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La phrénologie nous enseigne qu'il y a dans l'encéphale un
organe pour chaque faculté, et que « les facultés communes à l'homme et'aux brutes ont leur siège dans les parties inférieures-postérieures et inférieures-antérieures du cerveau, tandis que les facultés, dont. l'home jouit exclusivement, ont leur siège au-dessous des parties antéricures=supéricures et Supérieures-antérieures, du frontal (1) ». Il suit de là, que «les cerveaux des animaux ne sont que des frägmens du cérveau humain. » (2) # «. :
L'auteur de cette doctrine, Gall qui dit avoir étudié le cerveau des mammiféres; depuis la musaraigne jusqu’à l’éléphant, a ComMIS plusieurs omissions bien inexplicables; il a négligé, par exemple, de décrire le cerveau des animaux; il
n’a pas déterminé la valeur, l'identité des circonvolutions, chez les animaux qui en'‘sont pourvus; il n’a pas désigné Sur les cerveaux, mais seulement sur les crânes, la place de chaque faculté. Les crânes méritaient sans doute de fixer l'attention de Gall; mais comme Gall avait la prétention de faire une physiologie du cerveau et non pas une crànioscopie, il devait ne s'occuper du crâne que d’une manière accessoire, et fixer toute son attention sur le cerveau.
Ce vice dans la méthode que Gall a adoptée, ou plutôt cette absence de méthode, a rendu toutes ses déterminations d'or-
ganes inapplicables et fausses, en.ce qui concerne és mammifères, et lui a mérité, de la part d'un de ses sectateurs (3), ÿ?
(1) Gall, Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, Paris, 1825, in-8°, 4. 111,P. 208 et 209. ,
(2) Zd, ide, t, 1v, p. 449.
(3) Vimont , Traité de phrénologie, 1, 11 p: 112.
le reproche d’avoir fait un ouvrage « plus propre à induire en erreur qu'à donner une juste idée du siège des organes ».
Ainsiquand le principe de la pluralité des organes cérébraux serait vraie, les localisations faitespar Gall seraient de nulle valeur. En effet: '
1° Gall assure que le cervelet 4 animaux qui ont subi la castration, diminue de volume, ce qu’il, prétend démontrer par le rapetissement, jugé à vue d'œil, des fosses occipitales; or, Les pesées faites à ma prière, par M. Marchant (1), sur des chevaux entiers, des chevaux hongres et des jumens, ont fourni un résultat diamétralement opposé à l'assertion de Gall. | ei Lg
20 « Chez le singe, x chien et le chat, dit Gall (2), la région postérieure est bien plus prononcée, plus saillante, dans les femelles que dans les mâles. Chez le chat, l’amour de la progéniture a'son siège dans la seconde circonvolution à commencer par la ligne médiane. Cette circonvolution est plus large et plus bombée dans la chatte que dans le chat, ce que je puis démontrer dans plus de cent têtes de chats de ma collection. »
La collection de Gall achetée après sa mort, par le gouvernement, est maintenant au Jardin- des-Plantes; ou bien elle a été grandement mutilée, ou bien Gall se faisait une singulière illusion sur le nombre des têtes de chat qw'ibpossédait; car il n’en existe pes plus de 42. Si on “joint à ce nombre: celui des têtes les autres animaux appartenänt à la fas mille des chats qui font partie de la collection de Gall, nombre qui est de 3 seulement, savoir : une tête de tigre, une tête de lion et une tête de panthère, on aura en tout 45 têtes, et non pas plus de cent, comme Gall le disait.
(1) V. précédemment, p. 427.
(2) Op. cit,, 111, p.461,
Quoi qu'il en soit, Gall localise cette fois d’une manière précise le siège de l'amour des petits; on sait de quelle circonvolution cérébrale il veut parler, c’est celle que j'ai appelée la troisième circonvolution, et qui s'étend le plus en arrière sur le cervelet; mais Gall n'indique pas soit en lignes, soit en millimètres, de combienla circonvolution. dont il s'agit est plus grande chez la femelle que chez le mâle et, contrairement à son assertion fe puis affirmer que je n’y ai trouvé aucune différence.
3° Suivant Gall, « le crâne du chien est remarquable par le développement de l'organe de l'attachement, ainsi que celui du phoque et de la brebis : le cräne de la brebis se distingue sous ce rapport d'une manière frappante de celui du chevreuil qui vit à la vérité en famille, mais qui ne se réunit pas en troupe ». (1)
La preuve tirée de la comparaison du crâne de la brebis et de celui du chevreuil, n’est pas heureusement coi sie AB à: brebis vit en troupe, mais elle ne paraît avoir d’attachement pour aucune de ses compagnes; elle les aime toutes également, c’est-à-dire qu'elle n’en aime aucune; quant au chevreuil, il a un vif attachement pour sa femelle, car il ne la quitte jamais et meurt quand elle meurt. Les phrénologistes d'aujourd'hui seraient fondés à me répondre, si je leur faisais cette objection, qu'ils distinguent l'attachement à vie ou mariage de l'attachement amical; mais iCi, je ne m'adresse qu'à Gall seulement, et je prétends qu’en supposant sa doctrine vraie, il aurait dû voir le contraire de ce qu’il dit avoir vu.
