‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 131 sur 144 · REY · texte numérisé non relu

REY

‘(r) Gazette médicale, 1828, no rer, (2) Broussais, Cours de phrénologie, ? avis, 1836, p. 350 et 352.

ton, le cheval, le chien et chez beaucoup d’autres encore qui ont ce qu’il appelle l'organe de la vénération. Mais les animaux qui ont aussi cet organe et qui n’ont pas la faculté, qu’en penseront les phrénologistes? Le loup a l'organe de la vénération aussi bien développé que le chien; le lion, le tigre sont dans le même cas. L’organe de la vénération pour ces derniers, il faut en convenir, est un organe parfaitement inoccupé.

Un système analogue à celui de Gall, en ce qu’il est fondé sur des observations qui semblent choisies dans le but de réaliseruneidée préconçue, mais presque entièrement opposé d’ailleurs au système de Gall, parses conséquences, a été proposé par Spix. Il est curieux de voir à quel degré de divergence sont arrivés deux auteurs qui, l’un et l’autre, ont fait usage de l’anatomie comparée, pour fonder une doctrine de localisation cérébrale.

Spix (1), dont on se ferait une idée trop défavorable si. on le jugeait seulement sur son système crànioscopique , après avoir démontré la grande analogie qui, suivant. lui, existe entre la mâchoire inférieure unie à los écailleux et la cavité abdominale; la mâchoire supérieure unie aux os eth moide et jugal, et la cavité thoracique; l’occiput et la cavité de la bouche, le synciput et la cavité du nez et de l'oreille, le front et la cavité orbitaire, demande qu'il lui soit permis d'exprimer publiquement son opinion basée, dit-il, sur l'art crânioscopique, physiognomonique et pantomimique. Or, cette opinion .est que l'âme végétative et motrice ou vitale siège à la base du crâne; l’âme sensuelle, abdominale, digestive, re-

si $

(1) V. Cephalogenesis, sive capitis ossei structura, formatio et significatio per omnes änimalium classes, familias, genera ac '«ætates digesta atque tabulis illustrata, legesque simul psychologicæy cranioscopicæ ac psysiognomicæ inde derivatæ ,'auctore, 3, B. Spix, Munich, 1815; in-fol. avec 18 pl.

DÉPARTIES AUX MAMMIFÈRES. 569 productive et générative à l’occipital; l'âme réfléchissante, aux pariétaux; l'âme intelligente ou l'esprit, au frontal, ou plutôt dans les parties du cerveau correspondantes à ces 08. Et localisant davantage, il place les sens externes et intérnés ainsi que la réminiscence dans le cervelet, l’imagination etla fantaisie dans l'extrémité, postérieure du lobe cérébral que recouvre l'angle postérieur de l’occipital, la faculté de concevoir et de juger, dans la portion du cerveau située sous la moitié inférieure des pariétaux et sous l'os écailleux, la raison et le sens commun au-dessus de l'insertion des muscles ‘ temporaux, la foi dans la région inférieure du front, dans la région orbitaire et dans la région temporale; enfin la science, dans la partie supérieure du front. Puis pour démontrer que sa localisation est une déduction logique des faits, qu'elle est puisée dans l'anatomie comparée, il dit :

« L'homme est Le seul qui ait un front développé, il est aussi le seul qui‘ait en même temps de la science, de la raisonet del’imagination (fantaisie); le singe.est privé de la scienceet dela raison, il a peu de conscience et d'imagination; chez les autres animaux qui manquent de front, on ne trouve en avant que la portion orbitaire du cerveau et la foi, la confiance dont elle est le siège, mais une foi aveugle et dépourvue de science; enfin, en descendant jusqu'aux plus bas degrés de l'échelle animale, il ne reste plus que les portions basilaire et occipitale du crâne; aussi l'âme de ces derniers animaux manquet-elle d'intelligence, de réflexion et d'imagination; on ne trouve plus en eux qu'un esprit agissant par les sens et un instinct vital borné à produire le mouvement, la nutrition et la génération. » ; +

Avant d'établir cette doctrine, Spix avait Rp beaucoup de têtes, et pour prouverla justésse de ses déductions, il a fait représenter sur une même planche la tête de l'homme , celle

du singe, du lion, de l'autruche, de [a tortue, du crocodile, du boa, de la grenouille et du brochet. Les têtes ainsi choisies sont effectivement en rapport avec la doctrine de Spix; mais une tête de mouton ou de bœuf en eût bouleversé l’arrange-

ment; car le frontal de l’un ou de l’autre, plus développé, comparativement que le pariétal et l'occipital, eùt donné à ces animaux de la sciencé, de la raison et une foi intelligente.

