‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 125 sur 144 · ET DU MORSE · texte numérisé non relu

ET DU MORSE

Le phoqueetle morse présentent presque en tous points un développement des facultés des animaux précédens. Ils demeurent presque toujours dans l’eau. Quand ils sont à terre, ils paissent l'herbe, mais ils se nourrissent principalement de poissons :-ils vivent en troupes, et les troupes se divisent en familles ; enfin ils sont éducables et sont susceptibles de concevoir pour l'homme et pour les chiens, une véritable :affection. Fr. Cuvier (1) a vu de jeunes chiens , auxquels un phoque s’étaitattaché, s'amuser, pendant que le phoque mangeait, à lui arracher de la bouche le poisson qu'il était près d’avaler, sans qu’il témoignât la moindre colère ; mais , lorsqu’on donnait à manger à deux.phoques réunis dans le même bassin , il en résultait toujours un combat'à coups de pattes, et le plus faible laissait le champ libre au plus fort.

Si les chiens, le hagcelaient pour jouer avec lui , il leur donnait de légers coups de pattes , qui semblaient avoir plutôt pour but de les exciter que de les réprimer,

Au rapport de M. Lesson (2) , le phoque (phoca Ansoni) mâle a communément autour de lui trois ou quatre femelles, et chacune de celles-ci a deux petits, qui #têtent leur mère pendant deux ou trois mois. Les phoques se livrent quelquefois des combats acharnés. Ces combats ont lieu entre les mâles, seulement. Après la défaite, le vaincu se retire ou meurt, et les femelles appartiennent au vainqueur. Si un grand nombre de mâles prennent part au combat, les femelles se sauvent, à.ce qu'on assure, en emportant leurs petits:

On peut apprivoiser les phoques et les rendre.très dociles. Fr. Cuvier regarde le phoque commun comme, étant de tous les animaux sauvages, celui qui s’habitue le mieux à l’homme

(1) Observations zoologiques sur les facultés physiques et intellectuelles du phoque commun, in-4.

(3) Voyage de la Coquille, Zoologie, p. 146.

524 FACULTÉS et dont il est le plus facile de se faire comprendre. Le phoque devient alors tellement doux, qu’on peut lui mettre la main dans la bouche sans en avoir rien à craindre, excepté cependant quand il éprouve des désirs amoureux, car alors il entre dans une sorte de fureur qui rend son approche redoutable.

Buffon assure que si on a enlevé un phoque, ses compagnons pleurent sa perte : ce qui paraît certain, c’est que les phoques se connaissent, et savent au besoin.se défendre contre un ennemi commun. Les morses vont au secours les uns des autres. Martens rapporte que lorsqu'il avait blessé un morse, les autres s’assemblaient autour du bateau qu’ils perçaient à coups de défenses ,. ou s’élevant hors de l'eau, faisaient tout leur possible pour s’élancer dedans.

La nourriture des morses est semblable à celle des phoques, elle consiste en coquillages, herbes et poissons.

10° erours. — Lamantin , dauphin, marsouin, narval, cachalot, baleine.

Agrandissez l'intelligence du phoque, donnez à ses facultés morales un plus entier développement, et vous aurez, d’après le témoignage des naturalistes et des marins, l’état psychique du lamantin, du dauphin, du marsouin, du cachalot et de la baleine. |

Le phoque vit en société et en famille, mais sa famille est plutôt une sorte de sérail qu’un lien réciproque, une affection partagée. Chez les cétacés, il n’y a qu’une femelle pour un mâle, c’est presqu'un mariage et un mariage durable, car on assure avoir vu plusieurs années de suite, le même mâle avec la même femelle. (1)

{r) Lacépede, Histoire naturelle ,:cétacés., art. Bazetne.

DU LAMANTIN, FTC. 595

Quelques cétacés se font la guerre entre eux, où attaquent les grands poissons; la plupart ont un naturel très doux; ne mangent que de petits poissons où même des végétaux. On en à vu plusieurs non-seulement se laisser apprivoiser, mais rechercher d'eux-mêmes la compagnie de l'homme et témoigner pour lui un vif attachement.