Quant à la place de l'organe, Gall assure qu’on peut se convaincre qu'il est très développé chez les chiens, en formant une collection de erdnes de ces animaux. Gall aurait dû ajou-
(x) Op eit., À, ur, ps 406.
DÉPARTIES AUX MAMMIFÈRES. 549 ter qu'il s’est assuré si l’organe était développé chez tous les animaux qui ont de l'attachement, s’il ne l'est jamais chez ceux qui n’en ont pas, et déterminer le point précis du cerveau qui correspond à la saillie du crâne; mais il ne s’est aucunement préoccupé de ces difficultés.
4° Le courage, l'instinct carnassier et la ruse, ont chacun leur organe situé à la partie latérale externe.du lobe cérébral; plus ils‘sont développés, plus aussi le cerveau est élargi latéralement. Le courage est au-dessus et un peu en arrière des oreilles (1); l'instinct carnassier, au-dessus du méat auditif (2); la ruse, au-dessus de la naissance du zygomatique (3). Le développement de chacun de ces organes élargit dônc le cerveau soit au-dessus, soit en avant, soit en arrière de l'oreille, et lés cerveaux les plus larges sont ceux qui possèdent la ruse, le courage ou l'instinct carnassier, à un plus haut degré. Le compas peut servir à mesurer ce développement, et j'y ai eu recours. Les phrénologistes qui ont vu tout ce que les mensurations peuvent avoir de dangereux pour leur doctrine, ont condamné presque unanimement ce moyen d'investigation; Gall n’en faisait pas usage, ille blämait au contraire, et si parfois il lui accordait quelque valeur, c'était quand il donnait un résultat conforme aux principes de la phrénologie. Ainsi, en parlant de l'organe du courage, il dit (4) que « le diamètre d’un angle postérieur-inférieur du pariétal d’un côté à celui du eôté opposé, était très grand chez un ‘soldat de la garde qu'a connu M. Larrey, et qui aimait singulièrement à se battre. »: -
(1) Op. cit. 1, p. 26. Re (2) Zd., id,, p. 65. ë (3) Zd.,.id., p. 191. « (4)4d., id, P: 24. 7
550 RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS Or; si l’on veutbien consulter le tableau que j'ai dressé de l'élargissement comparé du cerveau, chez les mammiféres, on verra qu’en suivant les principes de Gall, le marsouin ayant le cerveau plus large que tous les animaux inscrits sur le tableau, et avec lui léléphâänt et lé porc-épic, il faudra admettre que le porc-épic; l'éléphant et le marsouin sont en première ligne, parmi les mammifères, pour le courage, la ruse ou l'instinct carnassier. À près eux viendraient la chauve-souris, la taupe, la marmotte, et bien loin après, le lion, le chien, le sanglier, lerenard, etc. Ce n’est pas tout, il faudra admettre que J’aï, le plus timide, le plus lent, le plus hébété des animaux, est, pour le courage, ou la ruse, ou l'instinct carnassier, supérieur à la famille entière des chiens et à celle des chats. J'ai possédé deux renards femelles proveñant d’une même portée, tous deux étaient dans la même cage; et n’avaient cessé de vivre ensemble. L'un se cachait toujours quand on approchait, l’autre menaçait constamment et mordait les barreaux de sa cage. Ils sont morts; j'ai mesuré le cerveau de chacun d'eux, et par üne singulière fatalité, le renard très méchant, avaitle cerveau un peu moins large que lérenard timide! Gomme les phrénologistes sont d'ordinaire assez peu au courant de la-forme du cérveau des animaux, il m'est arrivé d’en faire tomber plusieurs dans un piège qui montrait en même temps et leur bonne foi et la vanité de leur doctrine. J'e leur présentais, l'un à côté de l’autre, un cerveau de loup et un cerveau d'âne (lé cerveau du loup est élargi en arrière et sur les côtés, plus que celui de l'âne), et les phrénologistes me disaient : Voilà un fait qui vous condamne, comment ne vous rendez-vous pas à l'évidence du résultat qui en-déeoule? Ensuite, jeJeur montrais un cerveau d’une forme analogue à celui du loupymais encore plus élargi sur les côtés, et je disais À mon tour : Que pensez-vous de l'afiimal porteur de ce
DÉPARTIES AUX MAMMIFÈRES,. bp
cerveau? Il était de toute évidence, phrénologiquement parlant, que le porteur du cerveau élargi était plus carnassier, ou plus rusé, où plus courageux que le loup : c'était un lapin:
5° L’organe dela hauteur qui est gn même temps celui de lorgueil, porte les animaux à choisir leur habitation sur dés lieux élevés, il est situé « sur la ligne médiane du crâne; immédiatement au=dessus de l'organe de la progéniture (4) ». Cet organe est plus petit chez le chevreuil que cliez le chamois, chez la chevrette que chez le bouquetin, chez le rat de cave que chez {e rat de grenier. » ge Pos :
Si Gall a avancé ce fait sérieusement, cé dont il est permis de douter, je dirai québla Comparaison du céfveau du chevreuil avec celui du chamois, celui du rat de cave avec celui du rat de srenier, ne m'a rien offert de semblable.
