V, fig. 125, n°7bis.
son (0 .-chez l'un et l'autre, cet organe est pelliculeux et très-peu développé ; il y a homogénéité parfaite de forme 5 de position et de rapports. Chez les raies (2), le cervelet se compose de la lame festonnée de la lamproie (5) et de la tortue grecque (4) , et d une double languette triangulaire, analogue par une de ses parties à celle des poissons osseux (5) , et en différant beaucoup par l'autre (6) .
Si vous considérez cet organe chez certaines raies bouclées ( raia clavata )^ vous trouvez les feuillets restiformes d'un volume énorme (7), festonnés (8) et doubles ; les uns sont internes (9) , les autres externes (10). On rencontre au milieu une languette triangulaire (11), divisée sur la ligne médiane en deux parties symétriques par un sillon assez profond (12). Ce cervelet se rapproche beaucoup de celui 4e la morue (i5) ; il n'y a de différence qu€
(1) PI. XI, fig. 338, n--.
(2) PU YI, fig. i52, n'"5,
(5) PI. XI, fig. 324, R" a.
(4) PL V, fig. 135, n'^e.
({)) PI. VI, fig. i58, 1104.
(6) PI. VI, fig. i38, n*5.
(7) PI. VI, fig. i52,n°3et4.
(8) PI. VI, fig. i32, n»3et 10.
(9) PI. VI, fig, i53, n°3.
(10) PI. VI, fig. i32, n' 10.
(11) PI. VI, ûg. i32,n* 4.
(la) PI. VI, fig. i32, n''3et 4- (i3) PI. VII, fig. ,61.
224 ÀNATOMÎl COMPARÉE DU CERVBAU ,
dans le volume des feuillets restiformes , qui sont beaucoup moins forts chez ce dernier poisson ( 1 ) , et dana la languette triangulaire , qui est beaucoup moins divisée chez la morue (2^ que chez la raie bouclée (5). Sur les raies ronces ( raia rubus ) j les feuillets restiformes (4) sont beaucoup moins forts; ils sont festonnés (5) comme chez la raie bouclée, mais sans double rangée, comme dans cette dernière (6) . Le corps médian , chez la raie ronce (7) , semble avoir gagné en volume et en étendue ce qu'ont perdu les feuillets restiformes (8).
L'esturgeon ( acipenser sturio ) se rapproche encore plus de la morue que cette espèce de raie. Chez ce dernier poisson les feuillets restiformes sont très-petits (9) ; ils sont cachés sous la languette médiane( 10) :cetteatrophiedes feuillets restiformes (1 î) fait saillir beaucoup le corps médian (12) , qui est
{i)Pl. VII, fîg. i6i,n»8.
(2) PI. VII, fig. 161, n° 5 et 6.
(5) PI. VI, fig. i52, n° 4.
(4) PI VI, fig. i38, n"»4bis.
(5) PI. VI, fig. 140, n°5.
(6) PI. VI, fig. i52, n° 5, 10 et 11. (7} PI. VI, fig. ,48, n- 3, 3, 4 et 4.
(8) PI. VI, fig. 140, n" 5.
(9) PI. XII, fig. 233, n" 2 et 5.
(10) PI. XII, fig. 255, 4, D. C.
(11) PI. XII, fig. 235, L. B.
(12) PI. XII, fig. 255, L. E. D. C.
unique chez 1 esturgeon ainsi que chez la morue ( i ). Atrophiez, par la pensée, les feuillets restiformes de la raie bouclée (2), vous verrez le ^corps médian (3) s'élever, s'élargir et couvrir le quatrième ventricule. Ce que nous supposons chez cette raie se passe chez l'esturgeon (4) , se passe chez la morue (5) , se passe également chez la plupart des poissons osseux. Ainsi, le cervelet est le même chez les poissons osseux et cartilagineux , à la proportion près des élémens qui entrent dans sa composition.
