CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES
petit nombre, Sémbleraient avoir été faites «exprès pour la doctrine. Les figures 4 et 5, planche xxxrrr, qui représentent dans la pensée de Gall, le cerveau du lion et du tigre, si on les compare au cerveau. de lion; pl.,rv de l'ouvrage déjà mentionné de M. Tiedemann, et de celui que j'ai fait représenter, pl. v de l’atlas, où mieux encore, si on les metien présence d'un cerveau de lion ou de tigre, paraîtront avoir été imaginées tout exprès pour offrir un développement énorme des parties situées en arrière de la scissure dé Sylvius, parties
| auxquelles Gall a donné pour fonctions, la destruction et la
ruse. Dans le texte de Gall, rien de plus satisfaisant que dans ses planches, aucune description, pas un mot si ce n’est sur la structure intime des circonvolutions cérébrales et sur leurs prétendues fonctions. (1)
. Depuis Gall jusqu'à M. Vimont (2), aucun progrès touchant les circonvolutions. «La surface’des lobes cérébraux, dit ce dernier, présente des replis que nous avons désignés sous lenom de circonvolutions : il est facile de voir avec un peu d'attention, que celles-ci présentent des différences de forme, et de volume assez prononcées ; il est digne de remarque, que ces plis ne sont jamais parfaitement sémblables des deux côtés : pareille chose se rencontre dans tous les animaux à cerveau pourvu. de circonvolutions ». C'est là tout ce que M. Vimont rapporte des circonvolutions de l'homme. .
Pour ce qui concerne les circonvolutions des. animaux, il ajoute : Chez les quadrumanes , la forme du cerveau pré
sente, en masse, assez de rapport avec celui de l’homme;
ilest composé, comme chez lui, de deux hémisphères, séparés par un repli de la dure-mère, couvert de. circonvolu-
(x) Op. cit.; édition in-4°, t. 1, p. 297. :
(2) Op. eit,, à. 7, p. 167.
DES MAMMIFÈRES, 307 tions : mais il s’en faut de beaucoup que l'étendue, le nombre et la forme de celles-ci soient identiques chez eux. On trouve, au contraire, des différences étonnantes de nombre, de volume etde forme (4). Toute la famille des herbivores, le bœuf, la vache, le mouton, etc., présentent des circonvolutions très apparentes ; mais elles sont plus développées dans le sens transversal que dans le sens longitudinal. Dans le cheval, l'âne, la chèvre, le chevreuil, le cochon, la disposition des eirconvolutions présente à-peu-près le même caractère. Dans la famille des carnassiers, tels que le chien, le blaireau, le chat, la marte, la belette, les circonvolutions sont très distinctes, mais plus allongées que dans les herbivores ». (2)
Avec aussi peu de précision dans les faits, comment localiser les facultés, comment distinguer chaque circonvolution, chaque partie d’une circonvolution On sent tout d’abord le vide d’une théorie basée sur dessobservations de cette nature. Mais encore, dans les figures de cerveaux de mammifères que M. Vimont a fait représenter, il y a quelque exactitude ; il n’y en a plus dans les cerveaux d’homme et notamment dans celui qui fait le sujet de la planche zxxxrrr de son atlas. Cette figure est entièrement déssemblable des cerveaux humains, ou, pour me servir d'une expression employée par M. Vimont à l'égard des figures de tête et de cérveaux publiées par Spurzheim , elle est tout-à-fait émaginaire. (3)
(x) Op. eit, p. 164.
(2) d,; p. 187 et 188.
(3) « L'ouvrage de Spurzheim, dit M. Vimont, contient une Dinde d’erreurs extrèmement graves. Toutes les figures servant à l'application sont imaginaires. Il est complètement dépourvu d'anatomie et de physiologie comparées, deux cas exceptés qui présentent des erreurs grossières ; ainsi, 1l in dique l'organe de la douceur dans les sinus frontaux , et celui du courage sur les muscles qui vont s'insérer à l’occipital. » Vo, t, 11, p. 116. Et, parlant d'un autre phrénologiste, le même auteur ajoute : «L'ouvrage de M. Combe
368 CLASSEMENT DES MAMMIFÉRES
C'était donc un sujet d’étude aussi important que nouveau de s'attacher à bien connaître les circonvolutions cérébrales des animaux,. de les individualiser, pour ainsi dire, afin de les comparer entre elles, chez les espèces de mammifères où elles existent, et de déterminer en quoi elles ressemblent, en quoi elles diffèrent des circonvolutions cérébrales de l’homme. J'ai entrepris cette étude qui m'a fourni les résultats que j'en attendais, car elle m'a mis à mêmé de découvrir un moyen propre à grouper les animaux dont le cerveau est pourvu de circonvolutions, d'après des caractères tirés des circonvolutions ellesmêmes. Ce groupement qui n’a pour base que la conformation d’un seul organe et même d’une seule partie d’un organe, n’est pas assurément celui qu'il faudrait suivre dans l'étude de l’histoire naturelle des mammifères; je lai fait seulement dans le but de rapprocher les uns des autres des cerveaux les plus analogues, d'éloigner lesplus dissemblables, en prenant pour caractère unique, la disposition et le nombre des circonvolutions cérébrales. On verra de suite si les animaux classés d’après leurs circonvolutions, sont également classés d’après leur intelligence, el par conséquent s’il y a entre la production de l'intelligence et la conformation des circonvolutions, un rapport plus ou moins direct.
Je dois prévenir, avant de passer outre, qu’il ne s’agit pas ici d’une échelle ascendante ou descéndante, destinée à établir la valeur intellectuelle, ou la valeur cérébrale des animaux, les uns à l’égard des autres. Je commence, il est vrai, par les mammifères qui sont le moins intelligens, et je ter-
me parait encore au-dessous de celui de, Spurzheim, pour la représentation des objets, Un anatomiste un peu distingué ne peut réellement pas jeter les yeux sur ces figures , sans éprouver un sentiment pénible, tant elles sont pey sonformes à ce que la nature nous offre, »