‹ Anatomie comparée du cerveauChapitre 36 sur 63 · ORIGINE DF.S NERFS · texte numérisé non relu

ORIGINE DF.S NERFS

sans lien moyen entre eux ; ils se rapprochent ensuite , et avant de s'adosser sur la ligne médiane , chez les chenilles , où je les ai suivis avec le plus grand soin , mi renflement ganglionnaire se développe à rextrémité de chaque nerf, et ordinairement au point de jonction du nerf voisin. La série de ganglions est d'abord double ; mais en se rapprochant sur la ligne médiane, souvent deux ganglions se confondent en un seul , et dans ce cas , un petit sillon médian indique leur séparation primitive. Telle est l'origine de la double chame ganglionnaire qui se rencontre sur la ligne médiane des chenilles , de la plupart des insectes , et chez les crustacés , quoique ces organes ayent éprouvé chez ces derniers un singulier déplacement. En comparant ce système nerveux à celui des très-jeunes embryons des vertébrés , on y remarque une analogie frappante ; chez ces derniers ainsi que chez les invertébrés , on trouve des nerfs partant des parties latérales du tronc, convergeant les uns vers les autres sur la ligne médiane ; on trouve une double série de ganglions à la jonction de deux branches nerveuses , de même que dans les classes inférieures ; un rameau ascendant ou descendant réunit les uns aux autres les ganglions , et forme une chaîne non interrompue du crâne au sacrum , ainsi qu'on l'observe chez les invertébrés. Si à ces rapports on ajoute qu'à cette époque les ganglions intervertébraux des classes supérieures sont isolés de la moelle épinière , on concevra comment cet état primitif du systèrae ner-

2 56 ANATOMIE COMPARÉE DU CERYEAt ,

veux est le représentant de celui des invertébrés. Les fœtus des vertébrés qui viennent au monde sans moelle épinière, ont donc vécu dans le sein de leur mère sous l'influence d'un système nerveux analogue à celui des invertébrés. Ces êtres monstrueux ne le sont , que parce que leur système nerveux s'est arrêté à l'époque du développement qui constitue l'état permanent des êtres dits tnvertébrés. Par où et comment le système nerveux des classes supérieures se distingue-t-il de celui des classes inférieures ? Il s'en distingue par un nouvel ordre d'organes , la moelle épinière et l'encéphale , qui viennent occuper l'axe central de ce système , et auxquels viennent aboutir toutes ses radiations excentriques.

Les nerfs ne naissent donc point de la moelle épinière et de l'encéphale ; isolés de ces parties , ils viennent, par suite de leur marche concentrique, se mettre en rapport avec elles par une insertion d'abord très-superficielle, et qui devient de plus en plus intime à mesure que les faisceaux de ces parties les enlacent et les enveloppent. Ce principe reconnu change tout ce qu'on a dit sur la prétendue origine des nerfs , et donne à l'étude de leur mode d'insertion et à leurs rapports généraux , une direction toute nouvelle.

L'insertion des nerfs du tronc sur la moelle épinière est simple; aussi n'a-t-elle été le sujet d'aucune discussion parmi les anatomistes. Partis des ganglions intervertébraux, les faisceaux nerveux divisés, traversent les trous de conjugaison ,

ORIGINE DES NERFâ. 257

pénètrent dans le canal vertébral et le canal de la dure-mère, et s'implantent sur les faisceaux antérieurs et postérieurs de la moelle épinière: cette insertion se fait primitivement vis-à-vis des trous de conjugaison ; mais à mesure que Tembryon se développe et que l'animal grandit , la moelle épinière devenant plus longue , les racines supérieures s'écartent des inférieures ; les premières deviennent ascendantes , les secondes descendantes ; ce rayonnement des faisceaux d'implantation varie beaucoup selon les classes et les familles d'ime même classe; leur point de convergence correspond toujours aux trous de conjugaison.

Si , comme l'ont dit GallQtSpurzkeim^ le développement des nerfs était sous l'influence immédiate de la matière grise, il faudrait que cette matière formât les couches extérieures de la moelle épinièi*e , ou que du moins elle fût la première apparente chez les jeunes embryons. Gr la matière blanche précède , chez les oiseaux et chez les mammifères , la formation de la grise ; la matière blanche forme les couches excentriques de la moelle épinière dans toutes les classes sans exception. Le système des anatomisles allemands est donc encore en défaut ; il suppose un ordre de faits directement inverse de celui qui existe. Au moment où les nerf» s'implantent sur la moelle épinière , la couche blanche externe est très-mince ; ils sont à peine adhérens à cette couche; ils lui paraissent comme adossés ; mais à mesure que de nouvelles couches 1. m