6° « Les orangs-outangs etles guenons, ont, suivant Gall(2), l’organe de la vanité; ils accueillent bien ceux qui les flattent, tandis que les papions sont dépourvus et de l'organe et de la faculté: » C’est là une assertion dont Gall ne prénd pas la peine de démontrer l'exactitude, et nulle part il n'indique quel est, sur le cerveau de l’orang-outang (3) et des ‘suenons, l'organe de la vanité.
7°« Dans tous les chefs d'armée qui se sont acquis le nom de grands généraux par des actions préparées de loin, calculées avec circonspection, exécutées de sang-froid, j'ai observé, dit le fondateur delà phrénologie, des têtes larges et carrées vers la région supérieure-postérieure. C’est par la même raison que le serpent est Le symbole de l'art de la médecine" D. (4)
d KE
, pi (1) Gall, op, cit. t. àv, ps à Hd Li + (2) Op. cit., 1. 1v, p. 311. " d.
(3) V. l’atlas de l'ouvrage de Gall, pl. xxxiv, où sont représentés le cerveau de l’orang-outang et celui du papion ; ; mais sans désignation d’organe. (4) Op. cil.,t, iv, p. 329.
Je ne sais à quel genre de distraction attribuer ce passage de Gall. Le serpent aurait le cerveau conformé, quant à l’organe de la circonspection, de la même manière que les grands généraux! La forme du gerveau du serpent boa, du python et de la plupart des autres serpens, ressemble à celle du cerveau des tortues; celle du cerveau des couleuvres et des vipères, ressemble à celle du cerveau des lézards et des crocodiles, et n’a pas le moindre rapport avec la forme du cerveau des chefs d'armée.
« La loutre et la fouine, continue l’auteur (1), ont cette région très large. » Tous les animaux ont la partie correspondante aux bos$és pariétales de l’'homïhe, plus élargie que la région frontale; la fouine ne présente en cela rien de particulier. Quant à la loutre, l'élargissement de la partie postérieure de la tête et celui du cerveau, dans la même région, sont en effet très considérables; mais cela tient, ainsi que je l'ai fait voir plus haut, à ce que la seconde circonvolution antérieure très volumineuse, a déjeté en arrière la scissure de Sylvius et les circonvolutions postérieures (V. pl. vr, loutre, fig. 3). Ainsi,le développement en arrière du crâne de la loutre, dépend de l'augmentation de volume des circonvolutions antérieures , et il coïncide avec des circonvolutions postérieures très petites. Nouvelle preuve qu'il ne faut pas, à l'exemple des phrénologistes, juger du cerveau par le crâne, ni prétendre apprécier” le volume des circonvolutions, à travers les parois osseuses de l'enveloppe qui les recouvre.
8° L' éducabilité, ou perfectibilité, ou mémoire des choses, a son siège, suivant Gall, dans la partie antérieure-inférieure du CeLVEau, immédiatement au-dessus des orbites (2). « Lesseules
Le
(1) Op. cit, t,1v,1p. 3681 (2) Zd., id., p. 300.
circonvolutions placées vers la ligne médiane et séparées seulement par l’interposition de la partie antérieure-inférieure de la faux, sont affectées à la perfectibilité. (1). Les animaux les moins capables d'éducation, ont ces parties plus RetNEE que les autres animaux ». ”
Un animal qui a cette partie peu développée, et qui est en même temps peu susceptible d'éducation, c’est le renard (V. pl. 1v, renard, fig. 3). La circonvolution dont il s’agit est d’une grande simplicité, et elle se confond même entièrement avec l’extrémité antérieure de la circonvolution interne. Le cheval, au contraire, éminemment éducable, a cette circonvolutiog bien isolée, très grosse et même Sous-divisée (V. pl. 1x, cheval, fig. 1°°, la circonvolution située entre le lobe ethmoïdal e, et l'extrémité antérieure de la circonvolution interne T). Voilà deux faits qui sont en parfaite harmonie avec la loi établie par Gall; mais deux faits et même un plus grand nombre ne suffisent pas pour établir une loi; il faut aussi qu'il n’y ait pas de faits contradictoires; or, dans le cas dontil s’agit, des exemples nombreux sont en contradiction manifeste avec les indications qui seraient tirées de la comparaison du cerveau du renard avec celui du cheval. Les ruminaäns et les Solipèdes, éducables ou non, se rapprochent tous plus ou moins du cheval, et le chien est tout-à-fait semblable au renard. Ainsi d’un côté, le chien et le renard, dont l’un-est très éducable et l’autre non, ont une organisation analogue quant à là circonvolution assignée par Gall à à l'éducabilité, tous deux ont cétte circonvolution très peu 1 développée; tandis que les ruminans et les solipèdes ne présentent que des différences de détail, et plutôt de volume absolu que de volume relatif, dans la même circonvolution, sans qu’on puisse
ax
(1) Zd., id, p. 400.
554 RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS y reconnaître aucune conformation spéciale, suivañt que ces herbivores sont ou ne sont pas doués de la perfectibilité.