Plusieurs systèmes anciens, ayant pour but la localisation des facultés intellectuelles, ont été proposés et adoptés, mais aujourd’hui ils sont relégués dans le pays des chimères avec l'astrologie judiciaire et la nécromancie. Il faut les y laisser, et faire le même sort aux systèmes. de Gall et de Spix. Un auteur moderne, M. Alexandre Walker, en a proposé un nouveau, basé, dit-il, surles observations anatomiques de Gall, de M. Laurencet, et sur des observations qui lui sont propres,

D’après M. Alexandre Walker, les colonnes antérieures de la moelle épinière se rendent vers le cerveau et forment les faisceaux inférieurs de la moelle allongée, ainsi que les pédoncules cérébraux: elles s'épanouissent dans les corps striés, et parviennent jusqu’à la convexité des hémisphères, où elles forment les circonvolutions.. Les fibres provenant des colonnes antérieures de la moelle, après avoir suivi cette direction divergente, se recourbent, convergent en arrière, en dedans ét en bas, traversent les couches optiques , vont aux tubercules quadrijumeaux, au cervelet, aux corps restiformes, et se rendent enfin aux colonnes postérieures de la moelle. M. Walker prétend avoir pu suivre, par la dissection, le cercle formé ainsi par les fibres nerveuses.

La circulation nerveuse,'et avec elle les fonctions intellectuelles, suivent une marche qui est en rapport parfait avec la direction des fibres de la moëlle et celles du cerveau.

Par l’intérmédiaire des cordons antérieurs , 19 sensation

DÉPARTIES AUX MAMMIFÉRES, b74 arrive au cerveau , ét la perception s'y opère: la mémoire des sensations se fixe dans les circonvolutions cérébrales; l'association des idées se fait par l'intermédiaire des faisceaux qui unissent les circonvolutions entre elles; le corps calleux combine les idées ; la voûte à trois piliers éprouve les émotions; les parois des ventricules ont la conscience ; le cervelet et le pont de varole donnent les passions et la volonté ; enfin, les parties postérieures de la moelle président aux mouvemens. (1)

M. Alexandre Walker, qui a proposé ce système, accuse les savans français de n’être que des corsaires. Tout en lui accordant qu’il y à des corsaires parmi les savans français, comme il y ena parmi les savans de toute autre nation , je ne crois pas cependant qu'il s’en trouve un seul pour 18 dérober l'invention de son système phrénologique.

La forme du crâne , et particulièrement l'étendue proportionnelle des os qui concourent à la formation de la cavité encéphalique, n’ont pas été connues de Gall et de ses disciples ; autrement, plusieurs des principes, regardés encore aujourd’hui comme incontestables, en phrénologie, n'auraient jamais été proposés. L’os frontal, comparé au pariétal et à l’occipital, est regardé comme beaucoup plus étendu chez l’homme que chez-les animaux : cet os diminu assure-t-on, aufur et à mesure que l’on descend dans l'échelle animale, et avec lui les circonvolutions antérieures, siège principal des fonctions intellectuelles. Le singe serait, à ce titre, le premier des animaux vertébrés, et les poissons seraient les derniers.

Sans m'occuper ici de ce qui concerne les vertébrés autres que les mammifères, je dirai que le singe est le pre-

ad

#7 (x) The nervous system anat, and physiol. London, 1834, nets dans la Revue médicale française, mair1835,

mierparmi eux, pour l'élévation de l'os frontal au-dessus de la face, mais qu'ilest en même temps celui dont les pariétaux et l’occipital sont les plus considérables. Dans les autres mammifères , le frontal s’abaisse, la face se développe audevant de lui, en même temps le pariétal se rétrécit beaucoup, et l’occipital cesse de recouvrir aucune portion du cerveau.

Du peu de développement de l'os frontal chez les animaux, les phrénologistes ont conclu au petit volume des organes intellectuels sous-jacens, et par conséquent à la diminution relative de l'intelligence ; du rétrécissement beaucoup plus marqué du pariétal, de l'absence complète, chez presque tous les mammifères, de cette partie de l'occipital qui recouvre l'extrémité postérieure du lobe cérébral de l’homme et du singe, je concluerais, si je raisonnais comme eux, à la diminution proportionnelle des organes situés sous le pariétal, à la disparition complète de ceux que recouvre l'angle supérieur de l’occipital, et, par conséquent, à la diminution et même à la privation des facultés dont ces organes sont le siège. Or, puisque la phrénologie a placé l'amour pour les petits sous l’angle supérieur de l’occipital; puisqu’elle explique l'amour maternel des singes par la saillie du cerveau en arrière, il est clair que l’organe de la philogéniture n'existe pas quand le cerveau ne se porte pas en arrière, quand il ne recouvre que très imparfaitement le cerveleti, et que l’angle supérieur de l’occipital manque au cerveau? L’organe, man que, donc la faculté manque, donc les mammifères autres sus les singes, n’aiment pas leurs petits.