!dSS ANATOMIE COMPABÉE DU CERVEAU,

fibreuses se déposent, le nerf est enveloppé de toutes parts ; il paraît enchâssé dans 1 ecartement de ces fibres. Sur quelques embryons , il m'est arrivé quelquefois de le retirer comme d une gaine dans laquelle il aurait été introduit ; mais plus tard les nerfs s'identifient tellement av;ec la moelle épinière , qu'ils semblent faire corps avec elle ; que rien n'indique plus leur isolement primitif; enfin qu'ils paraissent en naître, ainsi qu'on l'a dit et cru jusqu'à ce jour. Cette implantation n'est pas difTicUe a voir sur les embryons des oiseaux , des reptiles et des mammifères ; elle peut être facilement déduite de leur disposition , même chez les animaux adultes ; ce qui diminue le regret que j'éprouve de ne pouvoir mettre sous les yeux des lecteurs , les dessin^ qui la rendent évidente.

Mais il n'en est pas de même de quelques nerfs encéphaliques: leur insertion dans certaines classes est quelquefois tellement éloignée du point où ils se dégagent de l'encéphale , les couches fibreuses qui les ont enveloppés sont si nombreuses , si épaisses, que, privé des figures des jeunes embryons, j'aurais pu difficilement en donner une idée juste , si la classe entière des poissons , qui , comme je l'ai si souvent répété, sont des embryons permanens des classes supérieures , n'était venue à notre secours.

.Nerf de l' olfaction. Chez les poissons osseux , on peut suivre l'implantation de ce nerf jusque sur les cuisses cérébrales , ou la sortie des pédon-

NERF DE l'olfaction. ^Sq

cules des lobes , qui sont les analogues des hémisphères cérébraux des classes supérieures.

Cette implantation est d autant plus simple , que les lobes dont se compose leur encéphale, sont moins nombreux (i), que les hémisphères cérébraux sont moins développés (2) , ou même manquent presque complètement (3).

Chez l'égrefîn (4) , il se détache de la partie antérieure des lobes optiques , dont il paraît être la continuation ; quand on a ouvert ces lobes , on voit les racines (5) descendre du côté interne des petits lobes cérébraux (6) , pour se porter sur les pédoncules, à leur sortie immédiate des tubercules quadrijumeaux(7). Chez la baudroie (loph. pisc), dont les hémisphères cérébraux (8 j sont beaucoup plus développés , les racines du nerf olfactif (9) sont la continuation du cordon pyramidal (10) ; sitôt , en effet , que ce cordon s'est dégagé des lobes optiques (1 1) , il se divise en deux bran-

(1) PI. VII, fig. i84, n'^5.

(a) PI. VII, 6g. 180, n^-e.

(3) PL VII, % 181, n- 8.

(4) PI. VII, Cg. 184, n- 6.

(5) PI. VII, fig. 181, n'^g.

(6) PI. VII,fig. 177, n« 4.

(7)PI. VII,fig. i8i,n'>9.

(9) PI. Vn,fig. 189, n" 4

(10) PI. VII, fig. 189, n" I.

(11) PI. VII, fig. 189, n- 6.

^6o ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

ches ( 1 ) : l'externe se porte dans la profondeur du lobe cérébral (2) ; l'interne , qui continue le pédoncule, se porte en avant , le long de la partie interne du même lobe (5) , pour aller se rendre dans la chambre olfactive (4). Chez la morue (5), ce mode d'insertion est en tout analogue à celui dm lophius; le pédoncule, sorti de la partie interne du lobe optique (6) , se divise comme chez Tégrefin; le nerf olfactif (j) se place au côté interne, et se porte dans l'organe de l'odorat; il n'est que la continuation des cordons pyramidaux (8) ; une variété assez remarquable se présente chez plusieurs poissons ; c'est celle d une commissure transversale (9), qui réunit les deux nerfs olfactifs avant leur sortie des hémisphères cérébraux. J'ai représenté cette bande fibreuse transversale chez la tanche (10). Cette commissure serait-elle analogue à la commissure antérieure des hémisphères cérébraux des mammifères? Afin de rendre évidente cette continuation du nerf olfactif^ - ■ - - ■ •- ^ ^

(1) PI. VII, fig. 189, n»5et4.

(3) PI. VII, 6g. 189, n'5.

(3) PI. VIÏ,fig. i85, n-4.

(4) PL VII,fig. 179^ ^"9-

(5) PI. VII, fig. i63, n° 10.

(6) PI Vit, fig. 166, n- 1 et 7.'