C’est en vain que Gall cite en preuve de sa doctrine sur ce point, la différence qu'il prétend exister dans une saillie de crâne correspondant, suivant lui, à la circonvolution de l’éducabilité, chez le blaireau, la loutre, le castor, le chienmarin, le loup, le renard, le chien-lévrier et le chien couchant. Les saillies du crâne, dans la région dont il s’agit, indiqueraient plus imparfaitement encore que dans aucun autre point de cette boîte osseuse, le développement de telle ou telle circonvolution, en raison du voisinage des cavités nasales qui, inégalement étendues, masquent#plus où moins complètement, la partie antérieure du cerveau. |
Gall cite les jeunes animaux comme étant plus éducables que les vieux, et il dit, avec raison, que dans le premier âge, les animaux ont le front moins effacé que dans l’âge adulte ou dans la vieillesse. Mais il n’en faut rien conclure en faveur de la loi qu'il a établie; car le fait qu'il a signalé dans la conformation du crâne, tient à l’inégal développement de la face et du crâne, aux différens âges de la vie. Dans l’enfance, la face ést petite comparativement au crâne; mais quand son ossature sé développe et se complète, elle cache des parties du crâne qu'auparavant elle laissait à découvert. Les changemeris que les progrès de l’ossification impriment à la tête sont tels qu'ils onttrompé Certains naturalistes au point de leur faire regarder comme appartenant à des espèces différentes, des individus de là même espèce. Un orang-outang jeune a été placé loin de l’orang-outang adulte, à cause de la différence immense qu'il y avait entre le développement de la face, chez l'un et chez l’autre. (1)
(x) La différence qui existe entre le développement scompaté du crâne et
8° Une des erreurs les plus lourdes qui aît été comrisés en phrénologie, se trouve dans le passage suivant extrait dé l'ouvrage de Gall : « L'ensemble de cette masse cérébrale si2 tuée sur le plancher orbitaire et contre le front, est composé de plusieürs-organes, tels que ceux de l’éducabilité, du séns des localités, du sens des personnes, du sens des mots et du langage, du Sens des tons, du sens des nombres et peut-être du sens de l'ordre et du sens du temps. Or, suivant qu'une espèce se trouye douée de plus où de moins de ces organes, sa masse cérébrale s’étendra plüs où moins sur les côtés, et Ia Surface antérièure-inférieure S crâne $serà plus où moins large ». (1)
C'est là une des vérités phrénologiques les moins contéstées, même.par ceux qui n’admettent pas toutes les localisations proposées par Galk et ses sectateurs; or, cette verite est diamétralement en opposition avec les faits, ainsi que chacun peut s’en convaincre à la simple inspection. La surface antérieure-inférieure du cerveau est plus large de la moitié oumême des deux tiers, chez les ruminans et chez les solipèdes que chez le renard, le loup et le chien. |
IL m'est arrivé plusieurs fois, en montrant ma collection de cerveaux à des phrénologistes, de leur présenter en même temps un cerveau de chien de berger et un cerveau de mouton, en leur disant : « Des deux animaux porteurs des cer-
de la faéé chez lé jeune-singe et chez le singe adulte, signalée par. Cavier, Tilesius et Rudolphi, se irouve exprimée d’une manière très nette dans les - deux figures de Pougo que vient de publier M. Owen. Tune de ces figures représente la tête d’un jeune Pongo, l'autre telle d'un Pongo' adulte. La face acquis une dimension telle , chez ce dernier , qu'elle masque presque entièrement le crâne (V. Transact, ofthe z0olog:societ y VA horrars, vol: 11; parti8, Lond. 1839). + (x) Op. cut L, v, p. 51e
veaux que vous voyez, l’un conduit l’autre, montrez-moi le conducteur. » Tous, sans hésiter, ont désigné le cerveau du mouton. Et ils étaient conséquens en agissant ainsi; car, le cerveau du mouton est, à sa partie antérieure, bien plus élargi, bien mieux développé que ne l’est celui du-chien. D'où vient donc l'erreur de Gall, sur ce point? Elle a la même source que toutes ses autres erreurs : Gall a vu quelques faits, il en a déduit des lois, et son système une fois établi, il n’a plus tenu compte que des observations qui venaient à l'appui de ses idées. Le front du singe est plus étroit que celui de l’homme, le front du loup plus: étroit que celui du singe, celui des reptiles et des-poissons est presque. nul; voilà une dégradation organique qui est en rapport avec celle de l'intelligence. Mais la grandeur du front n'indique le développement de la partie antérieure du cerveau que d’une manière très imparfaite; il y a des cerveaux à partie antérieure bien développée, qui sont cachés derrière les fosses nasales; pour les distinguer des cerveaux étroits et comme effilés, il faut les extraire du crâne et ne pas se borner à examiner les contours de cette enveloppe; il faut, en un mot, faire de l'anatomié et non de la crânioscopie. Les phrénologistes n’ont pas l'habitude d'étudier dans cette direction : ce ne sont pas des cerveaux qu'ils étudient, mais seulement des crânes, et quand ils veulent décrire une circonvolution cérébrale, au lieu de la montrer et de la faire toucher, ils présentent une saillie osseuse, une bosse du crâne. Ceux d’entre eux qui ont pris, avec tant de candeur, le cerveau du mouton pour celui du chien, cultivaient la phrénologie avec distinction depuis un grand nombre d années, quelques-uns même avaient publié sur cette science des ouvrages estimés des phrénologistes, et plusieurs m'ont avoué que certains de la fidélité avec laquelle le crâne se moule sur le cerveau, ils avaient négligé
l'étude du cerveau, et s'étaient arrêtés à considérer les formes de l'enveloppe de cet organe.