Les lamantins, cétacés qui ne vivent que de végétaux, sont regardés comme étant tout-à-fait inoffensifs. Ce que l’on raconte de leur attachement est presque incroyable. Une femelle ayant été amenée au rivage, le mâle l’aurait suivie jusque*là, et y aurait passé la nuit, sans que les coups aient pu le faire fuir. Il en aurait été de même pour deux petits à l’égard de leur mère. Les lamantins auraient arraché le harpon du corps d’un des leurs, blessé par des marins.

Les dauphins étaient regardés par les anciens comme les plus familiers des animaux. Si l’on en croit Pline, un dauphin s’avançait vers le rivage, recevait la nourriture qu’on lui donnait, et se laissait monter par les baïgneurs. D’après Mécénas Fabius et Flavius Alfius, un dauphin serait venu, chaque jour, recevoir sa nourriture des mains d'un enfant, à la voix duquel il accourait, et l'enfant étant mort, le dauphin serait mort aussi du chagrin de ne le plus voir. Aristote dit que sur un rivage de Carie, un dauphin ayant été pris, un grand nombre de dauphins s’approchèrent du port et ne regagnèrent la pleine mer, que quand on leur eut rendu le captif.

Beaucoup d’autres histoires de cette nature, histoires que j'appellerai volontiers des contes, se trouvent dans les anciens naturalistes; quelques faits avérés leur ont probablement donné naissance, mais les observations exactes sont en trop petit nombre pour nous mettre à même de distinguer, sur ce ” point, 1x vérité de l'erreur.

-Les marins disent avoir vu des troupes nombreuses de ca-

chalots qui paraissaient commandés par le plus grand et le plus fort de la troupe. On a une sorte de preuve que ces animaux vivent appariés un mâle avec une femelle, car sur un nombre de dix-sept cachalots qui ont échoué sur les côtes de l’île d'Elbe, il y avait huit femelles et neuf mâles : chaque mâle avait une femelle près de lui. : NE

Les cachalots n’ont pas la douceur du dauphin; ils sont même regardés comme très féroces.

Le narval est aussi fort à craindre, et Buffon, pour donner une idée de l'intelligence de cet animal, le compare à un rhinocéros ou à un hippopotame. La nourriture d& narval consiste en poissons, en mollusques et en débris de ceadayres.

On n’attribue à la baleine aucun instinct de férocité; elle se nourrit de crâbes, de mollusques et surtout de clios que nous avons dit être sa pâture, dans les mers du nord. Quand elle est attaquée, elle se défend avec courage, et sa force la rend redoutable aux autres cétacés et à tous les poissons.

La chasse que l’on fait aux baleines les a rendues farouches , et leur a fait quitter, probablement pour toujours, de nombreux parages où elles régnaient autrefois:

A1 GROUPE. — Æéphant.

NT L’éléphant.est, dertous lès animaux, celui que la nature à fait le plus intelligent et le meilleur (1). Les anciens l'avaient en grande vénération, et les partisans de la métempsycosé croyaient que les éléphans blancs recevaient l'âme des émpereursindiens. Les Malais l'appellent Orang, c'est-à-dire être

je | (x) L'éléphant surpasse tous les animaux, en Compréhension. AT stte, & 53, ch, 72,

DE L'ÉLÉPHANT. 3927 raisonnable , eL.ils donnent le même nom au singe et à l'homme. Buffôn dit que l'éléphant approche de l’homme autant que la matière peut approcher de l'esprit, etcomme séduit par les témoignages sans nombre, de sang-froid, de prudence, de courage, de justice, qu’il remarque dans les éléphans; voyant que les attentions, les offrandes, les respects dont on les entoure à Siam, à Laos et ailleurs, les flattent sans les corrompre, il semble reprocher aux Indiens de né les croire animés que par des âmes humaines (1). Puis comparant l'éléphant aw chien, au singe et au castor, il fait remarquer avec raison que le castor n’a:de sens que pour lui et les siens, que le singe est souvent indocile et extravagant, que le chien doit l’homme la perfection dont il est doué, tandis que l'éléphant est, par sa seule nature, supérieur à tous trois. | Le caractère de l'éléphant est doux, inoffensif; cet animal n’attaque jamais sans être provoqué, et Comme il se nourrit exclusivement de végétaux, il n’est à craindre que pour ceux qui le provoquent. [l est éminemment sociable,vit en troupes . nombreuses, excepté quand l’époque des amours est venue, époque à laquelle chaque mâle, accompagné d’une femelle, seretire au fond des forêts, mus l’un et l’autre,à ce que lon croit, par un sentiment de pudeur. Ce qui..donnerait à cette supposition une certaine yraisemblance,.c’esi qu'on n’a jamais vu l'accouplementdes éléphans, et que. ces'animaux ne produisent pas, tant qu ils, sont en captivité.

