‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 20 sur 144 · DESCRIPTION DE L'ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE L'ENCÉPHALE

munication entre la cavité des ventricules optiques, et un autre ventricule placée sous le cervelet.

De chaque côté, le ventricule du lobe optique présente un petit renflement (éori semi-circulares de Haller, bourrelet demi-circulaire de Cuvier, ganglions antérieurs internes de Carus), qui est l’analogue du corps strié.

‘Dans les poissons cartilagineux, la cavité formée parles 1ames optiques ne présente pas de commissure;, ni de tubercules quadrijumeaux bien distincts, mais seulement un infundibulum et l'entrée de l’'aqueduc de Sylvius.

& Tubercules quadrijumeaux. Ainsi que je viens de le dire, les tubercules quadrijumeaux existent chez les poissons OSseux. ; ils sont en communication directe! par leur partie postérieure, avec le cervelet, et il y a là un véritable processus cerebelli ad testes; par leur partie antérieure, ils, se continuent en, un longue lame plissée qui se recourbe sur eux, et les recouvre en grande partie. Quand ane l’encéphale de la carpe, on voit en arrière'et en dedans des;ganglions optiques, deux, corps oblongs qui ne sont autre chose que l'extrémité repliée des lames dont ils’agit.

: 5° Cervelet. Le cervelet est celui des tubercules encéphaliques le plus facile à reconnaitre , chez la plupart des poissons : en jetant un coup-d’œil sur Ja figure de l’éncéphale du squale-renard (pl. 11), on y retrouvera les sillons transverses ob au cervelet; ces sillons existent seulement chez un certain nombre de poissons cartilagineux; le cervelet est parfois réduit à une exiguité extrême, il forme alors une simple lame placée éh travers de Ia moelle, derrière les lobes optiques; mais le‘plus ordinairement, il consiste en ‘une sorte d'appendice allongée, implantée litérälémient sui là moelle épinière, ét formant la paroi supérieure d’une cavité

ventriculaire, et recouvrant en totalité ou en partie, ire tubercules.

6° Ganglions du nerf trifacial. Lobus posterior, pons mamillaris de Haller. Ces ganglions n'existent pas à beaucoup près chéz tous les poissons; ils n’ont pas même de rapport de volume avec la cinquième paire; cependant comme on ne les rencontre jamais sans voir une partie du nerf de la cinquième paire s’y implanter, on ne saurait douter qu ils n ‘appartiennent à ce nerf, ils sont adhérens aux deux côtés externes et supérieurs de la moelle, en arrière du cervelet. Célui du côté droit est presque toujours uni à celui du côté gauche, sans qu’il existe à la partie médiane aucune trace de division. Ce ganglion a été considéré à tort par. ‘quelques anatomistes come une dépendance du ceryelet. |

7 Ganglions des nerfs pneumo-gastriques. Lobus vagé, lobus striatus de Haller. Tout-à-fait en arrière des ganglions précédens et concourant à former les parois du véntriculé cérébelleux ou quatrièmé ventricule, sont d’autres ganglions de la partie extérieure desquels naissent les nerfs pnéumo= gastriques. Ces ganglions n'existent pas constamment, et quand ils existent, ‘ils affectént des formes très différentes ainsi qu'on peut le voir (pl. 41), en comparant le Squalèrenard au rouget. Parfois les nerfs facial et labyrinthique ont aussi un ganglion à leur point d’origine, mais PrnE rarérènt que les nerfs pneumo-gastriques.

8° Ganglions inférieurs. Les derniérs a ES à me reste à parler sont, Chez certains poissons, aussi Volts neux que les ganglions cérébraux; on les trouve, après avoir enlevé l'encéphale de Ja cavité crânienne, ën arrière du croisement des nerfs optiques; ils sont implantés à la partie infés rieure des prolongemens antérieurs de la moelle, et sont pourvus d’une commissure que l’on découvre-d’autant plus

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facilement, qu’elle suit la direction des nerfs optiques, dont elle est séparée seulement par un intervalle de deux ou trois millimètres.

M. Gottsche qui les a disséqués sur un très grand nombre de poissons, les a toujours trouvés creux; le même auteur fait remarquer qu'ils sont constamment doubles, chez tous les poissons, contrairement à l'opinion de M. Serres, qui prétend les avoir souvent vus réunis en formant un seul ganglion. « Dans mes recherches sur le système nerveux des poissons, dit à cette occasion M. Gottsche, je me suis si fréquemment trouvé en opposition avec M. Serres, que je serais temté de croire que les poissons de Paris, sont conformés d’une manière différente de ceux que l’on trouve ailleurs ». (1)

Tous les anatomistes ne sont pas d'accord sur la détermination, ni même sur l'existence de chacun des ganglions dont je viens de parler. Le ganglion cérébral a été confondu avec les ganglions olfactifs; j'ai dit. qu'il s’en distinguait par la présence d’une commissure dont il est pourvu, tandis que les ganglions olfactifs n’en ont'jamais: On a nié l'existence de la voûte à trois piliers, des tubercules quadrijumeaux, de linfundibulum, des commissures: antérieure et postérieure, .de l’a queduc de Sylvius, et certains auteurs n’ont pas craint de regarder comme imaginaire, la description qu'avaient donnée de la plupart de ces organes, Haller, Cuvier, M. Carus, Bailly, Arsaky, Desmoulins et d’autres anatomistes. L’un des opposans, M.Serres, s'exprime ainsi à ce sujet : «On n’a pas voulu dépouiller les poissons d’une seule des parties de l'encéphale des mammifères ; on leur a trouvé une voûte à trois piliers, un Corps calleux, des éminences mamillaires ; pour en venir là, on à choqué toutes les vraisemblances, inter-

(x) Op cit, p. 289.

verti tous les rapports anatomiques, on à fait un véritable monstre de l’encéphale des poissons (1). » Les objets que j'ai décrits et qui existent réellement se voient pourtant sans beaucoup de peine; ils ne font pas de l’encéphale un véritable monstre, ils en font un encéphale comme il à plu à la nature de le faire, et qui ne choque rien autre chose que les raisonnemens à l’aide desquels M. Serres prétend établir qu’il ne doit pas | en être ainsi. Les tubercules inférieurs ont été regardés par Camper, Vicq-d’Azyr, Arsaky, Tréviranus, Desmoulins, etc., comme étant les analogues des tubercules mamillaires: Cuviera contesté la vraisemblance de cette détermination qui n’a en réalité aucun fondement. Les tubercules mamillaires du cerveau de l’homme sont la continuation directe des piliers antérieurs de la voûte, piliers qui s’infléchissent dans cet endroit, et se recourbent pour monter ensuite dans la couche optique où ils se divisent en plusieurs filamens, ainsi que Gall et Spurzheim l'ont parfaitement démontré; tandis queles ganglions inférieurs de l’encéphale des poissons, sont des ganglions implantés sur les prolongemens de la moelle épinière; et donnant eux-mêmes naissance à une commissure Située en arrière des nerfs optiques. L’analogue de la substance grise formant ces tubercules, se retrouve dans la substance grise située précisément à l'endroit correspondant du cerveau de l’homme, où à là vérité elle ne forme aucune saillie; mais où elle donne comme chez les poissons une commissure décrite par. Haller, M. Carus, et qui, suivant E. M. Bailly, va se confondre dans le chiasma des nerfs optiques.

Au-dessus des tubercules quadrijumeaux, en arrière des. lobes optiques, il existe un petit corps analogue à la glande pinéale; et sous l’encéphale, entre les ganglions inférieurs, on trouve un corps pituitaire.

(1) Op. cit. , 1, 1. p. 186,

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