9° On a entendu deux mammifères chanter ou du moins pousser des sons qui formaient une sorte de gamme, 'et ces deux animaux étaient des chiens, l’un observé par Bennati, l’autre par M. Guerry. Gall (1) prétend « qu’il n’y à pas un seul mammifère doué du sens de la musique, au point d’être capable de chanter de lui-même où seulement de répéter les chants qu’il entend, ».en cela, il a presque entièrement raison; mais l'explication qu’il en donne, est celle-ci : « Les crânes de cette classe d'animaux sont beaucoup moins larges que celui de l’homme, dans la région où l'organe de la musique à son siège. » Je réponds : s’il y à une exception à faire en faveur d’un mammifère, c’est en faveur du chien. Eh bien! le chien a le cerveau beaucoup moins large que le mouton, l'âne et le bœuf dans la région où Gall à placé l'organe de la musique. Et si l’on compare le cérveau,de ces herbivores à celui des oiseaux chanteurs qui est pointu en avant, à-peuprès comme celui du lapin, l’opposition sera bien autrement frappante. L’âne, le bœuf et le mouton devraient prendre pour le chant, la place de l'alouette, du pinson et du rossignol.
Certains phrénologistes, embarrassés par quelques objections de ce genre, ont prétendu que l’on avait tort de mettre en regard des animaux d'espèces différentes, ils voudraient que l’on se bornât à comparer entre eux des animaux de la même espèce ; ainsi, il faudrait se borner, par exemple, à prendre deux têtes de renard et les opposer l’une à l’autre, mais ne pas étendre la comparaison jusqu'au mouton ou au lapin. Je ne refuse pas ce gore d’épreuve, et j'ai parlé de deux renards dont je conserve encore les cerveaux; l’un était
(1) Op, cit, t, v, pe 123, s HOROLE
558 RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS timide, l’autre méchant, Le renard méchant avait l'organe de la méchanceté moins développé que le renard timide. Mais puisque les phrénologistes prétendent puiser leurs argumens dans toute la, série animale, puisqu'ils mettent en opposition les uns avec “les autres des animaux d'espèces très différentes, par exemple, la marmotte et la marte, le chevreuil et les singes (1); puisqu'ils placent sur une même ligne la tête du serpent (2) et celle des grands généraux, il doit m'être permis d'adopter leur méthode; de les attaquer et même de les battre avec leurs propres armes. |
Que s’ils persistent dans leur opposition sur ce point, s'ils regardent la méthode employée par Gall comme vicieuse, comme servant également à prouver le pour et le contre, qu'ils n’y reviennent donc pas, même quand elle leur est favorable ; mais alors que deviendra la phrénologie qui doit, « nouvelle divinité scientifique, prendre rang dans l'Olympe de nos écoles et de nos académies? (3) » Elle se trouvera réduite, comme « l'astrologie, la nécromancie, l’alchimie, à des assertions qui ne soutiennent pas un instant l'examen (4) ». Pour établir une doctrine, il ne faut pas recueillir les faits qui la prouvent sans avoir égard à ceux qui Jui sont opposés; il faut au contraire réunir les uns et les autres, les grouper et déduire les conséquences qui en découlent avec un esprit dégagé de toute idée préconçue,
10° « Chez le hamster, la marmotte, le castor, l'organe des constructions est très facile à reconnaître. Il faut le chercher chez tous les rongeurs immédiatement au- -dessus et en avant de l’arcade zygomatique, Fhgutes animaux sont doués. à un
(x) Gall, op. cit., t. 1v, p.65. | (2) Zd., id, p. 320. é (3) HATTR Journal de phrénologie, t, 11, p. 15. ; (4) Magendie, Précis élém, de physiol,, 4 x, p. 247.
haut degré de: point des constructions, plus cette région de leur crâne est saillante ( (1). L’on trouve la même .différence entre les oiseaux qui construisent des nids et ceux qui n’en font pas », (2)
Je ne reprocherai pas à Gall d’avoir omis d'indiquer la circonvolution qui préside à la construction, parce que les rongeurs, ainsi que les oiseaux, ont le cerveau lisse ou à-peuprès; mais si, Comme on pett le. déduire de la place que Gall assigne sur le crâne à l'organe de la construction, cet organe existe à l’angle externe et antérieur du cerveau qui est en effet très marqué chez le castor (3), une’ forme analogue à celle du cerveau du castor devra ge rencontrer chez tous lés animaux constructeurs, et ne pas se rencontrer chez d’autres, au moins en ce qui concerne l'organe de la construction. Cependant que voyons-nous? Les rongeurs se construisent presque tous des habitations on au moins se creusent des térriers. Eh bien! au lieu d’avoir le cerveau élargi en avant, ils l'ont au contraire, fort: rétréci dans cette région : les oiseaux, même les meilleurs constructeurs e nids sont tous dans le même cas. Les abeilles, les fourmis ne présentent rien qui rappelle l'organe de la construction des castors. Et, en revanche, l’aï, "cet animal si bête qui vit accroché à des branches d'arbre, a le cerveau élargi en avant d’une manière qui ressemble assez à celle du castor. (4)
Les ouvrages deGall ne contenant rien de satisfaisant sur la localisation faite par lui, des facultés des mammifères, j'ai cherché si, dans sa collection, je trouverais, des indications
Ci a, APE.