On a rencontré de temps à autre quelques éléphans- dd ai'eS4 # les regarde comme sauvages et indomptables, et l’on préténd;. ce dont je n'oserais me porter garant, qu’en

+ & f æ ?/ 4 . Le p] (x) Les attentions, les respects, les offrandes, les flattent sans les corrompre; ‘ils n’ont donc pas une àmé humaine, cela seul devrait suffire ai le démon-

trer'aux- Indiens. Buffon, His, nat,, art, Kt ÉPRANTe

raison de leurs défauts ; ils ont été chassés de la compagnie des autres éléphans. Un voyageur raconte qu'un de ces éléphans solitaires s'était mis en embuscade dans un étroit défilé par lequel passaient ordinairement des caravanes portant des comestibles et notamment du sucre : pour franchir le défilé, on jetait du sucre à l'éléphant , et tandis que l'animal mangeait, la caravane se hâtait de comtinuer sa route.

Quand les éléphans voyagent, l’un d'eux se met en tête de la troupe et la dirige; un autre se place le dernier pour hâter la marche, ayant soin que les plus faibles ét les plus jeunes se tiennent au milieu et à l'abri de tout danger. S’il s’agit detraverser ’une rivière profonde, les éléphans adultes entrent dans l’eau et se passent les uns aux autres, à l’aide de leur trompe, les jeunes éléphans. '

Tous les éléphans domestiques ont d’abord vécu à l’état de liberté, car contrairement à ce qui a lieu pour les chameaux, l'espèce entière de l'éléphant est libre, attendu qu’elle ne se reproduit pas en esclavage. Quand il est dompté, pourvu qu'on le traite bien et qu'on le dirige avec intelligence, l’éléphant s'attache à celui qui le nourrit, lui obéit avec complaisance, et comprend la signification des ordres qu’on lui donne avec une promptitude étonnante. Ce n’est pas une force brute, ni une sorte de machine animée que l’on trouve en lui, c’est un aide intelligent qui agit avec prudence et réflexion. Il saisit un fardeau, le met sur son dos et le“porte en*prenant toutes sortes de précautions pour ne pas le laisser tomber; il transporte des ballots, du rivage dans un bateau, et les place dans l’ordre qu'on lui à indiqué; s2 c’est un tonneau qui roule, il va chercher une pierre pour le caler.

Un éléphant qu'on élevait à la ménagerie de Versailles, semblait connaître si l'on se moquait, de. lui, et s'en vengeait quand il en trouvait l’occasion. Avant été trompé par un

DE L'ÉLÉPHANT,. 529 homme qui avait fait semblant de lui jeter quelque chose à manger, il donna à cet homme un coup de sa trompe qui le renversa, et le bléssa grièvement; un peintre voulant le dessiner ayant la tête levée et la bouche ouverte, lui faisait jetér des fruits dans la bouche par son domestique; mais celui-ci ayant plusieurs fois trompé l'éléphant en faisant mine de lui jeter des fruits, l'éléphant en fut indigné, et comme s’il eût connu que le peintre était la cause de limportunité du domestique, au lieu de s’en prendre à celui-ci, il s’adressa au maître, etluilança une grande quantité d’eau qui gâta le dessin.

Le même éléphant détachait facilement une courroie dont il défaisait la boucle, et dénouait des nœuds de petite HAE avec beaucoup d'adresse.

La ménagerie du Musée possède maidieant un éléphant d'Afrique qui exécute avec intelligence plusieurs choses assez difficiles. Il ouvre une porte fermée à clef, il vient, s'arrête, se relourne, s'agenouille, salue, reçoit ou refuse des alimens, suivant l’ordre que son cornac lui en donne. Toutefois son obéissance n’estpas aussi passive qu'elle le parait. Ilvoyait du foin dans une enceinte fermée par une grille, et se disposait à y entrer. Son Cornac lui dit de se retirer et de fermer là grille; il fit la sourde oreille. Pressé d’obéir par de nouvelles injonctions du COrnac, il alla fermer une porte voisine, feignant de ne pas comprendre que la porte qu’il fallait fermer, était celle qui conduisait à la botte de foin. Le cornac qui m'avait vanté l'extrême docilité. de son éléphant, était, contrarié de cette désobéissaige, j eh étais au contraire fort aise, car elle indiquait un jugement dont, à mon ayis, aucun autre animal ne serait capable. » | “4 nu" à