La raie ronce ( raia rubus ) (6) , offre l'état intermédiaire de cette transformation. Chez elle les feuillets restiformes diminuent beaucoup de volume (7) ; ils sont moins épais , moins laides , et n'ont qu'ime rangée simple (8) , au lieu de la double rangée que nous présente la raie bouclée (9) ; vous voyez aussi que le corps médian qui est enfoncé dans cette dernière ( 10) , et logé, en quelque sorte , dans l'écartement des feuillets internes, est beau-
(i)Pl. VII, Cg. 161, n»5et6.
(2) PI. VI, fig. i52, n°'5 et 10.
(3) PI. VI,fig. i52, n"4.
(4) PI. XII, fig, 255, D. C. E.
(5) PI. VII, fig. i63, n-e.
(6) PI. VI, fig. i38.
(7) PI. VI, fig. i38, n''4bis.
(8) PI. VI, fig. 140,11" 5.
(9) PI. VI, fig. i53, n'^S et 10.
(10) PI. VI, fig. i53,n°4.
coup plus saillant, beaucoup plus élevé chez la raie ronce ( i ) ; il se détache beaucoup plus du fond du quatrième ventricule. C'est le premier degré de la métamorphose que nous remarquons chez Testurgeon (2) , la morue (3) , le trigle (4) , le congre (5), le brochet (6), le merlan (7), la perche (8) , l'anguille (9) , et en général chez tous les poissons osseux.
Mais pourquoi les feuillets restiformes ne se sontils point réunis sur la ligne médiane ? A quel état des classes supérieures correspond cet isolement des feuillets cérébelleux ? L'examen de cette question , en expliquant le cervelet des poissons , nous montrera ses rapports avec celui des classes supérieures. Considérez, en effet, le cervelet des oiseaux , les cinquième, sixième (10), septième et hui-= tième (11) jours de l'incubation : vous le trouvez formé de deux feuillets non réunis sur la ligne mé-
(1) PI. VI, fig. i38, n«3et4.
(2) PI. XII, fig. 255, E. D. C.
(5) PI. VII, fig. i65, n°2bis.
(4) PI. VII, fig. i55, ir 5.
(5) PI. VII, fig. 168, n° 8.
(6) PI. VII, fig. 169, n° 2.
(7) PI. VII, fig. 193,11-3.
(8) PI. VII, fig. i85,n°4-
(9) PI. VII, fig. 190, n° 2.
(10) PI. I, fig. 5, n°5.
(u) PI. II, fig, 35, ir6.
ENCÉPHALE DES POISSONS. 22n
diauc; un feuilletestàgauchef i), i auLreàdroite(2), de même que chez la raie (5) , de même que chez l'esturgeon (4) , de même que chez l'aiguillât (5) , de même que chez la lamproie (6), Deux feuillets isolés composent de même le cervelet des batraciens du vingtième au vingt-cinquième jour de leur formation (7) ; celui du mouton (8), celui des didelphes (9) , celui du singe (10) , celui de l'embryon humain (11), vers le quart de leur formation (lii). Supposez une maladie , une hydro-cérébellite , qui écarte la moelle allongée ; les feuillets cérébelleux ne s'engrèneront pas , il n'y aura pas de croisement de leurs lames internes : c'est le cas observé chez l'embryon humain et celui du veau par Stenon ; c'est le cas du chat , du lièvre , de l'embryon humain, que j'ai observé moi-même après ce célèbre anatomiste. Ce qui arrive accidcn tellement chez l'embryon de l'homme et des mam-
(1) PL II,fig. 33, n"' 6.
(2) Ibid.
(3) PI. VI,fig. 140, n'5.
(4) PI. XII, fig. 233, n°5.
(5) PI. XII, fig. 236, F. B.
(6) PI. II, fig. 228, n° 2.
(7) PI. I, fig. 12, 1^2.
(8) PI. I,fig. 28, n°4.
(ô)Pl. I,fig. 3o,ir3.
(lo)Pl. II,fig. 48, n"7. • (11) PI. I, fig. 25, n°6.