(x) Gall, op. cit, t, v, p. 166.
4) 1. ide, pe 187.
© (3) V.pl. 11 de l'atlas, la figure du cerveaü du castor. (4) Zbid,, pl x.
plus positives que dans ses planches. La collection de Gall se compose presque exclusivement de crânes; on y voit quelques cerveaux moulés, mais seulement quelques-uns. Il s’y trouve deux modèles de cerveaux de chien, et à la partie antérieure de la troisième circonvolution, chez tous deux, est indiqué l'organe du sens de la localité. Mais sur les limites de cet organe en avant et en arrière, rien; sur son défaut de développement chez d'autres chiens où chez quelque animal d’une espèce différente, rien; sur la relation de la circonvolution dont une partie seulement est occupée par le sens de la localité, avec la circonvolution correspondante chez d’autres animaux rien.
Ainsi, tout ce qu'a fait le fondateur de la phrénologie pour déterminer le siège des facultés, chez les mammifères, se réduit en dernière analyse, à des assertions vagues et à des faits incomplètement observés. On dirait que Gall avait fait son système avant de se livrer à l'examen du crâne des animaux, et que ses travaux sur ce point se sont bornés à choisir çà et là, quelques observations qui lui paraissaient en harmonie avec des idées conçues & priori. Il serait même permis de croire que, parfois, Gall écrivait ayant de voir, ét qu'il improvisait quelques-unes, de ses observations. La similitude qu'il établit, quant à l’organe de la circonspection, entre la tête du serpent et celle des grands généraux, donnerait à cette supposition une fàcheuse vraisemblance.
J'espérais que les objections adressées à la doctrine de Gall auraient fait sentir à ses disciples la nécessité de revenir à l'observation attentive des faits, à l'analyse anatomique des cerveaux, et en voyant que les phrénologistes paraissaient sentir l'importance d’études précises faites sur la nature, je croyais qu'ils ne tarderaient pas à renverser eux-mêmes la croyance établie par leur maître, En effet, M. Casimir Brous-
DÉPARTIES AUX MAMMIFÈRES. 561 sais, faisant l'éloge du grand ouvrage publié récemment par M. Vimont, s’écriait: « Rien n’est plus beau de dessin, rien n’est plus frappant de vérité queles planches qui reprôduisent jusqu'aux plus minutieux détails de la conformation du crâne et du cerveau chez les plus petits animaux vertébrés ; etrien n'était plus nécessaire, plus indispensable ici que l'exactitude parfaite des dessins; car la moindre erreur de burin entratnait de suite une série de conséquences erronées , et portait la confusion dans l'exposition de la doctrine (1). » Et, à à l’occasion du mêmeouvrage, M. Bouillaud, usant des termes les plus laudatifs, disait : « Tous les objets y sont représentés de grandeur-naturelle et avec une, perfection de ressemblance vraiment admirable. »(2) :
Puisque, de l’aveu des phrénologistes, rien n’est plus nécessaire que l'exactitude parfaite des dessins, puisque la moindre erreur de burin entraînerait une série de conséquences erronées qui porteraient la confusion dans l’exposition de la doctrine, je devais compter sur de bonnes dissections, sur des descriptions anatomiques exactes : point. Le burin dont s'est servi M. Vimont à été si infidèle, que sur la planche qui doit représenter la base du cerveau de l’homme(3), il a, servile imitateur du burin de Gall, réuni en un seul nerf le nerf hypoglosse, le nerf spinal et la première paire cervicale; il a défiguré les circonvolutions cérébrales, de telle sorte qu'ii est impossible d’en retrouver une seule ; ‘et la scissure de Sylvius, il l’a écourtée au point que Sylvius lui-même ne la reconnaîtrait plus (4). Cette erreur de
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(x: Journal de phrénologie, n°, p. 164, compte-rendu fait par M. C. Broussais,
(2) Même journal, n° 4, p. 364.
