Encéphale
Les lobes, qui composent l’encéphale des poissons, varient
en nombre et en volume; il en est qui sont toujours impairs, d'autres qui le sont quelquefois; un seul est constamment uniquesc’est le cervelet. Ils varient aussi quant à la colora= tion; la plupart sont d’un gris rosé, les autres sont blanchâtres ou entièrement blancs. Toutefois, je dois prévenir que cette coloration n’est pas un caractère distinctif des ganglions; car, avec les progrès de l’âge, ils finissent par devenir tous presque aussi blancs les'uns que les autres.
En procédant d'avant en arrière, les gangliôns NT ques sont : 4° les ganglions olfactifs,; 2° les ganglions céré+ braux; 3° les ganglions optiques; 4° les tubercules quadrijumeaux; 5° le cérvelet ; 6° les ganglions du nerftrifacial; 7° les ganglions des nerfs de la septième et de la huitième paire ; 8° enfin, il existe à la base de l'encéphale, en’arrière du croisement des nerfs optiques, deux autres LA qui sont Îles ganglions inférieurs.
1° Ganglions olfactifs. Presque toujours distincts des autres, parfois même doubles de chaque côté, on les voitaussi seréunir au ganglion cérébral. Dans ce dernier cas, il n'existe au devant des lobes optiques, lobes toujours faciles à reconnaître puisqu'ils donnent naissance aux nerfs optiques, qu’un seul ganglion, comme cela a liéu dans la baudroie, la morue,etc.(V.pl.11),chezl'anguille, lebrochet, lesquale-renard, ily a aû contraire une séparation bien tranchée entre le ganslionolfactifet le ganglion cérébral, ce sont des organes toutà-fait distincts l’un de l’autre. Le ganglion olfactif se SOUSdivise lui-même dans certains poissons; le squale-renard (pl. 11) offre un exemple de cette sous-division, ainsi que le congre où anguille de mer. La couleur des ganglions olfactifs est d’un gris rosé, Cependant j'ai vu ces ganglions entièrement blancs chez une vieille carpe. Lorsqu'ils sont séparés ceux de droite de ceux de gauche, par un intervalle, ils n’ont entre eux
140 DESCRIPTION DE L'ENCÉPHALE aucune communication directe; lorsqu'on les voit réunis, ils sont simplement adossés et ne s’envoient aucun filet de communication. En avant, les lobes olfactifs fournissentles nerfs du même nom, en arrière ils sont en contact avec les ganglions cérébraux; en bas ils sont implantés sur les prolongemens antérieurs de la moelle épinière; chez les raies et les squales, ces ganglions sont creusés d’une cavité ainsi que les prolongemens qui les unissent au ganglion cérébral.
2° Ganglions cérébraux. Placés en arrière des précédens, ils leur ressemblent souvent pour la coloration et le volume; mais ils en diffèrent parce qu'ils ne donnent naissance ni au nerf olfactif, ni à aucun autre nerf, en ce qu'ils sont réunis, celui de droite à celui de gauche par une commissure; enfin, en ce qu'ils présentent un indice de la scissure de Sylvius. Pour découvrir leur commissure , il suffit d’écarter l’un de l’autre les lobes ou ganglions cérébraux, la scissure qui sépare ces lobes est traversée par un petit filet blanc très ténu, qui va se rendre dans le centre de chaque ganglion. De même que le ganglion olfactif, les ganglions cérébraux sont implantés sur le prolongement antérieur de la moelle épinière.
3° Ganglions optiques. Haller, Vicq-d’Azyr, M. Carus, les ont appelés couches optiques; Camper, hémisphères cérébraux; Scarpa , grands tubercules du cerveau; Tréviranus, hémisphères postérieurs; Cuvier, lobes creux; M. Serres, Desmoulins, M. Gottsche, etc. lobes optiques. Chez beaucoup de poissons, les ganglions optiques sont les plus considérables, ils ont toujours l'aspect blanc qui est propre à la substance médullaire. Chez les poissons osseux, ils sont tout-à-fait à découvert; chez les raies et les squales, ilssont en partie cachés par un prolongement du cervelet. À la simple vue et surtout si on les étudie après qu'ils ont séjourné dans l'alcool, leur aspect est partout le même; mais à l’état frais, on peut suivre, sur leur partie
DES POISSONS. au
interne et supérieuré une des racines du nerf optique, et à leur partie interne et inférieure, une seconde racine du même nerf. Ils sont en rapport de volume avec les yeux; chez les pleuronectes, par exemple, ainsi que l’a observé M. Gottsche, qui ont les yeux d’inégale grosseur, les lobes optiques sont inégalement développés. Si on incise ces lobes, on voit qu’ils ne constituent pas réellement un ganglion, mais qu’ils sont formés par une lame fibreuse assez mince. La lame optique d’un côté est adhérente par sa partie interne , à la lame semblable du côté opposé, et à l’endroit de cette adhérence, il existe des fibres qui vont de droite à gauche : ces fibres constituent là une véritable commissure, et représentent le corps calleux , ainsi qu'on le verra tout-à-l’heure. Les lames optiques forment les parois d’un double ventricule, séparé, celui de droite de celui de gauche, par une petite lame analogue à la lame interventriculaire ou cloison transparente des animaux supérieurs. L'intérieur de ces ventricules offre des objets différens suivant qu'il s’agit d’un poisson osseux ou d’un poisson cartilagineux. Dans le premier cas, on découvre, en avant, une commissure blanche qui réunit l’une à l’autre, la partie antérieure des deux lobesoptiques; en arrière de cette commissure, les prolongemens antérieurs de la moelle qui règnent au-dessous de tous lés ganglions encéphaliques auxquels ils servent de base, laissant entre eux un écartement qui rappelle l'infundibulum, ou partie basse du troisième ventricule des mammifères; en arrière de l’infundibulum, une autre commissurè ou commissure postérieure, analogue à là précédente; enfin au-dessus de cette commissure, un tubercule aplati, bilobé, muni de deux longues appendices de substance médullaire d’un gris blanchâtre. Le tubercule: bilobé représente les tubercules quadrijumeaux, et au-dessous de lui règne un aqueduc, l’aqueduc de Sylvius qui établit une com: