LA
Aristote disait : « On découvre chez les animaux une faculté naturelle analogue aux différentes passions.qui modifientnotre âme : prudence, lâcheté, courage, douceur, rudesse ; je parcourerais ainsi toutes les habitudes de l'âme. Quelques-uns participent à une sorte de capacité d'apprendre et de s'instruire, tantôt en prenant des leçons les uns des autres, tantôt en les recevant de l’homme; ce sont ceux qui sont capables d'entendre et de discerner la variété des signes. » (1)
Et Condillac : « Il y a dans les bêtes, un degré d’inteiligence que nous appelons instinct, et dans l’homme, un degré supérieur que nous appelons raison. » (2)
La proposition d’Aristote est vraie et sa pensée n’a pas besoin de commentaire. La proposition de Condillac est vraie aussi, mais le mot 2nstnct dont il se sert n’est pas employé ici dans l’acception qu’on: lui donne ordinairement. Pour Condillac, l'instinct est encore de l'intelligence, mais une intelligence peu développée, tandis que le plus ordinairement on appelle instinctle mobile aveugle, inintelligent qui pousse à faire une action sans connaissance de la cause, sans prévision du résultat et sans modification dans les procédés. Frédéric Cuvier (3) a parfaitement défini ce qu’il entendait, et Ce que l'on entend généralement par actions instinctives et par actions intellectuelles.
« Les actions antérieures à toute expérience, ditil, qu’elles soient simples ou complexes, sont instinctives.
(1)» Histoire des animaux, L1x, € 1.
LT » . + (2) Traite des animaux , 2° part., conclusion.
{3) Diet, des Sc. naturelles, \, xxx, p. 528; aun, 1823.
LS FACULLÉS
« Les actions produites ou modifiées par l'expér ience, sont électives, intellectuelles. MF
« Le chien, lorsqu’ il vasenfouir dans Ja terre les restes de son repas; le cheval et le renne; lorsqu’ ils enlèvent la neige qui recouvre la terre pour ÿ trouver leur nourriture; les vaches lorsque menacées par la présence du loup, elles placent leurs petits au milieu d’un cercle dont leur jte et leurs cornes forment la circonférence; les castors 10rsqu? ils élèvent leurs huttes etlleurs digues slorsqu' ils vont couper.le bois nécessaire à leurs constructiôts, lorsqu'ils réparentles ravages que leurs ennemis et le temps peuvent avoir faits à leurs. habitations; le lapin lorsqu'il se creuse un terrier, l'oiseau lors: qu’il construit son nid (1), font des actions instinctives. »
.« Les autres (2) actions des animaux sont le résultat manifeste d’une intelligence, parce qu'elles se conforment en tous points à la Variété fortuite des circonstances au milieu desquelles elles se passent ou que ces circonstances seules occasionnent: Elles s 'éxpliquent naturellement et sans effort, continue Frédéric Cuvier, en admettant dans les animaux des facultés intellectuelles semblables à celles qui nous auraient
été nécessaires pour les produire, et toute autre explication serait inadmissible: » K:. | à
Suivant l’auteur « ce qui distingue surtout l'intelligence des animaux de celle de l'homme, c'est que les animaux sont dépourvus du sens intime, de la perception du moi et de la faculté de réfléchir, c’est-à-dire. de considérer intellectuellement par un retour sur eux-mêmes leurs propres modifica-