(3) V. l’atlas de M, Vimont, pl. rxxxiv, et l'atlt s de Gall, pl: sv. {4) V, pl zxxin de l’atlas ï M, Vimont,
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b62 RECHERCHE pu SIÈGE DES FACULTÉS
burin a, comme on devait S y attendre, entraîné une série de conséquences erronées, et une véritable confusion dans l'exposition de la doctrine, * en ce qui regarde | le cerveau et les facultés de l'homme. TP)
Quant aux ma mnifères dont M. Vinonta fait représenter le cerveau , le burin Ya moins mal servi, et plusieurs cerveaux, notamment celui du chat, celui du chien: et celui de lamarte (pl LXXV, fig. 3, 6 et 7) sont assez fidèlement reproduits ; les circonvolntions en sont bien dessinées, et parsemées de plusieurs chiffres qui, sans doute, dans la pensée de l'auteur, désignent la place occupée par les. organes cérébraux ; mais dont il a omis de donner l'explication, si ce n’est pour quete ques-uns. ‘J'ai démontré que les circonvolutions du cerveau des chats sont en même nombre que celles du cerveau des chiens, et qu'il est très facile de retrouver sur l’un celles qui existent sur l’autre. Celle des circonvolutions dont il s’agit, que j'ai appelée la quatrième, se continue d'avant en arrière, dans toute la longueur du cerveau. M. Vimont a placé sur celle. du chien les chiffres 4,6, 7, 9, et sur celle du chat, les chiffres 1, 3, 8,12 : aucune démarcation organique ne limite l’espace occupé par ces chiffres, chez le chat, et un seul sillon, le sillon crucial, sépare le chiffre 1 sur le cerveau du chien, des trois autres chiffres 6, 7, 9. Si chacun de ces chifres indique un organe, ce que je n'oserais affirmer attendu que l’auteur ne s explique pas à Ce sujet, pourquoi en at il mis quatre? Pourquoi pas plus de quatre? pourquoi pas “moins? et pourquoi des chiffres différens sur les deux cerveaux. La même circonvolution serait-elle formée par la réunion d’organes phrénologiques différens chez le chat et chez s É chien? Et s’il en est ainsi, comment M. Vimont le sait-il ? On se perd en conjectures, parce. que l’auteur n’a rien déterminé, rien expliqué, rien défini.
ra,
En un point, cependant, il a été clair et presque méthodique, c’est quand'ila divisé des crânes en un certain nombre de cases à chacune desquelles il donne des facultés spéciales. A la partie supérieure du crâne d’un chat (pl. sou il place les facultés suivantes :
Distance,
Perception dé la substance,
Éventualité, Localités, à.
Douceur, Circonspeclion,
Persévérance, Altachement pour les petits, Choix des lieux, .Attachement, Concentration, Courage, etc. #
Attachement à la vie, "
sh Er à la région correspondante, sur le crâne d’un chien (pl. xorrr), il place : ”
. La perception de la substance, * L’éventualité, La douceur, La persévérance,
La comparaison, L’attachement pour les petits, L’attachement,
Le choix des lieux, La concentration. *
La limite entre chacun de ces organes, c’est sur-le dessin 2.4 un trait de crayon : bien, mais la limite sur le crâne? la limite sur les circonvolutions cérébrales? La limite naturelle enfin ? Serait-ce un enfoncement, une saillie, La trace d'un yaisseau sanguin? Non, absolument aucune autre limite que celle assignée par le caprice du dessinateur. *
Si. après avoir divisé, isolé chacune des circonvolutions | prises telles que la nature les a faites, et non telles que Les phrénologistes les conçoivent, on avait dit : Telle circonvolution coïncide toujours ayec telle dispositionpsychique, il y aurait eu là quelque chose de positif, des faits. réellement dignes d'attention; mais, en phrénologie, rien, de semblable; des crânes, toujours des crânes, et si parfois l'on montre des cer-
veaux d'animaux, et que l'on y trace des lignes, que l’on y grave des chiffres, on les laisse tout-à-fait inexpliqués.
Lorsque par des dissections attentives, je fus parvenu à suivre les transformations que les circonvolutions éprouvent dans les différentes espèces de mammifères, et que je pus démontrer la présence des organes du meurtre, de la théosophie et du bel esprit, chez le mouton, je crus, je l’avoue, avoir trouyé un puissant argument à opposer aux sectateurs de la phrénologie, et je le leur proposai. Ils ne s’en émurent pas ; ils s’arrangèrent des deux premiers, et gardèrent le silence sur lettroisième.
L’organe du meurtre devint l'organe de la destruction; 1a saillie des régions temporales qui seule avait Servi à en indiquer le siège et à en démontrer l'existence, cessa d’être obligatoire, M. Vimont trouva que chez les animaux herbivores « dont le cerveau est allongé, l'organe n’est pas extrêmement saillant, mais qu'il est plus long» (1). À quoi sert donc l'organe de la destruction aux animaux qui vivent de shbstances végétales? Il sert à la destruction des végétaux, et M. Vimont fit à cette occasion l'observation qualifiée par Broussais, de très ingénieuse, que l'univers n’est qu’une scène de destruction.
«On a voulu, dit Broussais, tourner ces idées enridicule, même dans une académie, car les académies, quoique savantes, ne sont pas toujours très reflexives ; elles sont quelquefois plus passionnées que réflexives : elles reçoivent souvent, sur les questions qu'elles ne comprennent pas , des * impulsions qui leur viennent tout-à-coup, Comme un coup de vent, d'unorateur insidieux à leur communiquer inopinément uñe passion très manifeste pour ou contre la question sur laquelle on délibère “ébeur jugement n est pas toujours conforme
1) Broussais, Cours de phrénologie, Paris, 1836, p. 219.