(7) PI. VU, fig. 166, n° 8.

(9) PI. VII, fig. 187, n" 8.

(10) PI. VII, fig. 187, n" 8.

NERF DE l'olfaction. 261

chez les poissons osseux , avec le cordon pyramidal , j'ai déplissé les lobes de l'encéphale chez le merlan (1), j'ai séparé la pyramide (2) du cordon olivaire (5) ; on voit que la première , parvenue aur devant du lobe optique, se continue immédiatement dans le nerf olfactif (4) ; on aperçoit également bien ce rapport chez la perche (5). Quoique les poissons cartilagineux diffèrent des poissons osseux sous le rapport de la composition de leur encéphale, on peut suivre chez quelques-uns Tinsertion du nerf olfactif (6) jusque sur le pédoncule cérébral (7). C'est ce que j'ai fait chez l'esturgeon et la lamproie ; car chez les squales et les raies, les filets du nerf m'ont abandonné dès leur entrée dans l'hémisphère, comme cela arrive chez certains reptiles , notamment la tortue franche.

Dégagé des hémisphères cérébraux , le nerf' olfactif se comporte d'une manière bien différente , d'abord chez les poissons osseux comparés les uns aux autres , puis chez les cartilagineux mis en rapport avec les osseux. Chez ces derniers , tantôt ce nerf forme un long pédicule (8) au bout

(i)PI. VI,fig. 147.

(3) PI. ¥1,65.147,007

(3)P1. VI,fig. ,47,n»8.

(4)P1. VI,f.g. 147, n° 6.

(5) PL vi,fig. ise^n^e.

(6) PI. VI,fig. i49,n«ii.

(7) PI. VI,fig. 149, n' 3.

(8) PI. VII, fig. 178,0-1.

262 ANA.TOMIE COMPAnÉE DU CERVEAU ,

duquel se trouve le renflement que nous avons désigné sous le nom de lobute olfactif (1). Tantôt ce lobule ett immédiatement adossé aux hémisphères cérébraux (2) , et le nerf olfactif s'y plonge à sa sortie immédiate des hémisphères cérébraux; le nerf olfactif est pédicule chez la plupart des poissons osseux , comme nous l'avons représenté chez l'égrefin (5) , chez le barbeau (4) etl'ésox (5) ; îl est non-pédiculé chez tous les poissons dont Tencéphale se compose de six lobes , comme chez l'anguille (6) , le congre (7) , les trigles (8) , etc.

En général, chez les poissons osseux , dont le nerf olfactif est pédicule , les hémisphères cérébraux sont plus développés (9) que chez ceux où il offre la disposition inverse (10) ; plusieurs poissons font néanmoins exception à cette règle : j'en ai choisi les exemples les plus remarquables d'abord chez la baudroie (11), dont les hémisphères sont peu développés , quoique le nerf soit pédicule ; et

(1) PI. VII, fig. 178, E.

(f>0 PI. YII,fig. 190, n» 7.

(5) PI. VII, fig. 184, n°6.

(4) PL VII, fig. i85, M.

(5) PI. VII, Og. 178, n" 1.

(6) PI. VII, Cg. 190, n" 5.

(7) PI. VII, fig. 167, n- 7.

(8) PI. VII, fig. i55, n-a

(9) PI. VII, fig. 162, n" 9.

(10) PI. VII, fig. 168, n° 6.

(11) PI. VII, fig. 180,1^7.

NERF m. l'olfaction. ^65

ensuite chez régrefiii ( i ), qui offre le point extrême de cette organisation. Cliez ce dernier poisson , les hémisphères cérébraux (2) sont en effet si peu volumineux, que la plupart des anatomistes ne les ont pas rencontrés , et ont douté de leur existence.

Ces variations sont moins prononcées chez les poissons cartilagineux ; chez tous ceux que j'ai anatomiâés, depuis la lamproie jusqu'au requin , J'ai rencontré les nerfs olfactifs pédicules.

Chez la lamproie (petro. fluvialis) , le pédicule est très-court, et le lobule olfactif peu éloigné des hémisphères (3) ; chez l'esturgeon , il est un peu plus allongé (4) ; chez les squales (5) , sa longueur augmente : ce lobule est plus écarté des lobes cérébraux , ainsi qu'o» le remarque sur le requin (6) ( squalus carcharias ) , dont le pédicule a une grosseur considérable; chez l'ange ( squalus squatina) (7), le pédicule est plirs mince, plus allongé, et se rapproche davantage des raies; les aiguillats sont encore plus voisins de ces derniers poissons par l'étendue de ce pédicule, comme

(1) PI. VII, fig. 181, n'6.