Plusieurs fois on à a fait intervenir des éléphans sur le théàtre, on leur a donné à remplir des rôles assez compliqués, et

ils se sont toujours tiré de à avec bonheur, C’est aù reste une , 9 1° 34

chose admise par les gardiens d’éléphans que ces animaux comprennent presque tout ce qu’on leur dit.

Buffon, en parlant de léléphant, rapporte, d’après un témoin oculaire, plusieurs faits. qui doivent trouver place ici. Dans l'Inde, « on se sert de l'éléphant pour le transport de l'artillerie sur les montagnes, et c’est là .que son intelligence se fait mieux sentir. Voici comment il s'y prend : pendant que les bœufs, attelés à la pièce de canon, font effort pour la trainer en haut, l'éléphant pousse la culasse avec son front, et à chaque effort qu'il fait, 2/ soutient l'affût avec son genou qu'il place à laroue. Son on can veut-il lui faire faire quelque corvée pénible, illui explique de quoi il est question, et lui détaille les raisons qui doivent l'engager à obéir. Si l'éléphant marque de la répugnance à ce qu’il exige de lui, le cornac promet de lui donner del’arak ou quelque chose qu'il aime, alors l'animal se prête à tout. Mais il est dangereux de lui manquer de parole; plus d’un cornac en a été la victime.

« J'ai plusieurs fois observé, dit un autre voyageur, que l'éléphant fait plusieurs choses qui tiennent plus du raisonnement humain que du simple instinct naturel qu'on lui attribue. Il fait tout ce que son maître lui coimande. Si le maïtre veut que l'éléphant fasse peur à quelqu'un, l'éléphant s’avance vers cette personne comme s’il voulait la tuer et lorsqu'il en est proche, il s'arrête tout court, sans lui faire aucun mal. Si le maître veut faire affront à une autre, il parle à l'éléphant qui prendta avec sa trompe, de l'eau du ruisseau et de la boue, et la lui jettera au visage. … |

« Le Mogol a des éléphans qui’ servent de bourreaux aux criminels condamnés à mort. Si le conducteur leur -commande de dépêcher promptement ces misérables, ils les mettent en pièces en un moment; si, au contraire, il leur commande de les faire languir, il leur rompent les os les uns

DE L ÉLÉPHANT. 991 après les autres et leur font souffrir un supplice aussi cruel que celui de la roue. » #14 R

Sans une grande patience, l'éléphant qui a le sentiment de sa force et qui sait combien l’homme lui est inférieur. à cet égard, n’obéirait pas à la volonté et aux caprices de son maître, comme il le fait si souvent. Cette patience a cependant des bornes, et après avoir subi des contrariétés ou de mau-

vais traitemens, l'éléphant sait se venger. Il est arrivé plus d’une fois que des cornacs ont été écrasés où lancés au loin par leur éléphant, et, chose bien importante à noter ici, les premiers torts ne venaient jamais de l'éléphant. Il y a pourtant une circonstance où l'éléphant ( devient agresseur : c’est quand il est pris d’une sorte de folie déterminée , peut-être , par la non-satisfaction de ses désirs. amoureux, et pendant laquelle il entre dans une véritable fureur. Alors il méconnaît son maître, et la force prodigieuse dont il est doué, le rend tellement dangereux que, dans cette circonstance, le seul parti à prendre, c’est de le tuer.

Un jeune éléphant qui a vécu à la ménagerie du Musée, avait été dressé, par son maître, à différens exercices dont il s’acquittait avec les marques d'une entière obéissance et d’une vive affection; il-avait besoin de la présence de son maître, vepoussait les soins de toute autre personne et semblait ne manger qu'à regret lorsque sa nourriture lui était présentée par une main étrangère. Mais son maître devint ivrogne et prit l'habitude de le battre. L’e éléphant, auparavant d’une hümeur gaie, parut taciturne.. et l'on crut qu'il était malade : ses jeux ne lui plaisaient plus, il donnait même parfois des signes d'impatience. Cet état de choses dura quelque temps. Enfin un jour, poussé à bout, l'éléphant jeta un cri furieux, et son maîñtre qui le frappait, n'eut que le

temps de fuir, Depuis, l'éléphant ne s’est plus. laissé approol.

