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DU SYSTÈME NERVEUX. 8 substance animale, dit M. Oken, à commencé par la masse nerveuse, c’est-à-dire par la chose la plus élevée, par celle que les physiologistes ont considéré comme étantJa dernière àse montrer. L'animal tire son origine du nerf, et tous les sysa tèmes anatomiques ne font que se dégager ou se séparer de la masse nerveuse. L'animal n’est que nerf : ce qu’il est de plus, ou lui vient d’ailleurs ,-ou est une métamorphose du nerf. La gelée des polypes ; des méduses, ete., est la substance nerveuse auplus bas degré, de laquelle n’ont-encore pu S’'isoler les autres substances qui sont où cachées dédans, ou fondues avec.elle. La masse nerveuse désigne ce qui ; chez l'animal , ÿ est dans l'état d’'indifférence absolue, et peut, en consé= quence, acquérir la pelarité par leimoindre souffle, même par une pensée. (1) » Cette proposition qui, suivant M. Carus, répand une vive lumière sur l'étude des divers systèmes organiques, est au moins fort contestable : elle peut être ingénieuse; mais, en anatomie , ce ne sont pas des idées ingénieuses qu'il faut, ce sont des idées vraies et des faits démontrés. Or, comment démontrer que la masse composant les animaux placés au plus bas degré de l'échelle animale, soit une masse nerveuse? Par sa disposition organique; par sa nature chimique : ce sont là deux caractères essentiels, qui peuventservir de preuve ; mais nt M. Oken; ni Mars neparaissent s’en être occupés. M. Brachetquiadopte comme vraies les idées de M: Oken sur la nature des animaux if+ férieurs, après avoir cité le passage qu'on vient de liré; ajoute : « Voilà done expliquée cette sir apparente du système nerveux, dans les classes inférieures; ‘leur masse pulpeuse n’est qu’une sorte d’albumine toute nerveuse; les
animaux primaires. ressemblent donc à la substance poncti- + y: FT st 2 (x) Lehrbuch der Naturphilesophie, 2° édit.; Jéna, 1831,in-8,.p. 256: | génit À
h ANATOMIE COMPARÉE
forme qui constitue les premiers rudimens des animaux supérieurs. C’est une substance molle, nerveuse, qui se nourrit par imprégnation et par imbibition endosmotique, et qui n'avait pas besoin d’un organe spécial, puisqu'elle constitue à elle seule l'animal tout entier ou son origine. À quoi eussent servi des divisions et des subdivisions de cette substance nerveuse, puisqu'il n’y avait aucun. organe, aucun appareil pour les-recevoir? C’est celte origine première de l'animal qui a porté M. Virey à assimiler la substance encore amorphe à la matière du sperme (4). » Cette approbation sans examen est une chose qui a droit d’étonner, et dont on ne saurait assez se garantir, quand on cultive les sciences ; une critique même injuste serait moins à craindre, parce qu’elle aurait pour résultat de provoquer des recherches utiles, tandis qu’une trop grande déférence aux-opinions des autres ne sert ordinairement qu'à propager l'erreur.
Je n’admets donc pas que la matière dont sont formés les animaux primaires ait une nature nerveuse : la faculté que possèdent ces animaux de se contracter et de se montrer sensibles aux agens extérieurs n’est pas du tout une preuve qu’ils soient tout nerfs. En pareille matière, on a droit d’exiger une démonstration, et la démonstration du fait dont il s’agit n’a pas même été entreprise.
Dans les animaux qui par leur organisation s'élèvent au-dessus des rayonnés, on trouve un système nerveux ordipairement bien visible, et, d’après les recherches récentes de M. Ehrenberg (2), les animaux microscopiques eux-mêmes n'en sont pas dépourvus. Ces animaux étaient regardés, tout
(x) Brachet, Recherches exp. sur les fonc. du syst, nerv. gangl., à° édit, Paris, 1837, iu-8, p. 66.
(2) Voy. Annales des sc. naturelles, 2° série, t. 1, Zvologie. Paris, 1834,
récemment encore, comme privés de viscères et n’ayant pas même une cavité, un sac, pour contenir et digérer la substance nécessaire à leur nutrition; on croyait qu’ils recévaient Jeur nourriture par une'sorte d’imbibition, et on avait désigné le plus grand nombre d’entre eux sous le nom d’infusoires homogènes (1). Or, ces prétendus homogènes , observés par M. Ehrenberg, ont été trouvés pourvus d'organes analogues à ceux d'animaux réputés plus élevés dans l’échelle animale. Ainsi, la monade, dont la dimension ne va pas au-delà de 0®:,0015“et qu'on ne voit bien qu'à l'aide d’un grossissement de trois à quatre cents fois, a une bouche garnie de cils et servant d'ouverture à une espèce de tuyau membraneux muni de cinq à six poches, destinées à recevoir et à di-
“gérer des alimens. Les genres Enchelide, Paraménie, Kolpode, ont un tube intestinal tortueux, garni également de vésicules ou poches stomacales, et.ne se réunissant plus, comme chez la monade, par ses deux extrémités, pour aboutir à une seule ouverture servant à recevoir les alimens et à rejeter les résidus de la digestion, mais se rendant à des points opposés du corps de l'animal et ayant, l’une et l’autre, des fonctions bien distinctes. Dans une des tribus des infusoires, cellé des cercaires qui comprend les animalcules spermatiques, Nitzsch, professeur à Halle, a découvert l'existence de trois yeux; M. Ehrenherg a vu les mêmes organes chez la plupart des infusoires soumis à son investigation.
Puisqu'il y a chez les infusoires des organes destinés à une sensation spéciale, puisqu'il y a des yeux, il faut dans l’organisation une substance capable de recevoir l'impression. Pour agir, cette substance ne peut être isolée dans un organe, autrement la sensation resterait isolée aussi, ou plutôt elle n’existe-
(x) Cuvier, Le Règne animal, Paris, 1830, t, 3, p. 325.