(2) PI. VII, fig. 181, n° 8.

(5) PI. V, fig. A,n'8.

(4) PI. XII, fig. 355, L,

(5) PI. VI, fig. 142.

(6) PI. VI, fig. 142, n» î5,

(7) PI. XII, 6g. 237, L

on le remarque chez le squale acanthias ( i ). Enfin , chez les raies . le pédicule est d une longueur démesurée (2) , ce qui éloigne considérablement le lobule olfactif (3) des hémisphères cérébraux (4). Tous les poissons cartilagineux ont donc le lobule olfactif pédicule ; ils offrent sous ce rapport une fixité d'organisation , qu'on est loin de rencontrer chez les poissons osseux.

Chez les reptiles, comme chez les poissons , le nerf olfactif est pédicule ou non pédicule ; niais une particularité très-remarquable et bien digne de l'attention des anatomistes et des physiologistes , c'est que chez les reptiles , le rapport de ce pédicule avec les hémisphères cérébraux est dans une disposition inverse de ce que nous venons de remarquer chez les poissons. Chez ces derniers , nous avons observé en général que les hémisphères cérébraux étaient plus développés chez ceux dont le nerf olfactif était pédicule, que chez les autres. Chez les reptiles , c'est le contraire qu'on observe ; plus le pédicule s'allonge , plus il semble que les hémisphères diminuent ; quelle peut être la cause de cette opposition?

Quoi qu'il en soit , le pédicule du nerf olfactif

(1) PI. XII, fi-. 236, I. H.

(2) PI. VI, fig. i38,n°i5.

(3) PI. VI, fig. i38,n° 12 et 17.

(4) PI. VI,f]g. i38, n" 10, i3et 14.

NERF DE l'olfaction. 265

est si fort chez les ophidiens ( i ) et les lacerliens (2) , qu'il paraît être la continuation immédiate des hémisphères cérébraux (3) , qui se rétrécissent beaucoup au lieu où commence le pédicule (4); du reste, on ne distingue aucune strie blanchâtre sur la base des hémisphères , qu'on puisse considérer comme les racines propres de ce nerf. Chez les embryons des reptiles , la cavité de l'hémisphère se continue en se rétrécissant dans le pédicule, le long duquel elle communique avec la petite cavité creusée au centre du lobule olfactif (5). Chez les adultes, le pédicule n'est plus creusé ; il forme un cordon plein dont on ne peut suivre , comme chez les poissons , la liaison immédiate avec les pédoncules du cerveau. La continuation, des hémisphères avec le pédicule du nerf olfactif est très-distincte chez l'orvet (6) , la vipère hajé (7) , la couleuvre à collier , la vipère de Fontainebleau (8) , celle à raies parallèles (9) ,

(1) PI. V, fig. 126, n°8.

(a) PI. V,fîg. 128, n°5.

(3) PI. V, fig. 128, n°4.

(4) PI. V,fig. 109,0° 8.

(5) PI. V, fig. 126, n- 9.

(6) PI. V,fîg. 109, n<'8et9.

(7) PI. V, fig. 127, 11° 8.

(8) PI. V, fig. 152,0" 9.

(9) PI. V, fig. i33,n-7.

26iy ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

le lézard vert (i), le lézard gris (2). Chez le crocodile vulgaire (5) et le crocodile à deux arêtes (4) , on n'aperçoit pas de pédicule à la partie antérieure de la base des hémisphères. Chez le caïman (5) , le pédicule est aussi prononcé que chez les ophidiens et les lacertiens ; chez les batraciens , le lobule olfactif vient s'appliquer immédiatement cpntre les hémisphères (6). Le pédicule du nerf est si court, qu'il faut détacher ce lobule pour le distinguer (7). Chez les tortues de terre , un petit pédicule se détache aussi de l'hémisphère (8j , et va rejoindre un très-petit lobule (9) , comme on le remarque chez la tortue grecque (10). Ce n'est plus la même chose chez les tortues de mer (11); chez la tortue franche ( testudo mydas) , le lobule olfactif vient se confondre avec la base des hémisphères du cerveau (lâ), comme cela arrive chez certains mammifères ; un léger sillon à la face su-

(1) PI. V, fîg. 110, n*^ 11.

(2) PI. V, fîg. 128, n°5.

(3) PI. V,fig. 117, n^ 7.

(4) PI. V, fig. 118, n-e.

(5) PI. V,fig. i35,n°7et8.

(6) PI. 1,(1-. 16, n°5.

(7) PI. V, ûg. i5i, n° 16.