La phrénologie n’a pas prévu que le principe posé par elle conduirait là et ne trouvant plus d’occipital pour loger la philogéniture’, elle l’a glissé sous le pariétal. La seconde circonvolution que Gall désigne comme la circonvolution de l'amour pour les petits, chez le chat, est en effet recouverte

DÉPARTIES AUX WAMMIFÈRES. ’ 573

par le pariétal ebseulement par ceros. Mais s’il est admis que les organes cérébraux puissent ainsi se déplacer, s'ils peuvent aller d’arrière en avant, ils peuvent sans doute aussi aller d'avant en arrière; alors, en admettant avec Gall que le frontal se rétrécisse réellement, chez lés animaux, ‘en proportion plus forte que les autres os du crâne, qui empêche d'admettre que les organes frontaux ne se déplacent aussi et ne se logent sous le pariétal? Que devient, dans ce cas, la valeur des inductions tirées du développement comparatif des os, de l'élévation du front, de la saillie de l’occipital? Elle est réduite à rien par les phrénologistes eux-mêmes.

Il est une circonvolution, celle que j'ai appelée interne, qui n’est en contact avec les os que dans la très petite portion de son étendue, appelée lobe d’hippocampe ; il en est d’autres, celles par exemple qui recouvrent le cervelet chez quelques mammifères, qui ne se révèlent pas par la forme du crâne, parce qu'il y a entre elles et le crâne d’autres circonvolutions interposées : quand la place de chaque faculté est désignée sur le crâne, quand le système psychologique occupe toutes les cases tracées sur cette enveloppe et qu’il ne reste plus de facultés à placer, quel rôle assignera-t-on à ces circonvolutions intérieures? Tandis qu'il n’est si petite fraction de la périphérie, qui n’ait d'importantes fonctions à remplir, les circonvolutions intérieures resteraient inoccupées ? Cette objection a déjà été faite aux phrénologistes, mais comme ils n’ont pas jugé à propos d’y répondre, je crois convenable de la leur faire encore.

La détermination du siège des facultés départies aux mammifères, ne nous étant pas donnée par la phrénologie, et la localisation, faite par Gall et ses disciples, démontrée sans fondement, voyons si nous trouver ons ailleurs la solution du problème qui nous occupe,

57h RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS

Le volume de l'encéphale ne nous fournit pas des élémens d’une loi. À la vérité, si nous choisissions les faits, nous pourrions dire, en ce qui concerne le volume absolu : La chauvesouris est un des mammifères les plus stupides, l'éléphant est au contraire + qui a le plus d'intelligence : entre le cerveau de ces deux animaux, une différence énorme. Au plus gros cerveau, la plus grande intelligence ; au plus petit, la plus bornée, Entre l’un et l'autre, nous pourrions trouver des animaux de transition tant pour le volume du cerveau, que pour le développement de l'intelligence. Mais combien d’exceptions n’aurions-nous pas à cette loi? Le chienn’a pas plus de cerveau que le mouton, et il en a moins que le bœuf, tous les rongeurs en ont moins que le mouton, regardé avec raison, comme un des mammifères les plus stupides. La comparaison du volume absolu ne peut donc pas suffire pour nous faire distinguer les animaux les plus intelligens de ceux qui le sont moins.

Le poids de l’encéphale, comparé à celui du corps, indique une tendance , ilne donne pas la base d’une loi : les mammifères ont comparativement plus d’encéphale que les oiseaux et que les autres vertébrés, mais c’est à une règle générale, et non une règle absolue; et les uns à l'égard des autres, ils n’ont pas une proportion d’encéphale d'autant plus considérable , qu'ils sont plus intélligens. Le chien est sous ce rapport moins biens partagé que la chauve-souris; le cheval moins bien que le lapin: |

Dans le poids de l'encéphale se trouve compris Le poids du cerveau , celui du.cervelet et celui de la moelle allongée ; Mequel de ces trois organes a l'avantage chez les mammifères les plus intelligens? Le résultat du tableau que j'ai dressé pour résoudre cette question, n'est pas assez prononcé pour que j'aie lieu d’en être satisfait. Les animaux les plus intelli-

gens sont inégalement répartis à toutes les hauteurs du tableau : il en est de même du poids de la moelle allongée comparé à celui de l'encéphale.

