X11 PRÉFACE
Les cerveaux compris dans mon atlas ne viéñinent pas tous de ma collection; quelques-uns ; ét notammént celui de l'éléphant, font partie du Musée d’anatomie comparée du Jardih des Plantes; Musée qui est placé sous la direction de M. de BlainiVillé. Ce professeur auquel j'ai dû m'adresser pour ÿ avoir accès; a d’abord semblé mettre une grande obligeance à me faciliter l'étude des cerveaux de cette collection; mais, par une restriction inconcevable dans un homme aussi distingué ; il m'a refusé l’autorisation de faire représenter les cerveaux qu’il me permettait d'étudier, alléguant que le publie trouve: rait singulier qu'un anatomiste étranger au musée ; fit le premier connaître quelques-unes des pièces qui y sont contenues.
Il m'a semblé, au contraire, que le public, aux frais duquel le Musée est entretenu, trouverait singulier qu’on le privât, dans la personne d’un des siens, d’une autorisation semblable à celle que je demandais. Je n'ai donc tenu aucun compte de la défense qui m'était faite et j'ai passé outre, ne doutant pas que M. de Blainville ne reconnüt tôt ou tard qu'en cela sa prétention n’est pas fondée, et qu'il n’applaudit lui-même à ce qu'il pourrait appeler mon larcin, surtout si ce larcin tourne au profit de la science.
En rédigeant cet ouvrage, j'ai tâché d’être juste envers tous les auteurs qui ont exécuté des travaux
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Ily a un certain nombre d'animaux chez lesquels on ne connaît pas desystème nerveux, soit que ce système manque complètement , soit que les moyens d'investigation, mis en usage jusqu’à présent, n’aient pas été assez puissans pour le faire découvrir. Ces animaux désignés par M. de Blainville sous le nom+d’amorphozoaires, sont ceux dont l'organisation est la plus simple et qui touchent d'assez près aux végétaux. Parmi les zoophytes.ou, animaux rayonnés, les holoturies ont été indiquées par M. Tiedemann (1) comme étant pourvues d’un système nerveux ; mais Delle Chiaje (2), qui dit avoir disséqué plus d’un millier de ces animaux, n’a jamais pu y trouver de traces de substance nerveuse réunie en filamens; les recherches de M. de Blainville (8), sur ce point, n’ont pas
(1) ‘Anatomie der Rœhrenholothurie , ete. Heïdelberg , 1820, in-fol,
(2) Istutizioni di anatomia e fisiologia comparata. Napoli, 1832, t. 1°, P- 119. id
(3) Manuel d’actinologie, Paris, 1834, avec figures, In-8. p. 65.
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eu plus de succès; il en a été de même de celles de M. John Anderson (1). Dans l’astérie rougeâtre, M. Tiedemann (2) a décrit et figuré un anneau nerveux entourant l’orifice de l’œsophage et duquel émanent des, filets nerveux divergens, au mbre de quinze ; Spix et R. Grant (3) décrivent les mêmes iléts et disent les avoir vus; mais Cuvier révoque en doute leur existence : il pense que ces filets, décrits comme “étant des filets nerveux, sont de nature tendineuse, et Delle Chiaje dit positivement que ce sont des artères (4). Chez Factinie, M. de Blainville a vu, dans le bord même de la lèvre, une sorte de cordon gris, pulpeux, qu'il croit pouvoir regarder comme nerveux (5); toutefois ce n’est pas encore, même pour M. de Blainville, un fait bien démontré.
Les animaux privés de système nerveux sont-ils pour cela dépourvus de toute substance nerveuse ? M. Carus et avec lui plusieurs anatomistes ne le pensent pas; ils admeéttent, sans l’avoir vuê, une substance médullaire sensible, uniformément répartie dans les tissus de l’animal(6). Qu'il y ait une substance sensible, cela n’est pas douteux, puisque les animaux dont il s'agit montrent, par leurs mouvemens, qu’ils sentent l’impression des corps qui agissent sur eux; les holoturies, parexemple, se contractent sous l'influence d'une irritation extérieure; mais que cette substance soit de nature médullaire, c’est ce qui ne devrait pas être admis sans démonstration, M. Carus (7) étaie son opinion Sur la proposition suivante de M. Oken : « La
" (1) On the nervous system. London, 1839,1In-4, p. 7.
(2) Voy. cette figure reproduite d’après l'original, pl. x
? (3) Ouilines of cmparativd on Lond, 1835, in- g fe P- 183,
(4) Ouvrage cité,
(5) Ouvrage cité, p. 80.
(6) Carus, Traité d'anatomie comparée, Wad, par Jourdan, Paris, 1835,