(13) PI. II, fig, 65, n-' 4.
mifères , est l'état normal et permanent de la plupart des poissons cartilagineux. L'aplatissement de leur moelle allongée , la largeur qui en est la suite, ont écarté l'un de l'autre les feuillets cérébelleux : leur croisement et leur jonction sur la ligne médiane ne se sont point opérés , comme cela arrive chez les reptiles , chez les oiseaux , les mammifères et l'homme , pendant les périodes de leur formation : voilà les analogies, telle est la cause des différences. Ces organes sont donc identiques ; seulement les poissons cartilagineux conservent les formes permanentes de l'état primitif du cervelet dans les trois classes supérieures.
Le corps médian chez la raie ronce (i) semble gagner, en volume et en étendue , ce qu'ont perdu les feuillets restiformes (2). Non-seulement la partie triangulaire, placée sur le quatrième ventricule , est plus bombée , plus élevée (3) ; mais il en paraît une nouvelle . tout-à-fait similaire à la première : cette dernière se dirige en avant sur les tubercules quadrijumeaux , de même que la première se porte en arrière pour recouvrir le quatrième ventricule (4). Toutes les deux sont symétriques (5) , aussi étendues l'une que l'autre , représentant chacune deux
(i)Pl, VI, fig. i38,n°5et4.
(2) VI. VI, fig. i4o, n"5.
(5) Pi. VI, fig. i38, n''4et4.
(4) PI. VI, fig. i58, n" 5 et 5.
(5) PI. VI, fig. iSS,!!'*^, 5,4et4-
ENCEPHALE DES POISSONS. 229
triangles dont les bases sont adossées en arrière de l'insertion de la quatrième paire de nerfs ( i ), et dont les sommets sont placés les uns en avant des tubercules , les autres en arrière du quatrième ventricule (2). Par la réunion de ces triangles , ce corps ressemble à un trapèze; il est divisé par deux scissures qui le séparent en quatre parties : Tune est longitudinale , et divise ce corps en deux parties ; lune droite, l'autre gauche ; l'autre est transversale, située sur le même plan que l'insertion du nerf de la quatrième paire (3). Ce sillon divise ce corps en deux parties symétriques , l'une antérieure au nerf, l'autre postérieure. La partie postérieure (4) n'est adhérente ni au quatrième ventricule, ni aux feuillets restiformes (5) ; si on la relève et qu'on la renverse sur l'antérieure, on y distingue en dedans une petite échancrure sur la ligne médiane (6) et un petit bulbe arrondi sur sa base (7) ; l'antérieure est aussi libre; si on la renverse sur la postérieure (8), on met â nu l'insertion de la quatrième paire de nerfs (9). On observe que le sillon longitudinal
(i)PL VI,fig. 139, 11" 6.
l^} PI. VI,fig. i58,n°4et5.
(3) PI. VI,fig. 139, n'^e.
(4) PI VI, fig. 140, 11^7 et 8.
(5) PI. VI,fig. 140, n° 5.
(6) PI.VI,fig. ,40, n" 7.
(7) PI. VI,fig. 140, n« 8.
(8) PI. YI,ûg. 139, n''4ct5.
(9) PI. VI,fig. 139, n°6et2.
qui les divise, est très -profond et s'étend de la base au sommet (i). On remarque de plus un nouveau sillon (2) sur la partie interne de la base de chaque triangle. Ce sillon est très-large en arrière, et on pénètre en cet endroit dans une cavité qui parcourt l'intérieur du triangle , de telle sorte que chacun d'eux semble formé par deux feuillets qui se sont roulés l'un sur l'autre , et dont la réunion ne s'est pas faite complètement.
Quelque compliqué que soit ce corps , quelque bizarre que soit sa forme et la position de sa partie antérieure , on reconnaît que c'est le cervelet qui s'est avancé sur les tubercules quadrijumeaux ; il est toujours situé en arrière de la quatrième paire de nerfs, quoique ceux-ci soient en partie cachés par la partie antérieure ; ce qui prouve la valeur de ce caractère par la détermination du cervelet et des tubercules quadrijumeaux (lobes optiques). On trouve une disposition analogue à celle-ci chez le tupinambis (3). Le cervelet a une languette triangulaire (4) , qui s'avance sur les tubercules quadrijumeaux (5) , absolument de la même manière que chez les raies ronces (6) , ce qui ajoute encore à la valeur de cette détermination.