Quant au volume des nerfs encéphaliques 2oHIAÉSÉ dans ses rapports avec le poids de l’encéphale, on peut dire que lé premier est d'autant moindre , que le second est plus considérable; il place le chien et le cheval au-dessus de l’âne, de la marte, du chat et du lapin. Le volume du nerf optique étant pris pour unité, le volume de l’encéphale diminue énormément en descendant des mammifères aux poissons : voici, pour quinze animaux différens, quel est.le rapport du prune du nerf optique: à celui de l’encéphale.

Cheval, le nerf optique est à l’encéphale, comme 1 est à 36975

Marte.,.....e.sessviseseossiseeses see CRE See 22815 Chien... 00e Ses 000e000e000e0s6.0000.00e 17044 ATE 22 ee 0 s 810 100 07e se ve es Fete 01e 0 ele DIS e eee Sale 15407

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Le poids comparé de la moelle épinière au cerveau, ét celui de la totalité de la masse encéphalique et rachidienne, comparé au poids du corps, donnent un résultat analogue à celui qui est fourni parles nerfs encéphaliques ; ils indiquent une substance cérébrale plus grande chez:les, animaux les plus intelligens que chez ceux qui le sont peu, mais il ne donne

576 RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS pas un résultat rigoureusement applicable aux individus, de telle façon, qu'il est impossible, à moins d’une différence très notable dans le poids comparé du cerveau, de prononcer qu’un animal est plus intelligent qu’un autre, d’après le volume relatif de la substance qui compose le centre nerveux céphalo-rachidien. L

La manière dont la substance cérébrale est répartie, soit en avant, soit en arrière, soit au-dessus du corps calleux, mérite d’être prise en grande considération. La partie antérieure du cerveau des herbivores, solipèdes, ou ruminans, est plus longue et plus large que celles des carnassiers, je l'ai déjà dit plus, haut : je n’y reviendrai pas. La partie postérieure est plus longue et plus large chez l'éléphant, le singe, le marsouin , le dauphin , la baleine , le phoque, la loutre, que chez la plupart des autres animaux. Tous ceux qui ont la partie postérieure du cerveau reposant sur le cervelet et recouvrant cet organe, sont des animaux intelligens. Par opposition, les rongeurs, Ja chauve-souris et beaucoup d’autres mammifères plus ou moins stupides, ont le cervelet en partie ou même en totalité découvert, et chez quelques-uns, le défaut de développement en arrière des lobes cérébraux est tel, que l’on aperçoit entre ces lobes et le ver du cervelet, une portion des tubercules quadrijumeaux antérieurs. Ce fait serait-il donc l'expression d'uné loi? Non, car le renard et le chien se trouveraient placéstau même rang que le mouton, et fort en arrière du phoque et de Ia loutre ; non, car, ainsi que. nous le verrons dans le volume suivant, le singe serait aussi bien partagé que l'homme, et même quelquefois l'emporterait sur lui.

Quant au développement en hauteur, ilmet le cheval audessus du bœuf, le marsouin et le phoque au-dessus des rongeurs, des marsupiaux, des édentés, des cochons, en un mot,

DÉPARTIES AUX MAMMIPÈRES, 977

au-dessus dela plupartdes autresmammifères ; mais le chien, le renard, le singe seraient au-dessous de tous ces animaux.

Autant que j'en ai pu juger, il en serait de même pour Le. léphant. Je dirai donc du développement en haut de la masse cérébrale, ce que j'ai dit de son développement en arrière: c'est qu'elle est propre, mais non pas exclusive, aux ani

maux intelligens ; qu’elle indique. une denganess mais non pas une loi.

La présence ou labsence des cir convolutions Hbrales paraît avoir une valeur beaucoup plus grande que la plupart des conditions organiques dont il a été question jusqu'ici.

Aux animaux inférieurs, jamais de. circonvolutions; aux :

animaux supérieurs , toujours des circonvolutions ; et à l’éléphant, de tous les animaux le plus intelligent et le meilleur, les circonvolutions les plus nombreuses et le plus approchant de celles de l’homme. La loi que nous cherchons, la trouverons-nous ici? fl sèmble que nous soyons sur le point de la découvrir. ;

* La forme générale des circonvolutions divise les cerveaux des mammifères en trois groupes. Dans le premier groupe, se placent les circonvolutions non flexueuses, celles qui sont séparées les unes des autres par des lignes régulières, droites

ou courbes; elles appartiennent exclusivement aux mammi-

fères carnassiers. Dans le second, les circonvolutions ondulées, sinueuses qui, au premier aspect, ressemblent le plus à celles de l’homme ; elles appartiennent à tous les solipèdes et à tous les ruminans, animaux qui vivent uniquement de substances végétales; elles appartiennent à l'éléphant, qui est exclusivement herbivore ; on les trouve aussi chez les cétacés et les amphibiés , Aüfmaux dont quelques-uns se nourrissent de végétaux, mais dont fa plupart vivent de poissons. Enfin, dans le troisième groupe, viennent se