à l'expérience et à la raison. On a donc trouvé ridicule dans une société savante de ce genre, que la destruction des végétaux fût comparée, par les phrénologistes, à celle des animaux. Pour moi , je ne vois pas de motif pour repousser cette idée si le but fondamental de l'organe est-de procurer des moyens d'alimentation comme cela paraît certain. »
Mais , pour répondre à Broussais et à M. Vimont, remontons à Gall et voyons comment il s’y est pris pour découvrir l'organe de la destruction. « En comparant assidument les crânes d'animaux, jetrouvai, c’est Gall qui parle (1), je trouvai une différence caractéristique entre ceux des frugivores et ceux des carnassiers... Je vis qu'il existe chez les carnassiers des parties cérébrales dont les frugivores sont privés. J’ai trouvé cette différence chez les oiseaux, comme chez les mammifères. Je plaçai l’un à côté de l’autre, deux crànes d’assassins , et.je les examinai souvent, Chaque fois que je m'en occupais , j'étais frappé de ce que , très diversement conformés du reste, ils avaient l’un et l’autre une proéminence fortement bombée immédiatement au-dessus du méat auditif. Ce fut alors seulement que je commençai à tirer” parti de ma découverte sur la différente conformation du cerveau et du crâne , chez les frugivores , et chez les carnassiers. » ,
Si les phrénologistes voulaient bien méditer ce passage de Gall, ils verraient que Gall s’est dit : « Voilà au-dessus des oreilles des parties cérébrales qui existent chez les carnassiers et dont les frugivores sont privés, il faut à ces parties une faculté qui soit propre, qui soit exclusive aux carnassiers ; Ô0r, cette faculté , c'est l'instinct carnassier ; c’est la destructivité. La même faculté coïncide avec une con-
(1) Sur les fonctions du cerveau, Paris, 1825 ,t, 1v, p. 64 et suiv,
formation semblable , Chez les assassins; donc c’est elle qui porte au meurtre, et quand je verrai la saillie du crâne exister, je dirai que la faculté , que le penchant existe. » La détermination de l'organe repose uniquement sur ce fait, que certaines parties cérébrales qui ne se rencontrent que chez les carnassiers et les hommes portés au meurtre, coïncident avec le penchant à détruire , penchant exclusif aux carnassiers et aux meurtriers : si donc on vient objecter queles parties cérébrales dont ils’agit serencontrent chez les herbivores aussi bien que chez les carnassiers, iln’y a qu'un seul parti à prendre , c'est de rejeter entièrement la détermination que V'on a faite comme étant basée sur des observations incomplètes. En avouant que l'organe de la destruction se retrouve chez les herbivores, les phrénologistes ont donc ôté à cet organe le seul principe de son existence.
L'extension maladroïitement donnée à l'organe de la destructivité, conduit à des conséquences singulières et quesles phrénologistes n’ont sans doute pas prévues. L'action du castor et de l'écureuil qui éoupent des branches, des écorces pour se construire des habitations, ne peuvent, d’après les phrénologistes, se rapporter qu’à l'organe de la destructivité (1). S'il en est ainsi, on doit également rapporter au même organe, des actions analogues, chez l'homme. Or, les bücherons, les jardiniers, les faucheurs, les moissonneurs, les vendangeurs, etc., etc., tous occupés de la destruction des végétaux, doivent avoir la tête conformée comme les meurtriers etles assassins! Alors que devient l'art de la divination par la crânioscopie, art que l’on voudrait introduire en médecine légale et à l'aide duquel Gall, Spurzheim, MM. Dumoutier, Vimont, Voisin, ont fait tant de belles découvertes dans les
(1) Broussais, op. til,, p. 221.
DÉPDARTIES AUX MAMMIFÈRES,. 567
prisons et dans les bagnes? Le nom de cet art est au bout de ma plume; je ne crois pas qu’il soit nécessaire de l'écrire.
L’organe affecté par Gall à l'exercice des sentimens religieux, celui qui fait connaître Dieu et la religion, a été appelé par Spurzheim et ses disciples, organe de la vénération ; M. Dumoutier en a indiqué le siège précis sur le cerveau de l’homme ; on le trouve sur une portion de circonvolution située en haut et en avant dé la tête , correspondant et pour le lieu, et pour la forme à la circonvolution dont une sinuosité circonscrit ce que | j'ai appelé le sillon crucial chez le chevreuil, le daïm, et que l’on voit, surtout chez le mouton, d’une ressemblance parfaite avec l'organe de la vénération que l'on voit sur le cerveau d'homme, modelé par M. Dumoutier. J'ai opposé cefait aux phrénologistes, croyant les mettre dans l'embarras (1). Point. Broussais à répondu : |
«Les phrénologistes ont refusé le sentiment de la vénération aux animaux : moi, je ne suis pas de cet avis. Une certaine nuance de vénération existe chez plusieurs espèces, parmi les vertébrés quise choisissent des chefs, qui marchent d’aprèsle signal que ces chefs leur donnent, et qui lui obéissent. Ainsi, même parmi les moutons, vous voyez un chef : s'il existe une troupe de chevaux sauvages, c’est le plus habile, le plus expérimenté qui conduit la troupe. Entre tous les animaux, le chien 8e fait remarquer par la vénération qu'il porte à l’homme, cet animal distingue parfaitement dans la maison qu'il habite, le rang qu "occupe chacune des LOPOIRTE qe da cette maison. » (2)
Ces faits pSychiques allégués par Pris sont de toute vérité, les sentiniens . dont il parie existent chez le mou-