(8) PI. V,fig. 125, n° 12.

(9) PI. V,fig. 125,1^11.

{10) PI. V, ûg. 125, 11° 11 et 12.

(11) PI. V, fig. 122, n" 16 et 17.

(12) PI V, fig. 122, nM5 et 16.

NERF DE l'olfaction, 267

périeurc (i) et inférieure (2), le distingue des hémisphères; le même sillon se continue en dehors (5) et en dedans de ceux-ci (4). Si on déplisse les hémisphères, on observe l'implantation du nerf dans ce lobule par des stries médullaires très-déliées (5) ; mais je n'ai- jamais pu les suivre jusqu'aux faisceaux d'épanouissement des pyramides (6) ; celle-ci s'arrête dans le milieu de l'hémisphère (7). Chez les reptiles, les racines du nerf olfactif deviennent donc plus extérieures que chez les poissons osseux ; chez ces derniers, on voit avec la plus grande facilité qu'il est en quelque sorte le point de terminaison des pyramides et des pédoncules du cerveau ; chez les reptiles , il m'a été impossible de découvrir cette liaison. L'implantation du nerf olfactif paraît se faire dans le milieu des feuillets qui forment les hémisphères cérébraux.

Chez les oiseaux , les racines du nerf olfactif deviennent tout-à-fail extérieures aux hémisphères cérébraux (8) ; ce sont des rubans aplatis de nia-

(i) PI. V,^g. 119, n^ i5.

(3) PI. V, fig. 122, n° i5.

(3) PI. V, fig. 120, n' 8.

(4) PL V, flg. 120, n° 14.

(5) PI. V, fîg. 121, u°9.

(6) PI V,fîg. 121, n'>7.

(7) PI. V,fîg. ,21, u° i5.

(8) PI. IV,fig. 88, n' 7

tièrq blanche (i) , qui paraissent toucher à peine la base des hémisphères (2) ; bien difFérens des poissons osseux , dont les racines sont tout-à-fait profondes , et des reptiles , dont les racines , quoi^ que i^lus superficielles que chez ces derniers, ne sont jamais distinctes par des faisceaux blanchâtres, les tortues de mer exceptées (3). Ce caractère du nerf olfactif des oiseaux les rapproche beaucoup des mammifères.

C'est à tort, en effet, que Willis^ Huiler et la plupart des anatomistes qui les ont suivis , ont dit que chez les oiseaux les racines du nerf olfactif n'étaient pas distinctes de la substance des hémisphères ; que de même que chez les reptiles , ceuxci se prolongeaient en s'amincissant dans l'organe de l'olfaction ; ces ornithotomistes célèbres ont été induits en erreur par l'examen de l'encéphale des poules et des canards domestiques, chez lesquels cette origine est en effet très-confuse. Pour rendre évidente la disposition du nerf olfactif (4 ) à la base de l'encéphale (5) , qu'il me soit permis de décrire les diverses préparations que j'en ai faites avec soin , et dont je présente une partie des dessins dans ce Précis.

(1) PI. IV,fig. 98,n«io.

(2)P1.IV, fig. 88,98,n"7el 10.

(5) PI. V,fig. ,3i,n"9.

(4) PI. IV, fig. io3,n« i3.

(5) PI. IV, fig. 96,1^9.

NERF DE l'olfaction. 269

Si on considère la base de l'encéphale de Tautruche de l'ancien continent , on aperçoit sur la partie moyenne de l'hémisphère une bande médullaire d'un blanc nacré ( i ) , formant un arc , dont la convexité est en dehors et la concavité en dedans; en arrière, l'extrémité de ce ruban se porte vers un sillon (2) , qui sépare le lobe antérieur (3) d'un autre lobe (4) , dont la saillie est très-marquée ; en devant (5) , ce cordon médullaire vient se rendre dans un bulbe (6) , situé en devant de la base des hémisphères cérébraux , et qui est l'analogue du lobule olfactif des poissons et des reptiles. J'ai trouvé cet arc simple, mais beaucoup moins prononcé chez le coq vulgaire , chez la poule, le dindon, le canard domestique, le canard musqué , l'oie , la bernache , le faisan doré , le faisan argenté , le pinson , le verdier, la mésange , la linotte, le chardonneret , l'hirondelle (7), le roitelet (8).

Chez d'autres oiseaux , comme chez la cigogne blanche (9) , on trouve à la partie postérieure de

(1) PI.ÏV, fig.98,n<>io.

(2) PI. IV,f,g.98,nM2.

(3) PI. IV, fig. 98, n° i5.

(4)P1. IV, fig. 98,11-9.

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