eL en

578 | RECHERCHE pu SIÈGE DES FACULTÉS |

ranger la famille entière des OUTS , celle des martés et celle des cochons, mamm l ifères omnivores dont le cerveau à des Circonvolutions sinueuses et des. circonvolutions non sinueuses. Les animaux di premier groupé, tous animaux de proie, Ro ru astucieux , vivant de chasse, marchant le plus souvent seuls : P font la guerre aux autres animaux , et sont rarement en paix les uns avec les autres ; ceux du Second croupe: vivent en société nombreuse ou au moins en famille ; ils: attaquent peu; Jéurs rüses ont pour. objet de mettre en défaut l'ennemi qui les poursuit, ou de se défendre en commun ; ils ont.un chef auxquels ils obé issent. Les derniers, "ceux, du troisième groupe, vivent les uns seuls, les autres en société, et la différence qu ils présentent, sous ce rapport, est

comme lice à la disposition plus ou moins flexueuse de. leurs “circonvolutions cérébrales; la loutre, le putois, la marte

sont ordinairement seuls; leurs circonvolutions cérébrales sont peu ondulées : le sanglier, le porc, le pécari vont par bandes ; leurs circonvolutions, et surtout celles du pécari, se rapprochent de celles des moutons plus que de celles des chiens et des chats. En ce qui concerne ces ondulations, il y a même des différences individuelles. Le cerveau du renard ressemble à à celui du loup, celui du Joup à celui du chien de ber cer : ces trois cerveaux ont le même type fondamental. Le cerveau du barbet, du caniche ét des autres chiens qui vivent le pius en familiarité avec l’homme, ont encore le même type, mais on y rencontre quelques modifications dans les détails; les lignes ont perdu de leur régularité ; ce n’esteni un cerveau d’herbivore, ni même un cerveau dont les ondulations'approchent de celles de l'ours. Du reste, on n’y retrouve pas la même régularité que dans le cerveau du chien de berger.

Chez les ruminans, un fait analogue : le chevreuil vit en

famille et non pas en troupe, l'homme n’en obtient aucune obéissance, aucun service, C’est un animal SAUVALE; la chèvre au contraire s'apprivoise et s'attache à l’homme; elle vit dans la société des autres chèvres. Eh bien! le cerveau du chevreuil est bien moins subdivisé et bien moins ondullé que celui de la chèvre. Le cerveau du moufflon est. aussi subdivisé, mais il m'a paru un peu moins ondulé que celui du mouton; celui du zèbre, moins ondulé que celui du chameau.

Ce n’est pas l'augmentation de volume qui amène ces subdivisions; j'ai vu de petits chiens caniches qui avaient le cerveau plus ondulé que ne l’est celui du chien de berger et de jeunes moutons ou de jeunes veaux qui l'avaient également plus.ondulé que celui du chevreuil. Cependant, je ne voudrais pas tirer de cette coïncidence une loi applicable à tous les mammifères; le chat domestique, plus sociable assurément que le tigre, a moins d’ondulations que le tigre, dans les circonvolutions cérébrales; le cochon tonquin, moins féroce que le sanglier, a des lignes plus régulières que le sanglier, à la surface du cerveau.

Au reste, la présence des ondulations cérébrales, ni même celle des circonvolutions, n’est liée à la sociabilité des animaux de telle manière qu’on puisse dire que l’une dépend de l’autre. Les oiseaux, qu’ils soient sociables ou non, en sont dépourvus; il en est de même des rongeurs et notamment du rat musqué et du castor.

Jusqu'à quel point les ondulations, dans les circonvolutions cérébrales, indiquent-elles l'étendue de l’intelligence? En prenant pour type de la perfection du cerveau des mammifères, celui de l'éléphant, qui est de tous celui dont les ondulations ressemblent Le plus à celles de homme, nous trouverons après l'éléphant, lorang-outang, la baleine, le marsouin et le dauphin, puis le cheval et les autres pachydermes, les ruminans,

