ORIGINE DES NERFS
ne sommes plus surpris de trouver des nerfs trèsdéveloppés coïncidant avec une moelle épinière et un encéphale liquides. C'est la marche de la nature , l'inverse serait ime contradiction à ses lois. Nous pouvons maintenant apprécier à sa juste valeur l'opinion de Gall et de Spurzheim , sur la nutrition primitive des nerfs par la matière grise de la moelle épinière et de l'encéphale. Cette nutrition est imaginaire , puisque les deux ordres d'organes ne sont pas primitivement en communication l'un avec l'autre. Si l'existence des nerfs est indépendante de la moelle épinière et de l'encéphale , qui ne voit de suite que les altérations de ces parties centrales «du système nerveux, n'auront aucune influence sur leur développement? Qui ne voit de suite que les embryons privés de moelle épinière ou de l'encéphale ne seront pas pour cela dépourvus de leurs nerfs? Que de faits de monstruosités animales , inconciliables avec nos hypothèses présentes, se trouvent expliqués par cette loi générale de l'organisation ! Serons-nous surpris maintenant de trouver des nerfs très -bien constitués chez des embryons privés de moelle épinière ? Les nerfs des sens très-développés , chez des monstres dépourvus des masses encéphaliques ? L'inverse devrait nous étonner ; mais ces cas de monstruosités sont dans l'ordre du développement de la nature, et servent de confirmation à ses principes de formation.
C'est à l'aide de ces mêmes principes qu'on parviendra un jour à expliquer le système nerveux
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des invertébrés. Puisqu'on supposait que les nerfs étaient une émanation de la moelle épinière et de l'encéphale , et qu'on leur trouvait des nerfs parfaitement bien constitués , la raison indiquait de leur trouver aussi un encéphale et une moelle épinière analogues à ces mêmes organes chez les vertébrés : sans cela leur système nerveux était inexplicable. De là les efforts et les suppositions de toute espèce pour démontrer que les invertébrés avaient , comme les vertébrés , ces parties centrales du système nerveux. Chose étrange ! on avait dénommé ces êtres d'après l'absence des vertèbres dans le centre du tronc, et on avait supposé en même temps que la moelle épinière, que ces os doivent encaisser, était restée à sa place. On ignorait, il est vrai, que l'état primitif de la moelle épinière était liquide , que ce liquide exigeait un canal pour être contenu , et que ce canal manquant chez ces êtres , la moelle épinière devait nécessairement manquer aussi : mais l'absence des vertèbres ne devait-elle pas indiquer l'absence de la moelle épinière? Sans doute qu'on aurait déduit cette conséquence simple , si l'on n'avait étudié ces êtres sous l'influence d'une hypothèse qui en faisait méconnaître le rapport.
Quoi qu'il en soit, les animaux invertébrés n'ont point de moelle épinière ; et d'après ce que nous venons de voir , leur système nerveux peut être expliqué sans elle ; les nerfs des larves et des chenilles se développent de la circonférence au centre : ils sont d'abord isolés de droite et de gauche ,