39 FACULTÉS DE L'ÉLÉPIANT.

Ur

cher de lui, en le voyant il entrait en colère; et il n’a cessé de lui témoigner de la haine chaque fois qu'il l'a vu. (1)

Si l'on en croit Toscan, qui dit avoir été témoin des faits qu'il raconte, Ja musique exerce sur les éléphans une influence qu'aucun autre animal n’éprouve à un aussi haut degré que lui. Une expérience fut faite à ce sujet, sur deux éléphans qui étaient au J ardin des Plantes, le 10 prairial, an vi, et donna au rapport de Toscan, des résultats extrêmement curieux.

Un orchestre avait été dressé hors de la vue des éléphans. Aux premiers | accords que ces animaux entendirent, ils cessérent de manger pour courir vers le lieu d’ où partaient les sons, et témoignèrent leur surprise par des mouvemens divers” et des attitudes variés. Chaque air nouveau, chaque morceau qui différait assez du morceau précédent pour être saisi par leur oreille, leur faisait éprouver une nouvelle émotion, et donnait à leurs mouvenrens une expression dont le caractère se rapprochait toujours, plus ou moins, du rhythme musical. L'air de danse en si mineur de l'Iphigénie de Gluck, les mit dans une agitation extrême; ils semblaient suivre par leur allure tantôt précipilée, tantôt ralentie, par leurs mouvemens, tantôt. brusques, tantôt soutenus, les ondulations du chant et de la mesure. Sous l’ influence de l'air si tendre et si mélodieux: © ma tendre musette, ils tonibè-" rent dans une -sorte d'enchantement ; ; ils marchaient quelques pas, puis ils s’arrêtaient pour écouter mieux : ‘ils venaient ensuite se placer sous l'orchestre, agitaient doucement leur trompe, comme pour aspirer Ces émanations amoureuses. Aux accens vifs el gais de l'air: ça ra, tout en eux, prit soudiin un caractère d'emportement et de désordre. (2)

(1) Essai sur la domest, des mammifères, ete, par Fr..Cuüvier, p. 29. (2) Toscan, Décade philosophique, et Fournier-Pescay; Dist, des Sciences médicales, tXXXY, p. 61. :

FACULTÉS DES MAKIS ET DES SINGES, b3aà

L’aptitude des éléphans à éprouver des émotions fortes en entendant la musique, quoique assez générale, ne paraît cependant pas constante, et elle a été niée par quelques naturalistes qui ont fait à ce sujet des expériences dont le résultat à été presque entièrement négatif. C’est que, sous ce rapport, je le présume du moins, il en est de l’éléphant comme de l’homme : l'aptitude varie suivant les individus. Les éléphans qui ont fait le sujet des expériences précitées, étaient jeunes ; peut-être cette circonstance les rendait-elle plus seN= sibles à la pate que ne l'auraient été de vieux éléphans.

d “ C 3 7% = e . re ue 12° GROUPE. — Makis, singes.

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Nous ne connaissons que très imparfaitement les rapports des animaux entre eux. Modifiés qu'ils sont par l'éducation que nous leur avons donnée, ou dégradés par l'abondance des alimens dont nous les avons remplis, les animaux domestiques ne se présentent pas à nous aussi complets qu'ils le seraient à l’état de nature. Quant aux animaux sauvages, retenus ordinairement dans des cages étroites et séparés des animaux de leur espèce, ils ne se présentent à nous qu'avec leurs facultés individuelles. Chez la plupart d’entre eux, les facultés de relation sont probablement très bornées, mais il n’en est sans doute pas de même pour les éléphans (1), et l’on ne peut s'empêcher d'admettre que des animaux qui comprennent l’homme si facilement et si bien, aient les uns à l'égard des autres, des relations multipliées.

Les singes en ont aussi: les voyageurs nous ont rapporté

(1) 1 faut bien remarquer que les faculiés données par l’homme à l’éléphant, ne se transmettent pas,+chez cet animal, par vuie de génération, puisque les éléphans domestiques n’eagendrent ‘jamais ; ainsi Péléphant estitoujours plus près que le chien, de son éiat primitif,

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