les cochons, les ours, etenfinles chats, les renards, la civeue, la genette et a mangouste. Sans ces derniers, nous aurions eu, en apparence, une règle de quelque valeur pour mettre en harnionie les cerveaux et les intelligences; mais, en ne considérant même que les cerveaux des herbivores, cette règle serait sountise à plusieurs exceptions. Le cochon est moins intelligent que l'ours, et il a plus d’ondulations que cet animal; le chevreuil, qui est de tous les ruminans et surtout des ruminans sauvages, le plus capable et le plus rusé, a moins d'ondulations et même de subdivisions que le daim, le cerf, le chamois, la girafe, le cheval, le moufflon, etc., et cette différence porte aussi bien sur la partie antérieure que sur Ja partie postérieure du cerveau. L La multiplicité des ondulations augmente l'étendue de la surface du cerveau, or, ainsi que nous venons de le voir, cette surface n'est pas toujours en raison du développement de l'intelligence. d Desnioulins (1) a cependantémisune proposition contraire, quand, se fondant sur des, faits tirés de l'anatômie comparée, il a dit que : « le nombre et la perfection des facultés intetlectuelles, dans la série des espèces et dans les individus de la même espèce, sont en proportion de l'étendue des surfaces cérébrales. » Comme cette proposition est basée sur des faits tirés de l'anatomie des mammifères, c’est ici le lieu de l’examiner. ï Suivant Desmoulins, « 1° le dauphin est l'animal qui a le plus de circonvolutions ; il en a même plus que l'homme; mais, comme, relativement au volume du corps, le cerveau du dauphin est moindre que celui de l'homme de la moitié environ, (x) Anuiomie des systèmes nerveuz des animau® vertébrés , ete, Paris,

# 1825, ln-8, 2° parbie, pas, 606,

DÉPARTIES AUX MAMMIFÈRES.- 591 il s'ensuit qu’il a en réalité moins de surface cérébrale que nous n’en avons.

« 2° Les circonvolutions dans les chiens, ct surtout dans les chiens de chasse, ne sont guère moins nombreuses ni moins profondes que dans les singes, et même dans l’homme.

« 3° Les ouistitis, qui n’ont guère plus de circonvolutions que les écureuils, n’ont qu'une intelligence analogue à celle des écureuils, et fort inférieure à celle des autres singes.

« 4° Les chiens, qui ont des sillons plus nombreux au cerveau que n’en ont les chats, l’'emportent sur les chats en intelligence.

« 5° Les sarigues, les édentés, Les tatous, les paresseux, les rongeurs n’ont pas de plis à leur cerveau; ils sont moins intelligens que les chiens et les chats. »

Lors même que ces faits avancés par Desmoulins seraient vrais, et ils ne le sont qu'en partie, la conclusion qu’il entire n’en serait pas moins erronée, parce qu'il n'a pas amassé tous les élémens du problème qu’il tentait de résoudre, parce qu'il a négligé de tenir compte de ceux qui étaient contraires à son système. L'étendue de la surface cérébrale des ruminaus dont Desmoulins ne parle pas, celle du mouton en particulier, est, proportion gardée, supérieure à celle du chien, du chat, et de tous les rongeurs; or, est-il besoin de dire que la plupart des rongeurs, que tous les chats et les chiens l’emportent en intelligence sur le mouton ?

S'il fallait, ce qu’en principe je ne crois pas admissible, s’il fallait, dis-je, localiser les facultés instinctives et les facultés intellectuelles, dans des circonvolutions séparées, en considérant que:le cerveau de l'ours qui vit de substances végé tales et de substances animales, a des circonvolutions dont les unes sont analogues à celles du renard, et les autres analogues à celles des herbivores, je serais autorisé à placer dans

les deux premières circonvolutions, celles qui sont le plus rapprochées de la scissure de Sylvius, les instincts des carnassiers, et de placer dans les deux circonvolutions supérieures, les instincts des herbivores. Mais si cela était vrai pour l'ours, cela le serait aussi et à plus forte raison, pour le coati et le blaireau qui ont l’une des circonvolutions dont il s’agit comme atrophiée; cela serait vrai pour la loutre dont la première circonvolution, un peu moindre en-avant que celle de l’ours, a la partie antérieure de la seconde-circonvolution, sillonnée à la manière des circonvolutions des herbivores. J'ajoute que, sans même sortir de la classe des mammifères, nous trouvons en grand nombre, des herbivores et des carnivores qui n’ont aucune sorte de circonvolutions cérébrales. Si les instincts et les facultés intellectuelles” étaient inhérens à une forme déterminée du cerveau, à une disposition particulière des circonvolutions cérébrales, le cerveau du rat d’eau et celui du cabiaï devraient être semblables à celui de la loutre, et celui du kanguroo semblable à celui des ruminans.

Que si nous mettons en regard, pour le nombre des ondulations cérébrales, les ruminans et les carnassiers, nous voyons que l'avantage est tout entier"du côté des premiers. Pour la forme générale, pour le nombre et létendue des sous-divisions, pour l’arrangement. des circonvolutions, les animaux, les plus stupides, le mouton, par exemple, approchent de l'éléphant de beaucoup.plus près que le-chien.

Long-temps on a coniparé. les .circonvolutions du cerveau aux circonvolutions intéstinales; cette comparaison est fausse; car les premières sont toujours régulières, tandis que les secondes ne le-sont jamais. Toutefois, il y a ce rapprochement à faire, que les animaux qui ont des circonvolutions intestinales les plus nombreuses, tels que les ruminans, les solipèdes, dont le tube digesüf est très long, sont en même

DÉPARTIES | AUX® duourinss.

temps ceux qui ontle plus d'ondulations au cerveau; ‘tandis F 4 les carnivores qui ontle tube digestif très court, et par consé- Li quent moins de circonvolutions intestinales que les premiers, ot ont en même temps les circonvolutions cérébrales:les moins : R sinueuses, Comme les sillons qui séparent les circonvolutions ; ék sont parcourus par des vaisseaux sanguins, il doit y avoir entre les subdivisions de ces vaisseaux chez les carnivores |

et chez les herbivores, des différences qui me paraissent di gnes de fixer attention des anatomistes. !

La multiplicité des ondulations cérébrales est certainement

un progrès dans l'organisation; l'addition de circonvolutions

nouvelles en est un plus grand, puisqu'il assimile en quelque sorte, le cerveau de trois espèces d'animaux, au cerveau de

l’homme; cette addition coïncidant avec un degré supérieur. d'intelligence, serait-il favorable à la localisation de ot À é

facultés? | | Que l’on compare le bœuf à l'éléphant : ce dernier ayant

des facultés et des circonvolutions que n’a pas le prèmier, |

une réponse affirmative à la question que je viens de poser : semblerait devoir résulter de cette comparaison. Les cir- : convolutions supplémentaires de l’éléphant se rencontrent,

aussi chez les singes, nouvelle preuve à l'appui de la déduetion que l'on-pourrait tirer de ce fait. Mais si les facultés Supé-

rieure$ sont inhérentes aux circonvolutions supplémentaires,’ ces facultés et: ces circonvolutions doivent toujours coexister chez le même animal, élles doivent être dépendantes. l'une de

l'autre, comme l'effet l'est de la cause. Or, il n'en, est: pas ainsi, car.une espèce de singes incomplets, les makis, ont un

rudiment du cerveau du singe, dans lequel on trouve les circonyolutions supérieures, sans que’ces animaux aient des :

facultés qui’ les élèvent au niveau-des singes, mi même au niveau de Ia plupart des ruminans.

A cette objection, qui me-paraît sans réplique, j'en ajouterai une seconde qui ne lestpas moins. Les éléphans et les singes ont, par leur nature, des facultés qui les élèvent audessus de la plupart dés autres mammifères : admettons qu'ils tiennent cette supériorité des circonvolutions supplémentaires dont leur cerveau s’est enrichi; mais les chevaux et les chiens, privés des circonvolutions dont il s’agit, montent, par l'éducation, au niveau du singe et de l'éléphant; où faudra-t-il placer leurs facultés nouvelles? Le genre de vie que l’homme fait suivre au chien modifie en même temps l'état physique et l’état psychique de cet animal; il imprime même à son cerveau quelques changemens organiques, maisil ne le transforme pas en unautre cerveau ; quoique faisant naître dans le chien des facultés que la nature ne lui avait pas réservées, il n’a pas changé le cerveau de cet animal en un cer- "veau de singe ou d’éléphant.

Plus on étend ses observations, et plus on aperçoit le peu de fondement des systèmes de localisations cérébrales : ce qu'un certain nombre de faits avait paru démontrer est démenti par un nombre plus grand. Par exemple, le maki, moins intelligent que le papion, n’a, onpeutle dire, qu'un embryon du cerveau du papion ; celui-ci n'a, à son tour, qu'u un embryon du cerveau de l'orang-outang. À tous trois les mêmes CIPCONV olutions fondamentales ; mais tel sillon, à peine visible chez les makis, est, chez le papion, étendu et développé dans toutes ses dimensions, il présente de plus, chez lorang-outang, des ondulations mullipliées. Les ondulations sont donc un signe certain de perfection ? A côté du cerveau de l'ora ng- outang mettez celui du chien. et celui du mouton : le mouton paraîtra, d’après cette règle, de beaicaup supérieur au chien.

Ainsi, ni la présence des circonvolütions, ni leur nombre,

ni leurs ondulations ne révèlent, d’une manière absolue, le nombre et l'étendue des facultés départies aux mammifères. +- Le développement comparé du cervelet fournira-t-il des données plus positives? Chez les animaux inférieurs, le cervelet est moins développé, moins complet que chez les animaux supérieurs ; ainsi, dans la chauve-souris, oh compte au lobe moyen du cervelet seulement neuf lamelles, tandis que, chez le cheval, il y en a jusqu’à cent soixante-dix-huit; chez la chauve-souris le lobe latéral n'existe pas, chez le cheval il est petit, tandis que chez le singe, le phoque, le marsouin, la baleine, Ia loutre, il est comparativement presque aussi développé que celui de l’homme. Le nombre des lamelles du cervelet n’est pas en rapport avec le degré de l'intelligence, car le mouton et le bœuf en ont'plus que le renard ; j'en puis dire autant du lobe moyen, car la loutre a ce lobe plus développé que le chien.

. Après ce résumé, ou plutôt cette réfutation des opinions admises sur la cause immédiate de l'intelligence des mammifères, sur les conditions de l’organisation qui la produisent et qui la modifient, ou à l’aide desquelles elle se manifeste en prenant des formes variées, n’aurais-je pas maintenant à déduire des corollaires puisés dans l’observation de tous les faits tant orga- niques que psychiques dont il a été question dans ce chapitre? Et de la comparaison des.mammifères, avec les autres vertébrés, avec les insectes et les mollusques, ne résyliera-t-il pas des connaissances certaines, des principes assurés qui établissent quelles conditions organiques sont nécessaires à la production des phénomènes intellectuels; qui nous apprennent pourquoi le loup est féroce, le glouton insatiable, le lapin timide, le chameau, le cheval et le chien dociles et dévoués; pourquoi, dans des classes diverses, il existe des ‘animaux pourvus d’instincts semblables, tandis que, dans une même classe et dans

SRE

66 RECHERCHE DU SrÈGÉ DES TACULRÉS une même famille, nous rencontrons souvent des instincts opposés? La réponse à toutes ces questions sera-t-elle donnée. par l'étude de l'encéphale ? Trouverons-nous dans les modifications de la forme et de la structure du cerveau, la cause. qui fait varier à l'infini, dans la série animale, les pencings, les habitudes , les mœurs , les. idées ? |

Avant.de nous former : une opinion sur chacun de ces points, poursuivons notre étude : un grand problème nous reste, celui de l'homme. L'homme résume tous les animaux, il est au-dessus d'eux, et rien de ce qui l'entoure ne s "élève jusqu’ à lui. Il connait le temps, il mesure l’espace, il calcule le mouvement des astres ; le souvenir des siècles passés, conservé d'âge en âge, reste dans Sa mémoire ; il scrute le présent, il sonde l'avenir: Les œuvres de son dise ice ne tiennent pas de la terre; les séhtimens qu'il éprouve le portent audelà. Il aspire après un monde nouveau, infini, parfait, où il trouve la justice qu'il aime et le bonheur qu'il rêve. Borné aux choses visibles, il doute, il hésite, il marche sans COMprendre où il va, et, plein d'incertitude, il demande à à ‘une autre vie, la synthèse de sa vie. î A

Apprenons donc à connaître l'homme; échons Si, Mans son organisation, se trouve la cause de la supériorité intel- | lectuelle dont il jouit; et jetant ensuite nos regards en ar rière, nous comparerons l’homme aux animaux et les animaux entre eu, afin de savoir quels rapports existent, dans toute la série animale, entre le système ner Veux et Lt facultés de l'intelligence. Ai SU PA

RÉSUMÉ

1. Gall n'ayant pas décrit le cerveau-des animaux n’a indiqué que sur les crânes la”place qu’il assigne aux instincts, aux sentimens, aux facultés intellectuelles et aux facultés morales. Pa

2. Il s’est trompé quand il a avancé que les animaux auxquels on a fait subir la castration, ont le cervelet plus petit que les animaux entiers, et cette assertion qu'il avait émise comme une preuve que l'amour physique réside dans le cervelet, est de nulle valeur. : |

3. En tirant la conséquence rigoureuse des principes posés par Gall relativement aux rapports que les circonvolutions du cerveau ont avec les os du crâne, il faut admettre ou que les mamifères autres que les singes, n’aiment pas leurs petits, ou qu’ils les aiment sans avoir l'organe de l'amour des petits.

4. Relativement au siège de l'organe de l'attachement, Gall s’est borné à une simple affirmation. ;

5. En raisonnant d’après les principes de la phrénologie, le lapin serait ou plus carnassier, ou plus rusé, ou plus courageux que le loup: |

6. Aucune disposition anatomique soit du crâne, soit du cerveau, ne justifie Gall d’avoir admis, chez les mammifères, un organe de la hauteur, et chez quelques singes, un organe de la vanité. N

7. Si, comme il assure lavoir fait, Gall avait comparé le cràne du serpent avec celui des grands généraux, il n’aurait pas donné au serpent l'organe de la circonspection.

8. Le prétendu organe de l’éducabilité, est également développé chez le renard et chez le chien, chez le moufflon. et chez le cheval. ! |

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